Interdiction d'appareiller moins de trois jours avant Chabbat pour une affaire de réchout ; permis pour une mitsva. Motifs discutés : t'houmin ou oneg Chabbat. Exceptions : court trajet, grand bateau au-dessus de dix téfa'him, rivières jaillissantes. Le Béhag permet d'entrer le Chabbat si la chevita a été acquise dès le vendredi. Le Ri interdit même dans le t'houm. Rabbenou Tam : commerce ou visite d'un ami compte mitsva ; seule la promenade est réchout.
אין מפליגין בספינה פחות מג' ימים קודם השבת בד"א לדבר הרשות אבל לדבר מצוה מותר ופוסק עמו שישבות רשב"ג אומר א"צ לפסוק והלכה כמותו ודרך מועט כמו מצור לצידון שלא היה ביניהם רק מהלך יום מותר אפילו בע"ש י"מ הטעם משום איסור תחומין ולכך מתירין בספינה גדולה שהולכת למעלה מי' ורב אלפס פי' הטעם משום עונג שבת שכל ג' ימים הראשונים גופו משתבר ואין רוחו חוזרת עד אחר ג' ימים ולכן מתירין בנהרות הנובעים שאינו מצטער ובה"ג כתב אם קנה שביתה בספינה מע"ש מותר ליכנס בה אפילו בשבת ור"י אסר הכל אפילו בתוך התחום מפני שהוא נראה שט על פני המים שהוא אסור ולענין דבר מצוה פר"ת שכל מקום שאדם הולך כגון לסחורה או לראות פני חבירו. חשיב הכל דבר מצוה ואין חשובה דבר הרשות אלא כשהולך לטייל:
On n'appareille pas en bateau moins de trois jours avant Chabbat. De quoi parle-t-on ? D'une affaire de réchout. Mais pour une affaire de mitsva, c'est permis, et l'on convient avec lui qu'il chômera. Rabban Chimon ben Gamliel dit qu'il n'est pas besoin de convenir, et la halakha est comme lui. Un trajet court, comme de Tyr à Sidon — entre lesquels il n'y avait qu'une journée de marche — est permis même le vendredi. Certains expliquent que le motif est l'interdit des t'houmin ; c'est pourquoi l'on permet dans un grand bateau qui va au-dessus de dix [téfa'him]. Rav Alfas a expliqué que le motif est l'oneg Chabbat : pendant tous les trois premiers jours, le corps est brisé et l'esprit ne revient qu'après trois jours ; c'est pourquoi l'on permet sur les rivières jaillissantes, où l'on ne souffre pas. Le Béhag a écrit : si l'on a acquis la chevita dans le bateau dès le vendredi, il est permis d'y entrer même le Chabbat. Le Ri a tout interdit, même à l'intérieur du t'houm, parce que l'on a l'air de flotter à la surface de l'eau, ce qui est interdit. Quant à l'affaire de mitsva, Rabbenou Tam a expliqué que tout lieu où l'homme se rend — par exemple pour le commerce ou pour voir le visage de son ami — est considéré comme affaire de mitsva ; on ne tient pour affaire de réchout que lorsqu'il va se promener.