טור אורח חיים

Tour Orah Haim — siman 324

Rabbi Yaakov ben Asher (Baal HaTour) · Nourriture du bétail le Chabbat
En bref - de quoi parle ce chiour ?

On ne crible pas, on ne mesure pas et on ne pétrit pas pour nourrir les bêtes ; on distingue « rendre comestible » et « se donner de la peine sur un aliment déjà propre » ; règles du gavage, des espèces à nourrir, des herbes attachées et du mouktsé, du transfert d’auge et du raclage.

Glossaire

motz
balle (enveloppe légère du grain)
kévara
crible
avous
auge
kav
kav (mesure de volume)
keri
tas de grains
morsan
son
giboul
pétrissage
kor
kor (grande mesure de volume)
chavei okhla
rendre comestible ce qui ne l’était pas
matriah beokhla
se donner de la peine pour apprêter un aliment déjà propre à la consommation
daluin
courges
nevela
charogne
mouktsé
mouktsé (interdit de maniement)
chahat
fourrage vert
harouvin
caroubes
ovsin
engorger (remplir comme une auge dans les entrailles)
dorsin
presser l’aliment dans le gosier au-delà du point de retour
mal’it
faire avaler jusqu’au point d’où l’animal peut encore ramener
maamarin
forcer l’aliment au veau au-delà du point de retour
mehalketin
mettre l’aliment dans le bec
yonei chovakh ve-aliya
pigeons de colombier et de grenier (qui se nourrissent seuls)
yonei hardesi’ot
pigeons hérodiens (domestiques, à la charge du maître)
chor chel petem
bœuf à l’engrais
achva’at goumot
aplanir des trous

אין כוברין את התבן בכברה כדי שיפול המוץ לארץ ולא יניחנו במקום גבוה כדי שירד המוץ אבל נוטל בכברה ונותן לתוך האבוס אע"פ שהמוץ נופל מאליו שרי כיון שאינו מכוין לא ימדוד שעורים ויתן לפני בהמתו אבל נוקב הוא בכרי בקב עצמו וממלא הכלי שלא כדרך המדידה לרש"י ולפי' ר"י דוקא משער לפי אומד דעתו אבל לא ימודד כלל: אין גובלים המורסן לפני הבהמה אבל נותנין בו מים ומעביר בו במקל פעם אחת שתי ופעם א' ערב ומערב מכלי אל כלי כדי שיתערב ואפי' כור או כוריים יכול ליתן לפני בהמה אחת ובעל התרומה אוסר ליתן בו מים דנתינתו הוא גיבולו ולא שרי אלא להוליך בו המקל שתי וערב אחר שנתן המים מע"ש וא"א הרא"ש ז"ל כתב כסברא ראשונה: קשין של שבולים שקושרין בב' או ג' מקומות מותר להתירם כדי שתאכל מהן הבהמה אבל אסור לשפשף בהן הידים כדרך שעושין באוכלי בהמה כדי שיהו נוחין לאוכלן דשוויה אוכל בדבר שאינו אוכל שרי לעשותו אוכל אבל מטרח באוכלא בדבר שהוא ראוי להאכילה לא טרחי ביה להכשירו ולתקנו יותר: עצים שקצצן מן הדקל ויש מאכילין אותן לבהמה בעודן לחין מתירין ומשפשפין בהן להאכילן לבהמה שאינן ראוין לה בלא שפשוף ונמצא שהשפשוף הוא להן שווי אוכלא מחתכין הדלועין שנתלשו מאתמול לפני הבהמה ואת הנבלה לפני הכלבים ואפי' נתנבלה היום כר"ש דלית ליה מוקצה ואין מחתכין השחת והחרובין לפניה בין אם היא דקה או גסה: אין אובסין הגמל פי' שמאכילו בידו ותוחב המאכל הרבה עד שנראה כאבוס במעיו ולא דורסין שדורס לו המאכל בגרונו למקום שאינו יכול להחזירו אבל מלעיטו שאינו תוחב לו כ"כ בעומק בגרון אלא עד מקום שיכול להחזירו משם ולא מאמרין העגל פי' לתחוב לו עד מקום שאינו יכול להחזירו אבל מלעיטין כדפרישית עד מקום שיכול להחזירו משם ומהלקטים לתרנגולים פירוש ליתן המאכל בפיהם ולא ליוני שובך ועלייה ואפי' ליתן לפניהם מים אסור ולא לפני הדבורים אבל נותנין לפני אווזין ותרנגולין ויוני הרדסיאות נותנין מזונות לכלב ולא לחזיר: מעמיד אדם בהמתו על גבי עשבים מחוברים ולא חיישינן שמא יתלוש מהם ולא ע"ג מוקצה מפני שאיסורו קל וחיישי' שמא יתן לה ממנו בידים ודוקא להעמידה שם בידים אסור אבל לעמוד בפניה בענין שלא תוכל להטות אלא דרך שם מותר: נוטלין המאכל מלפני חמור ונותנין לפני שור שאינו נמאס לפני חמור וראוי עדיין לשור ואין נוטלין לפני השור ליתנו לחמור שנמאס לפני השור ואינו ראוי עוד לחמור: אסור לגרוף האבוס לפני שור של פטם אפילו באבוס של כלי גזירה אטו של קרקע דאתי לאשוויי ביה גומות ואסור ג"כ לסלק התבן מלפניו:

On ne crible pas la paille au crible afin que la balle tombe à terre, et l’on ne la place pas en un lieu élevé afin que la balle descende. Mais on prend au crible et l’on verse dans l’auge : même si la balle tombe d’elle-même, c’est permis, puisqu’on n’en a pas l’intention. On ne mesure pas d’orges pour les mettre devant sa bête ; mais on perce le tas avec le kav lui-même et l’on remplit le récipient autrement que selon la manière de mesurer — selon Rachi. Et selon l’interprétation du Ri, on n’estime que d’après l’appréciation de son esprit, mais l’on ne mesure pas du tout. On ne pétrit pas le son devant la bête ; mais on y met de l’eau et l’on y passe un bâton une fois en long et une fois en large, et l’on verse d’un récipient dans un autre afin que cela se mélange. Même un kor ou deux kor, on peut mettre devant une seule bête. Le Baal haTerouma interdit d’y mettre de l’eau, car le verser constitue son pétrissage, et il n’est permis que de promener le bâton en long et en large après avoir mis l’eau dès la veille de Chabbat. Et mon maître mon père le Roch z"l a écrit selon le premier avis. Les tiges d’épis que l’on lie en deux ou trois endroits : il est permis de les dénouer afin que la bête en mange. Mais il est interdit de les frotter des mains comme on fait pour les aliments du bétail afin qu’ils soient plus aisés à manger — car rendre comestible une chose qui n’est pas un aliment, cela est permis pour en faire un aliment ; mais se donner de la peine sur un aliment déjà propre à être mangé, on ne s’y donne pas de peine pour l’apprêter et l’améliorer davantage. Des bois qu’on a coupés du palmier, et que certains donnent à manger au bétail tant qu’ils sont encore humides : on permet de les frotter pour les donner à manger au bétail, car ils ne lui sont pas propres sans frottement, et ainsi le frottement est pour eux un « rendre comestible ». On coupe les courges arrachées la veille devant la bête, et la charogne devant les chiens, même si elle est devenue charogne aujourd’hui — selon Rabbi Chimone, qui n’a pas de mouktsé. Et l’on ne coupe pas le fourrage vert ni les caroubes devant elle, qu’elle soit petite ou grosse. On n’engorge pas le chameau — c’est-à-dire qu’on le nourrit de la main et qu’on enfonce beaucoup d’aliment jusqu’à ce que cela paraisse comme une auge dans ses entrailles — et l’on ne presse pas, c’est-à-dire qu’on lui presse l’aliment dans la gorge jusqu’à un endroit d’où il ne peut plus le ramener. Mais on lui fait avaler : on n’enfonce pas si profondément dans la gorge, seulement jusqu’à un endroit d’où il peut le ramener. On ne force pas le veau — c’est-à-dire enfoncer jusqu’à un endroit d’où il ne peut plus le ramener — mais on lui fait avaler comme expliqué, jusqu’à un endroit d’où il peut le ramener. On met l’aliment dans le bec des poules — c’est-à-dire lui mettre l’aliment dans la bouche — mais non aux pigeons de colombier et de grenier ; et même leur mettre de l’eau devant eux est interdit ; ni devant les abeilles. Mais on met devant les oies, les poules et les pigeons hérodiens. On donne des aliments au chien, mais non au porc. On peut faire tenir sa bête sur des herbes encore attachées, et l’on ne craint pas qu’elle en arrache. Mais non sur du mouktsé, parce que son interdiction est légère et que l’on craint qu’on lui en donne de la main. Et c’est seulement la faire tenir là de ses mains qui est interdit ; mais se tenir devant elle de manière qu’elle ne puisse se détourner que par là, c’est permis. On prend l’aliment d’avant l’âne et l’on met devant le bœuf : il n’est pas dégoûté devant l’âne et reste propre au bœuf. On ne prend pas d’avant le bœuf pour le donner à l’âne : il est dégoûté devant le bœuf et n’est plus propre à l’âne. Il est interdit de racler l’auge devant un bœuf à l’engrais, même dans une auge-ustensile, par décret à cause de celle de terre, car on en viendrait à y aplanir des trous. Il est aussi interdit d’écarter la paille de devant lui.