On ne pétrit la matsa qu’avec des mayim shelanu. Rachi : douze heures depuis le puisage suffisent. Rabbi Eliézer de Mets : il faut les avoir détachées de la source dès l’entrée de la nuit ; puisées au coucher du soleil, elles sont permises aussitôt. Le Roch : on les puise au crépuscule ; cave s’il fait chaud, air libre s’il fait froid. Même les eaux de rivière doivent avoir reposé. Eau chaude, eau de soleil et eau du moliar : interdites. Si l’on a pétri avec : Rif, Behag et Rits Guiat interdisent ; Rachi et le Roch permettent bediavad les eaux non reposées, et même lekhathila s’il n’y en a pas d’autres. Avi HaEzri distingue mezid et shogeg ; Rachi et le Roch interdisent même shogeg et même à la consommation. Sel : usage d’Achkenaz de n’en pas mettre, sans raison claire, mais on ne change pas. Épices : valides d’après Ména’hot, sauf le poivre selon le Rokea’h.
אין לשין אלא במים שלנו לרש"י לאו דוקא שלנו לילה אחת אלא שעבר עליהם י"ב שעות משנשאבו ולפי' ה"ר אליעזר ממי"ץ צריך שלא יהו במחובר משנכנס הלילה שבלילה מעיינות רותחין והשואבן בערב עם שקיעת החמה מותרין מיד כתב א"א הרא"ש ז"ל וכן עמא דבר לשואבן בין השמשות ואם העת הוא חם ישימם במרתף שהוא קר ואם העת קר יניחם באויר כי המרתף הוא חם: כתב רש"י בתשובה אין לשין אלא במים שלנו שחשו חכמים לרוב עיירות שאין להן אלא מי בורות ומעיינות שהן רותחין ויראה מדבריו שבמי נהרות אין לחוש ומ"מ אין להקל אלא אפי' במי נהרות אין ללוש אא"כ לנו וכן יראה מלשון בה"ג שאינו מחלק שכתב ולא מיבעיא במיא דפושרי דאסור למילש בהו אלא אפי' במיא דנהרא דמלו ביומייהו אסור ללוש בהו עד דבייתי. ואשה לא תלוש בחמין אפילו לא נתחממו אלא בחמה ולא במים הגרופים מן המוליאר והוא דוד גדול שנחושתו עבה ותלוי על מקום האש ומים שבתוכו פושרין אפילו כשאין האש תחתיו: ואם עברה ולשה בהן לרב אלפס אסור אפילו במים שלא לנו וכ"כ בעל ה"ג והרי"ץ גיאת ולרש"י דוקא בחמין ובחמי חמה אבל במים שלא לנו בדיעבד שרי ואפילו לכתחלה שרי למילש בהו אי ליכא אחריני ולזה הסכים א"א הרא"ש ז"ל והא דאסרינן בעברה ולשה פירש אבי העזרי דוקא עברה במזיד אבל שוגג שרי ורש"י אסר אפילו שוגג ופי' עוד שאסור אפילו באכילה משום חשש חימוץ ואפי' אם ירצה לאכול כזית מצה באחרונה דגרע מבציקות של עכו"ם והרי"ץ גיאת ובעל העיטור כתבו דוקא למצה משומרת וכן מים שלא לנו דוקא למצה משומרת אבל לאכילה שרי דהא קי"ל בציקות של עכו"ם אדם ממלא כריסו מהן ובלבד שיאכל כזית מצה באחרונה וא"א הסכים לפירש"י לאוסרו אפילו שוגג ואפילו באכילה. והרבה נוהגין שלא ליתן מלח בפת בפסח וכן נוהגין בכל אשכנז ואין טעם ברור לאוסרו ומ"מ אין לשנות משום אל תטוש תורת אמך וי"א שבלילה ראשונה אין ליתן בה מלח משום מצה עשירה וגם זה אינו שאינה נקראת עשירה אלא שנילושה ביין ושמן ודבש אבל מלח אינו מעשירה: גרסינן במנחות תבלה פי' לש מצה בקצח ושומשמין ובכל מיני תבלין כשירה כיון שיש בה טעם מצה וכתוב בספר הרוקח ומ"מ אין ליתן בה פלפלין לפי שהוא חד ומחמם העיסה:
On ne pétrit qu’avec des mayim shelanu (eaux qui ont passé la nuit). Selon Rachi, ce n’est pas nécessairement qu’elles aient passé une nuit entière, mais que douze heures se soient écoulées depuis qu’on les a puisées. Selon l’explication de Rabbi Eliézer de Mets, il faut qu’elles n’aient plus été attachées à la source depuis l’entrée de la nuit, car la nuit les sources sont brûlantes ; celui qui les puise le soir, au coucher du soleil, elles sont permises aussitôt. Mon père, le Roch z"l, a écrit : et ainsi le peuple a l’habitude de les puiser au bein hachemashot (crépuscule). Si le temps est chaud, on les met à la cave, qui est froide ; si le temps est froid, on les laisse à l’air, car la cave est chaude. Rachi a écrit dans une techouva : on ne pétrit qu’avec des mayim shelanu, car les Sages ont craint pour la plupart des villes qui n’ont que des eaux de citernes et de sources, lesquelles sont brûlantes. Il semblerait de ses propos que, pour les eaux de rivière, il n’y a pas à craindre. Néanmoins on ne relâchera pas : même avec des eaux de rivière, on ne pétrit que si elles ont passé la nuit. Ainsi paraît-il aussi du langage du Baal Halakhot Guedolot, qui ne distingue pas : il a écrit qu’il n’est pas besoin de dire que les eaux tièdes sont interdites pour y pétrir, mais même les eaux de rivière puisées le jour même, il est interdit d’y pétrir jusqu’à ce qu’elles aient passé la nuit. Une femme ne pétrira pas à l’eau chaude, même si elle n’a été réchauffée que par le soleil, ni avec des eaux puisées du moliar — c’est une grande chaudière dont le cuivre est épais, suspendue au-dessus de l’emplacement du feu, et l’eau qui s’y trouve est tiède même lorsqu’il n’y a pas de feu dessous. Si elle a transgressé et a pétri avec ces eaux : selon Rav Alfes, c’est interdit, même pour des eaux qui n’ont pas passé la nuit. Ainsi ont écrit le Baal Halakhot Guedolot et le Rits Guiat. Selon Rachi, c’est seulement pour l’eau chaude et l’eau chauffée au soleil ; mais pour des eaux qui n’ont pas passé la nuit, bediavad (après coup) c’est permis, et même lekhathila (a priori) il est permis d’y pétrir s’il n’y en a pas d’autres. Mon père, le Roch z"l, s’est rallié à cela. Ce que l’on interdit lorsqu’elle a transgressé et pétri : Avi HaEzri a expliqué que c’est seulement si elle a transgressé mezid (volontairement), mais shogeg (par erreur) c’est permis. Rachi a interdit même shogeg, et a encore expliqué que c’est interdit même à la consommation, par crainte de fermentation, même si l’on veut manger un kezayit de matsa à la fin — car c’est plus grave que les pâtes des non-juifs. Le Rits Guiat et le Baal HaItour ont écrit que c’est seulement pour la matsa chemoura ; et de même les eaux qui n’ont pas passé la nuit, seulement pour la matsa chemoura ; mais pour la consommation, c’est permis, car nous tenons que des pâtes des non-juifs, un homme peut s’en remplir le ventre, à condition de manger un kezayit de matsa à la fin. Mon père s’est rallié à l’explication de Rachi, pour l’interdire même shogeg et même à la consommation. Beaucoup ont l’habitude de ne pas mettre de sel dans le pain à Pessa’h, et ainsi l’on pratique dans tout Achkenaz. Il n’y a pas de raison claire pour l’interdire ; néanmoins on ne changera pas, à cause de « n’abandonne pas la Torah de ta mère ». Certains disent que, la première nuit, on n’y met pas de sel, à cause de la matsa ashira ; cela non plus n’est pas fondé, car elle n’est appelée enrichie que si elle a été pétrie au vin, à l’huile et au miel ; le sel, lui, ne l’enrichit pas. On lit dans Ména’hot : « tevalah » — c’est-à-dire : s’il a pétri la matsa avec du ketsa’h, du sésame et toutes sortes d’épices, elle est valide, puisqu’elle a le goût de matsa. Il est écrit dans le Sefer HaRokea’h : néanmoins on n’y mettra pas de poivre, parce qu’il est piquant et réchauffe la pâte.