טור אורח חיים

Tour Orah Haim — siman 381

Rabbi Yaakov ben Asher (Baal HaTour) · Annulation de domaine entre cours, maisons et ruines
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Règles régissant la rétractation après annulation de domaine, l'annulation entre deux cours distinctes, dans une ruine, d'une maison à une autre, et la faculté pour l'héritier ou les habitants de renoncer tour à tour à leurs droits.

Glossaire

שוגג
par erreur (*shogeg*)
מזיד
volontairement (*mezid*)

המבטל רשותו והוציא אח"כ מביתו לחצר בשוגג אינו אוסר במזיד אוסר שהרי חוזר בביטולו שביטל החזיקו בו כבר שהוציאו מבתיהם לחצר לא שנא מבע"י ל"ש משחשיכה אינו יכול לחזור מביטולו ורש"י פי' שאין חזקה מועלת אא"כ החזיקו משתחשך: יש ביטול רשות מחצר לחצר ל"ש ב' חצירות ופתח ביניהן ולא עירבו יחד יכול אחת לבטל רשותה לחבירתה להיות מותרת להשתמש בה ולא היא לא שנא ב' חצירות זו לפנים מזו ולא עירבו שפנימית אוסרת על החיצונה יכולה לבטל לה רשותה שלא תשמש ולא תעבור עליה אלא בשעה שצריכה לצאת ותהיה החיצונה מותרת או עירבו יחד ונתנו עירובן בחיצונה ושכח א' מן הפנימית (ס"א החיצונה) ולא עירב יכול לבטל רשותו אבל נתנו עירובן בפנימית ושכח אחד מן החיצונה אף ביטול אין צריכין כדפרישית לעיל יש ביטול רשות בחורבה כגון ב' בתים וחורבה ביניהן שהיא של שניהן ושכחו ולא עירבו יכול אחד לבטל רשותו לחבירו ולהיותו מותר בה ויש ביטול רשות מבית לבית שאם ב' בתים ופתח ביניהן ולא עירבו אחד מבטל רשות לחבירו ואפי' המבטל יכול להוציא מביתו לבית חבירו ואין כאן משום חוזר ומחזיק ברשותו שאין נקרא מחזיק אלא כשמכניס לרשות שביטל אבל מה שמוציא ממנו אינו חזרה אבל אינו יכול להוציא מבית חבירו לביתו שאז היה חוזר ומחזיק ברשות שביטל וכן אם יש לו חדר פתוח לביתו וביטל רשות ביתו אסור להוציא מהחדר לביתו אבל ב' בתים בר"ה ובאו כותים בשבת וסגרו ר"ה שביניהן בענין שיש ביניהן כמו חצר והרי אוסרין זה על זה שהוא כמו חצר שב' בתים פתוחין לו אינן יכולין לבטל אחד לחבירו: יורש מבטל רשותו שאם לא עירב מורישו ומת בשבת והיורש דר בחצר ואוסר יכול לבטל רשותו: ומבטלין וחוזרין ומבטלין פי' שמבטלין רשותן בני חצר לחצר אחרת עד שיוציאו מה שירצו או לאחד מבני חצר וחוזרין ומבטלין לאותן שביטלו להם עד שיוציאו גם הם מה שירצו:

Celui qui annule son domaine puis extrait un objet de sa maison vers la cour par erreur (*shogeg*), cela n'interdit pas le domaine aux autres ; s'il l'a fait volontairement (*mezid*), cela interdit, car il revient ainsi sur son annulation. Si les autres usagers ont déjà pris possession du domaine en sortant des objets de leurs maisons vers la cour — que ce soit encore de jour ou après l'obscurité —, il ne peut plus revenir sur son annulation ; mais Rachi explique que la prise de possession ne sert que si elle a lieu après l'obscurité. Il existe une annulation de domaine d'une cour à une autre cour : peu importe qu'il s'agisse de deux cours ayant une ouverture entre elles et n'ayant pas fait d'érouv ensemble, l'une peut annuler son domaine au profit de l'autre afin qu'il soit permis à celle-ci d'y utiliser l'espace et non à la première ; peu importe qu'il s'agisse de deux cours l'une dans l'autre n'ayant pas fait d'érouv, où la cour intérieure interdit le passage à la cour extérieure, la cour intérieure peut annuler son domaine au profit de l'extérieure pour ne plus l'utiliser ni y passer, sauf au moment où elle a besoin de sortir, et la cour extérieure sera ainsi permise ; ou si elles ont fait un érouv ensemble en plaçant leur érouv dans la cour extérieure et qu'un habitant de la cour intérieure (autre version : extérieure) a oublié de faire l'érouv, il peut annuler son domaine ; mais si elles ont placé leur érouv dans la cour intérieure et qu'un habitant de la cour extérieure a oublié de le faire, ils n'ont même pas besoin d'annulation, comme je l'ai expliqué plus haut. Il existe une annulation de domaine dans une ruine, par exemple deux maisons avec une ruine entre elles appartenant aux deux propriétaires, s'ils ont oublié de faire un érouv, l'un peut annuler son domaine au profit de son compagnon pour que ce dernier y soit autorisé. Il existe aussi une annulation de domaine de maison à maison : si deux maisons ont une ouverture entre elles et n'ont pas fait d'érouv, l'un annule son domaine en faveur de son compagnon, et même celui qui a annulé peut faire sortir des objets de sa maison vers la maison de son compagnon sans que cela soit considéré comme un retour et une reprise de possession de son domaine, car on n'appelle reprise de possession que le fait d'introduire un objet dans le domaine qu'il a annulé, alors que ce qu'il en fait sortir n'est pas un retour ; mais il ne peut pas faire sortir un objet de la maison de son compagnon vers sa propre maison, car il reviendrait alors prendre possession du domaine qu'il a annulé. De même, s'il a une chambre ouverte sur sa maison et qu'il a annulé le domaine de sa maison, il est interdit de faire sortir un objet de la chambre vers sa maison. Cependant, si deux maisons donnent sur le domaine public et que des non-Juifs sont venus pendant le Chabbat et ont fermé le domaine public situé entre elles de manière à former comme une cour, se trouvant ainsi à s'interdire mutuellement le port d'objets comme une cour sur laquelle deux maisons sont ouvertes, ils ne peuvent pas annuler leur domaine l'un en faveur de l'autre. L'héritier peut annuler son domaine : si son auteur n'avait pas fait d'érouv et est mort pendant le Chabbat, l'héritier qui habite dans la cour et cause une interdiction peut annuler son domaine. On peut annuler puis annuler à nouveau, c'est-à-dire que les habitants d'une cour annulent leur domaine au profit d'une autre cour jusqu'à ce qu'ils fassent sortir ce qu'ils veulent, ou au profit d'un des habitants de la cour, puis ceux-ci annulent à nouveau au profit de ceux qui leur avaient annulé leur domaine, jusqu'à ce qu'ils fassent eux aussi sortir ce qu'ils veulent.