טור אורח חיים

Tour Orah Haim — siman 196

Rabbi Yaakov ben Asher (Baal HaTour) · Tevel et aliment interdit ; pain des akoum et hallot du kohen ; mesure du zimoun
En bref - de quoi parle ce chiour ?

On ne fait pas de zimoun sur le tevel. Le Rambam refuse aussi les berakhot avant et après tout interdit ; le Raavad et le Roch tiennent qu’on bénit à la fin, puisqu’on a joui. Pain des akoum et hallot du kohen : on s’associe dès qu’un des deux peut manger de l’aliment de l’autre. Trois liés par un vœu de non-bénéfice ne s’associent pas. On fait le zimoun dès un kezayit ; le yahid ne dit les trois berakhot qu’à partir d’un kezayit.

Glossaire

tevel
récolte dont les prélèvements et dîmes n’ont pas été séparés, interdite à la consommation
keviout
fixation, caractère établi du repas
pat akoum
pain cuit par un non-Juif
hallot
pâte prélevée (challa) réservée au kohen
mudarin hanaa
liés par un vœu de ne tirer aucun bénéfice l’un de l’autre
kezayit
volume d’une olive
keveitsa
volume d’un œuf

אכל טבל אין מזמנין עליו כתב הרמב"ם ז"ל שאין מברכין עליו לא בתחלה ולא בסוף וכן על כל דבר של איסור. והראב"ד השיג עליו וכתב שלא אמרו אלא אין מזמנין עליו לומר שאין להם קביעות הואיל ואוכלין דבר איסור והוא כעין אכילת פירות שאין להן קבע דזימון אבל למה לא יברכו עליו לבסוף כיון שנהנה וכ"כ א"א הרא"ש ז"ל: כתב רשב"ם ג' שאכלו כאחת אחד נזהר מפת עכו"ם ואחד אינו נזהר או אחד מהם כהן ואוכל חלות אע"פ שאותו שנזהר אינו יכול לאכול עם אותו שאינו נזהר ולא ישראל עם הכהן כיון שאותו שאינו נזהר יכול לאכול עם הנזהר וכהן עם הישראל מצטרפין כתב ר"י יש ללמוד מדבריו דשלשה שמודרין הנאה זה מזה אין מצטרפין לזימון אע"פ שיכולין לישאל על נדרם ולהתירם מ"מ עדיין לא נשאלו: עד כמה מזמנין עד כזית רבי יהודה אומר עד כביצה וקיימא לן בכזית כת"ק: וכן לענין יחיד אינו מברך ג' ברכות אלא עד כזית:

Celui qui a mangé du tevel : on ne fait pas de zimoun sur lui. Le Rambam z"l a écrit qu’on ne bénit pas sur lui, ni au commencement ni à la fin, et de même sur tout aliment interdit. Le Raavad l’a contesté et a écrit qu’on n’a dit que « on ne fait pas de zimoun sur lui », pour dire qu’ils n’ont pas de fixation de repas, puisqu’ils mangent un aliment interdit, et que c’est comparable à la consommation de fruits qui n’ont pas de fixation pour le zimoun ; mais pourquoi ne bénirait-on pas à la fin, puisqu’il a joui ? Et ainsi a écrit mon père, le Roch z"l. Le Rashbam a écrit : trois qui ont mangé ensemble, l’un s’abstient du pain des akoum et l’autre ne s’en abstient pas, ou l’un d’eux est kohen et mange des hallot — bien que celui qui s’abstient ne puisse pas manger avec celui qui ne s’abstient pas, ni l’Israélite avec le kohen —, puisque celui qui ne s’abstient pas peut manger avec celui qui s’abstient, et le kohen avec l’Israélite, ils s’associent. Le Ri a écrit : on apprend de ses propos que trois qui se sont interdit par vœu tout bénéfice l’un de l’autre ne s’associent pas au zimoun ; bien qu’ils puissent se faire interroger sur leur vœu et le faire lever, néanmoins ils ne se sont pas encore fait interroger. À partir de quelle quantité fait-on le zimoun ? Dès un kezayit. Rabbi Yehouda dit : dès un keveitsa. Et nous tenons au kezayit, comme le premier Tanna. Et de même pour le yahid : il ne récite les trois berakhot qu’à partir d’un kezayit.