טור אורח חיים

Tour Orah Haim — siman 648

Rabbi Yaakov ben Asher (Baal HaTour) · Défauts qui rendent l'etrog pasoul
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Le « peri ets hadar » est l'etrog, fruit qui demeure sur l'arbre d'année en année. Disqualifications : sécheresse (plus de liha), trou avec manque, trou mefulash ou de la taille d'un issar, perçage jusqu'aux pépins, chair interne nimok, fente de bout en bout, pelage, pitma ou okets ôtés, hazazit et changements de couleur surtout au hotem, fruit gonflé, confit, cuit ou tacheté, forme ronde ou moulée autrement, vert comme l'herbe, taille moindre qu'un œuf. Avis du Raavad, de Rabbénou Hananel, du Rif, du Rambam et du Roch.

Glossaire

hadar
qui demeure sur l'arbre d'année en année (derasha de « peri ets hadar »)
liha
humidité, suc intérieur du fruit
mefulash
trou traversant, de part en part
issar
pièce de monnaie talmudique servant de mesure de largeur
hadrei zera
loges des pépins, cœur semencier
nimok
chair interne ramollie, désagrégée
nissdak
fendu de haut en bas
niklaf
pelé (pellicule fine, sans manque de chair)
sela
pièce sela, mesure de surface restante
pitma
fleur ou bouton au sommet de l'etrog
okets
pédoncule, queue d'attache à l'arbre
goma
creux laissé par l'okets
hotem
« nez » : zone qui s'effile vers la pitma
hazazit
cloques ou pustules palpables en relief
nimur
tacheture, marbrure
havarbourot
taches, marbrures en surface
parouts ke-omed
brèche égale au plein (analogie des cloisons)
talush
déjà détaché de l'arbre
tafah
gonflé sous l'effet de l'eau
sarah
corrompu, légèrement malodorant
kavush
confit au vinaigre
menumar
tacheté, marbré
Kouch
pays de Kouch (Éthiopie / Nubie)
defous
moule
dapei dapei
planche par planche (formé par lattes de moule)
tayom
jumeau : deux etrogim soudés
Sefer ha-Mitsvot
ici le Semag de R. Moshé de Coucy, qui déclare le tayom pasoul
boser
fruit pas encore à terme
ke-beitsa
de la taille d'un œuf
safeka de-oraita
doute portant sur une mitsva de la Torah
pasoul hozer le-hakhshiro
défaut que l'on peut lever pour rendre le fruit à nouveau casher

פרי עץ הדר דרשו חכמים הדר באילן משנה לשנה והיינו אתרוג: ואם הוא יבש פסול שיעור היבשות פירש הראב"ד הוא כשתכלה הליחה ואינו מוציא שום ליחה כי הליחה לפרי כמו הדם לבשר החי שכל זמן שהוא לח יוציא ליחה או מדוחק הסכין או מסחיטתו אבל לאחר שיבש לא יוציא ליחה אלא שהבדיקה שלו קשה לפי שאי אפשר לסוחטו או לחותכו אבל כיון שנקב שאין בו חסרון כשר יכול להעביר בו מחט או חוט ואם יש בו ליחה יראה בחוט: ניקב וחסר כל שהוא פסול אפי' אין הנקב מפולש אבל אם אינו חסר כלום כל זמן שאין הנקב כאיסר כשר ומשכחת נקב רחב בלא חסרון כגון שתחב יתד עב ונקב בענין שלא חסר כלום וה"מ שאין הנקב מפולש אבל אם הנקב מפולש או כאיסר פסול אע"פ שאינו חסר ואם ניקב עד הזרע שגרעיניו בתוכו חשוב כמפולש לפסול אפי' בפחות מכאיסר ור"ח פי' דאפי' נקב שיש בו חסרון אינו פוסל אלא בכאיסר או מפולש וכן כתב ה"ר ישעיה ואדוני אבי הרא"ש ז"ל כתב כסברא הראשונה: אתרוג שנימוק כל בשרו בפנים וקליפתו החיצונה קיימת וחדרי הזרע קיימין בפנים מבעיא ולא איפשיטא ודעת רי"ף להקל ויש מחמירין והכי מסתבר כיון דספיקא דאורייתא הוא: ואם נסדק כולו מראשו לסופו ואפי' אינו חסר כלום פסול אבל אם נשאר בו שיור למעלה ולמטה אפי' כל שהוא כשר: נקלף ממנו קליפה דקה בענין שלא חסר מבשרו כלום מחלק תלמודא בין כולו למקצתו ופירש"י בכולו כשר במקצתו פסול ולפי זה הוא פסול החוזר להכשירו שאם נקלף מקצתו וקלף השאר כשר ור"ח פי' איפכא כולו פסול אפילו לא נשתנה מראיו מקצתו כשר ואפי' אם לא נשתייר בו אלא כסלע ומיהו פי' הראב"ד שמקום הקלף הוא ממראה גוון האתרוג אבל אם הוא משונה ממראה האתרוג אם הוא במקום א' נפסל ברובו ואם הוא בב' או בג' מקומות פסול אפי' במיעוטו ואם הוא בחוטמו אפילו כל שהוא פסול כדין חזזית: ניטלה פיטמתו והוא הפרח שבראשו לפי' ה"ר יעקב בר יקר פסול אבל ניטל עוקצו כשר בכל ענין. ולפי' הר"י הלוי ניטלה פיטמתו כשר בכל ענין וניטלה עוקצו אם ניטל מה שחוץ לגומא לבד כשר ואם ניטל מעיקרו וניכר מקומו שהוא חסר פסול: ור"ח פוסל בשניהם וכ"כ רי"ף והרמב"ם ז"ל וכ' אדוני אבי הרא"ש ז"ל וכן נהיגינן לפסול בשניהם ודוקא כשהיתה לו פיטמה ונטלה אבל יש אתרוגים שלא היה להם פיטמות מעולם ואין נפסלים בכך וכן דוקא כשניטל העוקץ ולא נשאר ממנו כלל באתרוג אבל נשאר ממנו כל שהוא כשר: עלתה בו חזזית והוא כמו אבעבועות ויש בו ממש שמקומו ניכר במישוש שהוא גבוה מן האתרוג אם הוא במקום אחד אינו פוסל אלא ברובו ואם הוא בב' או בג' מקומות אפי' במיעוטו פסול: וכתב הרי"ץ גיאות אפי' אם הב' או הג' מקומות במיעוטו של צד א' פסול אבל הראב"ד כתב דוקא שנתפזר הנימור ברובו אע"פ שבשטח החברבורות הוא מיעוט אבל במיעוטו כגון שכולם מצד אחד של אתרוג כשר ולזה הסכים א"א הרא"ש ז"ל ואם הוא מחצה על מחצה במקום א' כתב אחי ה"ר יחיאל ז"ל כיון שהוא בידי אדם אפשר לצמצם וכשר כמו פרוץ כעומד אבל הראב"ד כ' כל הפסולים שפוסלין ברובן מחצה על מחצה נמי פסול שאי אפשר לצמצם דבעינן רוב הנראה לעינים ומחוטמו ואילך היינו ממקום שמתחיל לשפע עד הפיטמא פוסל חזזית וכל שינוי מראות בכל שהוא וכ' הראב"ד ה"ה נמי יבש פסול שם בכל שהוא ואם עלתה בו חזזית בענין שפסול או שהוא מנומר אם כשקולפו חוזר למראה האתרוג כשר וזה פסול החוזר להכשירו: נפל עליו מים בתלוש ותפח או סרח והוא יותר מתפוח שיש בו קצת ריח רע או שהוא כבוש בחומץ או מבושל או מנומר פסול ואם הוא שחור או לבן במקום א' פסול ברובו בב' או בג' מקומות דינו כחזזית ליפסל אפי' במיעוטו והא דשחור פסול דוקא בארצות הרחוקים מארץ כוש שהוא שינוי להם אבל הסמוכים לכוש ורגילים באתרוגים שחורים אתרוג שחור שהובא לשם מכוש כשר אבל הגדל שם פסול כיון שאין דרכו לגדל שם: העגול ככדור פסול גדלו בדפוס ועשאו כצורה אחרת שאינו מצורת האתרוג פסול אבל אם עשאו כצורת אתרוג אפילו עשאו דפי דפי חשיב שפיר צורתו וכשר: התיום שגדלו שנים דבוקים זה בזה כשר ובספר המצות פסל תיום: הירוק שדומה לעשבי השדה פסול אבל אם הוא ירוק וכשמשהים אותו חוזר למראה אתרוג כשר: שיעור אתרוג קטן פחות מכביצה פסול אבל אם הוא כביצה אפילו אם הוא בוסר שעדיין לא נגמר פריו כשר ובגדול אפילו הוא גדול הרבה שצריך לאוחזו בשתי ידיו כשר:

« Fruit d'un arbre hadar » : les Sages ont expliqué hadar — qui demeure sur l'arbre d'une année à l'autre ; c'est l'etrog. S'il est sec, il est pasoul. La mesure de la sécheresse, a expliqué le Raavad : c'est lorsque l'humidité s'est épuisée et qu'il n'en sort plus aucune. Car l'humidité est au fruit ce que le sang est à la chair vive : tant qu'il est humide, il en sortira, soit sous la pression du couteau, soit par pressage. Mais une fois desséché, il n'en sortira plus. Seulement, le contrôle est difficile, car on ne peut ni le presser ni le couper. Toutefois, puisqu'un trou sans manque est casher, on peut y passer une aiguille ou un fil : s'il y a de l'humidité, elle se verra sur le fil. S'il a été percé et qu'il manque tant soit peu, il est pasoul, même si le trou n'est pas traversant. Mais s'il ne manque rien, tant que le trou n'a pas la taille d'un issar, il est casher. On trouve un trou large sans manque, par exemple si l'on a enfoncé un pieu épais et percé de façon à ne rien enlever. Cela n'est vrai que si le trou n'est pas traversant ; mais s'il est traversant, ou de la taille d'un issar, il est pasoul bien qu'il ne manque rien. S'il a été percé jusqu'à la graine dont les pépins sont à l'intérieur, on le compte comme traversant pour le rendre pasoul, même à moins d'un issar. Rabbénou Hananel a expliqué que même un trou avec manque ne rend pasoul que s'il a la taille d'un issar ou s'il est traversant ; ainsi a écrit R. Yechaya. Mon maître mon père le Roch z"l a écrit selon le premier avis. Un etrog dont toute la chair intérieure s'est ramollie, alors que l'écorce extérieure subsiste et que les loges des graines subsistent à l'intérieur : la question a été posée et n'a pas été tranchée. L'avis du Rif est d'être indulgent ; certains sont rigoureux, et c'est plus raisonnable, puisque c'est un doute de Torah. S'il s'est fendu tout entier du sommet à la base, même sans aucun manque, il est pasoul. Mais s'il reste un reliquat en haut et en bas, même tant soit peu, il est casher. S'il s'en est détaché une pellicule fine, de façon qu'il ne manque rien de sa chair, le Talmud distingue entre le tout et une partie. Rachi explique : tout entier, casher ; une partie, pasoul. Selon cela, c'est un pasoul qui revient à l'aptitude : si une partie s'est pelée et que l'on pèle le reste, il est casher. Rabbénou Hananel explique l'inverse : tout entier, pasoul, même si son aspect n'a pas changé ; une partie, casher, même s'il n'en reste que l'équivalent d'un sela. Toutefois le Raavad explique que l'endroit pelé a la couleur de l'etrog ; mais s'il diffère de l'aspect de l'etrog : s'il est en un seul endroit, il est pasoul dans sa majorité ; s'il est en deux ou trois endroits, pasoul même dans sa minorité ; et s'il est sur le hotem, même tant soit peu, pasoul, comme le din de la hazazit. Si sa pitma a été ôtée — c'est la fleur au sommet — d'après R. Yaakov bar Yakar, il est pasoul ; mais si son okets a été ôté, il est casher en tout cas. D'après R. Y. ha-Lévi : pitma ôtée, casher en tout cas ; okets ôté : si l'on n'a ôté que ce qui est hors du creux, casher ; s'il a été ôté depuis sa racine et que l'endroit se voit manquant, pasoul. Rabbénou Hananel rend pasoul les deux ; ainsi ont écrit le Rif et le Rambam z"l. Mon maître mon père le Roch z"l a écrit : et ainsi est notre usage de rendre pasoul les deux. Cela uniquement s'il avait une pitma et qu'on l'a ôtée ; mais il y a des etrogim qui n'ont jamais eu de pitma, et ils ne sont pas pasoul pour autant. De même, uniquement si l'okets a été ôté et qu'il n'en reste rien du tout sur l'etrog ; mais s'il en reste tant soit peu, il est casher. S'il y a poussé une hazazit — ce sont comme des cloques, et il y a de la matière, de sorte que l'endroit se sent au toucher plus haut que l'etrog — : si c'est en un seul endroit, elle ne rend pasoul que dans sa majorité ; si c'est en deux ou trois endroits, même dans sa minorité, pasoul. R. Yits'hak Ibn Ghiyyat a écrit : même si les deux ou trois endroits sont dans la minorité d'un seul côté, pasoul. Mais le Raavad a écrit : uniquement si la tacheture s'est répandue sur sa majorité, bien que la surface des taches soit minoritaire ; mais dans sa minorité, par exemple toutes d'un seul côté de l'etrog, casher. Mon maître mon père le Roch z"l s'est accordé à cela. S'il est moitié-moitié en un seul endroit, mon frère R. Yehiel z"l a écrit : puisque c'est à la portée de l'homme, on peut mesurer juste, et c'est casher, comme « parouts ke-omed ». Mais le Raavad a écrit : tous les pasoul qui rendent pasoul dans leur majorité rendent aussi pasoul à moitié-moitié, car on ne peut mesurer juste : on exige une majorité visible aux yeux. Du hotem en avant — c'est-à-dire de l'endroit où il commence à s'effiler jusqu'à la pitma — la hazazit et tout changement de couleur rendent pasoul tant soit peu. Le Raavad a écrit : de même le sec y est pasoul tant soit peu. Si une hazazit y a poussé de façon à le rendre pasoul, ou s'il est tacheté : si en le pelant il revient à l'aspect de l'etrog, il est casher ; c'est un pasoul qui revient à l'aptitude. S'il est tombé de l'eau dessus une fois détaché et qu'il a gonflé, ou qu'il s'est corrompu — c'est plus que gonflé : il a un peu de mauvaise odeur — ou s'il est confit au vinaigre, ou cuit, ou tacheté : pasoul. S'il est noir ou blanc en un seul endroit : pasoul dans sa majorité ; en deux ou trois endroits, son din est comme la hazazit, pour être pasoul même dans sa minorité. Que le noir soit pasoul, c'est uniquement dans les pays éloignés du pays de Kouch, où c'est un changement pour eux. Mais ceux qui sont proches de Kouch et habitués aux etrogim noirs : un etrog noir apporté là-bas depuis Kouch est casher ; toutefois celui qui y pousse est pasoul, car ce n'est pas sa façon d'y croître. Le rond comme une boule est pasoul. S'il a grandi dans un moule et qu'on lui a donné une autre forme, qui n'est pas la forme de l'etrog, il est pasoul. Mais si on lui a donné la forme d'un etrog, même planche par planche, sa forme est bien considérée et il est casher. Le tayom — deux qui ont poussé collés l'un à l'autre — est casher ; et dans le Sefer ha-Mitsvot on a rendu le tayom pasoul. Le vert qui ressemble aux herbes des champs est pasoul ; mais s'il est vert et qu'en le laissant il revient à l'aspect d'etrog, il est casher. La mesure d'un petit etrog : moins qu'un œuf, pasoul ; mais s'il a la taille d'un œuf, même s'il est boser — fruit pas encore achevé — il est casher. Quant au grand : même très grand, au point qu'il faille le tenir à deux mains, il est casher.