טור אורח חיים

Tour Orah Haim — siman 181

Rabbi Yaakov ben Asher (Baal HaTour) · Les eaux dernières
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Après le repas, on se lave les mains : les eaux dernières sont une obligation à cause du sel de Sodome. Modalités (eau froide, seconde articulation, pas à même le sol), ordre des convives, et débat des Rishonim sur la berakha.

Glossaire

mayim rishonim
eaux premières — ablution des mains avant le repas
mayim aḥaronim
eaux dernières — ablution des mains après le repas
zohama
souillure grasse des mains
melaḥ sedomit
sel de Sodome, qui aveugle au contact de l’œil
ruaḥ ra’ah
esprit mauvais
Rameh
Rabbi Méir Halévi Aboulafia
Bahag
Baal Halakhot Guedolot
be-shamta NRSh
signe de Rav Amram : ne bénir ni par netila, ni reḥitsa, ni sheṭifa
istanis
personne délicate, exigeante sur la propreté
pat ḥareva
pain sec, sans accompagnement

ואחר כך יטול ידיו דא"ר יהודה א"ר ואמרי לה במתניתא תנא והתקדשתם אלו מים ראשונים והייתם קדושים אלו מים אחרונים כי קדוש אני זה שמן הטוב פירוש שמושחים הידים בשמן כדי להסיר הזוהמא אני ה' אלהיכם זו ברכה והם חובה דגרסי' בפ' כל הבשר א"ר אידי בר אבין א"ר יצחק בר אשיאן מים ראשונים מצוה ואחרונים חובה ומפרש לה טעמא משום מלח סדומית שמסמא העינים ואמרו חכמים (ברכות מ.) אחר אכילתך אכול מלח ויש לחוש שמא מלח סדומית מעורב בו והצריכו ליטול הידים שלא ישאר בהם שום דבר ממנה ואפי' ההולכים במחנה למלחמה שפטורין ממים ראשונים חייבין באחרונים ואין ניטלין על גבי קרקע מפני שרוח רעה שורה עליהם ומיהו אם נוטל ע"ג עצים דקים או כיוצא בהם שפיר דמי ואין ניטלין אלא בצונן אבל לא בחמין מפני שמפעפעין את הידים ואין מעבירין את הזוהמא ודוקא חמין שהיד נכוית בהם אבל פושרין שפיר דמי וא"צ ליטול אלא עד פרק ב' של אצבעות וצריך שישפיל ראשי אצבעותיו למטה כדי שתרד הזוהמא. ואם המסובין רבים עד ה' מתחילין מן הגדול שהוא מברך והמברך נוטל תחלה ואם הם יותר מתחילין מן הקטן ונוטלין דרך ישיבתן ואין מכבדין זה את זה ליטול גדול שבהן תחלה עד שמגיעים לחמשה אחרונים וכיון שלא נשארו אלא חמשה שלא נטלו מתחילין בגדול שבחמשתן שהוא המברך. וכתב הרמ"ה כיון שהוא חובה צריך לברך עליהם וקצת הגאונים כתבו שיש לברך עליהן על רחיצת ידים ובה"ג כתב כיון שאינן אלא לצורך האדם משום מלח סדומית אין טעונין ברכה וכ"כ רב עמרם שאין לברך עליהן לא בלשון נטילה ולא בלשון רחיצה ולא בלשון שטיפה ונתן סימן לדבר בשמתא נר"ש. והראב"ד הכריע שאם אכל תבשיל שידיו מזוהמות טעון ברכה על רחיצת ידים. ואם אכל פת חריבה שצריך מים אחרונים משום מלח סדומית אינן טעונין ברכה ולא עוד אלא אם ירצה יטול ידיו אחר בה"מ ודיו. אבל בידים מזוהמות לא יברך עד שיטול ורב אחא משבחא כתב כל דבר שאין קרב ע"ג מזבח נקרא מזוהם וצריך לברך עליו וכתב עוד שהמברך לפי שמזכיר השם צריך ליטול קודם שיברך אבל האחרים אינו אלא משום סכנת מלח סדומית ואם רצו אין נוטלין קודם ברכה והתוס' כתבו מה שלא נהגו בהן האידנא אותן שאין מברכין לפי שאין מלח סדומית בינינו והמברך נמי כיון שאין אנו עושין כמ"ש הפסוק קדוש אני זה שמן ערב גם בנטילה לא נהגו ולא מיקרו לדידן ידים מזוהמות כיון שאין אנו רגילין ליטול ואין אנו מקפידים בכך ומיהו אם יש אדם שהוא איסטניס ורגיל ליטול ידיו אחר הסעודה לדידיה הוה ידים מזוהמות וצריך ליטול קודם ברהמ"ז אבל לא יברך עליהם כלל:

Ensuite on se lavera les mains. Car Rabbi Yehouda a dit au nom de Rav — et certains disent que c’est une baraïta — : « Vous vous sanctifierez » : ce sont les eaux premières ; « et vous serez saints » : ce sont les eaux dernières ; « car Je suis saint » : c’est la bonne huile, c’est-à-dire qu’on enduit les mains d’huile pour ôter la souillure ; « Je suis ה' votre Dieu » : c’est la berakha. Elles sont une obligation. On lit au chapitre Kol habasar : Rabbi Idi bar Avin a dit au nom de Rabbi Yitsḥaq bar Ashyan : les eaux premières sont une mitsva, et les dernières une obligation. On en explique la raison : à cause du sel de Sodome, qui aveugle les yeux. Les Sages ont dit (Berakhot 40a) : « Après ton repas, mange du sel. » Or l’on doit craindre que du sel de Sodome n’y soit mêlé ; c’est pourquoi ils ont exigé de se laver les mains afin qu’il n’en reste rien. Même ceux qui partent en campagne de guerre, exemptés des eaux premières, sont tenus des dernières. On ne les verse pas à même le sol, parce qu’un esprit mauvais repose sur elles. Toutefois, si l’on verse sur de minces morceaux de bois ou quelque chose de semblable, c’est valable. On ne les prend qu’à l’eau froide, non à l’eau chaude, parce que celle-ci ramollit les mains et n’enlève pas la souillure. Cela ne vise que l’eau assez chaude pour brûler la main ; l’eau tiède est valable. Il n’est besoin de laver que jusqu’à la seconde articulation des doigts. Il faut baisser le bout des doigts vers le bas afin que la souillure s’écoule. Si les convives sont nombreux, jusqu’à cinq : on commence par le plus grand, qui est celui qui bénit, et celui qui bénit se lave le premier. S’ils sont davantage : on commence par le plus petit et l’on se lave selon l’ordre des places, sans se faire honneur l’un à l’autre pour que le plus grand se lave d’abord, jusqu’à ce qu’on arrive aux cinq derniers. Dès qu’il ne reste plus que cinq qui ne se sont pas lavés, on commence par le plus grand de ces cinq, qui est celui qui bénit. Le Rameh a écrit : puisque c’est une obligation, il faut bénir sur elles. Quelques Guéonim ont écrit qu’il faut bénir « al reḥitsat yadayim ». Le Baal Halakhot Guedolot (Bahag) a écrit : puisqu’elles ne sont que pour le besoin de l’homme, à cause du sel de Sodome, elles ne requièrent pas de berakha. De même Rav Amram : on ne bénit pas sur elles, ni par le mot netila, ni par reḥitsa, ni par sheṭifa ; et il a donné pour signe : be-shamta NRSh. Le Raavad a tranché : si l’on a mangé un mets cuit, de sorte que les mains sont souillées, on doit bénir « al reḥitsat yadayim ». Si l’on a mangé du pain sec, et que les eaux dernières ne sont nécessaires qu’à cause du sel de Sodome, elles ne requièrent pas de berakha ; bien plus, si l’on veut, on peut se laver les mains après Birkat Hamazon, et cela suffit. Mais avec des mains souillées, on ne bénira pas avant de s’être lavé. Rav Aḥa de Shabḥa a écrit : tout aliment qui n’est pas offert sur l’autel est dit souillé, et l’on doit bénir sur cette ablution. Il a encore écrit : celui qui bénit, puisqu’il mentionne le Nom, doit se laver avant de bénir ; mais pour les autres, ce n’est qu’à cause du danger du sel de Sodome, et s’ils le veulent ils ne se lavent pas avant la berakha. Les Tossafot ont écrit : la raison pour laquelle ceux qui ne bénissent pas n’en ont plus l’usage aujourd’hui, c’est qu’il n’y a plus de sel de Sodome parmi nous. Quant à celui qui bénit, puisque nous n’accomplissons pas ce que dit le verset « car Je suis saint » — cette huile parfumée —, on n’a pas non plus l’usage de la netila. Et pour nous les mains ne sont pas dites souillées, puisque nous n’avons pas l’habitude de les laver et que nous n’y regardons pas. Toutefois, s’il est quelqu’un d’istanis, habitué à se laver les mains après le repas, pour lui les mains sont souillées et il doit se laver avant Birkat Hamazon ; mais il ne bénira pas du tout sur elles.