טור אורח חיים

Tour Orah Haim — siman 174

Rabbi Yaakov ben Asher (Baal HaTour) · Loi de la bénédiction du vin pendant le repas
En bref - de quoi parle ce chiour ?

On bénit « Boré péri haguéfen » sur le vin du repas, sauf s’il a déjà été dispensé par le vin d’avant le repas, le Kiddouch ou la Havdala à table. Le vin d’avant le repas peut aussi dispenser celui d’après, avant Birkat hamazone — surtout Chabbat et Yom Tov, et selon le Raavad partout où le vin est courant. Une seule bénédiction suffit pour tout le vin du repas, sauf nimlakh. Les autres boissons du repas n’exigent pas de bénédiction. Chaque convive bénit pour soi le vin pendant le repas ; après le repas, l’un peut dispenser les autres. Le vin d’après le repas dispense les autres boissons ; le même récitant bénit aussi le mugmar selon son espèce.

Glossaire

nimlakh
s'est ravisé, a changé d'intention
heseiba
accoudement à table
beit habelia
gosier
savré maranan
attention, nos maîtres (appel à écouter la bénédiction)
choméa keoné
celui qui entend est comme celui qui prononce
kane
trachée
veshet
œsophage
mugmar
fumigation d'herbes odorantes après le repas

יין שבתוך הסעודה מברכין עליו בורא פרי הגפן ואם אין לו אלא כוס אחד מניחו עד לאחר המזון ומברך עליו ברכת המזון וה"מ שצריך לברך בתוך הסעודה שלא קבע לשתות לפני המזון אבל קבע לשתות לפני המזון א"צ לברך בתוך המזון דיין שלפני המזון פוטרו וכן יין של קידוש פוטר יין שבתוך המזון וכן המבדיל על השלחן פוטר היין שבתוך המזון: יין שלפני המזון פוטר ג"כ היין שלאחר המזון פי' מי שרגיל לקבוע לשתות יין אחר גמר סעודתו לפני ברכת המזון יין שלפני המזון פוטרו אמר רב ל"ש דיין שלפני המזון פוטרו אלא בשבתות וי"ט שאדם קובע עצמו על היין הילכך כשבירך לפני המזון היה דעתו גם על שלאחר המזון אבל כל ימות השנה בירך על היין שלפני המזון לא פטר שלאחר המזון וכתב הראב"ד דווקא במקום שאין היין מצוי אבל במקומות הללו שהיין מצוי אין חילוק בין שבת וי"ט לחול לעולם פוטר ודוקא יין ששותין קודם בה"מ אחר גמר סעודה אותו הוא פוטר אבל אחר בה"מ היין שמברכין עליו בה"מ צריך לברך עליו ואינו נפטר ביין שלפני המזון ל"ש חול ול"ש שבת וי"ט ואם לא היה לו יין לפני המזון ובירך על היין שבתוך המזון אינו פוטר אפי' יין שלפני בה"מ אחר גמר סעודה וכל מה ששותה בתוך הסעודה די לו בברכה אחת וה"מ בסתם אבל אם כשבירך לא היה דעתו לשתות רק אותו הכוס ונמלך לשתות אחר אפי' בתוך הסעודה צריך לברך עליו ודוקא לפני היין צריך לברך בתוך הסעודה אבל לאחריו א"צ לברך שנפטר בבה"מ ועל כל שאר משקין שבסעודה א"צ לברך דחשיבי כבאין מחמת הסעודה לפי שאין דרך לאכול בלא שתייה ואף יין לא היה צריך ברכה לפניו אלא משום שהוא חשוב וקובע ברכה לעצמו ולכן צריך ברכה לפניו ובה"ג כתב שיש לברך על המים שבסעודה וא"א הרא"ש ז"ל כתב י"א שיש לברך על המים שבתוך הסעודה על כל פעם ופעם דנמלך הוי שאין אדם שותה מים אלא לצמאו ולא מסתבר לי כלל כי ידוע שא"א לו לאכול בלא שתייה ואינו מסיח דעתו משתייה כל זמן שהוא אוכל והרוצה להסתלק מן הספק ישב קודם נטילה במקום אכילתו ויברך על המים על דעת לשתות בתוך סעודתו ע"כ: ואם המסובין רבים אפילו הסיבו ביחד כל אחד ואחד מברך לעצמו על היין שבתוך המזון הואיל ואין בית הבליעה פנוי ופירש"י ואין לב המסובין אל המברך אלא לבלוע ובעינן דעת שומע ומשמיע וכתב א"א הרא"ש ז"ל ומטעם זה י"א אם אמר המברך סברי מרנן והם מפנין בית הבליעה כדי לשמוע שפיר דמי ומיהו לא נראה האי טעמא שאע"פ שאוכלין יכולין לשמוע הברכה ולצאת בשמיעה ונראה הטעם כמו שמפרש בירושלמי שאינם יכולים לענות אמן שאין משיחין בסעודה שמא יקדים קנה לוושט ואפילו אם שומע כעונה ויוצא בלא עניית אמן חיישינן שמא יענה אמן הלכך בכל ענין כל אחד מברך לעצמו ועל היין שלאחר המזון אם הסיבו אחד מברך לכולם ולדידן אפילו בלא הסיבה ובספר המצות כתוב שאין אנו רגילים לקבוע אלא בפת אבל ביין או כל שאר דברים אין אחד פוטר חבירו ול"נ דמאי שנא האידנא מבימיהם אלא ודאי אין חילוק בין פת ליין דאין אחד פוטר את חבירו אלא בהסיבה ולדידן אפילו בישיבה ושאר כל הדברים אפילו לדידהו אחד פוטר חבירו בישיבה לחוד ואם הביאו להם גם שאר משקין אחר הסעודה עם היין אין צריכין לברך עליהן דיין פוטר כל מיני משקה ואותו שמברך על היין שלאחר המזון הוא מברך על המוגמר פירוש מיני עשבים שהיו רגילין להביא אחר הסעודה ולעשנן על גחלים ומברכין משתעלה תמרתן בורא עשבי בשמים ואם הוא עצי בשמים מברך בורא עצי בשמים חוץ ממושק שהוא ממין חיה ומברכין עליו בורא מיני בשמים:

Sur le vin que l'on boit pendant le repas, on bénit « Boré péri haguéfen ». S'il n'a qu'une seule coupe, il la réserve jusqu'après le repas et récite Birkat hamazone dessus. Cela n'est dit — qu'il faille bénir pendant le repas — que s'il n'avait pas fixé de boire avant le repas ; mais s'il a fixé de boire avant le repas, il n'a pas à bénir pendant le repas, car le vin d'avant le repas l'en dispense. De même, le vin du Kiddouch dispense du vin pendant le repas ; de même, celui qui fait la Havdala à table dispense du vin pendant le repas. Le vin d'avant le repas dispense aussi du vin d'après le repas : c'est-à-dire celui qui a l'habitude de fixer une consommation de vin après la fin de son repas, avant Birkat hamazone — le vin d'avant le repas l'en dispense. Rav a dit : l'on n'a enseigné que le vin d'avant le repas en dispense que les Chabbats et Yom Tov, où l'homme se fixe sur le vin ; c'est pourquoi, quand il a béni avant le repas, son intention portait aussi sur celui d'après le repas. Mais tous les jours de l'année, s'il a béni sur le vin d'avant le repas, cela ne dispense pas celui d'après le repas. Le Raavad a écrit : uniquement dans un lieu où le vin n'est pas courant ; mais dans ces lieux-ci où le vin est courant, il n'y a pas de différence entre Chabbat et Yom Tov et les jours de semaine — il dispense toujours. Et uniquement le vin que l'on boit avant Birkat hamazone, après la fin du repas : c'est celui-là qu'il dispense ; mais après Birkat hamazone, le vin sur lequel on récite Birkat hamazone exige une bénédiction et n'est pas dispensé par le vin d'avant le repas, ni en semaine, ni Chabbat, ni Yom Tov. S'il n'avait pas de vin avant le repas et qu'il a béni sur le vin pendant le repas, cela ne dispense même pas le vin d'avant Birkat hamazone après la fin du repas. Tout ce qu'il boit pendant le repas, une seule bénédiction lui suffit. Cela n'est vrai que dans le cas ordinaire ; mais si, lorsqu'il a béni, il n'avait l'intention de boire que cette coupe-là et qu'il s'est ravisé (nimlakh) pour en boire une autre, même pendant le repas, il doit bénir dessus. Et uniquement avant le vin faut-il bénir pendant le repas ; mais après lui, on n'a pas à bénir, car on en est dispensé par Birkat hamazone. Sur toutes les autres boissons du repas, on n'a pas à bénir, car elles sont considérées comme venant à cause du repas, puisqu'on n'a pas coutume de manger sans boire. Même le vin n'aurait pas eu besoin de bénédiction avant lui, si ce n'est parce qu'il est important et fixe une bénédiction pour lui-même ; c'est pourquoi il faut une bénédiction avant lui. Le Bahag a écrit qu'il faut bénir sur l'eau pendant le repas. Mon maître mon père le Roch, de mémoire bénie, a écrit : certains disent qu'il faut bénir sur l'eau pendant le repas à chaque fois, car c'est un nimlakh — l'homme ne boit de l'eau que pour sa soif ; mais cela ne me paraît pas du tout raisonnable, car il est connu qu'on ne peut manger sans boire, et qu'il ne détourne pas son esprit de la boisson tant qu'il mange. Celui qui veut se retirer du doute s'assiéra, avant la netilat yadayim, à l'endroit où il mangera, et bénira sur l'eau avec l'intention de boire pendant son repas. Jusqu'ici ses paroles. Si les convives sont nombreux, même s'ils se sont accoudés ensemble (heseiba), chacun bénit pour soi sur le vin pendant le repas, puisque le gosier (beit habelia) n'est pas libre. Rachi a expliqué : le cœur des convives n'est pas tourné vers celui qui bénit, mais vers l'avalement, et il faut l'intention de celui qui écoute et de celui qui fait entendre. Mon maître mon père le Roch, de mémoire bénie, a écrit : pour cette raison, certains disent que si celui qui bénit a dit « Savré maranan » et qu'ils dégagent leur gosier pour écouter, c'est valable. Cependant cette raison ne paraît pas juste, car même en mangeant ils peuvent entendre la bénédiction et s'acquitter par l'écoute. Il semble que la raison soit comme l'explique le Talmud de Jérusalem : ils ne peuvent pas répondre amen, car on ne parle pas pendant le repas, de peur que la trachée (kane) ne précède l'œsophage (veshet) ; et même si celui qui entend est comme celui qui prononce (choméa keoné) et qu'il s'acquitte sans répondre amen, nous craignons qu'il ne réponde amen. Par conséquent, dans tous les cas, chacun bénit pour soi. Sur le vin d'après le repas, s'ils se sont accoudés, l'un bénit pour tous ; et pour nous, même sans accoudement. Dans le Séfer hamitsvot, il est écrit que nous n'avons l'habitude de nous fixer que sur le pain, mais pour le vin ou toute autre chose, l'un ne dispense pas son compagnon. Cela ne paraît pas juste : en quoi notre époque différerait-elle de la leur ? Assurément il n'y a pas de différence entre le pain et le vin : l'un ne dispense son compagnon que par l'accoudement ; et pour nous, même en étant assis. Quant à toutes les autres choses, même pour eux, l'un dispense son compagnon par le seul fait d'être assis. Si on leur a aussi apporté d'autres boissons après le repas avec le vin, ils n'ont pas à bénir dessus, car le vin dispense toutes sortes de boissons. Et celui qui bénit sur le vin d'après le repas bénit aussi sur le mugmar — c'est-à-dire des sortes d'herbes qu'on avait coutume d'apporter après le repas et de faire fumer sur des braises ; on bénit, dès que leur colonne de fumée s'élève, « Boré issvé bessamim » ; s'il s'agit de bois odorants, on bénit « Boré atsé bessamim », excepté le musc, qui est d'une espèce animale, et l'on bénit dessus « Boré miné bessamim ».