טור אורח חיים

Tour Orah Haim — siman 253

Rabbi Yaakov ben Asher (Baal HaTour) · Kira, tanour et koféah — laisser et remettre un mets pour la nuit
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Sur une kira chauffée au guefet ou au bois, on ne laisse un mets pour la nuit que s’il est entièrement cuit et que la réduction lui nuise, ou tout à fait cru ; sinon il faut garef ou katam. Paille et gavba : on laisse même sans cela. Le tanour est plus sévère. Rif contre Rachi, le Ri et le Roch sur le mets de ben Drosaï. La hachzara est plus stricte que la shehiya. Hatmana sur braises interdite même de jour. Qui a laissé à tort : interdit à tous. Remettre seulement sur kira groufa et ketouma, marmite encore bouillante, en main, avec intention.

Glossaire

כירה
kira (fourneau à deux places de marmite)
תנור
tanour (four, plus chaud que la kira)
כופח
koféah (fourneau à une seule place)
גפת
guefet (résidu d’olives)
גבבא
gavba (chaume, menues pailles)
גרף / גרופה / גריפה
garef / groufa / gérifa (retirer toutes les braises)
קטם / קטומה / קטימה
katam / ketouma / ketima (couvrir les braises de cendre)
חיתוי
attiser les braises
שהייה
shehiya (laisser le mets sur le feu pour la nuit)
החזרה
hachzara (remettre la marmite)
מצטמק ורע לו
il se réduit et cela lui nuit
מצטמק ויפה לו
il se réduit et cela l’améliore
מאכל בן דרוסאי
mets de ben Drosaï (un tiers de cuisson)
הטמנה
hatmana (enfouissement)
דבר המוסיף הבל
matière qui accroît la chaleur
סמיכה
adosser la marmite à côté du foyer
מיחם
chaudron, vase à eau chaude

כירה שהיא עשויה כקדרה ושופתין על פיה קדרה למעלה ויש בה שפיתת מקום שתי קדרות אם הוסקה בגפת שהוא פסולת של זיתים או בעצים אסור ליתן עליה תבשיל מבע"י להשהותו עליה לצורך הלילה אא"כ נתבשל כל צרכו והוא מצטמק ורע לו או שהיה חי שלא נתבשל כלל דהשתא ליכא למיחש שמא יחתה כיון שנתבשל כל צרכו ובחי נמי מסיח דעתו ממנו עד למחר ובכל הלילה יכול להתבשל בלא חיתוי אבל אם נתבשל קצת אפי' כמאכל בן דרוסאי שהוא שליש בישולו ולא נתבשל כל צורכו או אפי' שנתבשל כל צורכו אם הוא מצטמק ויפה לו אסור להשהותו עליה אא"כ גרף פירוש שהוציא ממנו כל הגחלים או קטם פי' שכסה הגחלים באפר למעט חומה דחיישינן שמא יחתה שהרי ראוי בעוד לילה ע"י חיתוי ואם נתן בה חתיכה חיה מותר כאילו היתה כולה חיה שהרי הסיח דעתו ממנה בשביל החתיכה החיה שאינה יכולה להתבשל עד למחר אבל לסמוך לה קדרה בסמוך חוצה לה מותר אפי' אינה לא גרופה ולא קטומה ואם הוסקה בקש או בגבבא מותר לשהות עליה אפי' אינה לא גרופה ולא קטומה ותנור אפי' אם הוסק בקש או בגבבא אסור אפי' לסמוך לו אפי' אם הוא גרוף וקטום וכ"ש לשהות על גבו ותוכו דלא וכופח שהוא מקום שפיתת קדרה אחת אם הוסק בקש או בגבבא דינו ככירה ומותר ע"י גריפה וקטימה ואם הוסק בעצים דינו כתנור ולא מהני ליה גריפה וקטימה ואסור אפילו לסמוך לה כך היא שיטת רב אלפס אבל רש"י ור"י פסקו דכל שהוא כמאכל בן דרוסאי מותר להשהותו על גבי כירה אפי' אם הוסקה בגפת ועצים ואפילו אינה גרופה וקטומה ותבשיל שנתבשל כל צרכו אפי' מצטמק ויפה לו מותר גם כן לשהותו עליה אבל להחזיר כגון שהניח התבשיל עליה מבע"י ונטלו ממנו בשבת ובא להחזירו עליה אינו מחזיר עליה אא"כ גרופה וקטומה או שהוסקה בקש או בגבבא ותנור אפי' הוא גרוף וקטום אין מחזירין עליו וכופח אם הוסק בקש ובגבבא דינו ככירה ומחזירין עליו אם הוא גרוף או קטום ואם הוסק בעצים דינו כתנור ואין מחזירין עליו אפי' הוא גרוף וקטום ולזה הסכים א"א הרא"ש ז"ל וכל זה בענין שהייה לצורך הלילה כמו שכתב ר"ח ושיהוי זה אינו הטמנה אלא כעין כסא של ברזל והקדרה יושבת עליו והיא תלויה באבנים וכיוצא בהם אבל הטמנה ע"ג גחלים ד"ה אסור דקי"ל הטמנה בדבר המוסיף הבל אפילו מבע"י אסור: כל דבר שאסור להשהותו אם עבר ושיהה אותו או ששכח ושיהה אותו במקום שלא היה לו להשהותו אסור לכל אפילו למי שלא שהה אותו והרמב"ם ז"ל חילק בשכח בין תבשיל שלא בישל כל צרכו ובין מצטמק ויפה לו כשלא בישל כל צרכו אסור עד מ"ש ובמצטמק ויפה לו התיר ובעבר ושיהה אסור בשניהם ואיני יודע למה חילק ביניהם דהא בגמרא מייתי ראיה מעבר ושיהה לשכח: כירה שהיא גרופה וקטומה ונטל הקדרה מעליה אפילו בשבת מותר להחזירה כל זמן שהיא רותחת ודוקא על גבה כגון על שפתה או על כסוי שעל חללה ובעודה בידו ודעתו להחזירה אבל לתוך חלל הכירה או שהניח הקדרה על גבי הקרקע או אפילו עודנה בידו ולא היה בדעתו להחזירה אסור ואפי' לא הניחה על גבי קרקע אלא שתלאה במקל או שהניחה על גבי מטה או שפינהו ממיחם למיחם אסור ואם אינה גרופה וקטומה אסור להחזירה לא מיבעיא בשבת אלא אפי' מבע"י אחר שנגמר כל בישול הקדירה ומניחה לעמוד על הכירה עד הערב לשמור חומה אם נטלה מן הכירה אסור לו להחזירה אפילו בעודה רותחת אם הוא כל כך ערב שאין שהות ביום להרתיח אם היתה קרה דגזרינן אטו היכא שנטל בשבת דאי שרית להחזירה מבע"י אתי נמי להחזירה כשנטלה בשבת אבל כ"ז שלא נתבשלה או אפילו נתבשלה ויש שהות ביום להרתיחה אילו נתקררה מותר להחזירה ובתנור אסור להחזירה אפילו הוא גרוף וקטום וכופח אם הסיקוהו בקש ובגבבא דינו ככירה בגפת ועצים דינו כתנור:

Une kira (fourneau) faite comme une marmite : on pose une marmite sur son ouverture, par-dessus, et elle a place pour deux marmites. Si on l’a chauffée au guefet — résidu d’olives — ou au bois, il est interdit d’y poser de jour un mets pour le laisser jusqu’à la nuit, à moins qu’il n’ait cuit tout son soûl et que la réduction lui nuise, ou qu’il soit cru, pas cuit du tout. Alors on ne craint pas qu’on attise : s’il a cuit tout son soûl, inutile d’attiser ; s’il est cru, on en détourne l’esprit jusqu’au lendemain, et il peut cuire toute la nuit sans qu’on attise. Mais s’il n’a cuit qu’un peu, même comme mets de ben Drosaï — un tiers de cuisson — sans avoir cuit tout son soûl, ou même s’il a cuit tout son soûl mais que la réduction l’améliore : il est interdit de le laisser dessus, à moins d’avoir garef — c’est-à-dire retiré toutes les braises — ou katam — c’est-à-dire couvert les braises de cendre pour en diminuer la chaleur. On craint qu’on attise, car par l’attisage le mets serait bon encore de nuit. Si l’on y a mis un morceau cru, c’est permis comme si tout était cru : on en détourne l’esprit à cause de ce morceau cru, qui ne peut cuire avant le lendemain. Mais adosser une marmite tout contre, à l’extérieur, est permis même si elle n’est ni groufa ni ketouma. Si on l’a chauffée à la paille ou au gavba (chaume, menues pailles), on peut laisser dessus même si elle n’est ni groufa ni ketouma. Un tanour, même chauffé à la paille ou au gavba, est interdit même pour y adosser, même s’il est grouf et ketoum ; à plus forte raison laisser sur son dos ; et dans son creux, non. Un koféah, place d’une seule marmite : chauffé à la paille ou au gavba, sa loi est celle de la kira, et c’est permis par gérifa et ketima ; chauffé au bois, sa loi est celle du tanour : gérifa et ketima n’y servent pas, et il est interdit même d’y adosser. Telle est la méthode de Rav Alfas. Mais Rachi et le Ri ont tranché : tout mets comparable à celui de ben Drosaï, on peut le laisser sur la kira, même chauffée au guefet et au bois, même ni groufa ni ketouma. Un mets qui a cuit tout son soûl, même si la réduction l’améliore, on peut aussi le laisser dessus. Mais remettre — par exemple on a posé le mets dessus de jour, on l’a ôté le Chabbat, et l’on vient le remettre : on ne le remet que si elle est groufa et ketouma, ou chauffée à la paille ou au gavba. Sur un tanour, même grouf et ketoum, on ne remet pas. Un koféah chauffé à la paille et au gavba a la loi de la kira : on y remet s’il est grouf ou ketoum ; chauffé au bois, il a la loi du tanour : on n’y remet pas, même grouf et ketoum. Mon maître et père le Roch, de mémoire bénie, s’y est accordé. Tout cela concerne la shehiya pour le besoin de la nuit, comme l’a écrit Rabbenou Hananel. Ce laisser n’est pas une hatmana (enfouissement) : c’est comme un siège de fer sur lequel la marmite repose, suspendue sur des pierres ou analogue. Mais enfouir sur des braises, tous s’accordent à l’interdire : nous tenons que l’enfouissement dans une matière qui accroît la chaleur est interdit même de jour. Tout mets qu’il est interdit de laisser : si l’on a transgressé et qu’on l’a laissé, ou si l’on a oublié et qu’on l’a laissé où l’on n’aurait pas dû, il est interdit à tous, même à qui ne l’a pas laissé. Le Rambam, de mémoire bénie, a distingué en cas d’oubli entre un mets qui n’a pas cuit tout son soûl et un mets qui réduit et que cela améliore : s’il n’a pas cuit tout son soûl, interdit jusqu’à la sortie de Chabbat ; s’il réduit et que cela l’améliore, il a permis. En cas de transgression, les deux sont interdits. Je ne sais pourquoi il a distingué : la Guemara tire preuve du cas où l’on a transgressé vers le cas où l’on a oublié. Une kira groufa et ketouma : si l’on en a ôté la marmite, même le Chabbat, on peut la remettre tant qu’elle bout — et seulement sur le dessus, par exemple sur le rebord ou sur un couvercle posé sur le creux ; et tant qu’elle est encore en main, avec l’intention de la remettre. Mais dans le creux de la kira, ou si l’on a posé la marmite à terre, ou même si elle est encore en main sans qu’on eût l’intention de la remettre : interdit. Même si on ne l’a pas posée à terre, mais qu’on l’a suspendue à un bâton, ou posée sur un lit, ou transvasée d’un chaudron dans un autre : interdit. Si elle n’est ni groufa ni ketouma, il est interdit de remettre : non seulement le Chabbat, mais même de jour, une fois la cuisson de la marmite achevée, quand on la laisse sur la kira jusqu’au soir pour en garder la chaleur — si on l’ôte de la kira, on ne peut la remettre, même encore bouillante, dès qu’il est si tard qu’il ne resterait plus assez de jour pour la faire bouillir si elle était froide. On décrète à cause du cas où l’on ôte le Chabbat : si tu permets de remettre de jour, on en viendra aussi à remettre quand on a ôté le Chabbat. Mais tant qu’elle n’a pas cuit, ou même si elle a cuit et qu’il reste assez de jour pour la faire bouillir si elle avait refroidi, on peut la remettre. Dans un tanour, il est interdit de remettre, même grouf et ketoum. Un koféah chauffé à la paille et au gavba a la loi de la kira ; au guefet et au bois, la loi du tanour.