On ne commence les matsot le 14 nissan qu’après six heures, par assimilation au sacrifice de Pessa'h. Divergence sur la matsa ancienne et sur l’enfournement avant midi. Quand le 14 tombe un Chabbat : coutumes de Rav Mattatia, de Rav Haï, du Roch et des scrupuleux de Barcelone.
אין מתחילין להתעסק בפת בי"ד עד אחר ו' שעות ואיתא בתשובה מעשה באחד שאפה מצות קודם ד' שעות וכבר ביער חמצו ואסרו רבותינו המצה דאיתקש לפסח וכיון דפסח אינו נשחט אלא מו' שעות ולמעלה אף מצה כן אבל רבינו אליעזר הגדול ור' שמואל הכהן התירו אך לכתחלה יש ליזהר משום חביבה מצוה בשעתה ואבי העזרי הביא תוספתא יוצאין במצה ישינה ובלבד שיעשנה לשם פסח וכתב דירושלמי פליג אתוספתא ואוסר אפילו עשאה לשם פסח וכיון דירושלמי אוסר ראוי להחמיר שלא לעשות קודם חצות ובשעת הדחק שלא ימצאו לאפות ליל מ"ש משום חג העכו"ם ראוי לסמוך על התוספתא ולהתיר מ"מ יעשו ג' מצות בליל פסח משום חביבה מצוה בשעתה וכ"כ רב מתתי' ע"פ שחל להיות בשבת דקי"ל מבערין הכל מלפני השבת ומשיירין מזון ב' סעודות ולמה אין מבערין הכל ויאפו מצה ויאכלו בשבת כדי להדר המצוה שלאחר שמילא כריסו ממנה אינו מברך עליה הלכך אל תאפו מצה אלא במ"ש מפני מראית העין שאם אתם אופים מע"ש אחרים מזלזלים במצות ומקילין בה אף על פי שמותר לאפותה מע"ש חזקו והדרו המצוה ואפו במ"ש בזמנה ע"כ וכיוצא בזה השיב ה"ר יהודה הכהן על ששאלוהו מהו לאפות מצות שצריכות בליל ב' מעי"ט והשיב חביבה מצוה בשעתה ויאפו בליל שני ורב האי כתב מנהג אבותינו לבער חמץ מע"ש ולאפות מצה וגדר גדרו קדמונינו שלא לאפות מצה מע"ש שלא יבא לידי איסור ובמ"ש אופין מצה כתקונה ואנו אין לנו אלא מנהג אבותינו לאפות מע"ש ולא לטרוח בי"ט ולאחר אכילת מצה אלא זריזין מקדימין למצוה ע"כ וא"א הרא"ש ז"ל היה מבער הכל מלפני השבת ומשייר מזון שתי סעודות ואופה מצות מע"ש ואני ראיתי בברצלונא מהמדקדקין שהיו אופין כל מה שצריכים למועד מקודם המועד שאם יתערב עמו משהו מחמץ שיתבטל קודם איסורו:
On ne commence pas à s’occuper du pain le 14 qu’après six heures. Il est rapporté dans une techouva : un homme avait cuit des matsot avant quatre heures, alors qu’il avait déjà détruit son hamets ; nos maîtres interdirent cette matsa, car elle est assimilée au sacrifice de Pessa'h, et puisque le Pessa'h n’est égorgé qu’à partir de six heures et au-delà, il en va de même de la matsa. Mais Rabbénou Eliézer le Grand et R. Chemouel ha-Kohen l’ont permis ; toutefois, lekhathila (a priori), il faut y prendre garde, car une mitsva est chère en son temps. L’Avi ha-Ezri a cité une Tossefta : on s’acquitte avec une matsa ancienne, à condition de l’avoir faite pour Pessa'h. Il a écrit que le Yerouchalmi contredit la Tossefta et l’interdit même si on l’a faite pour Pessa'h ; et puisque le Yerouchalmi l’interdit, il convient d’être rigoureux et de ne pas en faire avant midi. En cas de nécessité, s’ils ne trouvent pas à cuire la nuit de la sortie de Chabbat à cause de la fête des idolâtres, il convient de s’appuyer sur la Tossefta et de permettre ; néanmoins, qu’ils fassent trois matsot la nuit de Pessa'h, car une mitsva est chère en son temps. Ainsi a écrit Rav Mattatia au sujet de la veille de Pessa'h qui tombe un Chabbat — car nous tenons que l’on détruit tout avant le Chabbat et que l’on laisse de la nourriture pour deux repas — : pourquoi ne pas tout détruire, cuire de la matsa et en manger le Chabbat, afin d’embellir la mitsva ? Car après s’être rempli le ventre de celle-ci, on ne récite plus de berakha sur elle. C’est pourquoi ne cuisez de matsa que le soir de la sortie de Chabbat, à cause de l’apparence : si vous cuisez dès la veille de Chabbat, d’autres méprisent les matsot et s’y relâchent ; bien qu’il soit permis de la cuire la veille de Chabbat, fortifiez-vous et embellissez la mitsva, et cuisez-la à la sortie de Chabbat, en son temps. Jusqu’ici ses paroles. De même a répondu R. Yehouda ha-Kohen à ceux qui lui demandaient s’il est permis de cuire dès la veille de Yom Tov les matsot nécessaires pour la seconde nuit ; il a répondu : une mitsva est chère en son temps, et qu’on les cuise la seconde nuit. Rav Haï a écrit : la coutume de nos pères était de détruire le hamets la veille de Chabbat et de cuire la matsa ; nos prédécesseurs ont dressé une barrière de ne pas cuire de matsa la veille de Chabbat, afin de ne pas en venir à un interdit, et à la sortie de Chabbat on cuit la matsa comme il convient. Mais nous n’avons que la coutume de nos pères : cuire la veille de Chabbat, et ne pas se donner de peine le Yom Tov ni retarder la consommation de la matsa ; car les zélés devancent la mitsva. Jusqu’ici ses paroles. Mon maître mon père, le Roch z"l, détruisait tout avant le Chabbat, laissait de la nourriture pour deux repas, et cuisait les matsot la veille de Chabbat. Et j’ai vu à Barcelone, parmi les scrupuleux, qu’ils cuisaient tout ce dont ils avaient besoin pour la fête avant la fête, afin que si un peu de hamets s’y mélangeait, il fût annulé avant de devenir interdit.