Règles permettant d'acheter des denrées chez un marchand juif ou non-juif à Yom Tov, à condition de ne pas utiliser de termes de mesure stricte ou de fixer un prix, ainsi que les lois sur l'acquisition de produits récemment préparés.
מותר לומר לחנוני ישראל תן לי ביצים או אגוזים או לרועה הרגיל אצלו תן לי גדי או טלה ולטבח תן לי כתף או ירך ולנחתום תן לי ככר ולחנוני תן לי ה' ביצים וי' רמונים וכל כיוצא בזה ובלבד שלא יזכיר לו שם מדה לומר לו תן לי קב או קבים ולא סכום דמים לומר אטול כך וכך ואשלם לך דינר ולא סכום מנין לומר כך וכך יש לך בידי תן לי כך וכך ויהיה לך בידי כך וכך והני מילי חנוני ישראל אבל חנוני עו"ג אסור ליקח ממנו דבר שבמינו מחובר שמא נלקט היום ולא דבר שמחוסר צידה שמא ניצודו היום ולא בצים שמא נולדו היום אבל דבר שאינו במינו במחובר אפילו הובא היום מחוץ לתחום שרי וכן קמח שנטחן היום שרי בעיר שרובה עו"ג דאדעתא דעו"ג טחני ליה ומשום מוקצה ליכא דחיטין נמי חזו לכוס ביה"ש ולעשות מהן קליות ודייסא כתב א"א הרא"ש ז"ל בתשובה לא התירו לקנות בי"ט אלא כדרך שמפרש בגמרא הולך אדם אצל חנוני וכו' אבל ישראל שאומר לעו"ג מעי"ט שתקנה לי יונים למחר לא יפה עשה אבל אם עשה כבר מותר לאכול מהם אפי' בו ביום ובלבד שלא יהיו מפריחין ולא יהיו אסורין משום מוקצה אבל אם רגיל בכך אסור לאכול מהן אפי' קנה כבר דאין זה חשוב דיעבד כיון שרגיל בכך: מותר לומר לחבירו מלא לי כלי זה אפילו הוא מיוחד למדה ובלבד שלא יזכיר בו שום מדה לומר תן לי מדה פלונית והרמב"ם ז"ל אוסר בכלי המיוחד למדה ולא נהירא לא"א הרא"ש ז"ל: לא ימדוד אדם שעורים ויתן לפני בהמתו אבל קודר הוא קב או קביים ונותן לפניה ופירש"י קודר נוקב נקב בכרי עצמו וממלא שלא כדרך מדה ורי"ף פי' קודר משער לפי אומד דעתו:
Il est permis de demander à un marchand juif : « Donne-moi des œufs » ou des noix, ou au berger chez qui l'on a l'habitude de se fournir : « Donne-moi un chevreau » ou un agneau, au boucher : « Donne-moi une épaule » ou une cuisse, au boulanger : « Donne-moi un pain », ou encore au marchand : « Donne-moi cinq œufs et dix grenades », et ainsi de suite. Ceci est permis à condition de ne pas mentionner un terme de mesure exact, comme dire : « Donne-moi un kav ou deux kavim », de ne pas mentionner un prix en argent, comme : « Je prends ceci et je te paierai un dinar », et de ne pas évoquer un solde comptable, comme : « J'ai tant et tant chez toi, donne-moi tant et il me restera tant ». Ces règles s'appliquent avec un marchand juif. Cependant, chez un marchand non-juif, il est interdit d'acheter un produit rattaché à la terre par crainte qu'il n'ait été récolté le jour même, ou un produit nécessitant d'être chassé par crainte qu'il n'ait été chassé le jour même, ou encore des œufs par crainte qu'ils n'aient été pondus le jour même. Mais un produit qui n'est pas naturellement rattaché à la terre, même s'il a été apporté de l'extérieur du domaine autorisé le jour même, est permis. De même, la farine moulue le jour même est permise dans une ville à majorité non-juive, car elle a été moulue à l'intention des non-juifs ; et il n'y a pas d'interdit de mouktse car les grains de blé étaient déjà aptes, à la tombée de la nuit, à être mâchés ou préparés en bouillie. Mon seigneur mon père, le Roch de mémoire bénie, a écrit dans une réponse formelle que l'on n'a autorisé les achats à Yom Tov que selon la méthode décrite dans la Guemara (aller chez le marchand, etc.), mais qu'un Juif qui demande la veille de Yom Tov à un non-juif de lui acheter des pigeons pour le lendemain n'agit pas correctement. Toutefois, s'il l'a déjà fait, il est permis de les manger bediavad, même le jour même, à condition qu'ils ne soient pas en train de voler et qu'ils ne soient pas interdits au titre de mouktse. Néanmoins, si c'est son habitude d'agir ainsi, il est interdit de les manger même s'il les a déjà achetés, car cela ne s'apparente plus à une situation bediavad dès lors qu'il en a l'habitude. Il est permis de demander à son ami : « Remplis-moi ce récipient », même s'il est spécifiquement destiné à mesurer, à condition de ne pas prononcer de terme de mesure, comme : « Donne-moi telle mesure ». Le Rambam, de mémoire bénie, l'interdit avec un récipient destiné à la mesure, mais mon seigneur mon père, le Roch, réfute cette opinion. Un homme ne mesurera pas l'orge pour la donner à sa bête, mais il peut en estimer un ou deux kavim et les lui donner. Rachi explique le terme utilisé dans le Talmud (koder) comme le fait de percer un trou dans le tas d'orge pour en prélever sans mesurer, tandis que le Rif l'explique comme le fait d'évaluer la quantité à vue d'œil.