L'ordre de la prière de Minha, la lecture de la Torah, l'importance de 'Ata Ehad', Tsidekatekha, et les règles en cas d'oubli de cette prière.
סדר מנחה אומר ש"צ אשרי ובא לציון וקדיש ואומר פסוק ואני תפלתי לך ה' עת רצון ע"פ המדרש ישיחו בי יושבי שער ונגינות שותי שכר וכתיב בתריה ואני תפלתי לך ה' עת רצון וגו' אמר דוד לפני הקב"ה רבש"ע אע"פ ששתינו ואני תפלתי לך ה' ובספרד נוהגין לכפלו ואין נוהגין כן באשכנז ובצרפת ומוציאין ס"ת כדאיתא בירושלמי עזרא תיקן להם לישראל שיהו קורין בתורה בשבת במנחה ובשני ובחמישי ותנן בפ' הקורא את המגילה (כא.) בשבת במנחה ובשני ובחמישי קורין ג' אין פוחתין מהם ואין מוסיפין עליהם ואין מפטירין בנביא וקורין י' פסוקים מפרשה הבאה דתניא במגילה בפרק בני העיר (מגילה לא.) במקום שפוסקין שבת שחרית שם קורין במנחה במנחה שם קורין בב' בב' שם קורין בה' דברי ר"מ רבי יהודה אומר במקום שפוסקין בשבת שחרית שם קורין במנחה בשני ובחמישי ולשבת הבאה והכי הלכתא ומתפללין שלש ראשונות ושלש אחרונות וקדושת היום באמצע אתה אחד וכו' ויש בו נ"ד תיבות כמו שיש בפרשת זכור את יום השבת לקדשו עד ויקדשהו. מי כעמך ישראל גוי אחד בארץ איתא במדרש ג' מעידין זה על זה הקב"ה ישראל ושבת הקב"ה וישראל מעידין על השבת שהוא יום מנוחה ישראל ושבת מעידין על הקב"ה שהוא אחד הקב"ה ושבת מעידין על ישראל שהן יחידין באומות ועל פי זה נתקן אתה אחד ומה שתקנו בשבת ג' ענייני תפלות אתה קדשת ישמח משה אתה אחד ובי"ט לא תקנו אלא אחת אתה בחרתנו מפני שאלו ג' תפלות תקנום כנגד ג' שבתות אתה קדשת כנגד שבת בראשית כמו שמוכיח מתוכו ישמח משה כנגד שבת של מתן תורה דלכולי עלמא בשבת ניתנה תורה ואתה אחד כנגד שבת של עתיד ונוהגין בכל המקומות לומר ג' פסוקים של צדקתך וכתב רב שר שלום הטעם שתקנו לומר צדוק הדין על שמת משה רבינו באותה שעה וגם נהגו שלא לקבוע מדרש בין שתי תפלות משום חכם שמת כל בתי מדרשות בטילין ומזה הטעם נמי הנהיג ר"ת שלא לקבוע אז סעודה ויש מדרשים שמוכיחים שלא מת באותה שעה ומה שאומרים צדקתך בשביל הרשעים שחוזרים לגיהנם במ"ש ונוהגים באשכנז כשאין תחנה ביום ראשון שאין אומרים בשבת צדקתך ונוהגים באשכנז לומר תחלה צדקתך צדק לעולם ואחריו וצדקתך אלהים ואחריו צדקתך כהררי אל ובספרד אומרים תחלה צדקתך כהררי אל ואחריו וצדקתך אלהים ואחריו צדקתך צדק לעולם וזה נכון יותר שבזה הסדר כתובות בס' תהלים ונוהגין באשכנז לומר פרקי אבות במנחה וכ"כ רב עמרם ובספרד אומרים אותם בשחרית. טעה ולא התפלל מנחה בשבת מתפלל במ"ש שתים של חול מבדיל בראשונה שיש להקדים אותה שזמנה עתה ואינו מבדיל בשנייה שהיא לתשלומין של שבת ואם לא הבדיל בראשונה והבדיל בשנייה שנייה עלתה לו ראשונה לא עלתה לו דכיון דלא מבדיל בראשונה גלי דעתיה שכיון בראשונה לשם תשלומין ובשנייה משום חובתו ואין לו להקדים אותה של תשלומין לחובת הזמן וצריך להתפלל פעם שלישית בשביל אותה של תשלומין ואם הבדיל בשניהם או לא הבדיל בשום אחת מהם יצא וה"מ בטעה ולא התפלל מנחה כלל אבל אם טעה והתפלל י"ח ברכות ולא הזכיר של שבת כתב ר"י אע"פ שלא יצא באותה תפלה ואילו נזכר מבע"י היה צריך להתפלל ז' ברכות אפ"ה לא יתפלל במ"ש שתים כיון שכבר התפלל י"ח ברכות וחכמי פרובינצא היו אומרים כיון שלא יצא ידי חובתו באותה תפלה הוי כאילו לא התפלל וצריך להתפלל שתים לערב וכתב א"א ז"ל והדבר מוכרע לכך היה אומר ה"ר יונה שהנכון לצאת ידי ספק ולהתפלל אותה לערב בתורת נדבה ואין צריך לחדש בה דבר דכיון שמתפלל אותה מספק אין לך חידוש גדול מזה:
Ordre de la Minha : l'officiant (chaliah tsibbour) dit Achrei, Ouba Letsion et le Kaddish, et dit le verset 'Va'ani tefilati lekha ה' et ratson', d'après le Midrash : 'Ceux qui sont assis à la porte parlent de moi, ainsi que les chansons des buveurs de liqueurs fortes', et il est écrit à la suite 'Et moi, ma tefila...' ; David a dit devant le Saint béni soit-Il : Maître de l'univers, bien que nous ayons bu, ma tefila est vers Toi, ה'. En Espagne, on a coutume de le doubler, mais ce n'est pas l'usage en Achkenaz et en France. On sort un sefer Torah, car il est dit dans le Yerouchalmi qu'Ezra a institué pour Israël de lire dans la Torah le Chabbat à Minha, ainsi que les lundis et jeudis. Nous avons appris dans le chapitre de Celui qui lit la Meguila que le Chabbat à Minha et les lundis et jeudis on appelle trois personnes, on n'en diminue pas et on n'en ajoute pas, et on ne lit pas la Haftara dans les Prophètes. On lit dix versets de la parasha suivante, comme enseigné dans une Baraïta : au point où l'on s'est arrêté le Chabbat matin, c'est là qu'on lit à Minha ; à Minha, on lit pour le lundi ; au lundi, on lit pour le jeudi, ce sont les paroles de R. Meir. R. Yehouda dit : au point où l'on s'est arrêté le Chabbat matin, c'est là qu'on lit à Minha, les lundis et jeudis, et le Chabbat suivant ; et telle est la Halakha. On prie la amida avec les trois premières et les trois dernières berakhot, et la sainteté du jour au milieu : 'Ata ehad', etc. Il y a 54 mots, tout comme il y en a dans le passage 'Zakhor et yom haChabbat' jusqu'à 'vayekadechehou'. 'Qui est comme Ton peuple Israël, une nation unique sur terre' ; il est dit dans le Midrash : trois témoignent l'un sur l'autre, le Saint béni soit-Il, Israël et le Chabbat ; le Saint béni soit-Il et Israël témoignent que le Chabbat est un jour de repos, Israël et le Chabbat témoignent que le Saint béni soit-Il est unique, le Saint béni soit-Il et le Chabbat témoignent qu'Israël est unique parmi les nations, et c'est sur cette base que fut instauré 'Ata ehad'. Quant au fait qu'on a institué pour le Chabbat trois thèmes de tefilot — 'Ata kidashta', 'Yismah Moshe', 'Ata ehad' — alors que pour Yom Tov on n'en a institué qu'un seul ('Ata behartanoo'), c'est parce que ces trois tefilot correspondent à trois Chabbatot : 'Ata kidashta' correspond au Chabbat de la Genèse comme son contenu le prouve, 'Yismah Moshe' correspond au Chabbat du don de la Torah car tout le monde s'accorde à dire que la Torah a été donnée un Chabbat, et 'Ata ehad' correspond au Chabbat de l'avenir. On a l'habitude partout de dire les trois versets de Tsidekatekha. Rav Char Chalom écrit que la raison de cette institution est la justification du jugement (tsidouk hadin) suite à la mort de Moché Rabbeinou à cette heure-là ; on a également l'habitude de ne pas fixer de moment d'étude (midrash) entre les deux tefilot car lorsqu'un sage meurt, toutes les maisons d'étude sont annulées, et c'est aussi pour cette raison que Rabbeinou Tam avait instauré de ne pas y fixer de seouda (bien qu'il y ait des midrashim prouvant qu'il n'est pas mort à cette heure-là). Quant au fait qu'on dise Tsidekatekha, c'est pour les mécréants qui retournent à la Géhenne à l'issue du Chabbat, et on a l'habitude en Achkenaz de ne pas dire Tsidekatekha le Chabbat s'il n'y a pas de supplications (Tahanoun) le dimanche. On a l'habitude en Achkenaz de dire d'abord 'Tsidekatekha tsedek leolam', puis 'Vetsidekatekha Elohim', puis 'Tsidekatekha keharerei El' ; en Espagne, on dit d'abord 'Tsidekatekha keharerei El', puis 'Vetsidekatekha Elohim', puis 'Tsidekatekha tsedek leolam', et c'est plus exact car c'est dans cet ordre qu'ils sont écrits dans le livre des Tehilim. On a l'habitude en Achkenaz de dire les Pirkei Avot à Minha, comme l'écrit aussi Rav Amram, mais en Espagne on les dit à chaharit. Celui qui a fait une erreur et n'a pas prié la Minha du Chabbat, priera à l'issue du Chabbat deux tefilot profanes ; il fait la Havdala dans la première car il faut anticiper celle dont c'est le moment actuel, et il ne fait pas la Havdala dans la seconde qui est une compensation (tachloumin) pour le Chabbat. S'il n'a pas fait la Havdala dans la première mais l'a faite dans la seconde, la seconde lui compte comme la première et la première ne lui compte pas, car puisqu'il n'a pas fait la Havdala dans la première, il a montré qu'il avait l'intention que la première soit pour la compensation et la seconde pour son obligation, or il ne faut pas faire précéder la compensation à l'obligation du moment ; il devra alors prier une troisième fois pour cette compensation. S'il a fait la Havdala dans les deux ou s'il ne l'a faite dans aucune des deux, il est quitte. Tout cela s'applique s'il s'est trompé et n'a pas du tout prié la Minha ; mais s'il s'est trompé en priant dix-huit berakhot sans mentionner le Chabbat, le Ri écrit que bien qu'il ne soit pas quitte par cette tefila et que s'il s'en était rappelé de jour il aurait dû prier sept berakhot, malgré tout il ne priera pas deux fois à l'issue du Chabbat puisqu'il a déjà prié dix-huit berakhot. Les sages de Provence disaient que puisqu'il n'est pas quitte de son obligation par cette tefila, c'est comme s'il n'avait pas prié et il doit prier deux fois le soir. Mon maître le Roch a écrit que la chose reste incertaine, c'est pourquoi R. Yona disait qu'il convient, pour sortir du doute, de la prier le soir au titre de prière volontaire (nedava), et il n'est pas nécessaire d'y introduire une nouveauté, car puisqu'il la prie par doute, il n'y a pas de plus grande nouveauté que cela.