On plonge les ustensiles dans une grande chaudière d'eau bouillante ; un ustensile trop grand se remplit, s'ourle d'argile, et l'on peut y jeter une pierre brûlante. Durée d'immersion : le Rif jusqu'au rejet, Avi ha-Ezri craint la réabsorption. Avant la cinquième heure le Rosh permet même un ben yomo sans soixante dans l'eau ; après l'interdit, il faut vingt-quatre heures ou soixante. Usage : plonger et retirer aussitôt, rincer à froid. La chaudière elle-même : Rachbam, Rachi, Riva et les Gueonim exigent de la casheriser d'abord ; le Rosh ne l'exige que si elle est bat yoma après la cinquième heure.
סדר הגעלה לוקח יורה גדולה מלאה מים ומרתיחה ומכניס בה כל הכלים וכלי גדול שאינו יכול להכניסו לתוכה ממלאו מים ומרתיחו ועושה שפה לפיו סביב מטיט כדי שיתמלאו היטב ויגעו המים בשפתו ואם ירצה יקח אבן רותח או לפיד אש וישליכנו לתוכו בעודו רותח ומתוך כך ירתיחו המים יותר ויעלו על שפתו כתב רי"ף משהי להו למאני בגו יורה עד דפלטי וכתב אבי העזרי מי יודע לשער שיעור הפליטה אולי ישהם לתוכה וחוזרין ובולעין לכן ירא שמים הרוצה להגעיל כלים הרבה ביחד ישהם מעת לעת לתשמישן דכיון דטעמם פגום אין אוסרין רק שיגעיל בזמן היתר קודם שעה חמישית דלאחר איסורו אין פגימתו מתרת וא"א הרא"ש ז"ל כתב דקודם זמן איסורו יכול להגעיל אפילו כלי בן יומו אפילו אין במים ס' כדי לבטלו אבל מזמן איסורו ואילך וכן בכל ימות השנה הבא להגעיל כלי שבלוע מאיסור אין להגעילו אלא א"כ לא יהא הכלי בן יומו או שיה' במים ס' כדי לבטלו ונוהגין להכניסן ולהוציאן מיד: כתוב בתשובה על שם רש"י שמיד לאחר הגעלה בעוד מים רותחין עליהם צריך לשוטפן מיד במים קרים שלא יחזרו ויבלעו ממים הרותחין שעליהם וכ"כ רב האי וכן נוהגין ולא משום שלא יחזרו ויבלעו המים שעליהן שאין לחוש לזה כדפרישית אלא שנהגו כן. כתב רשב"ם שצריך להגעיל תחלה היורה שמגעילין בה שאר הכלים וכן פסק רש"י וכן הורה ריב"א וכן יש בתשובת הגאונים מדיח יורה גדולה ומגעילה ברותחין ומכשירה ושוטפה בצונן ומפליטה מחמץ תחלה ואח"כ מרתיח בה מים רותחין בלי שיעור ויזהר שלא ינוחו המים מן הרתיחה שאם ינוחו אסור להגעיל בהן כלים ונוטלן ושוטפן בצונן ואחר כך ממלא היורה הגדולה וסובב שפתה בטיט ומגעילה כמשפטה הראשון ושופכה ושוטפה וא"א הרא"ש ז"ל כ' שדין יורה הגדולה כדין שאר כלים שאם אינה בת יומא או אפילו היא בת יומא והוא קודם שעה חמישית אין צריך להגעילה תחלה אבל אם הוא משעה חמישית ואילך והיא בת יומא צריך להגעילה תחלה מפני שבהגעלה ראשונה נאסרין המים שאין בהם ס' לבטל פליטת היורה דבכולה משערינן ונמצא שהמים כולן נאסרים ונבלעין בכלים הנגעלים בתוכם אם משהה אותם בתוכם עד שתגמור פליטתן אבל קודם שעה חמישית אע"פ שאותן המים חוזרין ונבלעין בתוכם אין לחוש שהוא שעת היתירו ודמי לנותן טעם בר נותן טעם:
Ordre de l'hagala : on prend une grande chaudière (yora) pleine d'eau, on la fait bouillir et l'on y plonge tous les ustensiles. Un grand ustensile que l'on ne peut y faire entrer : on le remplit d'eau, on le fait bouillir, et l'on ménage autour de son ouverture un rebord d'argile afin qu'il se remplisse bien et que l'eau touche son bord. Si l'on veut, on prend une pierre brûlante ou un tison et on le jette dedans tandis que c'est encore bouillant : par là l'eau bout davantage et déborde par-dessus le bord. Le Rif a écrit : on laisse les ustensiles dans la chaudière jusqu'à ce qu'ils aient rejeté [ce qu'ils ont absorbé]. Avi ha-Ezri a écrit : qui saura estimer la mesure du rejet ? Peut-être les y laissera-t-on trop longtemps et ils réabsorberont. C'est pourquoi un craignant-Dieu qui veut faire l'hagala de beaucoup d'ustensiles ensemble les laissera vingt-quatre heures sans usage : dès lors que leur goût est pagum (altéré), ils n'interdisent pas — à condition seulement de faire l'hagala au temps permis, avant la cinquième heure ; car après que l'interdit a commencé, l'altération du goût ne lève plus [l'interdit]. Mon père le Rosh z"l a écrit : avant le temps de l'interdit, on peut faire l'hagala même d'un ustensile ben yomo (utilisé dans les vingt-quatre heures), même s'il n'y a pas dans l'eau soixante fois [son volume] pour l'annuler. Mais à partir du temps de l'interdit et ensuite, et de même tous les jours de l'année quand on vient faire l'hagala d'un ustensile qui a absorbé un interdit, on ne le fait que si l'ustensile n'est pas ben yomo, ou s'il y a dans l'eau soixante fois pour l'annuler. On a l'usage de les plonger et de les retirer aussitôt. Il est écrit dans une réponse au nom de Rachi : aussitôt après l'hagala, tandis que l'eau bouillante est encore sur eux, il faut les rincer tout de suite à l'eau froide, afin qu'ils ne réabsorbent pas de l'eau chaude qui est sur eux. Rav Haï a écrit de même, et ainsi l'on pratique. Non que l'on craigne qu'ils réabsorbent l'eau qui est sur eux — il n'y a pas à s'en inquiéter, comme je l'ai expliqué — mais c'est l'usage. Le Rachbam a écrit qu'il faut d'abord faire l'hagala de la chaudière dans laquelle on ébouillante les autres ustensiles. Rachi a tranché de même, le Riva l'a prescrit ainsi, et il en est de même dans une réponse des Gueonim : on rince une grande chaudière, on lui fait l'hagala à l'eau bouillante, on la rend apte, on la rince à froid, et on lui fait d'abord rejeter le hamets ; ensuite on y fait bouillir de l'eau sans mesure. On prendra garde que l'eau ne cesse de bouillir : si elle cesse, il est interdit d'y faire l'hagala des ustensiles. On les retire et on les rince à froid ; ensuite on remplit la grande chaudière, on entoure son bord d'argile, on lui fait l'hagala selon sa première procédure, on la verse et on la rince. Mon père le Rosh z"l a écrit que la grande chaudière a le même statut que les autres ustensiles : si elle n'est pas bat yoma, ou même si elle est bat yoma mais que c'est avant la cinquième heure, on n'a pas besoin de lui faire d'abord l'hagala. Mais de la cinquième heure et ensuite, si elle est bat yoma, il faut d'abord lui faire l'hagala, parce que dès la première hagala l'eau s'interdit : il n'y a pas en elle soixante fois pour annuler le rejet de la chaudière, car l'on mesure par rapport à elle tout entière ; et il s'ensuit que toute l'eau est interdite et s'absorbe dans les ustensiles que l'on y ébouillante, si on les y laisse jusqu'à ce que leur rejet soit achevé. Mais avant la cinquième heure, bien que cette eau revienne s'absorber en eux, il n'y a pas à craindre : c'est le temps où [le hamets] est encore permis, et cela ressemble à un goût donné par un goût (notaén taam bar notaén taam).