טור אורח חיים

Tour Orah Haim — siman 168

Rabbi Yaakov ben Asher (Baal HaTour) · Sur quel pain on bénit — entier et morceaux, pat habaah bekisnin, pâtes et apparence de pain
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Priorité du pain entier sur les morceaux (même espèce ; orge face au blé ou au kusmin). Pain nekiyah face au kibar, pur face à l'impur, akkum face à Israël. Pat habaah bekisnin : Boré miné mezonot, sauf quantité de kviout seoudah. Lahmaniyot, pain véritable même sous le kezayit, havitza et les trois distinctions de Rabbénou Yona, pâte épaisse ou molle, cuisson à la poêle, troknin, trita, nahama dehandeka et pain pour le koteah.

Glossaire

פת קיבר
pain kibar, pain grossier de farine non blutée
פת נקייה
pain nekiyah, pain blanc de farine fine
כוסמין
kusmin, épeautre (l'une des cinq céréales, pas des sept espèces)
מין ז'
l'une des sept espèces
עכו"ם
akkum, idolâtre / non-juif
פת הבאה בכיסנין
pat habaah bekisnin, pain en pochettes fourrées (pâtisserie)
ברכה אחת מעין שלש
berakha unique à la manière des trois (Al Hamikhyah)
קבע סעודה
fixer un repas, en manger comme d'un vrai repas
בטלה דעתו אצל כל אדם
son avis est annulé devant celui de tout homme
בתר רובא אזלינן
on suit la majorité
לחמניות
lahmaniyot, petits pains ou galettes
בלילתו עבה
pâte épaisse
בלילתו רכה
pâte molle, coulante
כזית
kezayit, volume d'une olive
חביצא
havitza, miettes de pain agglomérées (par bouillon, miel, etc.)
תוריתא דנהמא / תואר לחם
apparence de pain
חלה
hallah, prélèvement de la pâte
אילפס
poêle ou plat de cuisson
טרוקנין
troknin, pâte mélangée et cuite dans une cavité du fourneau
טריתא
trita, pâte molle versée et étalée sur la plaque du fourneau
נהמא דהנדקא
nahama dehandeka, pain cuit à la broche, enduit d'huile ou d'eau d'œufs
כותח
koteah, préparation aigre dans laquelle on trempe du pain
כעכין
kaakhin, anneaux de pain façonnés
גלוסקא
gluska, pain blanc de qualité, bien formé
צוקרא
sucre
כירה
fourneau, plaque de cuisson (distinct du four, תנור)
מי ביצים
eau d'œufs

היו לפניו חתיכות של פת ופת שלם הכל ממין אחד מברך על השלם אפי' הוא פת קיבר והחתיכות פת נקייה ואפילו אם השלם קטן מן החתיכות אבל אם השלם שעורים והחתיכות מחטין אפילו היא קטנה מניח הפרוסה תחת השלימה ובוצע משתיהן יחד פת שעורין ופת כוסמין מברך על השעורין כיון שהוא מין ז' אע"פ שהכוסמין יפין יותר: פת נקייה ופת קיבר והן ממין אחד מברך על הנקיה: טהורה וטמאה מברך על הטהורה פת נקיה טמאה ופת קיבר טהורה מברך על איזה מהן שירצה וכן פת עכו"ם נקיה ופת קיבר של ישראל מברך על איזה מהן שירצה פת הבאה בכיסנין והוא פת שעשוי כמין כיסין מלאים צוקרא ושקדים ואגוזים ומיני תבלין מברך עליו בורא מיני מזונות ולאחריו ברכה אחת מעין שלש ואם אכל ממנו שיעור שאחרים רגילין לקבוע עליו סעודה אע"פ שהוא לא שבע ממנו מברך עליו המוציא וג' ברכות ואם מתחילה היה בדעתו לאכול ממנו מעט ובירך בורא מיני מזונות ואח"כ אכל שיעור שאחרים קובעין עליו יברך עליו ג' ברכות אף על פי שלא בירך המוציא תחילה ואם אכל שיעור שאחרים אין קובעין עליו אע"פ שהוא קובע עליו אינו מברך המוציא וג' ברכות דבטלה דעתו אצל כל אדם דבתר רובא אזלינן. לחמניות אותן שבלילתן עבה לחם גמור הוא ומברכין עליהם המוציא וג' ברכות ואותן שבלילתן רכה ודקין מאד מברכין עליהן בורא מיני מזונות ואם קבע סעודתיה עליהן מברך המוציא ושלש ברכות ואי אכיל להו בתוך הסעודה שלא מחמת סעודה טעונין ברכה לפניהם ולא לאחריהם ופת גמור אפי' על פחות מכזית מברכין עליו המוציא אבל לאחריו אין מברכין ג' ברכות אלא על כזית א"ר יוסף חביצא אי אית בהו פרורין כזית מברכין עלייהו המוציא וג' ברכות ואי לא מברך עליו בורא מיני מזונות ולבסוף ברכה מעין ג' ורב ששת אומר אע"ג דלית בהו כזית אמר רבא והוא דאית בהו תוריתא דנהמא וכן הלכתא פירוש חביצא פירורי לחם שנדבקין יחד ע"י מרק דכל דבר שנדבק יחד נקראת חביצא כמו חביצא דתמרי ופירש ה"ר יונה דשלשה חילוקים יש בו היכא שנתבשל אם יש בהן כזית מברך עליהם המוציא ושלש ברכות ואם אין בהן כזית אע"פ שנראה שיש בו תואר לחם אין לברך עליהן אלא בורא מיני מזונות דכיון שנתבשל אינו חשוב תואר לחם: ואם אינו מבושל אלא שהוא מחובר על ידי דבש או מרק אם יש בפרוסות כזית מברך עליו המוציא אפילו אין לו תואר לחם ואם אין בהם כזית אם יש בהן תואר לחם מברך עליו המוציא ואם אין בהם תואר לחם מברך בורא מיני מזונות ואם אינו לא מבושל ולא מחובר אלא מפורר דק דק אע"פ שאין בו כזית ולא תואר לחם מברך עליו המוציא וג' ברכות דכיון שהוא פת בפני עצמו אינו יוצא לעולם מתורת פת: כל דבר שבלילתו עבה אפילו בישלו במים או טיגנו בשמן לחם גמור הוא וחייב בחלה ומברכין עליו המוציא ובלבד שיש בו תואר לחם בלילתו רכה ובשלו במים או טגנו בשמן לאו לחם הוא לענין חלה והמוציא ואם אפאו באילפס בלא משקה לא הוי לחם לר"ל ולרבי יוחנן הוי לחם ופסק ר"ח כר"ל ור"י פסק כר' יוחנן ולזה הסכים א"א ז"ל טרוקנין והוא שעושין גומא בכירה ונותן בה קמח ומים ומערבם בה ונאפה בה חייב בחלה ומברך עליו המוציא ואדם יוצא בו ידי חובתו בפסח כיון שהוא בגומא ומתקבצין יחדיו נעשה כמו פת גמור אבל טריתא שבלילתו רכה והוא שלוקחין קמח ומים ומערבים אותם ושופכים אותו על הכירה והוא נתפשט ונאפה אין עליו תורת לחם ומברכין עליו בורא מיני מזונות ואם קובע סעודתו עליו מברך המוציא וג' ברכות נהמא דהנדקא והוא לחם שאופין בשפוד ומושחין אותו בשמן או במי ביצים מברכין עליו בורא מיני מזונות וכן על לחם העשוי לכותח שאין אופין אותו בתנור אלא בחמה ואם עשאה כעכין פירוש ערוכה ונאה כעין גלוסקא חייבת בחלה ומברך עליה המוציא:

S'il avait devant lui des morceaux de pain et un pain entier, le tout d'une même espèce, il bénit sur l'entier, même si c'est du pain kibar et que les morceaux sont du pain nekiyah, et même si l'entier est plus petit que les morceaux. Mais si l'entier est d'orge et les morceaux de blé, même si la tranche est petite, il place la tranche sous l'entier et rompt des deux ensemble. Pain d'orge et pain de kusmin : il bénit sur l'orge, car c'est l'une des sept espèces, bien que le kusmin soit de meilleure qualité. Pain nekiyah et pain kibar, de la même espèce : il bénit sur le nekiyah. Pain pur et pain impur : il bénit sur le pur. Pain nekiyah impur et pain kibar pur : il bénit sur celui qu'il veut. De même, pain d'akkum nekiyah et pain kibar d'Israël : il bénit sur celui qu'il veut. Pat habaah bekisnin — c'est un pain fait comme des pochettes remplies de sucre, d'amandes, de noix et d'espèces d'épices — on bénit dessus « Boré miné mezonot », et après une berakha unique à la manière des trois. S'il en a mangé une quantité sur laquelle d'autres ont l'habitude de fixer un repas, même s'il n'en est pas rassasié, il bénit dessus « hamotsi » et les trois berakhot. S'il avait d'abord l'intention d'en manger peu et a béni « Boré miné mezonot », puis en a mangé une quantité sur laquelle d'autres fixent un repas, il bénit les trois berakhot, bien qu'il n'ait pas béni « hamotsi » d'abord. S'il a mangé une quantité sur laquelle d'autres ne fixent pas de repas, même s'il fixe lui-même un repas dessus, il ne bénit pas « hamotsi » ni les trois berakhot, car son avis est annulé devant celui de tout homme : on suit la majorité. Lahmaniyot : celles dont la pâte est épaisse sont du pain véritable, et l'on bénit dessus « hamotsi » et les trois berakhot. Celles dont la pâte est molle et qui sont très minces : on bénit « Boré miné mezonot » ; s'il a fixé son repas dessus, il bénit « hamotsi » et les trois berakhot. S'il les mange pendant le repas sans que ce soit à cause du repas, elles requièrent une berakha avant elles et non après. Pain véritable : même sur moins d'un kezayit on bénit « hamotsi », mais après on ne bénit les trois berakhot que sur un kezayit. Rav Yossef a dit : la havitza — s'il y a des miettes d'un kezayit, on bénit « hamotsi » et les trois berakhot ; sinon on bénit « Boré miné mezonot » et à la fin une berakha à la manière des trois. Rav Sheshet dit : même s'il n'y a pas de kezayit, on bénit « hamotsi ». Rava a dit : à condition qu'il y ait l'apparence de pain. Et telle est la halakha. Explication : havitza, ce sont des miettes de pain agglomérées par du bouillon ; tout ce qui s'agglomère s'appelle havitza, comme la havitza de dattes. Rabbénou Yona a expliqué qu'il y a trois distinctions. S'il a été cuit : s'il y a un kezayit, on bénit « hamotsi » et les trois berakhot ; s'il n'y a pas de kezayit, même s'il paraît avoir l'apparence de pain, on ne bénit que « Boré miné mezonot », car une fois cuit ce n'est plus considéré comme apparence de pain. S'il n'est pas cuit, mais seulement aggloméré par du miel ou du bouillon : s'il y a dans les tranches un kezayit, on bénit « hamotsi » même s'il n'a pas l'apparence de pain ; s'il n'y a pas de kezayit, s'il a l'apparence de pain on bénit « hamotsi », sinon « Boré miné mezonot ». S'il n'est ni cuit ni aggloméré, mais émietté très fin : même s'il n'y a ni kezayit ni apparence de pain, on bénit « hamotsi » et les trois berakhot, car c'est du pain en soi et il ne sort jamais de la catégorie de pain. Toute chose dont la pâte est épaisse — même cuite dans l'eau ou frite dans l'huile — est du pain véritable, assujettie à la hallah, et l'on bénit « hamotsi », à condition qu'elle ait l'apparence de pain. Pâte molle, cuite dans l'eau ou frite dans l'huile : ce n'est pas du pain pour la hallah ni pour « hamotsi ». Si on l'a cuite dans une poêle sans liquide, ce n'est pas du pain selon Resh Lakish ; selon Rabbi Yohanan, c'est du pain. Rabbénou Hananel a tranché comme Resh Lakish, et le Ri comme Rabbi Yohanan ; mon maître mon père z"l s'y est accordé. Troknin — on fait une cavité dans le fourneau, on y met farine et eau, on mélange et cela y cuit : assujetti à la hallah, on bénit « hamotsi », et l'on s'acquitte par lui de son obligation à Pessa'h, car étant dans la cavité les parties se rassemblent et cela devient comme du pain véritable. Mais la trita, dont la pâte est molle — on prend farine et eau, on les mélange, on verse sur le fourneau, cela s'étale et cuit : il n'a pas statut de pain, on bénit « Boré miné mezonot ». S'il fixe son repas dessus, il bénit « hamotsi » et les trois berakhot. Nahama dehandeka — pain que l'on cuit à la broche et que l'on enduit d'huile ou d'eau d'œufs : on bénit « Boré miné mezonot ». De même le pain fait pour le koteah, que l'on ne cuit pas au four mais au soleil. Mais si on l'a façonné en kaakhin — c'est-à-dire travaillé et beau comme une gluska — il est assujetti à la hallah et l'on bénit « hamotsi ».