טור אורח חיים

Tour Orah Haim — siman 231

Rabbi Yaakov ben Asher (Baal HaTour) · Lois de l’ordre du jour : sommeil de midi et intention au Nom du Ciel
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Après le repas, revenir à l’étude. Si le sommeil de midi est indispensable, le limiter au sommeil du cheval (soixante respirations) et n’en viser que le renforcement du corps pour le service de ה'. Toute jouissance ici-bas — manger, boire, marcher, s’asseoir, se lever, rapports conjugaux, parole — doit viser le service du Créateur. Le sommeil occasionnel (araï) n’oblige pas à renouveler la berakha de la Torah ; le sommeil établi (kéva) sur le lit, si.

Glossaire

chitin nichmé
soixante respirations (mesure du sommeil du cheval)
chinat araï
sommeil occasionnel, passager
chinat kéva
sommeil établi, fixe
onah
temps conjugal prescrit par la Torah
hefsek
interruption (ici : de l’étude, obligeant à renouveler la berakha de la Torah)
léchem chamayim
au Nom du Ciel
devarim chel rechout
actes permis, non obligatoires

הלכות סדר היום אחר שגמר סעודתו יחזור ללמוד ואם אי אפשר לו ללמוד בלא שינת הצהרים יישן ובלבד שלא יאריך בה הרבה גרסי' בסוכה פרק הישן (סוכה כו.) א"ר אסור לישן ביום יותר משינת הסוס וכמה היא שינת הסוס שתין נשמי אביי הוה נאים מכי עייל מבי כובי לפומבדיתא קרי עליה רב יוסף עד מתי עצל תשכב ואף בזה המעט לא תהא כוונתו להנאת גופו אלא להחזיק גופו לעבודת הש"י וכן בכל מה שיהנה בעה"ז לא יכוין להנאתו אלא לעבודת הבורא יתעלה כדכתיב בכל דרכיך דעהו ואמרו חכמים ז"ל ויהיו כל מעשיך לשם שמים וכן סדר ה"ר יונה הענין בפרקי אבות ויהיו כל מעשיך לש"ש אפילו דברים של רשות כגון האכילה והשתייה וההליכה והישיבה והקימה והתשמיש והשיחה וכל צרכי גופך יהיו כולם לעבודת בוראך או לדבר הגורם עבודתו. אכילה ושתייה כיצד אצ"ל שלא יאכל ולא ישתה דברים האסורים אלא אף כי יאכל וישתה דברים המותרים והיה רעב וצמא אם להנאת גופו עשה אין זה משובח אא"כ נתכוון להשלים צרכי גופו ושיאכל כדי חיותו כדי לעבוד בוראו: הישיבה והקימה וההליכה כיצד אצ"ל שלא ישב במושב לצים ושלא לעמוד בדרך חטאים ושלא לילך בעצת רשעים אלא אפילו לישב בסדר ישרים ולעמוד במקום צדיקים ולילך בעצת תמימים אם עשה להנאת עצמו להשלים חפצו ותאותו אין זה משובח אא"כ עשה לשם שמים שכיבה כיצד אצ"ל בזמן שיכול לעסוק בתורה ובמצות אם מתגרה בשינה לענג עצמו שאין ראוי לעשות כן אלא אפילו בזמן שהוא יגע וצריך לישן כדי לנוח מיגיעתו אם עשה להנאת גופו אין זה משובח אלא א"כ נתכוון להשלים צרכי גופו שיוכל לעבוד בוראו ויתן שינה לעיניו ולגופו מנוחה לצורך הבריאות ושלא תיטרף דעתו בתורה מחמת היגיעה: תשמיש כיצד אצ"ל שלא יעבור עבירה אלא אפילו בעונה האמורה בתורה אם עשה להנאת גופו או להשלים תאותו ה"ז מגונה ואפילו אם נתכוון כדי שיהיו לו בנים שישמשו אותו וימלאו מקומו אין זה משובח אלא אם כן נתכוון שיהיו לו בנים לעבודת בוראו או שנתכוון לשמש מטתו לקיים עונה האמורה בתורה כאדם הפורע חובו. השיחה כיצד אצ"ל לספר לשון הרע ונבלות פה אלא אפילו לספר בדברי חכמים צריך שתהיה כוונתו לעבודת הבורא או לדבר המביא לעבודתו כללו של דבר חייב אדם לשום עיניו ולבו על דרכיו ולשקול את כל מעשיו במאזני שכלו וכשרואה דבר שיבא לידי עבודת הבורא יתעלה יעשהו ואם לאו לא יעשנו ומי שמדות הללו מצויות בו נמצא עובד את בוראו כל ימיו אפילו בשעת שבתו וקומו והלוכו ובשעת משאו ומתנו ואפי' באכילתו ושתייתו ואפילו בתשמישו ובכל צרכיו ועל הדרך הזה זקף רבינו הקדוש אצבעותיו למעלה בשעת מיתתו ואמר גלוי וידוע לפניך שלא נהניתי מהם אלא לש"ש ע"כ ואם ישן שינת עראי מיושב על אצילי ידיו א"צ לברך ברכת התורה כשיחזור ללמוד אבל אם ישן על מטתו הוא קבע וצריך לברך ואם השכיב עצמו על מטתו לישן ולא יוכל לישן לא הוי הפסק וא"צ לברך:

Lois de l’ordre du jour. Après qu’il a achevé son repas, qu’il retourne à l’étude. S’il lui est impossible d’étudier sans le sommeil de midi, qu’il dorme, pourvu qu’il ne le prolonge pas beaucoup. On enseigne dans Souka, chapitre « Hayachen » (Souka 26a) : Rav a dit qu’il est interdit de dormir le jour plus que le sommeil du cheval ; et quel est le sommeil du cheval ? Soixante respirations (chitin nichmé). Abayé dormait le temps d’aller de Bé-Kové à Poumbedita ; Rav Yossef appliqua à son sujet : « Jusqu’à quand, paresseux, resteras-tu couché ? » Même dans ce peu, que son intention ne soit pas le plaisir de son corps, mais de fortifier son corps pour le service de ה'. De même, en tout ce dont il jouit en ce monde-ci, qu’il n’ait pas en vue son plaisir, mais le service du Créateur, exalté soit-Il, comme il est écrit : « Dans toutes tes voies, connais-Le », et comme ont dit les Sages, de mémoire bénie : « Que toutes tes actions soient au Nom du Ciel. » Ainsi a exposé Rabbénou Yona le sujet dans Pirké Avot : « Que toutes tes actions soient au Nom du Ciel » — même les actes permis, tels que manger, boire, marcher, s’asseoir, se lever, les rapports conjugaux, la conversation et tous les besoins de ton corps, que tout soit pour le service de ton Créateur ou pour une chose qui y conduit. Manger et boire : comment ? Inutile de dire qu’il ne mange ni ne boive de choses interdites ; mais même s’il mange et boit des choses permises, alors qu’il a faim et soif, s’il l’a fait pour le plaisir de son corps, cela n’est pas louable, à moins qu’il n’ait eu l’intention de pourvoir aux besoins de son corps et de manger le nécessaire à sa vie afin de servir son Créateur. S’asseoir, se lever et marcher : comment ? Inutile de dire qu’il ne s’assoie pas à l’assemblée des railleurs, qu’il ne se tienne pas sur le chemin des pécheurs et qu’il ne marche pas selon le conseil des méchants ; mais même s’asseoir parmi les hommes droits, se tenir au lieu des justes et marcher selon le conseil des intègres : s’il l’a fait pour son propre plaisir, pour satisfaire son désir et sa convoitise, cela n’est pas louable, à moins de l’avoir fait au Nom du Ciel. Se coucher : comment ? Inutile de dire que, lorsqu’il peut s’occuper de Torah et de mitsvot, s’il se laisse aller au sommeil pour se délecter, cela n’est pas convenable ; mais même lorsqu’il est fatigué et a besoin de dormir pour se reposer de sa fatigue, s’il l’a fait pour le plaisir de son corps, cela n’est pas louable, à moins d’avoir eu l’intention de pourvoir aux besoins de son corps afin de pouvoir servir son Créateur, de donner le sommeil à ses yeux et le repos à son corps pour la santé, et afin que son esprit ne se trouble pas dans la Torah à cause de la fatigue. Rapports conjugaux : comment ? Inutile de dire qu’il ne commette pas de faute ; mais même dans l’onah prescrite par la Torah, s’il l’a fait pour le plaisir de son corps ou pour assouvir son désir, c’est vil. Même s’il a eu l’intention d’avoir des fils qui le servent et occupent sa place, cela n’est pas louable, à moins d’avoir eu l’intention d’avoir des fils pour le service de son Créateur, ou d’avoir eu l’intention d’accomplir l’onah prescrite par la Torah, comme un homme qui s’acquitte d’une dette. La conversation : comment ? Inutile de dire qu’il ne tienne pas de propos de médisance ni d’obscénités ; mais même pour parler des paroles des Sages, il faut que son intention soit le service du Créateur ou une chose qui y conduit. En somme, l’homme est tenu de poser ses yeux et son cœur sur ses voies et de peser toutes ses actions dans la balance de son intelligence ; lorsqu’il voit une chose qui mène au service du Créateur, exalté soit-Il, qu’il la fasse, et sinon qu’il ne la fasse pas. Celui en qui ces dispositions se trouvent sert son Créateur tous les jours de sa vie, même au moment où il s’assied, se lève et marche, au moment de son commerce, même en mangeant et en buvant, même dans les rapports conjugaux et dans tous ses besoins. C’est selon cette voie que Rabbénou haKadosh dressa ses doigts vers le haut à l’heure de sa mort et dit : « Il est révélé et connu devant Toi que je n’en ai joui qu’au Nom du Ciel. » Jusqu’ici. S’il a dormi d’un sommeil occasionnel (chinat araï), assis sur ses coudes, il n’a pas à bénir la berakha de la Torah lorsqu’il revient à l’étude ; mais s’il a dormi sur son lit, c’est un sommeil fixe (kéva) et il doit bénir. S’il s’est couché sur son lit pour dormir et n’a pas pu dormir, ce n’est pas une interruption (hefsek) et il n’a pas à bénir.