Hatov vehametiv n’est pas d’origine toranique : les Sages l’ont instituée pour les tués de Beitar enfin inhumés. Elle s’ouvre par Baroukh mais ne se clôt pas ainsi. On y mentionne trois royautés, trois hatavot et trois gemulot. Formule, interdiction de titbarakh et de hamelekh hahai hors maison de deuil, ajout de deuil ; les Harahaman ne sont pas un hefsek.
ברכה רביעית הטוב והמטיב ולאו דאורייתא היא שחכמים תקנוה על הרוגי ביתר שנתנו לקבורה הילכך פותחת בברוך דלא הויא סמוכה לחברתה ואינה חותמת דהויא מטבע קצר אע"ג דאיתא במדרש שצריך לומר בה ג' הטבות וג' גמולות אפ"ה אינה חותמת דמעיקרא לא תקנו אלא הטוב והמטיב ואח"כ הוסיפו בה דברים הללו אמר רבה בר בר חנה א"ר יוחנן הטוב והמטיב צריכה מלכות ואסיקנא צריכה ב' מלכיות בר מדידה חדא בשביל בונה ירושלים דכיון שתקנו לומר מלכות בית דוד בבונה ירושלים ראוי היה להזכיר בו ג"כ מלכות של עולם אלא שלא רצו להזכיר מלכות של עולם אצל מלכות ב"ו הלכך תקנו להזכיר בהטוב והמטיב מלכות כנגדה ואגב שתקנו להזכיר מלכות כנגדה תקנו נמי להזכיר כנגד ברכת הארץ לכך צריך להזכיר בה ג' מלכיות וג' גמולות וג' הטבות וזה נוסחה בא"י אמ"ה כו' ולא יאמר תתברך חי לעד האל אבינו מלכנו אדירנו וכו' המלך הטוב ולא יאמר המלך החי כי אין אומרים החי אלא בבית האבל הרי ג' מלכיות ג' הטבות המלך הטוב והמטיב לכל הוא ייטיב לנו וא"א הרא"ש ז"ל היה אומר בזה הסדר הוא הטיב לנו הוא מטיב לנו הוא ייטיב לנו כסדר שאומר הגמולות הוא גמלנו הוא גומלנו הוא יגמלנו ובבית האבל מוסיפין בה מעין המאורע דתניא מה אומרים בבית האבל הטוב והמטיב ר"ע אומר מוסיף בה דיין האמת מר זוטרא איקלע לבי רב אשי איתרע מילתא בבריא פתח ואמר בא"י האל החי הטוב והמטיב אל אמת דיין אמת שופט צדק לוקח נפשות במשפט ושליט בעולמו לעשות בו כרצונו כי כל דרכיו משפט ואנו עבדיו ועמו ובכל אנחנו חייבין להודות לו ולברכו גודר פרצות הוא יגדור פרצה זאת מעלינו ומעל האבל הזה לחיים ולשלום וכו' ובעל הלכות וכן רב אלפס כתבו שאין לומר ולוקח נפשות במשפט משום דאיתא בפרק במה בהמה (שבת נה:) יש מיתה בלא חטא וא"א הרא"ש ז"ל כתב שאין למוחקו וכן עמא דבר וא"צ י' לאומרו כתב אחי ה"ר יחיאל ז"ל נהגו להאריך בברכת הטוב והמטיב הרחמן בכמה גווני ולא ידעתי מאין בא זה להרבות בבקשה בין ברהמ"ז לברכת בפה"ג ואפשר שנהגו לעשות כן מהא דאמרו (ברכות מו.) אורח מברך יר"מ וכו' ע"כ ונ"ל שאין בזה משום הפסק וגדולה מזו מצאנו בברכת המילה שמתפללין על הילד באמצע הברכה אחר שבירך בפה"ג ומפסיק בין ברכה לשתייה:
La quatrième berakha est Hatov vehametiv (le Bon et Qui fait du bien). Elle n’est pas d’origine toranique : les Sages l’ont instituée au sujet des tués de Beitar qui furent livrés à la sépulture. C’est pourquoi elle s’ouvre par « Baroukh », n’étant pas accolée à la berakha qui la précède, et elle ne se clôt pas, car c’est une formule brève. Bien que le Midrash enseigne qu’il faut y dire trois hatavot (bienfaits) et trois gemulot (rétributions), elle ne se clôt pas pour autant : à l’origine, on n’avait institué que Hatov vehametiv, et ce n’est qu’ensuite qu’on y a ajouté ces développements. Rabbah bar bar Hanna a dit au nom de Rabbi Yohanan : Hatov vehametiv requiert la mention de la royauté. Et l’on a conclu qu’elle requiert deux royautés outre la sienne : l’une au titre de Boneh Yeroushalayim — car, puisqu’on a institué de mentionner la royauté de la maison de David dans Boneh Yeroushalayim, il eût convenu d’y mentionner aussi la Royauté du monde ; mais on n’a pas voulu mentionner la Royauté du monde à côté d’une royauté de chair et de sang ; on a donc institué de mentionner dans Hatov vehametiv une royauté en contrepartie. Et du fait qu’on a institué cette royauté en contrepartie, on a aussi institué d’en mentionner une en contrepartie de Birkat haarets. C’est pourquoi il faut y mentionner trois royautés, trois gemulot et trois hatavot. Voici sa formule : « Béni sois-Tu, ה' notre Dieu, Roi du monde, etc. » On ne dira pas « titbarakh hai la’ad » (« Que Tu sois béni, Vivant à jamais »). [On dira :] « haEl avinou, malkénou, adirénou, etc., hamélekh hatov ». Et l’on ne dira pas « hamélekh hahai », car on ne dit « hahai » que dans la maison de deuil. Voilà les trois royautés. Les trois hatavot : « hamélekh hatov vehametiv lakol, hou yétiv lanou ». Et mon maître et père le Roch, de mémoire bénie, disait dans cet ordre : « hou hétiv lanou, hou métiv lanou, hou yétiv lanou », selon l’ordre des gemulot : « hou gemalanou, hou gomelénou, hou yigmelénou ». Dans la maison de deuil, on y ajoute un passage en rapport avec la circonstance. Car il a été enseigné : que dit-on dans la maison de deuil ? Hatov vehametiv. Rabbi Akiva dit : on y ajoute « Dayan haémet ». Mar Zoutra se rendit chez Rav Ashi ; un malheur survint à propos d’un bien-portant. Il commença et dit : « Béni sois-Tu, ה', haEl hahai, Hatov vehametiv, El émet, Dayan émet, juge de justice, qui prend les âmes selon le jugement, et qui domine en Son monde pour y faire selon Sa volonté, car toutes Ses voies sont jugement ; et nous sommes Ses serviteurs et Son peuple, et en tout nous sommes tenus de Lui rendre grâce et de Le bénir. Qui ferme les brèches, qu’Il ferme cette brèche de dessus nous et de dessus cet endeuillé, pour la vie et pour la paix, etc. » Le Baal Halakhot, et de même Rav Alfas, ont écrit qu’il ne faut pas dire « et qui prend les âmes selon le jugement », parce qu’il est dit au chapitre Bameh Behema (Chabbat 55b) qu’il y a une mort sans faute. Mais mon maître et père le Roch, de mémoire bénie, a écrit qu’il ne faut pas l’effacer, et ainsi pratique le peuple. On n’a pas besoin de dix personnes pour le dire. Mon frère, Rabbi Yehiël, de mémoire bénie, a écrit : on a pris l’habitude d’allonger, dans la berakha Hatov vehametiv, les invocations « Harahaman » en plusieurs formulations ; et je ne sais d’où vient cet usage de multiplier les demandes entre Birkat Hamazone et la berakha bore peri haguefen. Il se peut qu’on l’ait tiré de ce qu’ils ont dit (Berakhot 46a) : l’hôte bénit « yehi ratson milfanekha, etc. » Jusqu’ici ses paroles. Et il me semble qu’il n’y a pas là d’hefsek ; et l’on trouve plus que cela dans la berakha de la milah : on prie pour l’enfant au milieu de la berakha, après avoir béni bore peri haguefen, et l’on interrompt entre la berakha et la consommation.