טור אורח חיים

Tour Orah Haim — siman 178

Rabbi Yaakov ben Asher (Baal HaTour) · Changement de lieu pendant le repas
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Qui change de pièce au milieu d’un repas sur des aliments qui n’exigent pas de bénédiction finale sur place doit bénir à nouveau avant de continuer, non rétroactivement sur le déjà-mangé. D’un coin à l’autre de la même pièce, on ne re-bénit pas. Pour le pain et les céréales, le Roch suit le Rashbam. Qui quitte le repas pour prier : le Ri dispense de reprendre hamotsi.

Glossaire

mesouvim
attablés, accoudés pour le repas
shinui makom
changement de lieu
hesech hadaat
retrait de l’esprit, distraction
lemafreia
rétroactivement
shiv’at haminim
les sept espèces
min dagan
espèce de céréale
pat
pain
silouk
retrait, clôture du repas

בני חבורה שהיו מסובים ויצאו ממסיבתן לב"ה או לבה"מ אם היסבו על דברים שאין טעונין ברכה לאחריהם במקומן מיד כששינו מקומן מחדר לחדר אם רוצין לאכול שם צריכין לברך ברכה ראשונה על מה שרוצים לאכול אבל אינן צריכין לברך ברכה אחרונה על מה שאכלו דשינוי מקום חשוב כמו היסח הדעת והיסח הדעת מזקיק ברכה ראשונה על מה שרוצה לאכול אבל למפרע על מה שאכל כבר לא אבל אם שינו מקומן בחדר אחד מזוית זו לזוית אחרת אין צריכין לברך ואם היתה מסיבתן על דבר שצריך ברכה לאחריו במקומו דהיינו לרשב"ם ז' המינין ולר"י דוקא מין דגן לרבינו שמואל בר מאיר אין צריכין לברך כששינו מקומם ולר"י צריכין לברך אא"כ הניחו שם מקצת החברים וא"א הרא"ש ז"ל הסכים לדעת רשב"ם ולענין דברים הטעונין ברכה לאחריהם במקומן כתב כר"י דוקא פת ומיני דגן: כתב ה"ר י"ט בר' יהודה אדם שנזכר בתוך הסעודה שלא התפלל ועמד והתפלל כשהוא חוזר צריך ליטול ידיו ולברך ברכת המוציא הואיל וצלויי ומיכל בהדי הדדי לא אפשר כדאיתא בפ' כיסוי הדם משתיא וברוכי בהדי הדדי לא אפשר והר"י אומר שא"צ דלא אמרינן הכי אלא גבי ברה"מ שהוא סילוק והיסח הדעת על מה שאכל ושתה:

Des membres d’un groupe qui étaient attablés et sont sortis de leur réunion vers la synagogue ou la maison d’étude : s’ils étaient attablés sur des aliments qui n’exigent pas de bénédiction finale sur place, dès qu’ils ont changé de lieu d’une pièce à une autre, s’ils veulent y manger, ils doivent dire la bénédiction initiale sur ce qu’ils veulent manger ; mais ils n’ont pas à dire la bénédiction finale sur ce qu’ils ont déjà mangé. Car le changement de lieu compte comme un hesech hadaat (retrait de l’esprit), et le hesech hadaat oblige une bénédiction initiale sur ce que l’on veut manger, mais non lemafreia (rétroactivement) sur ce que l’on a déjà mangé. Mais s’ils ont changé de place dans une même pièce, de ce coin-ci à un autre coin, ils n’ont pas à bénir. Si leur réunion portait sur un aliment qui exige une bénédiction finale sur place — c’est-à-dire, selon le Rashbam, les sept espèces, et selon le Ri uniquement une espèce de céréale — : selon Rabbenou Chemouel bar Méir, ils n’ont pas à bénir quand ils ont changé de lieu ; selon le Ri, ils doivent bénir, à moins qu’ils n’aient laissé là une partie des compagnons. Mon maître et père le Roch, de mémoire bénie, s’est rangé à l’avis du Rashbam ; et quant aux aliments qui exigent une bénédiction finale sur place, il a écrit comme le Ri : uniquement le pain et les espèces de céréales. Rabbenou Yom Tov fils de Rabbi Yehouda a écrit : un homme qui, au milieu du repas, se souvient qu’il n’a pas prié, se lève et prie — quand il revient, il doit se laver les mains et dire la bénédiction de hamotsi, puisque prier et manger ne peuvent aller ensemble, comme il est dit au chapitre Kissouy hadam : boire et bénir ne peuvent aller ensemble. Le Ri dit qu’il n’en est pas besoin : on ne dit cela que pour Birkat hamazone, qui est un silouk (clôture) et un hesech hadaat sur ce que l’on a mangé et bu.