טור אורח חיים

Tour Orah Haim — siman 171

Rabbi Yaakov ben Asher (Baal HaTour) · Ne pas traiter les aliments avec mépris
En bref - de quoi parle ce chiour ?

On peut se servir du pain pour ses besoins s’il n’en devient pas répugnant ; interdits : y poser de la viande crue, y passer un verre plein, y appuyer un plat qui le souille, se laver les mains au vin, jeter le pain ou les fruits que le jet écrase. Bouillie avec le pain en guise de cuillère : permis selon Chmouel, que nous suivons. Vin en canaux et jets de grains et de noix devant les mariés, sous conditions.

Glossaire

memaès
rend répugnant, souille (physiquement)
bizayon okhlin
mépris des aliments
dayssa
bouillie de céréale
grogerot
figues sèches
kitniyot
légumineuses
devila
tourteau de figues pressées
kalayot
grains grillés
glouska
miche, pain blanc moelleux

אמר שמואל עושה אדם כל צרכיו בפת והלכתא כוותיה וה"מ במידי דלא ממאיס ביה אבל במידי דממאיס ביה לא הילכך אין מניחין עליו בשר חי ואין מעבירין עליו כוס מלא ואין סומכין בו הקערה אי ממאיס בהכי אבל אי לא ממאיס ביה שרי: ואין נוטלין הידים ביין בין חי בין מזוג אפילו נטילה שאין צורך אכילה ואין זורקין הפת משום בזיון אוכלין וכשם שאין זורקין את הפת כך אין זורקין כל האוכלין הנמאסים על ידי זריקה כמו תותים ותאנים אבל במידי דלא ממאיס כגון רימונים ואגוזים שרי: כתב א"א הרא"ש ז"ל יש נוהגין לאכול דייסא בפת במקום כף כיון שאוכלין הפת אח"כ ובמסכת סופרים גרסינן אין נוהגין ביזוי באוכלין אין זורקין אוכלין ממקום למקום ולא ישב אדם על קופה מלאה תאנים וגרוגרות אבל יושב הוא על קופה מלאה קטנית או על עיגול של דבילה מפני שנהגו כן אין סומכין באוכלין ואין מכסין באוכלין ואין אוכלין אוכלין באוכלין אא"כ היה ראוין לאכילה פי' אלו עם אלו ואוכלן ביחד ולפ"ז אסור לאכול דייסא בפת במקום כף ואפשר דההיא דמסכת סופרים פליגא אדשמואל דקתני אין סומכין ואין מכסין באוכלין ולשמואל שרי דהא לא ממאיס ואנן קי"ל כשמואל ולא ממאיס הפת שאוכל בה דייסא ואני ראיתי גדולים שהיו אוכלים בכל פעם מעט מן הפת עם הדייסא עד כאן: ממשיכין יין בצינורות לפני חתן וכלה והוא שיקבלנו בכלי בפי הצינור וזורקין לפניהם קליות ואגוזים בימות החמה שאינו נמאס אבל לא בימות הגשמים מפני שנמאסים ולא חתיכות וגלוסקא לעולם:

Chmouel a dit que l’homme peut se servir du pain pour tous ses besoins, et la halakha est selon lui. Cela ne vaut que pour un usage qui ne le rend pas répugnant ; mais pour un usage qui le rend répugnant, non. C’est pourquoi l’on n’y pose pas de viande crue, l’on ne fait pas passer au-dessus un verre plein, et l’on n’y appuie pas le plat si cela le rend répugnant ; mais si cela ne le rend pas répugnant, c’est permis. On ne se lave pas les mains avec du vin, qu’il soit pur ou coupé d’eau, même pour un lavage qui n’est pas requis pour le repas. On ne jette pas le pain, par mépris des aliments. De même que l’on ne jette pas le pain, on ne jette pas tous les aliments que le jet rend répugnants, comme les mûres et les figues ; mais pour ce que le jet ne rend pas répugnant, comme les grenades et les noix, c’est permis. Mon père et maître le Roch, de mémoire bénie, a écrit : certains ont l’usage de manger la bouillie (dayssa) avec du pain en guise de cuillère, puisqu’ils mangent ensuite le pain. Et dans le traité Sofrim on lit : on ne traite pas les aliments avec mépris ; on ne jette pas les aliments d’un lieu à un autre ; qu’un homme ne s’asseye pas sur une corbeille pleine de figues et de figues sèches, mais il peut s’asseoir sur une corbeille pleine de légumineuses ou sur un tourteau de figues pressées, parce que tel est l’usage ; on n’appuie pas sur des aliments, on ne couvre pas avec des aliments, et l’on ne mange pas des aliments au moyen d’aliments, à moins qu’ils soient propres à être mangés ensemble — c’est-à-dire ceux-ci avec ceux-là, et qu’on les mange ensemble. D’après cela, il serait interdit de manger la bouillie avec du pain en guise de cuillère. Il se peut que ce passage du traité Sofrim s’oppose à Chmouel, puisqu’il enseigne qu’on n’appuie pas et qu’on ne couvre pas avec des aliments, alors que selon Chmouel c’est permis, car cela ne rend pas répugnant. Or nous tenons comme Chmouel, et le pain avec lequel on mange la bouillie n’est pas rendu répugnant. Et j’ai vu des grands qui, à chaque fois, mangeaient un peu de pain avec la bouillie. Jusqu’ici — fin de la citation du Roch. On fait couler du vin dans des canaux devant le marié et la mariée, à condition de le recueillir dans un récipient à l’embouchure du canal. On jette devant eux des grains grillés et des noix en été, car cela ne devient pas répugnant ; mais pas pendant la saison des pluies, parce qu’ils deviennent répugnants. Et jamais des morceaux ni des miches (glouska).