Sur les légumes on dit boré péri haadama, même cuits s’ils restent dans leur état. Ce qui est bon cru et cuit garde sa berakha après cuisson. Courge, betterave, chou : chéhakol crus, boré péri haadama cuits. Ail et poireaux : Tossafot — chéhakol cuits ; Rif et Guéonim — boré péri haadama cuits, avis que le Tour juge plus raisonnable. Bouillon sans viande : berakha du légume ; avec viande : chéhakol. Jus pressé : chéhakol. Couper ne change rien. Navet : cru chéhakol, cuit ou mariné boré péri haadama.
על הירקות אומר בפה"א ואפילו בשלם שנשתנו מברך עליהם בפה"א דבמילתייהו קיימי הלכך כל ירקי ופירי וקטניות שטובים חיין ומבושלים מברכין לאחר בישולם כברכתם הראוי להם קודם בישולם אבל קרא וסילקא וכרבא וכיוצא בהן שטובים מבושלים יותר מחיין כשהן חיין מברך שהכל לאחר בישולם בפה"א דאישתני לעילויא. תומי וכרתי כתבו התוספות כשהן חיין בפה"א ולאחר בישולם שהכל נהיה בדברו דאישתני לגריעותא ואפילו אם יש שחפץ בהם יותר מבושלין בטלה דעתו והולכין אחר הרוב ואף על גב שאנו רגילין לאוכלן מבושלין זהו מפני השומן שממתקן. ורב אלפס כתב כשהן חיין שהכל ולאחר בישולם בפה"א. וכ"כ הגאונים ואפשר דחשיבי להו אישתני למעליותא והכי מסתבר ועל המים שבשלו בהם הירקות מברך כדרך שמברך על הירקות עצמן אע"פ שאין בהם אלא טעם הירק ולא דמי למי פירות דאמרינן דחשיבי לזיעה בעלמא ומברך עליהם שהכל לפי שהמשקה אין לו טעם הפרי כמו שיש למרק טעם הפרי. והיה אומר א"א הרא"ש ז"ל דוקא כשבשלם בלא בשר אבל בשלם עם הבשר טעם הבשר שבמרק חשיב עיקר ומברך עליו שהכל כתב אחי ה"ר יחיאל ז"ל כ"ש אם סחטן שמברכין על מימיהן כדרך שמברך עליהם ואינו נראה כן דודאי כשסוחטין אותם משתני לגריעותא וראיה לדבר משקין היוצאין מן הפרי שמברכין עליו שהכל ואם בשלם מברך על המרק כברכת הפרי לפי מה שכתבתי למעלה בשם א"א הרא"ש ז"ל: ואם חתכן אפילו לחתיכות דקות לא נשתנית ברכתם דבמילתייהו קיימי כדאמרינן הני גרגלידי דלפתא דפרמינהו בין פירמי רברבי בין פירמי זוטרי מברך עליהם בפה"א: כתב רב האי גרגלידי דלפתא מבושלים או כבושין בחומץ או בחרדל בפה"א חיין שהכל וכ"כ בה"ג ויש מן הגאונים שכתבו בהיפך ולמאי דכתיבנא לעיל דכל מה שטוב יותר מבושל מחי מברך עליו כשהוא חי שהכל יראה כדברי רבינו האי שהלפת טוב יותר מבושל מחי:
Sur les légumes, on dit « boré péri haadama », et même cuits, alors qu’ils ont changé, on bénit encore « boré péri haadama », car ils restent dans leur état. Aussi, tous les légumes, fruits et légumineuses qui sont bons crus et cuits : après cuisson, on bénit comme la berakha qui leur convient avant cuisson. Mais la courge, la betterave, le chou et leurs semblables, meilleurs cuits que crus : crus, on bénit « chéhakol » ; après cuisson, « boré péri haadama », car ils ont changé pour le mieux. Ail et poireaux : les Tossafot ont écrit que crus on dit « boré péri haadama », et après cuisson « chéhakol nihya bidvaro », car ils ont changé pour le pire. Même s’il est quelqu’un qui les préfère plus cuits, on ne tient pas compte de son avis et l’on suit la majorité. Bien que nous ayons l’habitude de les manger cuits, c’est à cause de la graisse qui les adoucit. Rav Alfes a écrit : crus, « chéhakol » ; après cuisson, « boré péri haadama ». Ainsi ont écrit les Guéonim. Il se peut qu’ils les tiennent pour changés vers le mieux ; et c’est ainsi qu’il est raisonnable. Sur l’eau où l’on a cuit les légumes, on bénit comme sur les légumes eux-mêmes, bien qu’il n’y ait en elle que le goût du légume. Cela ne ressemble pas à l’eau des fruits, dont on dit qu’elle n’est tenue que pour une simple sueur, et sur laquelle on bénit « chéhakol », parce que la boisson n’a pas le goût du fruit comme le bouillon a le goût du fruit. Mon maître mon père le Roch z"l disait : seulement si on les a cuits sans viande ; mais si on les a cuits avec de la viande, le goût de la viande dans le bouillon est tenu pour l’essentiel, et l’on bénit « chéhakol ». Mon frère R. Yehiel z"l a écrit : à plus forte raison, si on les presse, on bénit sur leur jus comme on bénit sur eux. Cela ne paraît pas juste : quand on les presse, ils changent certainement pour le pire. Preuve : les liquides qui sortent du fruit, on bénit sur eux « chéhakol » ; et si on les a cuits, on bénit sur le bouillon la berakha du fruit, selon ce que j’ai écrit plus haut au nom de mon maître mon père le Roch z"l. Si on les a coupés, même en morceaux fins, leur berakha n’a pas changé, car ils restent dans leur état, comme on dit : ces rondelles de navet qu’on a coupées, que les morceaux soient gros ou petits, on bénit « boré péri haadama ». Rav Haï a écrit : les rondelles de navet cuites, ou marinées au vinaigre ou à la moutarde : « boré péri haadama » ; crues : « chéhakol ». Ainsi a écrit le Baal Halakhot Guedolot. Certains Guéonim ont écrit l’inverse. Selon ce que nous avons écrit plus haut — tout ce qui est meilleur cuit que cru, on bénit « chéhakol » lorsqu’il est cru —, il paraît qu’il faut suivre les paroles de Rabbénou Haï, car le navet est meilleur cuit que cru.