Dix exigences de la coupe de Birkat hamazon : lavage, rinçage, vin vif, coupe pleine, parure, enveloppement, réception à deux mains, tenue à droite, élévation d’un téfa'h, regard, envoi aux gens de la maison. Sens de « vif » selon Rav Alfas, Rabbénou Tam, Rachi et ceux qui exigent une coupe entière. Débat des Guéonim, du Rambam et des Tossafot sur le compte de Rabbi Yoḥanan. On ne parle pas sur la coupe ; on ne bénit pas sur une coupe de paires ; on s’assoit pour bénir (sauf en voyage, selon le Roch).
גרסינן בפ' ג' שאכלו א"ר זירא י' דברים נאמרו בכוס של ברכה טעון הדחה שטיפה חי מלא עיטור עיטוף מקבלו בשתי ידיו ונותנו לימינו ומגביהו מן הקרקע טפח ונותן בו עיניו ומשגרו לאנשי ביתו תנא הדחה מבפנים ושטיפה מבחוץ ואיתא בתוספתא דאם קנחו יפה שפיר דמי: חי אין פירושו חי ממש בלא מזיגה דהא תנן מודים חכמים לרבי אליעזר בכוס של ברכה שאין מברכין עליו עד שיתן לתוכו מים ופירש רב אלפס שמניחו חי עד ברכת הארץ ואז מוזגו להודיע שבח הארץ שיינותיה חזקים וצריך לערב בהם מים רבים ור"ת פירש חי מזוג ולא מזוג שמוזגו קצת וכשיגיע לברכת הארץ מוזגו כראוי על חד תלת מיא ויין שלנו א"צ מזיגה ורש"י פירש שנותנו לכוס של ברכה חי ומוזגו בו לאפוקי שלא ימזגנו בכלי אחר ויתננו בכוס של ברכה אי נמי מוציאו מן החבית לשם ברכה חי פריש"ק בלע"ז ויש מפרשים על הכלי שיהא שלם כדאיתא בבבא קמא (נד.) על הכלים שבירתן זו היא מיתתן וטוב לצאת ידי כל הפירושים: מלא כפשטיה שיהא מלא על כל גדותיו דא"ר יוחנן כל המברך על כוס מלא נותנין לו נחלה בלי מצרים שנאמר ומלא ברכת ה' ים ודרום ירשה: עיטור רב יהודה מעטר ליה בתלמידי פי' היה מושיב תלמידיו סביבותיו בשעת הברכה רב חסדא מעטר ליה בנטלי פירש"י בכוסות (כשהגיע לברכת הארץ היה מוסיף עליו) וי"מ שהיה מניח כוסות יפים סביביו להדרו בהן: עיטוף רב פפא מעטף ויתיב רב אשי פריס סודרא ארישיה: ומקבלו בב' ידיו דא"ר חיננא בר פפא שאו ידיכם קודש וברכו את ה' הילכך מקבלו בב' ידיו. וכשמתחיל לברך נוטלו בימינו א"ר יוחנן ראשונים שאלו שמאל מהו שתסייע לימין פירוש לסומכה בשמאלו אמר רב אשי הואיל וראשונים מיבעיא להו אנן לא נעביד בה עובדא: ומגביהו מן הקרקע טפח אם הוא יושב ע"ג קרקע דכתיב כוס ישועות אשא ובשם ה' אקרא ואם הוא מיסב בשלחנו מגביהו מעל השלחן טפח וטעמא משום שיהא נראה לכל המסובין ויסתכלו בו: ונותן עיניו בו כי היכי דלא ליסח דעתיה מיניה א"ר יוחנן אנו אין לנו אלא ארבע הדחה שטיפה חי מלא וסימנו חמש"ה: וכתבו הגאונים כוס של ברכה צריך י' דברים ושאמר ר' יוחנן אין לנו אלא ד' ולא מצריך עיטוף ליתא אלא כרב פפא ורב אשי דבתראי נינהו ועבדי עובדא. ורמב"ם ז"ל לא הזכיר אלא ד' של רבי יוחנן: והתוס' כתבו מניינא דרבי יוחנן לא אתי אלא למעוטי עיטור ועיטוף אבל בנתינה לימין מודה דא"ר יוחנן ראשונים שאלו שמאל מהו שתסייע לימין ומסתמא גם במקבל בב' ידיו מודה דדריש להו מקרא שאו ידיכם קודש ובמגביה טפח נמי דדריש ליה מכוס ישועות אשא וכן נותן בו עיניו כדי שלא יסיח דעתו מן הברכה וכן רב נחמן היה רגיל לשלחו לאשתו ובכל הנך רגילין האידנא אף בפריסת סודר שלא יברך בגילוי הראש ואין חסר לנו אלא עיטור: א"ר אשי אין משיחין על כוס של ברכה פירש"י שלא ישיח המברך משנתנו לו הכוס לברך וכן נמי המסובין אין להם להשיח משהתחיל המברך לא מיבעיא בשעה שהוא מברך שאין להם לדבר שצריכין לשמוע ולהבין מה שאומר המברך אלא אפילו בין ברכה לברכה אין להם להשיח שלא להפסיק שמיעתן בשיחת חולין: א"ר אסי אין מברכין על כוס של פורעניות שהוא כוס שני פי' אם שתה ב' כוסות לא יברך על הג' שנא' הכון לקראת אלהיך ישראל וכיון ששתה זוגות לא קרינן ביה הכון שאין דעתו מיושבת עליו שירא שמא יזוק ולא אמרי' אדרבה יברך על הג' לבטל הזוגות לפי שכבר נסתלק מן הסעודה וזהו כוס בפני עצמו שאינו בא אלא בשביל הברכה: וצריך לישב בשעה שמברך בין אם היה הולך כשאכל או עומד או מיסב כשמגיע לברך צריך לישב כדי שיוכל לכוין יותר וגם לא יהא מיסב שהוא דרך גאוה אלא ישב באימה. כתב א"א הרא"ש ז"ל הא דאמרינן אכל כשהוא מהלך צריך לישב ולברך מיירי כשהוא הולך בביתו אבל מהלך בדרך ואוכל א"צ לישב ולברך לפי שאין דעתו מיושבת עליו אם יאחר דרכו כדאמרינן (ברכות ל.) גבי תפלה:
On lit au chapitre « Trois qui ont mangé » : Rabbi Zéra a dit : dix choses ont été dites au sujet de la coupe de bénédiction. Elle requiert le lavage, le rinçage, d’être vive, d’être pleine, la parure, l’enveloppement ; on la reçoit des deux mains et on la passe à la droite, on l’élève d’un téfa'h au-dessus du sol, on y fixe les yeux, et on l’envoie aux gens de sa maison. Une baraïta enseigne : le lavage est à l’intérieur et le rinçage à l’extérieur. Et il est rapporté dans la Tossefta que si on l’a bien essuyée, cela convient. « Vive » ne signifie pas vive au sens strict, sans aucun coupage. Car nous avons appris : les Sages conviennent avec Rabbi Eliézer, pour la coupe de bénédiction, qu’on ne bénit pas sur elle tant qu’on n’y a pas mis d’eau. Rav Alfas explique qu’on la laisse vive jusqu’à la bénédiction de la Terre, et qu’alors on la coupe, pour faire connaître la louange de la Terre : ses vins sont forts et demandent beaucoup d’eau. Rabbénou Tam explique : « vive » veut dire coupée et non coupée — on la coupe un peu, et lorsqu’on arrive à la bénédiction de la Terre on la coupe comme il faut, un volume de vin pour trois d’eau. Notre vin, lui, n’a pas besoin d’être coupé. Rachi explique qu’on verse le vin vif dans la coupe de bénédiction et qu’on le coupe dans cette coupe même, à l’exclusion de le couper dans un autre récipient puis de le verser dans la coupe de bénédiction ; ou encore : on le tire du tonneau à cette fin, vif — « frisch » en langue vulgaire. Certains expliquent que cela vise le récipient : qu’il soit entier, comme il est dit au traité Baba Kamma (54a) au sujet des ustensiles : leur brisure est leur mort. Il est bon de s’acquitter de toutes les interprétations. « Pleine » s’entend au simple : qu’elle soit pleine à ras bords. Car Rabbi Yoḥanan a dit : quiconque bénit sur une coupe pleine, on lui donne un héritage sans limites, ainsi qu’il est dit : « Et pleine est la bénédiction de ה', il possédera la mer et le Midi. » Parure : Rav Yehouda parentait la coupe de disciples — il les faisait asseoir autour de lui à l’heure de la bénédiction. Rav Ḥisda la parentait de natlei. Rachi explique : de coupes (lorsqu’il arrivait à la bénédiction de la Terre, il en ajoutait). D’autres expliquent qu’il plaçait de belles coupes autour d’elle pour l’honorer. Enveloppement : Rav Papa s’enveloppait et s’asseyait ; Rav Ashi étendait un souddar sur sa tête. On la reçoit des deux mains, car Rabbi Ḥinena bar Papa a dit : « Élevez vos mains en sainteté et bénissez ה' » — c’est pourquoi on la reçoit des deux mains. Quand on commence à bénir, on la prend de la droite. Rabbi Yoḥanan a dit : les Anciens ont demandé si la gauche peut aider la droite — c’est-à-dire la soutenir de la main gauche. Rav Ashi a dit : puisque la chose était douteuse pour les Anciens, nous n’en ferons pas un usage. On l’élève d’un téfa'h au-dessus du sol si l’on est assis à terre, ainsi qu’il est écrit : « J’élèverai la coupe des délivrances et j’invoquerai le Nom de ה'. » Si l’on est accoudé à sa table, on l’élève d’un téfa'h au-dessus de la table. La raison en est qu’elle soit visible à tous les convives et qu’ils la regardent. On y fixe les yeux, afin que l’esprit ne s’en écarte pas. Rabbi Yoḥanan a dit : nous n’avons que quatre choses — lavage, rinçage, vive, pleine — et leur signe est Ḥamcha"h. Les Guéonim ont écrit que la coupe de bénédiction requiert les dix choses ; et ce que Rabbi Yoḥanan a dit — « nous n’avons que quatre » — sans exiger l’enveloppement, n’est pas retenu : on suit Rav Papa et Rav Ashi, qui sont plus tardifs et en ont fait un usage. Le Rambam, de mémoire bénie, n’a mentionné que les quatre de Rabbi Yoḥanan. Les Tossafot ont écrit : le compte de Rabbi Yoḥanan ne vient qu’à exclure la parure et l’enveloppement ; mais pour le passage à la droite, il en convient, puisqu’il a dit que les Anciens ont demandé si la gauche peut aider la droite. De même, vraisemblablement, il convient pour la réception des deux mains, car il le tire du verset « Élevez vos mains en sainteté » ; de même pour l’élévation d’un téfa'h, qu’il tire de « J’élèverai la coupe des délivrances » ; de même on y fixe les yeux afin de ne pas détourner l’esprit de la bénédiction ; de même Rav Naḥman avait l’habitude de l’envoyer à son épouse. De tous ces usages on a coutume aujourd’hui, y compris d’étendre un souddar pour ne pas bénir tête nue ; il ne nous manque que la parure. Rav Ashi a dit : on ne converse pas sur la coupe de bénédiction. Rachi explique : le bénédisant ne parlera pas dès qu’on lui a donné la coupe pour bénir ; de même les convives ne parleront pas dès que le bénédisant a commencé. Non seulement pendant qu’il bénit — car ils doivent entendre et comprendre ce qu’il dit — mais même d’une bénédiction à l’autre ils ne parleront pas, afin de ne pas interrompre leur écoute par un propos profane. Rav Assi a dit : on ne bénit pas sur une coupe de châtiment, qui est la deuxième coupe. C’est-à-dire : s’il a bu deux coupes, qu’il ne bénisse pas sur la troisième, ainsi qu’il est dit : « Tiens-toi prêt à la rencontre de ton Dieu, Israël. » Puisqu’il a bu par paires, on ne dit plus de lui « tiens-toi prêt » : son esprit n’est pas assuré, il craint d’être atteint. Et l’on ne dit pas : au contraire, qu’il bénisse sur la troisième pour rompre les paires — car il s’est déjà retiré du repas, et c’est une coupe à part, qui ne vient que pour la bénédiction. Il faut être assis au moment de bénir. Qu’on ait marché en mangeant, qu’on ait été debout ou accoudé, lorsqu’on en vient à bénir on s’assoit, afin de mieux diriger son intention. On ne restera pas non plus accoudé, car c’est manière d’orgueil : on s’assoit dans la crainte. Mon maître et père le Roch, de mémoire bénie, a écrit : ce que l’on dit — « s’il a mangé en marchant, qu’il s’asseye pour bénir » — vise celui qui marche dans sa maison ; mais celui qui marche en chemin et mange n’a pas à s’asseoir pour bénir, car son esprit n’est pas assuré s’il retarde sa route, comme on le dit (Berakhot 30a) au sujet de la tefila.