טור אורח חיים

Tour Orah Haim — siman 291

Rabbi Yaakov ben Asher (Baal HaTour) · Lois de la troisième Seouda (Seouda Chelichit)
En bref - de quoi parle ce chiour ?

L'importance de la troisième seouda du Chabbat, ses horaires, et comment l'accomplir avec du pain.

ויהא זהיר מאד לקיים סעודה שלישית דאר"ש בן פזי א"ר יהושע בן לוי משום בר קפרא כל המקיים ג' סעודות ניצול מג' פורעניות מחבלו של משיח ומדינה של גיהנם וממלחמות גוג ומגוג וא"ר יוסי יהא חלקי עם מקיימי ג' סעודות בשבת ואף אם הוא שבע הרבה יכול לקיים אותה בכביצה ומיהו אם אי אפשר לו כלל לאכול אינו חייב לצער עצמו וכ"כ הרמב"ם ז"ל ואם הוא חולה מרוב אכילה או שהוא מתענה פטור מג' סעודות והחכם עיניו בראשו שלא ימלא בטנו בסעודת הבקר כדי ליתן מקום לסעודה ג' וזמנה משיגיע זמן המנחה דהיינו מו' שעות ומחצה ולמעלה ולא קודם הילכך אותם שמפסיקין בסעודת שחרית לחלק לשנים ועדיין לא הגיע זמן המנחה אינן מקיימין מצות ג' סעודות אבל הגיע זמן המנחה יכולין לעשותה מיד אחר סעודת שחרית וכן היה עושה א"א הרא"ש ז"ל היה מברך ברהמ"ז והיה נוטל ידיו ומברך עליהם ומברך המוציא והיה אומר שיותר טוב לעשות כן כיון שנמשכה סעודת הבוקר עד אחר המנחה ואם לא היה עושה מיד השלישית לא היה יכול לאכול אחר כך אלא אכילה גסה ור"ת הנהיג שלא לאכול בשבת בין מנחה לערבית משום דאיתא במדרש כל השותה מים בשבת בין השמשות כאילו גוזל המתים וע"כ הנהיג לעשות סעודה שלישית קודם המנחה והרמב"ם ז"ל כתב הולך לבה"מ וקורא עד המנחה ומתפלל מנחה ואח"כ קובע סעודה ונראה דהכי עדיף טפי דכיון שהגיע זמן המנחה אסור לאכול עד שיתפלל וכתב הרמב"ם ז"ל שגם בסעודה שלישית קובע על היין ובוצע על שתי ככרות וא"א הרא"ש ז"ל לא היה מברך על היין קודם משום דאיתקש יום ללילה לענין קידוש מה לילה סגי בחד זימנא אף ביום נמי בחד זימנא אבל היה בוצע על ב' ככרות ואיתא בירושלמי במכילתא דבסעודה שלישית צריך לפחות ככר אחד שלם משום דביום ו' ירד לכל אחד שני עומרים ומכל עומר עשו שתי ככרות הרי ד' לשני עומרים אכל אחד בע"ש ואחד בליל שבת ואחד בבוקר הרי נשאר לו אחד שלם לסעודה שלישית וי"א שיכול להשלים סעודה שלישית במיני תרגימא פירוש מאכל העשוי מחמשת מיני דגן כדאמרינן גבי סוכה לרבי אליעזר שצריך י"ד סעודות בסוכה ואם השלים במיני תרגימא יצא ור"י היה אומר כיון דילפינן ג' סעודות מג"פ היום דכתיבי גבי מן צריך לעשותה בפת:

Il faut être très attentif à accomplir la troisième seouda, car selon R. Yehochoua ben Lévi au nom de Bar Kappara, quiconque accomplit les trois seoudot est sauvé de trois calamités : les douleurs de l'enfantement du Messie, le jugement de la Géhenne et la guerre de Gog et Magog. R. Yossi disait : que ma part soit avec ceux qui accomplissent les trois seoudot le Chabbat. Même s'il est très rassasié, il peut l'accomplir avec le volume d'un œuf (kabetsa) ; cependant, s'il lui est totalement impossible de manger, il n'est pas tenu de se faire souffrir, comme l'écrit le Rambam. S'il est malade à cause d'un excès de nourriture ou s'il jeûne, il est dispensé des trois seoudot. Le sage a les yeux à la tête pour ne pas se remplir le ventre lors de la seouda du matin, afin de laisser de la place pour la troisième seouda. Son moment commence à l'heure de la Minha, c'est-à-dire à partir de six heures et demie, et non avant. Par conséquent, ceux qui interrompent la seouda du matin pour la diviser en deux alors que l'heure de la Minha n'est pas encore arrivée, n'accomplissent pas la mitsva des trois seoudot. Mais une fois l'heure de la Minha arrivée, ils peuvent la faire immédiatement après la seouda du matin. C'est ainsi que procédait mon maître le Roch : il récitait le Birkat Hamazon, faisait netilat yadayim, récitait la berakha sur les mains et le Motsi, et disait qu'il était préférable de faire ainsi puisque la seouda du matin s'était prolongée jusqu'après l'heure de la Minha ; s'il ne faisait pas immédiatement la troisième, il n'aurait pu manger par la suite qu'une consommation excessive. Rabbeinou Tam a instauré de ne pas manger le Chabbat entre la Minha et Arbit, car le Midrash dit que quiconque boit de l'eau le Chabbat au crépuscule est comme s'il volait les morts ; il a donc instauré de faire la troisième seouda avant la Minha. Le Rambam écrit qu'on va au beit haknesset pour lire jusqu'à la Minha, on prie la Minha, puis on fixe la seouda, et il semble que cela soit bien préférable, car une fois l'heure de la Minha arrivée, il est interdit de manger avant de prier. Le Rambam écrit que pour la troisième seouda aussi, on la fixe sur le vin et on rompt sur deux pains. Cependant, mon maître le Roch ne récitait pas la berakha sur le vin avant, car le jour est assimilé à la nuit concernant le Kiddouch : de même que pour la nuit une seule fois suffit, de même pour le jour une seule fois suffit ; mais il rompait sur deux pains. Il est dit dans le Yerouchalmi et dans la Mekhilta que pour la troisième seouda il faut au moins un pain entier, car le sixième jour il tombait pour chacun deux omers, et de chaque omer on faisait deux pains, soit quatre pains pour deux omers : il en mangeait un la veille de Chabbat, un la nuit de Chabbat, et un le matin, il lui restait donc un pain entier pour la troisième seouda. Certains disent que l'on peut accomplir la troisième seouda avec diverses pâtisseries (minei targouma), c'est-à-dire des aliments faits à partir des cinq espèces de céréales, comme on dit à propos de la Soucca selon Rabbi Eliezer qu'il faut quatorze seoudot dans la Soucca, et s'il complète avec des pâtisseries, il est quitte. Le Ri disait que puisqu'on déduit les trois seoudot des trois fois où le mot 'aujourd'hui' est écrit à propos de la manne, il faut la faire avec du pain.