Qui a quitté son lieu sans dire Birkat hamazone doit y revenir, shogeg ou mezid. S’il a béni ailleurs, le shogeg s’est acquitté, le mezid non. S’il a encore du pain, il en mange un peu au second lieu et bénit là. En cas de doute, on bénit. On peut bénir tant que la nourriture n’est pas digérée, c’est-à-dire tant qu’on n’a pas faim de ce repas. La quantité minimale est un kezaït, comme Rabbi Méir.
מי שאכל ויצא ממקומו ולא בירך ל"ש שוגג ול"ש מזיד צריך לחזור למקומו ולברך בירך במקום הב' אם היה שוגג יצא ואם היה מזיד לא יצא: כתב הר"פ דוקא שאין לו עוד פת לאכול במקום הב' אבל אם יש לו עוד פת לאכול יאכל שם מעט ויברך שם רק שלא יהא רעב מאכילה הראשונה והא דאמרינן דברים הטעונין ברכה לאחריהם במקומן פירוש אם אינו רוצה לאכול במקום הב' צריך לחזור למקומו ולברך אבל אם ירצה לאכול במקום השני א"צ לחזור למקומו אכל ואינו יודע אם בירך בהמ"ז אם לאו צריך לברך מספק ועד אימתי יכול לברך עד שיתעכל המזון שבמעיו. וכמה שיעורו א"ר יוחנן כל זמן שאינו רעב מחמת אותה אכילה וכן נמי לענין אכילת פירות ושתיית יין אם אינו רעב ולא צמא ותאב לאותן פירות יברך ושיעור אכילה לברך עליה בהמ"ז בכזית כר"מ אע"ג דר' יהודה פליג עליה ואמר בכביצה וקי"ל בכל דוכתא הלכה כר' יהודה כנגד ר"מ בהא הלכה כר"מ דר' יוחנן קאי בשיטתיה וכן פסק ר"ח וה"ג:
Celui qui a mangé, a quitté son lieu et n’a pas béni — qu’il se soit agi de shogeg (par erreur) ou de mezid (volontairement) — doit retourner à son lieu et bénir. S’il a béni au second lieu : s’il était shogeg, il s’est acquitté ; s’il était mezid, il ne s’est pas acquitté. Rabbenou Perets a écrit : cela n’est vrai que s’il n’a plus de pain à manger au second lieu ; mais s’il a encore du pain à manger, qu’il en mange un peu là-bas et qu’il y bénisse, pourvu seulement qu’il n’ait pas faim de la première consommation. Quant à ce que l’on dit « les choses qui exigent une berakha après elles à leur lieu », cela signifie : s’il ne veut pas manger au second lieu, il doit retourner à son lieu et bénir ; mais s’il veut manger au second lieu, il n’a pas besoin d’y retourner. S’il a mangé et ne sait pas s’il a dit Birkat hamazone ou non, il doit bénir par doute. Jusqu’à quand peut-il bénir ? Jusqu’à ce que la nourriture se soit digérée dans ses entrailles. Quelle en est la mesure ? A dit Rabbi Yohanan : tout le temps qu’il n’a pas faim à cause de cette consommation. Il en va de même pour la consommation de fruits et la boisson de vin : s’il n’a pas faim ni soif, et qu’il a encore envie de ces fruits, il bénira. La quantité de consommation pour en dire Birkat hamazone est d’un kezaït, selon Rabbi Méir ; bien que Rabbi Yehouda s’y oppose et dise : un kebeïtsa, et que l’on tienne en tout lieu que la halakha est comme Rabbi Yehouda contre Rabbi Méir, ici la halakha est comme Rabbi Méir, car Rabbi Yohanan se range à son avis. Ainsi ont décidé Rabbenou Hananel et les Halakhot Guedolot.