Déroulement complet de Ticha BeAv : prières du soir et du matin, lecture des Kinot, attitudes de deuil, lecture de la Torah, et règles relatives à la circoncision.
סדר היום כתב אבי העזרי ליל ט"ב חולצין מנעליהם (עסי' תקנ"ב) והולכין לבה"כ ויושבין לארץ כאבילים ואין מדליקין נרות רק נר אחד לומר לאורו איכה וקינות ועומד ש"ץ ומתפלל ערבית ואומר קדיש שלם וקורא איכה ואומר קינות ואח"כ סדר קדושה ויתחיל ואתה קדוש ולא יאמר ובא לציון גואל שאין גאולה בלילה ולא ואני זאת בריתי שנראה כמקיים ברית על הקינות ועוד דלא שייך למימר ואני זאת בריתי שהכל בטילים בו אבל בבית האבל יש לאומרו שאם האבל בטל המנחמין אינן בטלין ואומר קדיש בלא תתקבל והולכין לבתיהן ואין נותנין שלום זה לזה אלא כאבלים ונזופין ואם חל ט"ב בשבת או במ"ש א"א צו"ץ מידי דהוה אר"ח שחל (להיות באחד) בשבת שאין אומרים צו"ץ בשבת דט"ב נמי אקרי מועד וא"א ויהי נועם ויש מהגאונים שכתבו כיון שא"א ויהי נועם גם סדר קדושה אין לומר ורב צמח גאון כתב א"א ויהי נועם אבל אומרים ובא לציון וכולה סדר קדושה אבל ואני זאת בריתי א"א ורבינו נסים כתב א"א ויהי נועם אבל מנהגינו לומר ערבית ושחרית ואני זאת בריתי ולמה לא נאמר והעם עוסקים באיוב וירמיה וקינות בשחרית מסדרין הברכות והזמירות כמו בשאר הימים ויש מקומות שנוהגין שלא לומר השירה ומתפללין י"ח ברכות ויחיד אומר עננו בשומע תפלה וש"ץ בין גואל לרופא כמו בשאר תענית ואומר נחם בבונה ירושלים ואינו כשאר תענית צבור לא לענין כ"ד ברכות ולא לענין תפלת נעילה וכתב רב עמרם מנהגינו להרבות סליחות בסלח לנו וא"א תחינות דאיקרי מועד ואם חל בב' ובה' אומר אל ארך אפים וא"א והוא רחום ובספרד א"א אא"א ומוציאים ס"ת וקורין ג' בפ' ואתחנן כי תוליד בנים ומפטיר הוא הג' ומפטיר בירמיה אסוף אסיפם וכתב אבי העזרי וגולל ס"ת במקומו שלא למעט בכבודו אבל במסכת סופרים כתב יש קורין ספר קינות בערב ויש שמאחרין עד הבוקר לאחר קריאת ס"ת שאחר קריאת ס"ת עומד ומתפלש באפר ובגדיו מפולשין וקורא בבכייה ויללה אם יודע לתרגמו מוטב ואם לאו נותנו למי שיודע לתרגם כדי שיבינו כל העם והנשים והתינוקות שהנשים חייבות כאנשים וכ"ש בנים זכרים והקורא בט"ב אומר ברוך דיין האמת ויש מניחין את תיק הספר על הקרקע ואומר נפלה עטרת ראשינו וקורעין ומספידין כאדם שמתו מוטל לפניו ויש שמשנין מקומותיהן ויש שיורדין מספסליהן וכולם מתפלשין באפר ואין אומרים שלום זה לזה כל הלילה וכל היום עד שישלימו כל העם קינותיהן ובשעת הקינות אסור לספר דבר ולצאת חוץ כדי שלא יפסיק לבו מן האבל וכל שכן שלא לשוח עם העו"ג ואם יש אבל בעיר הולך בלילה לב"ה וגם ביום עד שיגמרו הקינות ואם יש תינוק למול מלין אותו אחר שגומרין הקינות ויש ממתינין למולו עד אחר חצות ויש אומרים שאין לברך על הכוס אלא יברך בלא כוס ודעת התוספות שיברך על הכוס ויתן לתינוק לשתות ולא חיישינן דלמא אתי למסרך פי' יבא לשתות אף לאחר שיגדיל כיון שאינו דבר קבוע ומש"ה ט"ב שחל במ"ש לא אמרינן שיבדיל ויתן לתינוק משום דחיישינן דאתי למסרך דחשיב שפיר דבר קבוע כיון שלפי קביעות השנים בא לפעמים באחד בשבת לסוף ג' או ד' שנים פעם אחת ובעל ברית לובש בגדים אחרים אך לא לבנים ממש מעשה שחל ט"ב בשבת ונדחה עד למחרתו והיה רבינו יעבץ בעל ברית והתפלל מנחה בעוד היום גדול ורחץ ולא השלים תעניתו לפי שי"ט שלו היה וראיה מהא דתניא (עירובין מא.) א"ר אליעזר בר צדוק אני הייתי מבני סנאה בן בנימין וחל ט"ב בשבת ודחניהו עד לאחר שבת והתענינו בו ולא השלמנוהו מפני שי"ט שלנו היה ונוהגין שלא לשחוט ושלא להכין צרכי סעודה עד לאחר חצות. במנחה קורין ויחל כמו בשאר תעניות ומפטירין דרשו ורבי' האי כתב שמנהג להפטיר שובה ומתפללין י"ח ברכות ואומר נחם בבונה ירושלים ועננו בשומע תפלה וש"ץ אומרו בין גואל לרופא:
L'ordre du jour : Avi HaEzri a écrit : La nuit de Ticha BeAv, on retire ses chaussures, on se rend au beit haknesset et on s'assoit par terre comme des endeuillés. On n'allume qu'une seule bougie pour lire à sa lumière le livre d'Eikha et les Kinot. Le chaliah tsibbour se lève, prie arvit, récite un kaddich complet, lit Eikha et dit les Kinot. Ensuite, il lit l'ordre de la Kédoucha en commençant par « VeAta Kadoch » ; il ne dit pas « Ouba LeTsion Goël », car il n'y a pas de rédemption la nuit, ni « Vaani Zot Briti », car cela ressemblerait à l'établissement d'une alliance sur les lamentations. De plus, il n'est pas pertinent de dire « Vaani Zot Briti » (qui mentionne l'étude) puisque tout le monde est exempté d'étude ce jour-là. Cependant, dans une maison de deuil, on doit le dire, car même si l'endeuillé est exempté, les consolateurs ne le sont pas. Il récite le kaddich sans le passage « Titkabal ». Chacun rentre chez soi sans se saluer, se comportant comme des endeuillés et des bannis. Si Ticha BeAv tombe un Chabbat ou à l'issue du Chabbat, on ne dit pas Tsidkatcha Tsedek, de même que l'on ne le dit pas lorsque Roch Hodech tombe un Chabbat, car Ticha BeAv est également qualifié de Moèd (fête). On ne dit pas non plus « Vihi Noam ». Certains Géonim ont écrit que puisqu'on ne dit pas « Vihi Noam », on ne doit pas non plus réciter l'ordre de la Kédoucha. Rav Tsema'h Gaon a écrit qu'on ne dit pas « Vihi Noam », mais qu'on récite « Ouba LeTsion » et tout l'ordre de la Kédoucha, à l'exception de « Vaani Zot Briti ». Rabbenou Nissim a écrit qu'on omet « Vihi Noam », mais notre coutume est de dire « Vaani Zot Briti » à arvit et chaharit ; pourquoi ne le dirions-nous pas puisque les fidèles s'occupent d'étudier Job, Jérémie et les Kinot ? À chaharit, on ordonne les bénédictions et les cantiques (zemirot) comme les autres jours. Il y a des endroits où l'on a coutume de ne pas dire la Chira. On prie la amida de dix-huit bénédictions ; le yahid intercale « Anenou » dans Choméa Téfila, et le chaliah tsibbour le dit entre Goël et Rofé comme lors de tout autre jeûne. On ajoute « Nahem » dans Boné Yérouchalaïm. Ce jour n'est pas assimilé aux autres jeûnes publics en ce qui concerne l'ajout de vingt-quatre bénédictions ou la prière de Néïla. Rav Amram a écrit que notre coutume est de multiplier les Sélihot dans la bénédiction « Selah Lanou », mais on ne dit pas les supplications (Tahanoun) car ce jour est appelé Moèd. S'il tombe un lundi ou un jeudi, on dit « El Erekh Apaïm », mais on ne dit pas « VeHou Rahoum ». En Espagne, on ne dit pas « El Erekh Apaïm ». On sort un sefer Torah, trois personnes lisent dans la paracha Vaethanan le passage « Ki tolid banim », et le troisième fait fonction de maftir en lisant dans Jérémie « Asof asifem ». Avi HaEzri a écrit qu'on roule le sefer Torah à sa place pour ne pas diminuer son honneur. Cependant, dans le traité Sofrim, il est écrit : certains lisent le livre des Kinot le soir, d'autres retardent jusqu'au matin après la lecture du sefer Torah. Après la lecture du sefer Torah, on se lève et on se vautre dans la cendre, les vêtements défaits, et on lit avec pleurs et gémissements. S'il sait traduire, c'est bien ; sinon, il le donne à quelqu'un qui sait traduire afin que tout le peuple, y compris les femmes et les enfants, puisse comprendre, car les femmes sont obligées au même titre que les hommes, et à plus forte raison les enfants mâles. Celui qui lit à Ticha BeAv dit : « Baroukh Dayan HaEmet ». Certains posent l'étui du sefer Torah sur le sol et disent « La couronne de notre tête est tombée », ils déchirent leurs vêtements et se lamentent comme quelqu'un dont le mort repose devant lui. Certains changent de place, d'autres descendent de leurs bancs, et tous se vautrent dans la cendre. On ne se salue pas mutuellement pendant toute la nuit et tout le jour jusqu'à ce que tout le peuple ait terminé ses Kinot. Pendant la récitation des Kinot, il est interdit de parler ou de sortir, afin de ne pas interrompre le deuil de son cœur, et à plus forte raison de discuter avec des idolâtres. S'il y a un endeuillé dans la ville, il se rend au beit haknesset la nuit ainsi que le jour jusqu'à la fin des Kinot. S'il y a un bébé à circoncire, on le circoncit après avoir terminé les Kinot ; certains attendent l'après-midi. Certains disent qu'on ne doit pas réciter la bénédiction sur une coupe de vin, mais qu'on la récite sans coupe. L'opinion des Tossafot est qu'on bénit sur la coupe et qu'on donne le vin à boire au bébé, sans craindre qu'il n'en prenne l'habitude (c'est-à-dire qu'il continue à boire le vin de cette bénédiction en grandissant) puisque ce n'est pas une situation régulière. C'est pourquoi, si Ticha BeAv tombe à l'issue du Chabbat, on ne dit pas qu'il faille faire la havdala et donner le vin au bébé, de peur qu'il ne s'y habitue, car cette situation est considérée comme régulière (la configuration des années faisant que cela arrive occasionnellement à l'issue du Chabbat tous les trois ou quatre ans). Le baal brit porte des vêtements différents, mais pas tout à fait blancs. Il est arrivé que Ticha BeAv tombe un Chabbat et soit repoussé au lendemain ; Rabbenou Yaavets, qui était le baal brit, pria minha alors que le jour était encore long, se lava et n'acheva pas son jeûne car c'était pour lui un Yom Tov. Une preuve en est apportée par l'enseignement (Erouvin 41a) : R. Eliezer ben Tsadok a dit : « J'étais des fils de Senaa, fils de Benjamin. Un Ticha BeAv tomba un Chabbat et fut repoussé au lendemain, nous y avons jeûné mais ne l'avons pas achevé car c'était notre Yom Tov. » La coutume est de ne pas abattre d'animaux ni préparer les besoins du repas avant midi. À minha, on lit « Vayehal » comme lors des autres jeûnes, et le maftir est « Dirchou ». Rav Haï a écrit que la coutume est de lire la haftara « Chouva ». On prie les dix-huit bénédictions de la amida, on ajoute « Nahem » dans Boné Yérouchalaïm, « Anenou » dans Choméa Téfila, et le chaliah tsibbour le répète entre Goël et Rofé.