טור אורח חיים

Tour Orah Haim — siman 319

Rabbi Yaakov ben Asher (Baal HaTour) · Du tri (borer) le Chabbat
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Celui qui trie au tamis ou au crible, ou pour la réserve, est passible ; à la main pour manger tout de suite, c’est permis. On jette les déchets ou l’on prend l’aliment selon la peine, seulement si l’aliment est majoritaire. Deux sortes d’aliments, épis, vesces, filtrage des lies, linge, corbeille tressée et versement lent : avis du Rambam et du Roch. Œuf dans la moutarde : ce n’est pas un tri.

Glossaire

borer
trier, séparer l’aliment des déchets
pesolet
déchets, rebut
napa / kevara
tamis / crible
kanon / tamhoui
corbeille conique / écuelle
hattat
sacrifice expiatoire
tourmos
lupin
melilot
épis à égrener
karshinin
vesces
mishmeret
chausse, filtre à lies
shemarim
lies
liboun
blanchiment (laver)
kefifa
corbeille tressée
ohel
tente
tefah
palme, environ 8 cm

הבורר חייב והני מילי בבורר בנפה וכברה או בורר לאוצר אפי' ביד אבל בידו כדי לאכול מיד מותר הלכך היו לפניו אוכלין עם פסולת שלהם בורר בידו לצורך אותה אכילה ואם בירר יותר אפילו לבו ביום נעשה כבורר לאוצר וחייב בקנון ובתמחוי לא יברור ואם בירר פטור ואם בירר בנפה ובכברה חייב חטאת וכיצד הוא בורר אם יש טורח בברירת האוכל יותר מברירת הפסולת בורר כדרכו לזרוק הפסולת ואם יש יותר טורח בברירת הפסולת כגון שהוא דק נוטל אוכל ומניח הפסולת וכל זה כשהאוכל מרובה על הפסולת בכמותה ומשכחת באוכל מרובה שאפי' הכי יש טורח יותר בברירת הפסולת כגון שהוא דק כדפרי' אבל אם כמות הפסולת מרובה אסור אפי' לטלטלו שהאוכל בטל ברוב הפסולת ומ"מ לוזים ובטנים שנשתברו ועדיין מעורבין בקליפתן אע"פ שהקליפות מרובות על האוכל לא מיקרי פסולת מרובה על האוכל כיון דאורחייהו בהכי והוו כמו שומר לפרי ותורמוס קאמר בגמרא דאפי' אוכל מתוך פסולת אסור ויהיב טעמא משום דשלקי ליה ז' זימנין ואי לא שלקי ליה לאוכל הוה מסרח לכן חשיב אפי' ברירת אוכל כברירת פסולת ולפי זה תורמוס שלנו שאין דרכן בכך מותר לבררו מתוך הפסולת היו לפניו ב' מיני אוכלים אותו שרוצה לאכול עתה חשוב כאוכל והשני חשוב פסולת ואסור לבררו אין מוללין מלילות בשבת אלא מולל בשינוי מעט בראשי אצבעותיו היו לו מלילות מערב שבת מנפח מיד ליד ואוכל אבל לא בקנון ותמחוי: אין שורין כרשינין פירוש שמציף מים עליהן בכלי כדי להסיר הפסולת ולא שפין אותו ביד כדי להסיר הפסולת דהו"ל כבורר אבל נותנן בכברה אע"פ שפעמים נופל הפסולת דרך נקבי הכברה: משמרת שמסננים בה שמרים אפילו תלויה מע"ש אסור ליתן בה שמרים לסננו משום בורר אבל אם נתן בה שמרים מע"ש יכול ליתן עליהם מים כדי שיחזרו צלולין ויין או מים שהן צלולין יכול לסננן במשמרת ואין כאן משום בורר כיון שהן צלולין אבל עכורין לא ובשעת הגיתות שדרך לשתות היין עכור קצת יכול ליתנו עם שמרים במסננת לסננו ואין בו משום בורר ומשום ליבון נמי ליכא דמשמרת עשויה לכך ואינו חושש לליבונו אבל בסודר שחושש לליבונו אסור משום ליבון ובשאר משקין חוץ ממים דלא שייך בהו ליבון שרי וכשמסננין היין בסודר צריך ליזהר שלא יעשה בו גומא לקבל היין אלא ישפוך עליו והוא ישקע מעצמו וכן מותר לסננו בכפיפה ובלבד שלא יגביה הכפיפה משולי הכלי טפח משום אהל אבל אסור ליתן קסמין על פי הכלי ולסננו עליהם דדמי למשמרת והרמב"ם ז"ל לא התיר אפי' בכפיפה וסודר אלא יין שאין בו שמרים ומים צלולים אבל לסננן במשמרת אפי' צלולים או בכפיפה וסודר מים עכורין ויין שיש בו שמרים אסור וא"נ כן מדברי א"א הרא"ש ז"ל אלא כדפרי' מותר לערות בנחת מכלי לחבירו ולא חשיב כבורר ובלבד שיכוין שמיד שיפסוק הקילוח ומתחילין הניצוצות לטפטף שיפסוק שאם לא יפסוק חשוב כבורר מה שבורר הניצוצות מתוך השמרים מסננת שנתן בה חרדל לסננו מותר ליתן בה ביצה אע"פ שהחלמון יורד למטה עם החרדל והחלבון נשאר למעלה עם הפסולת לא חשיב כבורר שהחלבון והחלמון שניהם אוכלין הם ואין נותנין אותה לתוכו אלא לתקן מראה החרדל הלכך לא חשיב כבורר אוכל מתוך הפסולת:

Celui qui trie est passible. Cela s’entend de celui qui trie au tamis et au crible, ou qui trie pour la réserve, même à la main. Mais à la main, afin de manger tout de suite, c’est permis. Dès lors, s’il avait devant lui des aliments avec leurs déchets, il trie à la main pour le besoin de cette consommation. S’il a trié davantage, même pour le jour même, il est considéré comme triant pour la réserve et il est passible. Au kanon et au tamhoui, qu’on ne trie pas ; s’il a trié, il est exempt. S’il a trié au tamis et au crible, il est passible d’un sacrifice-hattat. Comment trie-t-on ? S’il y a plus de peine à extraire l’aliment qu’à extraire les déchets, on trie comme à l’ordinaire en jetant les déchets. S’il y a plus de peine à extraire les déchets, par exemple s’ils sont fins, on prend l’aliment et l’on laisse les déchets. Tout cela lorsque l’aliment est plus abondant que les déchets en quantité ; or l’on trouve un cas où l’aliment est plus abondant et où, néanmoins, il y a plus de peine à extraire les déchets, par exemple s’ils sont fins, comme on l’a expliqué. Mais si la quantité des déchets est plus grande, il est interdit même de les déplacer, car l’aliment est annulé dans la majorité des déchets. Toutefois, les amandes et les pistaches cassées et encore mêlées à leur coque, bien que les coques soient plus nombreuses que l’aliment, on n’appelle pas cela des déchets plus nombreux que l’aliment, puisque tel est leur usage et qu’elles sont comme un protecteur du fruit. Quant au lupin, la Guemara dit que même extraire l’aliment d’entre les déchets est interdit, et elle en donne la raison : on le fait bouillir sept fois, et si l’on ne le faisait pas bouillir pour en faire un aliment, il pourrirait ; c’est pourquoi même le tri de l’aliment est considéré comme le tri des déchets. D’après cela, notre lupin, dont ce n’est pas l’usage, il est permis de le trier d’entre les déchets. S’il avait devant lui deux sortes d’aliments, celle qu’il veut manger maintenant compte comme aliment et l’autre compte comme déchets, et il est interdit de la trier. On n’égrène pas les épis le Chabbat, mais on égrène avec un léger changement, du bout des doigts. S’il avait des épis dès avant le Chabbat, il souffle de main en main et mange, mais non au kanon ni au tamhoui. On ne trempe pas les vesces : c’est-à-dire qu’on n’y verse pas d’eau dans un récipient pour en ôter les déchets. On ne les frotte pas non plus à la main pour en ôter les déchets, car ce serait comme trier. Mais on les met dans un crible, bien que parfois les déchets tombent par les trous du crible. Une chausse dont on filtre les lies : même si elle était pendue dès avant le Chabbat, il est interdit d’y mettre des lies pour les filtrer, à cause du tri. Mais si l’on y a mis les lies dès avant le Chabbat, on peut verser de l’eau dessus pour qu’elles redeviennent claires. Du vin ou de l’eau qui sont clairs, on peut les filtrer à la chausse, et il n’y a pas ici de tri, puisqu’ils sont clairs ; mais s’ils sont troubles, non. Au temps des pressoirs, où l’usage est de boire le vin un peu trouble, on peut le mettre avec ses lies dans un filtre pour le filtrer, et il n’y a ni tri ni blanchiment, car la chausse est faite pour cela et l’on ne se soucie pas de son blanchiment. Mais avec un linge, dont on se soucie du blanchiment, c’est interdit à cause du blanchiment. Pour les autres liquides, hors l’eau, où le blanchiment n’a pas lieu, c’est permis. Quand on filtre le vin dans un linge, il faut prendre garde de n’y pas faire de creux pour recevoir le vin ; on verse dessus et il s’enfonce de lui-même. De même, il est permis de le filtrer dans une corbeille tressée, à condition de ne pas élever la corbeille d’un téfa’h au-dessus du fond du récipient, à cause de la tente. Mais il est interdit de poser des éclats de bois sur l’ouverture du récipient et de filtrer dessus, car cela ressemble à une chausse. Le Rambam z"l n’a permis, même à la corbeille et au linge, que le vin sans lies et l’eau claire ; mais filtrer à la chausse, même clairs, ou à la corbeille et au linge de l’eau trouble et du vin qui a des lies, est interdit. Cela ne paraît pas ainsi d’après les paroles de mon maître mon père le Roch z"l ; c’est plutôt comme je l’ai expliqué. Il est permis de verser doucement d’un récipient dans un autre, et cela ne compte pas comme tri, à condition de viser à s’arrêter dès que le filet cesse et que les gouttes commencent à tomber goutte à goutte ; car s’il ne s’arrête pas, cela compte comme tri, du fait qu’il sépare les gouttes d’entre les lies. Un filtre où l’on a mis de la moutarde pour la filtrer : il est permis d’y mettre un œuf, bien que le jaune descende en bas avec la moutarde et que le blanc reste en haut avec les déchets ; cela ne compte pas comme tri, car le blanc et le jaune sont tous deux des aliments, et on ne le met dedans que pour corriger l’apparence de la moutarde ; dès lors, cela ne compte pas comme trier un aliment d’entre les déchets.