Chabbat et Yom Tov sont deux saintetés : on peut poser deux érouvin en directions opposées s’ils restent accessibles dès le premier jour. Toute préparation d’un jour saint à l’autre, même verbale, est interdite. Les deux jours de Roch Hachana sont une seule sainteté. Yom Kippour est assimilé au Chabbat pour les deux types d’érouv ; le Yom Tov admet les érouvei tehumin mais non les érouvei hatsérot.
שבת וי"ט ב' קדושות הן הילכך י"ט הסמוך לשבת בין לפניו בין לאחריו יכול לערב ליום ראשון למזרח והשני למערב ובלבד שיניח העירובין לסוף אלף לכאן ולסוף אלף לכאן או פחות כדי שיוכל לילך ביום ראשון אל מקום העירוב של יום השני שאם לא כן אין העירוב של יום השני כלום דבעינן סעודה הראויה לו מבע"י ואם עירב בראשון ברגליו שהחשיך במקום שרצה לקנות שביתה יעשה ג"כ בשני יחשיך שם ולא יאמר כלום שאסור לעשות שום הכנה מי"ט לשבת או משבת לי"ט אפילו בדבור כ"ש שלא יוכל לערב בפת שלא עירב בו כבר ביום הראשון מפני שהיה צריך לקרות עליו שם עירוב ונמצא מכין מי"ט לחבירו אבל אם עירב בראשון בפתו יכול לערב בשני באותו פת עצמו שאצ"ל כלום שכבר קרא עליו שם עירוב וא"כ אינו מכין כלום דסוף בין השמשות שהוא תחילת היום קונה עירוב והיום שמערב לו קונה עירוב לעצמו בתחלתו ואם עירב לב' הימים לרוח אחת צריך שיהא העירוב קיים בין השמשות של יום השני שאם אינו קיים אין כאן עירוב ליום השני וכן הדין בכל ב' ימים טובים חוץ משני ימים טובים של ר"ה שהם קדושה אחת ואין מערבין עליהם ב' עירובין: יום הכיפורים הרי הוא כשבת בין לענין עירובי חצרות בין לענין עירובי תחומין וי"ט נוהג בו עירובי תחומין אבל לא עירובי חצרות:
Le Chabbat et le Yom Tov sont deux saintetés. Dès lors, un Yom Tov adjacent au Chabbat, qu’il le précède ou le suive, on peut faire un érouv pour le premier jour vers l’est et pour le second vers l’ouest, à condition de déposer les érouvin à l’extrémité de mille coudées d’un côté et de mille de l’autre, ou moins, afin de pouvoir aller le premier jour jusqu’à l’endroit de l’érouv du second jour. Sinon l’érouv du second jour n’est rien, car il faut un repas qui lui convienne et lui soit accessible dès avant la tombée de la nuit (mibeod yom). S’il a fait l’érouv le premier jour par ses pieds — en laissant la nuit tomber sur lui à l’endroit où il voulait acquérir la chevita —, il fera de même le second jour : il y laissera la nuit tomber et ne dira rien, car il est interdit de faire aucune préparation (hakhana) d’un Yom Tov vers le Chabbat ou du Chabbat vers un Yom Tov, même par la parole. À plus forte raison, on ne peut faire d’érouv avec un pain dont on ne s’était pas déjà servi le premier jour, car il faudrait prononcer sur lui le nom d’érouv, et l’on préparerait ainsi d’un jour saint pour l’autre. Mais s’il a fait l’érouv le premier jour avec son pain, il peut faire l’érouv le second jour avec ce même pain sans rien dire : le nom d’érouv a déjà été prononcé, donc il ne prépare rien. Car la fin du bein hachemachot, qui est le commencement du jour, acquiert l’érouv, et le jour pour lequel on fait l’érouv l’acquiert pour lui-même à son début. S’il a fait un érouv pour les deux jours dans une seule direction, l’érouv doit encore exister au bein hachemachot du second jour ; sinon il n’y a pas d’érouv pour le second jour. Telle est aussi la règle pour tous les deux jours de Yom Tov, hormis les deux jours de Roch Hachana, qui sont une seule sainteté : on ne fait pas sur eux deux érouvin distincts. Yom Kippour est comme le Chabbat, tant pour les érouvei hatsérot que pour les érouvei tehumin. Le Yom Tov comporte les érouvei tehumin, mais non les érouvei hatsérot.