טור אורח חיים

Tour Orah Haim — siman 456

Rabbi Yaakov ben Asher (Baal HaTour) · Mesure de la pâte que l’on pétrit en une fois à Pessa’h
En bref - de quoi parle ce chiour ?

On ne pétrit à Pessa’h, en une fois, que l’équivalent de quarante-trois œufs et un cinquième d’œuf moyens (un issaron). Le Tour décrit deux façons de caler cette mesure par déplacement d’eau ; la seconde est plus précise. R. Yits’hak b. Yehouda voulait élargir la mesure pour les grands fours ; ses collègues n’ont pas consenti. Rabbenou Yona et le Roch : lekhathila on ne dépasse pas cette mesure. À Yom Tov on ne mesure pas la farine ; à Yom Tov de Pessa’h on prend à vue d’œil sans dépasser l’issaron.

Glossaire

issaron
dixième d’éfa ; mesure de farine égale à quarante-trois œufs et un cinquième
lekhathila
a priori

שיעור העיסה של פסח שלשין בפעם אחת היא מ"ג ביצים וחומש ביצה בינוניים וכן ישער אותה ימלא כלי מים ויתן אותו לתוך כלי ריקן ויכניס לתוכו מ"ג ביצים בנחת אחת לאחת והמים היוצאין כלי המחזיק אותם הוא שיעור המדה או ימלא כלי מים ויערה המים ממנו לכלי אחר ואח"כ יתן בו מ"ג ביצים ויחזור בו המים שעירה ממנו והמים שיותרו הן המדה וזה יותר טוב שלא יוכל לכוין בנתינת הביצים לתוכו כשהוא מלא וכתב ה"ר יצחק ב"ר יהודה שזו המדה היא דוקא לראשונים שתנוריהם היו קטנים ואיכא למיחש בכל עיסה לחממו אבל תנורים שלנו שהן גדולים עדיף טפי שילוש הרבה ביחד ויהו עסוקים בעיסה תמיד שלא תבא לידי חימוץ ולא הודו לו חביריו וכתב הר"ר יונה היכא שלש יותר מזה השיעור חכמי צרפת היו אוסרין אותו ונ"ל להתיר מיהו לדעת הגאונים שכתבו שלכתחלה אין להניח העיסה אפילו רגע אחת בלא עסק א"כ לכתחלה אין ללוש יותר מזה השיעור ע"כ ולזה הסכים א"א הרא"ש ז"ל: אין מודדין קמח בי"ט ללוש ובי"ט של פסח שאסור ללוש יותר מעשרון יקח באומד הדעת ולא ירבה על עשרון:

La mesure de la pâte de Pessa’h que l’on pétrit en une seule fois est de quarante-trois œufs et un cinquième d’œuf, d’œufs moyens. Voici comment on la mesurera. On emplit un vase d’eau et on le met dans un vase vide ; on y introduit quarante-trois œufs, tout doucement, un à un : l’eau qui s’écoule — le vase qui la contient — est la mesure. Ou bien : on emplit un vase d’eau, on verse cette eau dans un autre vase, puis on y met quarante-trois œufs et l’on y reverse l’eau que l’on avait versée ; l’eau qui reste est la mesure. Cette seconde façon est meilleure, car on ne saurait viser juste en mettant les œufs dans le vase lorsqu’il est plein. Le rav Yits’hak fils de Yehouda a écrit que cette mesure ne valait que pour les premiers, dont les fours étaient petits et où l’on avait à craindre, pour chaque pâte, d’avoir à réchauffer le four ; mais nos fours, qui sont grands, il vaut mieux pétrir beaucoup d’un coup, afin que l’on soit sans cesse occupé à la pâte et qu’elle ne vienne pas à fermenter. Ses collègues ne lui ont pas donné raison. Rabbenou Yona a écrit : lorsqu’on a pétri plus que cette mesure, les Sages de France l’interdisaient, et il me paraît bon de l’autoriser ; toutefois, d’après l’avis des Gueonim, qui ont écrit que lekhathila (a priori) on ne doit pas laisser la pâte même un seul instant sans s’en occuper, dès lors lekhathila on ne pétrit pas plus que cette mesure. Fin de citation. Et mon père, le Roch z"l, s’est rallié à cela. On ne mesure pas la farine à Yom Tov pour pétrir. Et à Yom Tov de Pessa’h, où il est interdit de pétrir plus d’un issaron, on prendra à vue d’œil et l’on ne dépassera pas l’issaron.