טור אורח חיים

Tour Orah Haim — siman 286

Rabbi Yaakov ben Asher (Baal HaTour) · Loi de la tefila de Moussaf le Chabbat
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Après avoir remis le sefer, on prie Moussaf (en Sefarad « Lemoché tsivita », en Achkenaz « Tikanta Chabbat » en Tachrak). Le chalia'h tsibbour répète et dit la Kédoucha rabba uniquement à Moussaf. Temps : dès après Cha'harit, essentiellement jusqu'à la septième heure ; pas de tashloumin. Il faut prier avant de manger. Si Min'ha et Moussaf coïncident, Min'ha précède selon certains seulement lorsqu'il faut prier les deux maintenant.

Glossaire

Moussaf
tefila supplémentaire, correspondant au sacrifice additionnel
Tachrak
alphabet à l'envers (tav-chine-rech-qouf)
Kédoucha rabba
grande Kédoucha, dite à Moussaf
nessakhim
libations
nési'at kappayim
élévation des mains, bénédiction sacerdotale
tashloumin
rattrapage d'une tefila manquée
lekhathila
a priori
tédira
plus fréquente
dimdoumei 'hama
déclin du soleil
Yotser
tefila de Cha'harit

ולאחר שיחזרו הספר יאמר ש"צ קדיש ויתפללו הציבור תפלת מוסף שלש ראשונות ושלש אחרונות וקדושת היום באמצע ונוהגין בספרד לומר למשה צוית ובאשכנז נוהגין לומר תכנת שבת מיוסדת על אלפא ביתא של תשר"ק על שם הגאולה דכתיב אשרקה להם ואקבצם ויש בה כ"א תיבות עד אז מסיני כנגד וביום השבת ועולת שבת שיש בה כ"א תיבות: רצית קרבנותיה בשביל שצריכין לחלל עליו השבת תיקנו לומר רצית קרבנותיה פי' אע"פ שיש בה חילול שבת רצית בהן. ומחזיר ש"צ התפלה ואומר קדושה רבה וכ"כ רב שרירא גאון א"א קדושה רבה בי"ט ובשבת אלא במוסף ולא בשחרית ובמנחה ואומר קדיש שלם ונוהגין לומר בספרד משנת פרק אחד ואומר אחריו קדיש ונפטרין לבתיהם לשלום: וזמן תפלת המוסף מיד אחר תפלת השחר שזמנה מתחיל בבוקר שהוא כנגד קרבן מוסף שזמנו מיד בבקר דבמסכת יומא (לג.) מצריך פסוק לומר שנסכים קודמין למוספין ואם לא היה הפסוק היו מוספים כשרים לקדם אע"ג דכתיב בנסכים בבקר אלמא דקרבן מוסף זמנו מיד בבקר וכיון שזמנו בבקר טוב הוא להקדימה מיד אחר תפלת שחרית אע"פ שאין הלכה כרב הונא דאמר אסור לאדם שיטעום כלום קודם המוספין מ"מ צריך להתפלל אותה קודם אכילה כדאיתא במסכת תעניות בפרק ג' פרקים גבי נשיאות כפים שחרית ומוסף דלא שכיחי בהו שכרות אלמא אין דרך לאכול קודם וכ"כ ר"ח התם שמעינן מכאן דאין אדם רשאי לאכול עד אחר תפלת מוסף הלכך לא שכיח בה שכרות: וזמנה כל היום ומיהו עיקר מצותה עד סוף שבע שעות ואסור לאחרה לכתחלה ואם שכח ולא התפלל עד שעבר כל זמנה כתב רשב"ם שאין לה תשלומין אף על גב דבשאר תפלות שכח באחד מהם ולא התפלל משלים אותה עם תפלה שלאחריה שאני תפלת מוסף כיון שמזכיר בה את מוסף יום חג פלוני הזה אין ראוי להתפלל אותה אלא בזמנה ויש בה נשיאת כפים וכל יחיד חייב להתפלל אותה בין אם יש ציבור בעיר או לא: היו לפניו שתי תפלות אחת של מנחה ואחת של מוספין כגון שאיחר להתפלל מוסף עד ו' שעות ומחצה שהוא זמן תפלת המנחה צריך להתפלל של מנחה ואח"כ של מוסף: וי"א הא דאמרינן שצריך להקדים של מנחה תחלה היינו דוקא שצריך עתה להתפלל שתיהם כגון שרוצה לאכול ואסור לו לאכול עד שיתפלל מנחה תחלה הילכך כיון שצריך להתפלל שתיהם של מנחה קודמת שהיא תדירה וגם עתה עיקר זמנה אבל אם אינו צריך עתה להתפלל תפלת מנחה יכול להקדים של מוסף ולאחר של מנחה עד דמדומי חמה והתוס' אינם מחלקים שכתבו שיש ליזהר ביוה"כ כשמאחרים תפלת יוצר עד לאחר שש שעות ומחצה שיקדימו תפלת המנחה לתפלת המוספין והרמב"ם ז"ל כתב יש מי שהורה שאין עושין כן בציבור כדי שלא יטעו וא"א ז"ל היה נוהג ביה"כ להתפלל תפלת מוסף ביחיד כדי להתפלל אותה בזמנה:

Après qu'on ait remis le sefer, le chalia'h tsibbour dit le kaddish, et le tsibbour prie la tefila de Moussaf : trois premières et trois dernières, et la sainteté du jour au milieu. En Sefarad, on a l'usage de dire « Lemoché tsivita » ; en Achkenaz, on a l'usage de dire « Tikanta Chabbat », fondée sur l'alphabet de Tachrak, au nom de la Délivrance, ainsi qu'il est écrit : « Je sifflerai pour eux et je les rassemblerai ». Il y a en elle vingt et un mots jusqu'à « az miSinaï », correspondant à « ouveyom haChabbat veolat Chabbat », qui a vingt et un mots. « Ratsita korbanoteha » : parce qu'il faut profaner le Chabbat pour lui, on a institué de dire « Ratsita korbanoteha », c'est-à-dire : bien qu'il y ait en cela une profanation du Chabbat, Tu les as agréés. Le chalia'h tsibbour répète la tefila et dit la Kédoucha rabba. Ainsi a écrit Rav Cherira Gaon : on ne dit la Kédoucha rabba, à Yom Tov et à Chabbat, que dans le Moussaf, et non à Cha'harit ni à Min'ha. Il dit le kaddish entier. En Sefarad, on a l'usage de dire une michna d'un chapitre, et il dit après elle un kaddish, et l'on s'en retourne chez soi en paix. Le temps de la tefila de Moussaf est tout de suite après la tefila de Cha'harit, dont le temps commence dès le matin : elle correspond au sacrifice de Moussaf, dont le temps est dès le matin. Car au traité Yoma (33a), il faut un verset pour enseigner que les nessakhim précèdent les Moussafim ; et s'il n'y avait pas ce verset, les Moussafim seraient valides en premier, bien qu'il soit écrit au sujet des nessakhim « le matin » — d'où il ressort que le temps du sacrifice de Moussaf est dès le matin. Puisque son temps est le matin, il est bon de l'avancer tout de suite après la tefila de Cha'harit. Bien que la halakha ne suive pas Rav Houna, qui a dit qu'il est interdit à l'homme de goûter quoi que ce soit avant les Moussafim, néanmoins il faut la prier avant de manger, comme il est au traité Taaniot, au chapitre « Trois chapitres », à propos de la nési'at kappayim de Cha'harit et de Moussaf, où l'ivresse n'est pas fréquente — d'où l'on voit qu'il n'est pas d'usage de manger auparavant. Ainsi a écrit Rabbenou 'Hananel là-bas : nous apprenons de là qu'un homme n'a pas le droit de manger jusqu'après la tefila de Moussaf ; c'est pourquoi l'ivresse n'y est pas fréquente. Son temps est tout le jour. Toutefois l'essentiel de sa mitsva est jusqu'à la fin de la septième heure, et il est interdit de la retarder lekhathila (a priori). Si l'on a oublié et qu'on ne l'a pas priée jusqu'à ce que tout son temps soit passé, le Rachbam a écrit qu'elle n'a pas de tashloumin, bien que pour les autres tefilot, si l'on en a oublié une et qu'on ne l'a pas priée, on la complète avec la tefila qui suit : la tefila de Moussaf est différente, puisqu'on y mentionne le Moussaf de tel jour de fête que voici, il n'est pas convenable de la prier autrement qu'en son temps. Il y a en elle nési'at kappayim. Tout yahid est tenu de la prier, qu'il y ait un tsibbour dans la ville ou non. Si l'on a devant soi deux tefilot, l'une de Min'ha et l'une de Moussaf, par exemple si l'on a tardé à prier Moussaf jusqu'à six heures et demie, qui est le temps de la tefila de Min'ha, il faut prier celle de Min'ha puis celle de Moussaf. Il y a ceux qui disent que ce que l'on a dit — qu'il faut faire précéder celle de Min'ha — n'est que lorsqu'il faut maintenant prier les deux, par exemple si l'on veut manger et qu'il est interdit de manger avant d'avoir d'abord prié Min'ha ; dès lors, puisqu'il faut prier les deux, celle de Min'ha précède, car elle est tédira et que c'est maintenant l'essentiel de son temps. Mais si l'on n'a pas besoin maintenant de prier la tefila de Min'ha, on peut faire précéder celle de Moussaf et retarder celle de Min'ha jusqu'aux dimdoumei 'hama. Les Tossafot ne font pas cette distinction : ils ont écrit qu'il faut prendre garde à Yom Kippour, lorsqu'on retarde la tefila de Yotser jusqu'après six heures et demie, de faire précéder la tefila de Min'ha à celle des Moussafim. Et le Rambam z"l a écrit : certains ont prescrit qu'on ne fait pas ainsi en tsibbour, afin qu'on ne s'y trompe pas. Et mon maître mon père z"l avait l'usage, à Yom Kippour, de prier la tefila de Moussaf en yahid, afin de la prier en son temps.