טור אורח חיים

Tour Orah Haim — siman 454

Rabbi Yaakov ben Asher (Baal HaTour) · De quelle farine on fait la matsa ; échaudage, matsa volée et pâtes des non-juifs
En bref - de quoi parle ce chiour ?

On fait la matsa de semoule propre, même aussi belle que les matsot de Salomon, ou de pain hadra’ah. Rachi autorise même le tout-son ; le Rambam et Rav Alfes l’interdisent, mais on s’acquitte si l’on pétrit la pâte avec le son et les issues qui s’y trouvent. Pâte des chiens : on s’acquitte si les bergers en mangent. Pâte molle échaudée puis cuite au four : pain pour hamotsi, halla et matsa. Pâte épaisse échaudée et cuite : pain pour halla et hamotsi, mais on ne s’acquitte pas à Pessa’h (Rav Haï autorise ; les Gueonim interdisent tout échaudage). Matsa volée : on ne s’acquitte pas. Pâtes des non-juifs sans signe de levain : permises à manger si l’on mange à la fin un kezayit de matsa chemoura ; le Roch n’exige pas que le non-juif ait pétri devant soi.

Glossaire

solet
semoule, farine fine et tamisée
hadra’ah
pain grossier dont on a ôté toute la beauté ; pain de son
soubin
son
morsan
issues, son gros
halita
échaudage de la farine ou de la pâte à l’eau bouillante
halla
prélèvement dû sur la pâte
kezayit
volume d’une olive
matsa chemoura
matsa surveillée dès le départ pour la mitsva
sidouk
fendillement de la surface, signe de fermentation

עושין מצה מסולת נקיה ואפי' היא יפה כמצות שלמה או מפת הדראה ופירש"י אפילו כולה סובין אבל הרמב"ם ז"ל אסר כולה סובין שכתב אין יוצאין לא בפת סובין ולא בפת מורסן אבל לש הוא העיסה בסובין שבה ובמורסנן ויוצאין בה וכ"ד רב אלפס: עיסת כלבים בזמן שהרועים אוכלין הימנה יוצאין בה ואם לאו אין יוצאין בה: עיסה שבלילתה רכה וחלוטה ברותחין לא מיקרי לחם לברך עליה המוציא ואי אפייה בתר הכי בתנור מיקרי לחם לענין המוציא וחלה ויוצאין בה ידי מצה ואם בלילתה עבה וחלוטה ואפוייה הוי לחם לענין חלה והמוציא אבל אין יוצאין בו בפסח ולרב האי יוצאין בו בפסח וכל זה לדין הגמ' אבל הגאונים אסרו כל חליטה: מצה גזולה אין יוצאין בה: בציקות של עכו"ם שניכר בהם שלא החמיצו שאין בהן סידוק ולא הכסיפו פניהם מותר לאוכלם ובלבד שיאכל כזית ממצה שמורה לשם מצה באחרונה ויש אוסרין לאכול אא"כ לשן העכו"ם בפניו ולא נהירא לא"א הרא"ש ז"ל:

On fait la matsa de semoule propre, même si elle est aussi belle que les matsot de Salomon, ou de pain hadra’ah. Rachi a expliqué : même entièrement de son. Mais le Rambam z"l a interdit celle qui est entièrement de son : il a écrit qu’on ne s’acquitte ni avec du pain de son, ni avec du pain d’issues (morsan) ; toutefois, s’il pétrit la pâte avec le son qui s’y trouve et avec ses issues, on s’acquitte avec elle. Et tel est l’avis de Rav Alfes. La pâte des chiens : lorsque les bergers en mangent, on s’acquitte avec elle ; sinon, on ne s’acquitte pas avec elle. Une pâte dont le mélange est mou et qui a été échaudée à l’eau bouillante n’est pas appelée pain pour que l’on bénisse sur elle hamotsi. Mais si on l’a ensuite cuite au four, elle est appelée pain pour hamotsi et pour la halla, et l’on s’acquitte avec elle de l’obligation de matsa. Si son mélange est épais, et qu’elle a été échaudée et cuite, c’est du pain pour la halla et hamotsi, mais on ne s’acquitte pas avec elle à Pessa’h. Selon Rav Haï, on s’acquitte avec elle à Pessa’h. Tout cela est selon le droit de la Guemara ; mais les Gueonim ont interdit tout échaudage (halita). D’une matsa volée, on ne s’acquitte pas. Les pâtes des non-juifs dans lesquelles il est reconnaissable qu’elles n’ont pas levé — qu’il n’y a pas en elles de fendillement et que leur surface n’a pas pâli — il est permis de les manger, à condition que l’on mange à la fin un kezayit de matsa chemoura, destinée à la matsa. Certains interdisent d’en manger à moins que le non-juif les ait pétris devant soi. Cela n’est pas clair pour mon père, le Roch z"l.