טור אורח חיים

Tour Orah Haim — siman 235

Rabbi Yaakov ben Asher (Baal HaTour) · Lois de la tefila d'arvit
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Arvit n'était pas 'hova à l'origine, mais le Rif la tient aujourd'hui pour obligatoire. Son temps est après le Chema du soir. Débats sur le début du Chema (tset hakokhavim ou pelag hamin'ha) et sur la fin du temps, jusqu'à l'aube.

Glossaire

tamid shel bein haarbayim
sacrifice perpétuel de l'après-midi
evarim oufedarim
membres et graisses du tamid
somèkh gueoula litefila
enchaîner la berakha de Gueoula à la tefila
terouma
prélèvement sacré dû au kohen
tset hakokhavim
sortie des étoiles
bein hachemachot
crépuscule, zone douteuse entre jour et nuit
pelag hamin'ha
une heure et un quart avant la nuit
lekhathila
a priori
ashmoura
veille de la nuit
amoud hacha'har
pointe de l'aube
hanets ha'hama
lever du soleil
anos
contraint
Hachkivenou
berakha « Couche-nous » après le Chema du soir
zman chekhiva
temps où l'on se couche

הלכות תפלת ערבית וכשיגיע הלילה יתפלל תפלת ערבית ואינה חובה שלא נתקנה אלא כנגד איברים ופדרים של תמיד של בין הערבים שלא נתעכלו ביום שקרבין והולכין כל הלילה ומ"מ מצוה איכא ואין לבטלה ורב אלפס כתב דהאידנא קבעוה חובה ואין לבטלה כלל וזמנה אחר ק"ש של ערבית דלא כריב"ל דאמר תפלות באמצע תקנום פי' בבקר ק"ש ואח"כ תפלה ובערב תפלה ואח"כ ק"ש אלא כרבי יוחנן דאמר ר"י איזה בן העוה"ב זה הסומך גאולה לתפלה ואפילו של ערבית הלכך זמנה אחר ק"ש וברכותיה ומאימתי זמן ק"ש של ערבית כדתנן בשעה שהכהנים נכנסים לאכול בתרומתן והיינו צאת הכוכבים כ"כ רב אלפס וכ"כ רב פלטוי הקורא ק"ש קודם שראה שלשה כוכבים אם נתכוין לכך לא יצא י"ח ויחזור ויקרא ויתפלל ואם לא נתכוון לכך וטעה והתפלל אל יחזור ויתפלל וכ"כ רב עמרם ואפילו קראה תוך בה"ש שהוא ספק יום ספק לילה איתא בירושלמי שחוזר וקורא אותה וכן פירש"י שזמנה מיציאת הכוכבים וכתב מה שאנו קורין אותה בבהכ"נ אין אנו יוצאין בה אלא במה שאנו קורין אותה לפני מטתינו ואותה של בהכ"נ אינה אלא כדי לעמוד בתפלה מתוך ד"ת וכ"כ ר"ע שעיקר הקריאה שאדם יוצא בה במה שקורא לפני מטתו ומחמת זה כתב שצריך לברך עליה בא"י אמ"ה אקב"ו על ק"ש ור"ת כתב ודאי אותה של בהכ"נ היא עיקר שקורין אותה בברכותיה ומה שאנו קורין אותה קודם צאת הכוכבים משום דקיימא לן כרבי יהודה דאמר זמן תפלת המנחה עד פלג המנחה שהוא שעה ורביע קודם הלילה ומשם ואילך חשיב לילה לענין תפלת המנחה ה"ה נמי לענין ק"ש משם ואילך הוא זמנה וכ"כ אבי העזרי מדלא יהבי רבנן זמן להתחלת תפלת הערב ש"מ שבגמר זמן תפלת המנחה מתחיל זמן תפלת הערב והקשה א"א ז"ל על דברי ר"ת נהי נמי שאין זמן תפלת המנחה כי אם עד פלג המנחה היינו משום שהיא כנגד התמיד וזמנה לא היה כי אם עד פלג המנחה אבל לק"ש שתלוי בזמן שכיבה אין ראוי לקרות אז שעדיין אינו זמן שכיבה ור"י פי' כדי לקיים המנהג שאנו סוברים כשאר התנאים של הברייתא שמקדימין זמן ק"ש לצאת הכוכבים אע"פ שאין הלכה כר"א שאומר משעה שקידש היום בערבי שבתות כנגד ר' יהושע שאומר משעה שהכהנים נכנסים לאכול בתרומתן ולא הלכה כר"מ כנגד ר' יהודה מ"מ לענין תפלה הקלו וגם מתוך הדוחק נהגו כן לפי שהציבור מתקבצין לתפלת המנחה ואילו לא היו קורין שמע ומתפללין תפלת ערב עד צאת הכוכבים היה כל אחד הולך לביתו והיה טורח עליהם להתקבץ אח"כ ולא היו מתפללין בציבור לפיכך נהגו כן וסמכו על הני תנאי דברייתא אע"ג דלכתחלה אין לקרותה קודם צאת הכוכבים כסתמא דמתני' ומ"מ גם לפר"י אין למהר לקרותה כ"כ מבעוד יום קודם צאת הכוכבים כי דבר מועט הוא בין תנאי דמתני' ובין תנאי דברייתא. שאלו לרבינו האי ציבור שמקדימין לקרות ולהתפלל קודם צאת הכוכבים איזה עדיף לצלויי בהדייהו ולהניח ק"ש עד צאת הכוכבים או להמתין עד צאת הכוכבים ולהתפלל ביחיד כדי שיסמוך גאולה לתפלה והשיב מוטב שיתפלל עמהם כדי שיתפלל בציבור אם הוא מפלג המנחה ולמעלה וימתין לקרות שמע עד זמנה (עם ברכותיה ואי צלי ראשונה בהדי ציבור רשות ושנייה חובה שפיר דמי) ולענין סוף זמנה תנן עד סוף האשמורה הראשונה שהוא שליש הלילה דברי רבי אליעזר וחכמים אומרים עד חצות ר"ג אומר עד שיעלה עמוד השחר והלכה כר"ג דאיפסיקא הלכתא כוותיה ואפילו לכתחלה יכול להמתין לקרות עד שיעלה ע"ה ומ"מ אין לו לאכול ולישן עד שיקרא דתניא לא יהא אדם בא מן השדה בערב ויאמר אוכל קימעא ואישן קימעא ואקרא אח"כ ק"ש ואתפלל ונמצא חוטפתו שינה וישן כל הלילה אלא אדם בא מן השדה ונכנס לב"ה או לבה"מ אם רגיל לקרות קורא ואם רגיל לשנות שונה וקורא ק"ש ומתפלל ואח"כ אוכל פתו וכל העובר על דברי חכמים חייב מיתה אלמא כשהגיע זמן ק"ש אסור לקבוע סעודתו עד שיתפלל ואם נאנס ולא קראה עד שיעלה ע"ה יכול לקרותה עד הנץ החמה ומיהו אם קורא אותה אחר שיעלה ע"ה לא יאמר השכיבנו שאין עתה זמן שכיבה ופי' רי"ץ גיאות ודאי צ"ל שתים לפניה ושתים לאחריה אלא לא יאמר נוסח הברכה כמו שהיא אלא יתחיל ותקננו בעצה טובה מלפניך וא"א ז"ל כתב שלא יאמר ברכת השכיבנו כל עיקר:

Quand la nuit arrive, on prie la tefila d'arvit. Elle n'est pas 'hova (obligation) : on ne l'a instituée que contre les membres et les graisses du tamid de l'après-midi qui n'ont pas été consumés le jour, et que l'on offre tout au long de la nuit. Toutefois il y a mitsva, et il ne faut pas la négliger. Rav Alfas a écrit qu'à présent on l'a fixée comme 'hova, et qu'il ne faut pas la négliger du tout. Son temps est après le Chema d'arvit — non comme Rabbi Yehochoua ben Lévi, qui a dit : « On a institué les tefilot au milieu », c'est-à-dire le matin Chema puis tefila, et le soir tefila puis Chema ; mais comme Rabbi Yo'hanan, qui a dit : « Qui est fils du monde à venir ? Celui qui est somèkh gueoula litefila (enchaîne Gueoula à la tefila) », même celle d'arvit. C'est pourquoi son temps est après le Chema et ses berakhot. À partir de quand est le temps du Chema d'arvit ? Comme on a enseigné : à l'heure où les kohanim entrent manger leur terouma, c'est-à-dire à tset hakokhavim (sortie des étoiles). Ainsi a écrit Rav Alfas. Et ainsi a écrit Rav Paltoï : celui qui lit le Chema avant d'avoir vu trois étoiles, s'il a eu l'intention de s'en acquitter alors, n'est pas quitte : il reviendra lire et prier ; s'il n'a pas eu cette intention, qu'il s'est trompé et a prié, il ne reviendra pas prier. Ainsi a aussi écrit Rav Amram. Même s'il l'a lu pendant bein hachemachot (entre les soleils : doute jour ou nuit), il est dit dans le Talmud de Jérusalem qu'il revient le lire. Ainsi a expliqué Rachi : son temps est dès la sortie des étoiles. Il a écrit : ce que nous lisons à la synagogue, nous n'en sommes pas quittes, mais seulement par ce que nous lisons auprès de notre lit ; et celle de la synagogue n'est que pour se lever à la tefila depuis des paroles de Torah. Ainsi a aussi écrit Rav Amram : l'essentiel de la lecture par laquelle l'homme s'acquitte est ce qu'il lit auprès de son lit ; et pour cette raison il a écrit qu'il faut bénir dessus : « Béni sois-Tu, ה' notre Dieu, Roi du monde, qui nous a sanctifiés par Ses mitsvot et nous a prescrit la lecture du Chema. » Mais Rabbenou Tam a écrit : c'est certainement celle de la synagogue qui est l'essentielle, car on la lit avec ses berakhot ; et si nous la lisons avant tset hakokhavim, c'est parce que nous tenons comme Rabbi Yehuda, qui a dit que le temps de la tefila de min'ha va jusqu'à pelag hamin'ha, soit une heure et un quart avant la nuit, et qu'à partir de là c'est considéré comme nuit pour la tefila de min'ha — de même pour le Chema, dès lors c'est son temps. Ainsi a aussi écrit Avi haEzri : du fait que les Sages n'ont pas assigné de temps pour le début de la tefila du soir, on apprend qu'à la fin du temps de la tefila de min'ha commence le temps de la tefila du soir. Mon maître mon père z"l a objecté aux paroles de Rabbenou Tam : accordons même que le temps de la tefila de min'ha ne va que jusqu'à pelag hamin'ha, c'est parce qu'elle correspond au tamid, dont le temps n'allait que jusqu'à pelag hamin'ha ; mais pour le Chema, qui dépend du temps de se coucher, il n'est pas convenable de le lire alors, car ce n'est pas encore le temps de se coucher. Le Ri a expliqué, afin de soutenir l'usage, que nous tenons comme les autres tannaïm de la baraita qui avancent le temps du Chema avant tset hakokhavim — bien que la halakha ne suive pas Rabbi Éliézer, qui dit « dès que le jour a été sanctifié les veilles de Chabbat », face à Rabbi Yehochoua qui dit « dès que les kohanim entrent manger leur terouma », ni Rabbi Méir face à Rabbi Yehuda. Toutefois, pour la tefila on a allégé ; et aussi par contrainte on en a pris l'usage, parce que le tsibbour se rassemble pour la tefila de min'ha, et que s'ils ne lisaient pas le Chema et ne priaient pas arvit qu'à tset hakokhavim, chacun rentrerait chez soi, il leur serait pénible de se rassembler ensuite, et l'on ne prierait pas en public. C'est pourquoi l'on en a pris l'usage et l'on s'est appuyé sur ces tannaïm de la baraita, bien que lekhathila (a priori) on ne doive pas le lire avant tset hakokhavim, selon l'énoncé anonyme de la Michna. Toutefois, même selon le Ri, il ne faut pas trop se hâter de le lire encore grand jour avant tset hakokhavim, car l'écart est mince entre les tannaïm de la Michna et ceux de la baraita. On a demandé à Rabbenou Haï : un tsibbour qui avance la lecture et la tefila avant tset hakokhavim — que vaut-il mieux : prier avec eux et laisser le Chema jusqu'à tset hakokhavim, ou attendre tset hakokhavim et prier en yahid afin d'enchaîner Gueoula à la tefila ? Il a répondu : mieux vaut prier avec eux afin de prier avec le tsibbour, si c'est à partir de pelag hamin'ha, et attendre de lire le Chema à son temps (avec ses berakhot ; et s'il a prié la première avec le tsibbour comme reshut et une seconde comme 'hova, c'est convenable). Quant à la fin de son temps : on a enseigné « jusqu'à la fin de la première ashmoura (veille), qui est le tiers de la nuit », paroles de Rabbi Éliézer ; les Sages disent jusqu'à minuit ; Rabban Gamliel dit jusqu'à ce que monte amoud hacha'har (la pointe de l'aube). La halakha suit Rabban Gamliel, car elle a été tranchée comme lui ; et même lekhathila on peut attendre de lire jusqu'à ce que monte amoud hacha'har. Toutefois on n'a pas à manger ni à dormir avant d'avoir lu : on a enseigné qu'un homme ne doit pas revenir du champ le soir et dire « je mangerai un peu, je dormirai un peu, et ensuite je lirai le Chema et je prierai », de sorte que le sommeil le saisisse et qu'il dorme toute la nuit ; mais l'homme revient du champ et entre à la synagogue ou à la maison d'étude : s'il a l'habitude de lire, il lit ; s'il a l'habitude d'étudier, il étudie ; puis il lit le Chema et prie, et ensuite il mange son pain. Quiconque transgresse les paroles des Sages est passible de mort. On voit donc que, le temps du Chema arrivé, il est interdit de fixer son repas avant d'avoir prié. S'il a été anos (contraint) et ne l'a pas lu jusqu'à ce que monte amoud hacha'har, il peut le lire jusqu'à hanets ha'hama (le lever du soleil). Toutefois, s'il le lit après qu'a monté amoud hacha'har, il ne dira pas Hachkivenou, car ce n'est plus le temps de se coucher. Le Ri"ts Guiat a expliqué : certes il faut dire deux [berakhot] avant elle et deux après elle, seulement il ne dira pas la formule de la berakha telle quelle, mais commencera « Vetaknenou beetsa tova milfanekha » (« et établis-nous par un bon conseil devant Toi »). Et mon maître mon père z"l a écrit qu'il ne dira pas du tout la berakha de Hachkivenou.