טור אורח חיים

Tour Orah Haim — siman 461

Rabbi Yaakov ben Asher (Baal HaTour) · Le chauffage du four et la cuisson de la matsa
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Four et porni usuels permis à Pessa’h ; tafqa usagée interdite, neuve permise. On chauffe d’abord, puis on colle le pain. Les braises doivent parcourir toute la surface, avec l’intention d’habiliter le four. On s’acquitte d’une matsa assez cuite (sans fils), cuite au sol ou à sec, ou trempée après coup — pas bouillie. Friture : poêle d’abord portée au blanc. Échaudage (halita) interdit sauf accouchée ou malade grave. Matsa cuite avec du hamets : avis partagés.

Glossaire

היסק
chauffage / mise à feu du four
פורני
porni (grand four de boulanger)
טפקא
tafqa (plaque de terre cuite)
בוכיא
bokhia (four portable)
מדביק
coller le pain à la paroi du four
אלפס
ilfas (poêle / plat de cuisson)
מחבת
poêle à frire
חוטין נמשכין
fils qui s’étirent (signe que la matsa n’est pas assez cuite)
חלוט / חליטה
halout / halita (échaudage : eau bouillante versée sur la farine)
חיה
accouchée
חטה בקועה
grain de blé fendu
פת חמה וחבית פתוחה
pain chaud et tonneau ouvert (transfert d’odeur)

ענין היסק התנור כתב רב נטרונאי תנור ופורני שאופין בו כל השנה מותר לו לאפות בו בפסח וטפקא של חרס שהסיקה מלמטה ועל גבה אין גחלים ולא שלהבת ואופין בה כל השנה אסור לאפות בה בפסח אבל חדשה לא שנא הסיקה בפנים או בחוץ מותר כיון שהאור שולט תחתיה אפילו אין שלהבת עולה על גבה מרתח רתח והפת נאפית מיד ואינו בא לידי חימוץ אבל צריך להסיק תחלה בין תנור בין בוכיא ואח"כ מדביק הפת אבל להדביקו תחלה ואח"כ להסיק אסור והכי אמר רב עמרם כלל זה יהא בידכם כל שמסיקין תחתיו או על גביו ואח"כ מדביקין בו הפת אינו בא לידי חימוץ ואם מדביק ואח"כ מסיק אסור והרב ר' יונה כתב שצריך ליזהר כשיסיקו התנור שילכו הגחלים על פני כולו ואין די לו בשלהבת דכמו שבולע ע"י גחלים כך פולט על ידי גחלים ושיהו ניצוצות ניתזין ממנו הלכך אם הסיקוהו כמה פעמים קודם הפסח אינו מספיק אלא א"כ כיון להתירו לצורך הפסח כי שמא לא הלכו הגחלים על פני כולו כל זמן שלא כיוון לכך ויש נוהגין להטיל בו קרקע חדשה כדי שלא יצטרכו היסק ומנהג יפה הוא: מצה שנאפית עד שאם פורסין אותה אין חוטין נמשכין ממנה יוצאין בה ופחות מכן אין יוצאין בה ויוצאין במצה האפויה ע"ג קרקע או האפויה באלפס בלא מים ובמצה השרויה במים אחר האפייה אבל נתבשלה אחר אפייה אין יוצאין בה אפילו לא נימוחה כתב בעל ה"ג אי אפייה ע"ג קרקע או על טפקא נפיק בה ידי חובתיה והיכא דבעי לטגן העיסה במחבת בשמן מותר והיכי עביד מרתח המחבת תחלה באש שיתלבן בשלהבת יפה ואח"כ נותן בו העיסה ומטגנה בשמן ומותר לפי שאין לה פנאי להחמיץ אבל נתן העיסה תחלה ואח"כ הרתיח המחבת אסור והכי שדר רב כהן צדק ריש מתיבתא אבל לחלוט העיסה ברותחין קודם אפייה אסור דהכי שדר רב שרירא אע"פ דחלוט אינו בא לידי חימוץ וחליטה היא מים רותחין ע"ג קמח לא שמענו בכל ישיבות שהתירו זה אלא לחיה או לחולה על פי בקיאין וכן כתב רבינו האי מצה חלוטה ברותחין מצה היא אבל רבנן קמאי אמרי לא ידעינן חליטה היכי הוה וכמה חולים טרחו להתיר להם מי שעורים בחליטה ולא התירו הגאונים אלא לחולה שהוקשה חוליו על פי רופאים. מצה שנאפית עם חמץ בתנור כתב רבינו תם שמותר דריח כי האי לא מצינו שיאסור כל הפת ויש אוסרין אם נגע זה בזה דדמי לפת חמה וחבית פתוחה ולדעת א"א הרא"ש ז"ל דשרי אפי' במצה שנמצאת בה חטה בקועה יראה דה"נ שרי (עיין בס"ס תנ"א בב"י בשם הכלבו מדין להניח בכלי חמץ):

Au sujet du chauffage du four. Rav Natronaï a écrit : un four et une porni dans lesquels on cuit toute l’année, il est permis d’y cuire à Pessa’h. Mais une tafqa de terre cuite qu’on a chauffée par en dessous, et sur laquelle il n’y a ni braises ni flamme, et dans laquelle on cuit toute l’année : il est interdit d’y cuire à Pessa’h. Si elle est neuve, qu’on l’ait chauffée à l’intérieur ou à l’extérieur, c’est permis : puisque le feu règne sous elle, même si la flamme ne monte pas à sa surface, elle bout fortement, le pain cuit aussitôt et n’en vient pas à fermenter. Toutefois il faut d’abord chauffer, que ce soit un four ou une bokhia, puis coller le pain ; le coller d’abord puis chauffer est interdit. Ainsi a dit Rav Amram : que cette règle soit entre vos mains — tout [four] que l’on chauffe par-dessous ou par-dessus, puis auquel on colle le pain : le pain n’en vient pas à fermenter ; si l’on colle puis que l’on chauffe, c’est interdit. Le rav R. Yona a écrit qu’il faut prendre garde, lorsqu’on chauffe le four, que les braises parcourent toute sa surface, et que la flamme ne suffit pas : car de même qu’il absorbe par les braises, ainsi il rejette par les braises ; et qu’il en jaillisse des étincelles. C’est pourquoi, si on l’a chauffé plusieurs fois avant Pessa’h, cela ne suffit pas, à moins qu’on ait eu l’intention de le rendre permis pour le besoin de Pessa’h : car peut-être les braises n’ont-elles pas parcouru toute sa surface tant qu’on n’avait pas cette intention. Certains ont l’usage d’y jeter de la terre neuve afin de n’avoir pas besoin de chauffage ; et c’est un bel usage. Une matsa cuite au point que, si on la rompt, aucun fil n’en est tiré : on s’acquitte par elle ; en deçà, on ne s’acquitte pas par elle. On s’acquitte par une matsa cuite sur le sol, ou cuite dans un ilfas sans eau, et par une matsa trempée dans l’eau après la cuisson ; mais si elle a été bouillie après la cuisson, on ne s’acquitte pas par elle, même si elle ne s’est pas dissoute. L’auteur des Halakhot Guedolot a écrit : si on l’a cuite sur le sol ou sur une tafqa, on s’acquitte de son obligation. Lorsqu’on veut frire la pâte dans une poêle à l’huile, c’est permis. Comment fait-on ? On fait d’abord chauffer la poêle au feu jusqu’à ce qu’elle blanchisse d’une belle flamme, puis on y met la pâte et on la frit à l’huile : c’est permis, car elle n’a pas le loisir de fermenter. Mais si l’on a mis la pâte d’abord puis fait chauffer la poêle, c’est interdit. Ainsi a envoyé Rav Cohen Tsedek, chef de yeshiva. Mais échauder la pâte à l’eau bouillante avant la cuisson est interdit : ainsi a envoyé Rav Sherira. Bien que le halout n’en vienne pas à fermenter — et la halita, c’est de l’eau bouillante versée sur de la farine —, nous n’avons pas entendu dans toutes les yeshivot qu’on l’ait permis, sinon pour une accouchée ou un malade, sur l’avis de gens compétents. Ainsi a écrit Rabbénou Haï : une matsa échaudée à l’eau bouillante est une matsa ; mais les premiers maîtres ont dit : nous ne savons pas comment était la halita. Et combien de malades se sont donné de la peine pour qu’on leur permette une eau d’orge en halita, et les Gueonim n’ont permis que pour un malade dont la maladie s’est aggravée, sur l’avis des médecins. Une matsa cuite avec du hamets dans le four : Rabbénou Tam a écrit que c’est permis, car une odeur de cette sorte, nous n’avons pas trouvé qu’elle interdise tout le pain. Certains interdisent si l’un a touché l’autre, car cela ressemble au pain chaud et au tonneau ouvert. Et selon l’avis de mon maître mon père le Roch z"l, qui permet même une matsa dans laquelle on a trouvé un grain de blé fendu, il apparaît qu’ici aussi c’est permis.