טור אורח חיים

Tour Orah Haim — siman 472

Rabbi Yaakov ben Asher (Baal HaTour) · La table dressée, l’accoudement et les quatre coupes
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Dresser la table de jour, ne manger qu’à la nuit tombée, s’accouder à gauche selon le rang de chacun, et boire quatre coupes d’un réviit — de préférence de vin rouge.

Glossaire

hesiba
accoudement, s’accouder — manière des hommes libres
itter
gaucher
kaneh
trachée
véshet
œsophage
rav mouvhak
maître principal auprès de qui l’on a surtout étudié
réviit
quart de log, mesure minimale de la coupe
goudal
pouce, unité de largeur du récipient
meziga
coupage du vin avec de l’eau
lekhathila
a priori
konditon
vin aromatisé d’épices
Avi ha-Ezri
le Raavya
Baal Halakhot Guedolot
l’auteur des Halakhot Guedolot (Bahag)

ויהיה שולחנו ערוך מבע"י כדי לאכול מיד כשתחשך ואף אם הוא בבה"מ יקום משום שמצוה למהר ולאכול בשביל התינוקות שלא ישנו אבל לא יאכל קודם שתחשך אע"ג דבשאר שבתות וי"ט יכולין להוסיף מחול על הקודש פסח שאני דזמן אכילת מצה אינו אלא בלילה דומיא דפסח ויסדר שלחנו יפה בכלים נאים כפי כחו ויכין מקום מושבו שישב בהיסיבה דרך חירות וכ' אבי העזרי בזמן הזה שאין רגילות בארצינו להיסב יושב כדרכו וא"צ להיסב וכשהוא מיסב לא יטה על גבו ולא על פניו ולא על ימינו אלא על שמאלו ופי' רשב"ם מפני שצריך לאכול בימינו ולפ"ז איטר יד ימינו יטה על ימינו ורש"י פי' הטעם שלא יקדים קנה לושט ולפ"ז אין חילוק בין איטר לאחר: אשה אינה צריכה היסיבה ופירש רשב"ם מפני שאימת בעלה עליה ולפ"ז אלמנה וגרושה בעו היסיבה ובה"ג כתב משום דלאו אורח ארעא דאשה למזגא ולפ"ז כל אשה אינה צריכה היסיבה: אשה חשובה צריכה היסיבה בן אצל אביו צריך היסיבה אפילו הוא רבו מובהק תלמיד לפני רבו א"צ היסיבה אפילו אינו רבו מובהק אא"כ נתן לו רבו רשות: השמש צריך היסיבה וכל מי שצריך היסיבה אם אכל ושתה בלא היסיבה לא יצא וצריך כל אדם לשתות ד' כוסות על הסדר שנפרש שתאן זה אחר זה שלא כסדר לא יצא ושיעור הכוס רביעית ומדת הכלי שיכילנו ארכו כרוחב ב' גודלים וכן רחבו וגבהו כרוחב ב' גודלים וחצי גודל וחומש גודל וא"צ שישתה כולו אלא רובו ואם היין חזק צריך למוזגו ושיעורו רביעית לאחר שימזגנו ואם שתאו חי יצא ובלבד שיהיה בו רביעית וישתה רובו ויין שלנו לכתחלה אינו צריך מזיגה ואיתא בירושלמי שמצוה לחזר אחר יין אדום ויראה שאם הלבן משובח מהאדום שהוא קודם ויין מבושל כתב רב האי שאין יוצאים בו ומברכין עליו שהכל ובירושלמי יש שיוצאין במבושל ובקונדיטון ואפילו אין לו אלא מזון ב' סעודות ימכרם ליקח יין לד' כוסות אף על פי שצריך לקבל אחר כך מן הצדקה ואחד אנשים ואחד נשים חייבים בהם ובכל מצות הנוהגות באותה לילה כגון מצה ומרור וגם התינוקות טוב ליתן לכל אחד כוסו לפניו ומצוה לחלק להם קליות ואגוזים כדי שיראו שינוי וישאלו:

Que sa table soit dressée tant qu’il fait encore jour, afin de manger aussitôt que la nuit tombe. Même s’il se trouve au beit hamidrash, qu’il se lève, car c’est une mitsva de se hâter de manger à cause des petits enfants, pour qu’ils ne s’endorment pas. Mais qu’il ne mange pas avant la tombée de la nuit : bien que, les autres Chabbats et Yom Tov, l’on puisse ajouter du profane au saint, Pessa’h est différent, car le temps de manger la matsa n’est que la nuit, à l’instar du sacrifice de Pessa’h. Qu’il dresse bien sa table, avec de beaux ustensiles selon ses moyens, et qu’il prépare sa place pour s’asseoir en hesiba (accoudement), à la manière des hommes libres. L’Avi ha-Ezri a écrit qu’à notre époque, où l’on n’a pas coutume dans nos pays de s’accouder, on s’assoit comme d’habitude et l’on n’a pas besoin de s’accouder. Quand on s’accoude, on ne s’incline ni sur le dos, ni sur le visage, ni sur le côté droit, mais sur le côté gauche. Le Rachbam l’explique : parce qu’il faut manger de la main droite ; dès lors, le gaucher (itter) dont la main droite est la plus faible s’incline sur le côté droit. Rachi explique la raison : pour que le kaneh (trachée) ne précède pas le véshet (œsophage) ; dès lors, il n’y a pas de différence entre le gaucher et les autres. La femme n’a pas besoin de hesiba. Le Rachbam l’explique : parce que la crainte de son mari pèse sur elle ; dès lors, la veuve et la divorcée doivent s’accouder. Le Baal Halakhot Guedolot a écrit : parce qu’il n’est pas de la bienséance qu’une femme s’accoude ; dès lors, aucune femme n’a besoin de hesiba. Une femme importante doit s’accouder. Un fils auprès de son père doit s’accouder, même si celui-ci est son rav mouvhak (maître principal). Un disciple devant son maître n’a pas besoin de hesiba, même si ce n’est pas son rav mouvhak, à moins que le maître le lui ait permis. Le servant doit s’accouder. Quiconque doit s’accouder, s’il a mangé et bu sans hesiba, n’est pas quitte. Chacun doit boire quatre coupes selon l’ordre que nous expliquerons ; s’il les a bues l’une après l’autre, hors de cet ordre, il n’est pas quitte. La mesure de la coupe est un réviit ; la dimension du récipient qui le contient : sa longueur égale la largeur de deux goudalim (pouces), de même sa largeur, et sa hauteur égale la largeur de deux goudalim, d’un demi-goudal et d’un cinquième de goudal. Il n’est pas besoin de tout boire, seulement la plus grande partie. Si le vin est fort, il faut le couper d’eau, et la mesure est un réviit après le coupage. S’il l’a bu pur, il est quitte, pourvu qu’il y ait un réviit et qu’il en boive la plus grande partie. Notre vin, lekhathila (a priori), n’a pas besoin d’être coupé. Il est dit dans le Yeroushalmi qu’il est mitsva de rechercher du vin rouge ; et il semble que si le blanc est supérieur au rouge, il a la priorité. Quant au vin cuit, Rav Haï a écrit qu’on n’en est pas quitte et qu’on dit sur lui chéhakol ; dans le Yeroushalmi, il y a [l’avis] qu’on est quitte avec du vin cuit et avec le konditon. Même s’il n’a que la nourriture de deux repas, qu’il la vende pour acheter du vin pour les quatre coupes, bien qu’il doive ensuite recevoir de la tsedaka. Hommes et femmes sont également tenus de ces coupes et de toutes les mitsvot en vigueur cette nuit-là, telles que matsa et maror. Il est bon aussi de placer devant chaque petit enfant sa coupe, et c’est une mitsva de leur distribuer grains grillés et noix, afin qu’ils voient un changement et qu’ils demandent.