טור אורח חיים

Tour Orah Haim — siman 526

Rabbi Yaakov ben Asher (Baal HaTour) · Lois concernant l'enterrement d'un mort pendant Yom Tov
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Détails sur la gestion d'un défunt et son enterrement le premier et le second jour de Yom Tov, et le rôle respectif des Juifs et des non-Juifs.

Glossaire

hotza'a
action de transporter (domaine privé vers domaine public ou inversement)
Moëd
fête
Deoraïta
d'ordre biblique (de la Torah)
Hol HaMoëd
jours intermédiaires de la fête
tehoum
limite de déplacement autorisé à l'extérieur de la ville le Chabbat et Yom Tov (généralement 2000 coudées)

מת המוטל לקברו אם הוא בי"ט ראשון יתעסקו בו עו"ג אפי מת בו ביום ואפי' אם יכולים להשהותו עד למחר שלא יסריח ורש"י פירש דלא שרי אלא היכא דאשתהי כגון שמת בשבת שלפני י"ט וכ"כ בה"ג דלא שרינן ליה אלא אי הוי מסריח אי משהינן ליה עד למחר וא"א הרא"ש ז"ל כתב כסברא הראשונה כתב ה"ר יחיאל הלוי שישראל יכולין להוליכו דמתוך שהותרה הוצאה לצורך הותרה נמי שלא לצורך וכ"כ א"א הרא"ש ז"ל והרמב"ן אוסר דלא שרי ע"י מתוך אלא בדבר שיש בו צורך היום להנאת הגוף ממש והוצאת המת דומה לטלטול אבנים בי"ט ב' יתעסקו בו ישראל אפי' בי"ט שני של ר"ה ואפי' לא אשתהי ואפי' למיגז ליה אסא ולעשות לו תכריכין ולבנות ארון ולחצוב קבר מותר וה"מ שרוצים לקוברו בו ביום אבל אם אין רוצין לקוברו בו ביום אין עושין לו שום דבר איסור מלאכה ואפי' ע"י עו"ג אבל טלטול שרי ונראה שהכיפה שבונין על הקבר שאין לבנותה בי"ט דכיון שנקבר בקבר למה יחלל י"ט שלא לצורך אלא יכסו הקבר בנסרים ועפר עד אחר המועד וטוב למעט באיסור דאורייתא בכל מה שיוכלו וכן נוהגין באשכנז שהעו"ג עושה הארון והתכריכים וחופר הקבר וכל מה שהוא איסור דאורייתא אבל טלטול המת והוצאתו עושין על ידי ישראל ור"ת היה מחמיר בדבר שלא לעשות האידנא כלל ע"י ישראל וכן כתב ר"ח אבל רב אלפס לא כתב כן ולזה הסכים א"א הרא"ש ז"ל: כתב ר"י שלא יעשו הדבר אלא בצנעה דאפי' בחה"מ תנן וארון עם המת בחצר פירוש כשעושין לו הארון עושין אותו אצל המת כדי שידעו הכל שהוא לצרכו ומיהו איתא בירושלמי לא שנו אלא באדם שאינו מפורסם אבל באדם מפורסם ואפי' בשוק ומטעם זה האידנא שיהודים מועטין דרין במקום אחד וכשיש מת בעיר ידעו כל השכונה הוו כולהו כמו מפורסם כתב בה"ג מותר ללוות המת בי"ט הראשון בתוך התחום ובי"ט שני אפילו חוץ לתחום והרמב"ן היה מסופק אם מותר לחזור למקומו או אם נאמר שאין לו אלא אלפים ממקומו ואם אותם אלפים נבלעים בתוך תחומו יחזור למקומו מעשה שמת תינוק בן שלשים בי"ט השני ואמר הריב"ם כיון שלא היה יודע ודאי שכלו לו חדשיו אין דינו כשאר מת לחלל עליו יו"ט וה"ר יעקב בן ה"ר יצחק הלבן אומר כיון דרוב נשים יולדות ולד של קיימא דינו כשאר מת:

Pour un mort en attente de son enterrement, si c'est le premier jour de Yom Tov, des non-Juifs s'en occuperont, même s'il est mort le jour même et même si on pouvait patienter jusqu'au lendemain sans qu'il ne se décompose. Rachi explique que cela n'est permis que s'il a déjà attendu, par exemple s'il est mort le Chabbat précédant Yom Tov. Le Bahag écrit également qu'on ne le permet que s'il risque de se décomposer en attendant jusqu'au lendemain. Cependant, mon maître mon père, le Roch de mémoire bénie, a tranché selon la première opinion. Rabbi Yehiel HaLevi a écrit que des Juifs peuvent le transporter, car puisque le transport (hotza'a) a été permis pour les nécessités de la fête, il a également été permis pour ce qui n'en est pas une nécessité. Le Roch a écrit de même. Le Ramban, en revanche, l'interdit : on n'applique ce principe de permission que pour un acte impliquant une nécessité pour ce jour-là, pour le profit du corps lui-même, alors que transporter un mort est comparable au fait de déplacer des pierres. Le deuxième jour de Yom Tov (y compris le deuxième jour de Roch Hachana), des Juifs s'en occuperont, même s'il n'a pas attendu. Il est alors permis aux Juifs de couper du myrte, de lui confectionner des linceuls, de construire un cercueil et de creuser la tombe. Cela s'applique uniquement s'ils souhaitent l'enterrer le jour même ; mais s'ils ne veulent pas l'enterrer ce jour-là, on n'effectue pour lui aucun interdit de travail, pas même par l'intermédiaire d'un non-Juif, bien que le simple déplacement du corps soit permis. Il semble que la voûte construite sur la tombe ne doive pas être bâtie à Yom Tov : puisqu'il est déjà enterré, pourquoi profanerait-on Yom Tov inutilement ? Ils couvriront plutôt la tombe de planches et de terre jusqu'après la fête (Moëd). Il est par ailleurs recommandé de minimiser les interdits Deoraïta autant que possible. Telle est la coutume en Ashkenaz : le non-Juif s'occupe du cercueil, des linceuls, du creusement de la tombe et de tout ce qui constitue un interdit Deoraïta, mais le déplacement du mort et son transport sont effectués par des Juifs. Rabbenou Tam était rigoureux à ce sujet et interdisait de nos jours qu'aucune de ces actions ne soit faite par des Juifs, et c'est également l'avis de Rabbenou Hananel. Toutefois, le Rif n'a pas écrit cela, et le Roch s'est accordé avec son opinion. Le Ri a écrit que cela ne doit être fait que dans la discrétion, car même à Hol HaMoëd il est enseigné « le cercueil avec le mort dans la cour », ce qui signifie que le cercueil doit être fabriqué à côté du mort afin que tout le monde sache que c'est pour lui. Cependant, le Talmud de Jérusalem précise que cette discrétion ne s'applique qu'à une personne méconnue ; pour un personnage important (connu), cela peut même être fait sur la place publique. C'est pourquoi, de nos jours où peu de Juifs résident au même endroit, lorsqu'il y a un mort dans la ville et que tout le quartier en est informé, tous ont le statut de « personnage connu ». Le Bahag a écrit qu'il est permis d'escorter le mort le premier jour de Yom Tov à l'intérieur du tehoum, et le deuxième jour de Yom Tov, même en dehors du tehoum. Le Ramban doutait s'il était permis pour l'accompagnateur de retourner à sa place, ou si l'on devait considérer qu'il ne disposait que de deux mille coudées depuis l'endroit où il se trouvait, auquel cas, si ces deux mille coudées sont absorbées dans son tehoum d'origine, il pourrait y retourner. Il arriva qu'un bébé de moins de trente jours meure le deuxième jour de Yom Tov ; le Rivam dit que puisqu'on n'était pas certain qu'il était né à terme (après neuf mois pleins), il n'avait pas le statut d'un mort ordinaire pour lequel on profane Yom Tov. Mais Rabbi Yaakov ben Rabbi Itshak HaLavan affirme que, puisque la plupart des femmes donnent naissance à des enfants viables, l'enfant a le statut d'un mort ordinaire.