טור אורח חיים

Tour Orah Haim — siman 264

Rabbi Yaakov ben Asher (Baal HaTour) · Mèches et huiles de la lumière de Chabbat
En bref - de quoi parle ce chiour ?

On ne fait pas de mèche d’une matière où la flamme n’est pas saisie (lakhach, hossen, kalakh, idan, mèche du désert, verdure des eaux, laine, poil). Rachi interdit chanvre et coton ; Rabbenou Tam et l’usage les permettent. Enrouler une matière propre autour d’une matière impropre : intention d’allumer — interdit ; épaissir seulement — permis (Rachi : pour faire flotter ; Rif et le Roch : même enroulé). On n’allume qu’avec une huile qui suit la mèche ; cire, poix, qiq, élia, suif, itran et tsori sont exclus, avec nuances. Suif fondu et entrailles de poissons : seuls interdits, avec un peu d’huile d’olive permis. Cire enroulée en lumière : les Guéonim interdisent, Rachi, Rav Alfas et le Roch permettent. Allumer la majeure partie de la mèche qui dépasse ; flamber n’est pas requis, mais les femmes en ont l’usage.

Glossaire

מסכסך
la flamme n’est pas saisie par la mèche : elle s’enroule autour, saute et bondit
לכש
lakhach : espèce de cèdre, ouate entre le bois et l’écorce
חוסן
hossen : lin non peigné
כלך
kalakh : déchets de soie
אידן
idan : espèce de saule, ouate entre l’écorce et le bois
פתילת המדבר
mèche du désert : herbe longue dont le duvet intérieur sert de mèche
ירוקה שעל פני המים
verdure à la surface des eaux (dépôt vert autour d’un navire à l’ancre)
להקפות
selon Rachi : poser sous la mèche pour la faire flotter ; selon Rav Alfas et le Roch : même enroulé, pour épaissir
בעיניה
telle quelle (la matière impropre seule)
גמי
jonc
גריס של פול
morceau de fève
שמן קיק
huile de qiq (Rachi : huile de graines de coton)
אליה
graisse de queue de mouton
חלב
suif
עטרן
itran (goudron)
צרי
tsori (baume)
נמשך אחר הפתילה
qui suit la mèche (qui y monte)
חלב מהותך
suif fondu
קרבי דגים
entrailles de poissons
להבהב
flamber / roussir la mèche
מחורכת
carbonisée
א"א ז"ל
mon maître mon père z.ts. (le Roch)

אין עושין פתילות לנר של שבת בין נר שעל השלחן בין כל נר שמדליק בבית מכל דבר שהאור מסכסך בו פי' שאינו נאחז אלא נסרך סביביו והשלהבת קופצת ודולגת ואלו הן לכש והוא מין ארז וכמו צמר גפן גדל בין העץ ובין הקליפה חוסן והוא פשתן שלא נפוץ כלך והוא פסולת של משי אידן והוא מין ערבה ויש כמו צמר גפן בין קליפה לעץ פתילת המדבר והוא מין עשב ארוך ומוך שבתוכו ראוי להדליק בו וירוקה שעל פני המים והוא הירוק שגדל סביב הספינה כששוהה לעמוד במקום אחד על פני המים ולא בצמר ולא בשער ופירש"י שאין מדליקין בקנבוס ולא בצמר גפן ור"ת התירו ונהגו כמותו וכ"כ התוספות ואם כרך דבר שמדליקין בו על דבר שאין מדליקין בו אם כיון להדליק אסור להקפות שרי ופירש"י שלא כרכו סביבו אלא נתן דבר פסול תחת הפתילה שתהא צפה שלא תטבע בשמן ורב אלפס פי' אפילו כרכו סביבו שרי וכן פי' א"א ז"ל והטעם שתלוי בכוונתו שאין אסור אלא דילמא מדליק בעיניה וכשהוא מכוין לפתילה איכא למגזר אבל כשאין מכוין רק לעבות ליכא למגזר ומטעם זה מותר לתת גמי בפתילה כדי שתהא זקופה וכ"כ הרמב"ם ז"ל וכתב עוד נותנין גרגיר של מלח וגריס של פול על פי הנר בע"ש כדי שיהא דולק יפה בשבת. אין מדליקין נר של שבת אלא בשמן הנמשך אחר הפתילה הילכך אין מדליקין בשעוה ולא בזפת ולא בשמן קיק ופירש"י שמן העשוי מגרעיני צמר גפן ולא באליה ולא בחלב ולא בעטרן אע"פ שנמשך אחר הפתילה מפני שריחו רע ושמא יניחנו ויצא ולא בצרי מפני שריחו נודף שמא יסתפק ממנו ואפילו אם נתן מעט שמן זית בשמנים אלו שאינן נמשכין ואז נמשכין אפ"ה אין מדליקין בהן משום גזירה שמא לא יתן בהן שמן: וחלב מהותך וקרבי דגים אין מדליקין בהן כשהם לבדם ואם נתן בהן מעט שמן זית מדליקין בהן ושאר השמנים כולן חוץ מאלו מדליקין בהן: יש מתירין אפילו שמן פסול ופתילה פסולה שכרכן יחד ועשה מהן נר שלא אסרו אלא כשכל א' לבדו בתוך הנר אבל כשכרכן יחד שרי דטעמא משום שאין נמשכין אחר הפתילה וכשכרכן יחד לא שייך האי טעמא ור"ת אסרו ואם כרך שעוה סביב הפתילה ועשה ממנו נר הגאונים אוסרים ורש"י ורב אלפס מתירין ולזה הסכים א"א ז"ל. המדליק נר צריך שידליק רוב מה שיוצא מן הפתילה מן הנר וא"צ להבהב הפתילה שאין הלכה כר"א שמצריך להבהב מ"מ נהגו הנשים להדליק הפתילה ולכבותה כדי שתהא מחורכת ותאחז בה האור יפה:

On ne fait pas de mèches pour la lumière de Chabbat — qu’il s’agisse de la lumière posée sur la table ou de toute lumière qu’on allume dans la maison — d’une matière dans laquelle la flamme n’est pas saisie : elle s’enroule autour, et la flamme saute et bondit. Voici lesquelles : le lakhach — espèce de cèdre, où pousse comme du coton entre le bois et l’écorce ; le hossen — lin non peigné ; le kalakh — déchets de soie ; l’idan — espèce de saule, où il y a comme du coton entre l’écorce et le bois ; la mèche du désert — herbe longue dont le duvet intérieur est propre à y allumer ; et la verdure à la surface des eaux — le vert qui pousse autour du navire lorsqu’il reste longtemps stationné au même endroit à la surface de l’eau. Ni avec de la laine, ni avec du poil. Rachi a expliqué qu’on n’allume pas avec du chanvre ni avec du coton ; Rabbenou Tam l’a permis, on a coutume de suivre son avis, et c’est aussi ce qu’ont écrit les Tossafot. Si l’on a enroulé une matière avec laquelle on allume autour d’une matière avec laquelle on n’allume pas : s’il a eu l’intention d’allumer, c’est interdit ; pour épaissir, c’est permis. Rachi a expliqué qu’on ne l’a pas enroulée autour, mais qu’on a placé la matière impropre sous la mèche afin qu’elle flotte et ne s’enfonce pas dans l’huile. Rav Alfas a expliqué que même si on l’a enroulée autour, c’est permis ; et ainsi a expliqué mon maître mon père z.ts. La raison dépend de l’intention : l’interdit n’est que de peur qu’on allume avec [la matière impropre] telle quelle ; lorsqu’on vise [à s’en servir comme] mèche, il y a lieu de décréter, mais lorsqu’on ne vise qu’à épaissir, il n’y a pas lieu de décréter. Pour cette raison, il est permis de mettre un jonc dans la mèche afin qu’elle tienne droite ; c’est aussi ce qu’a écrit le Rambam z.ts. Il a encore écrit : on met un grain de sel et un morceau de fève sur l’orifice de la lampe la veille de Chabbat, afin qu’elle brûle bien le Chabbat. On n’allume la lumière de Chabbat qu’avec une huile qui suit la mèche. Par conséquent on n’allume ni avec de la cire, ni avec de la poix, ni avec de l’huile de qiq — Rachi : huile faite de graines de coton —, ni avec de la graisse de queue de mouton, ni avec du suif, ni avec de l’itran, bien qu’il suive la mèche, à cause de sa mauvaise odeur, de peur qu’on laisse [la lumière] et qu’on sorte ; ni avec du tsori, parce que son odeur se répand, de peur qu’on en prélève. Même si l’on a mis un peu d’huile d’olive dans ces huiles qui ne suivent pas, et qu’alors elles suivent, on n’allume pourtant pas avec elles, par décret de peur qu’on n’y mette pas d’huile. Le suif fondu et les entrailles de poissons : on n’allume pas avec eux seuls ; mais si l’on y a mis un peu d’huile d’olive, on allume avec eux. Toutes les autres huiles, hors celles-ci, on allume avec elles. Certains permettent même une huile impropre et une mèche impropre qu’on a enroulées ensemble pour en faire une lumière : on n’a interdit que lorsque chacune est seule dans la lampe, mais enroulées ensemble c’est permis, car la raison est qu’elles ne suivent pas la mèche, et une fois enroulées ensemble cette raison ne s’applique plus. Rabbenou Tam l’a interdit. Si l’on a enroulé de la cire autour de la mèche et qu’on en a fait une lumière : les Guéonim l’interdisent ; Rachi et Rav Alfas le permettent ; et mon maître mon père z.ts. s’est rangé à cet avis. Celui qui allume une lumière doit allumer la majeure partie de ce qui dépasse de la mèche hors de la lampe. Il n’est pas nécessaire de flamber la mèche, car la halakha n’est pas comme Rabbi Eliézer, qui exige de la flamber. Néanmoins les femmes ont coutume d’allumer la mèche et de l’éteindre afin qu’elle soit carbonisée et que la flamme y prenne bien.