טור אורח חיים

Tour Orah Haim — siman 688

Rabbi Yaakov ben Asher (Baal HaTour) · Le temps de la lecture de la Meguila
En bref - de quoi parle ce chiour ?

La Meguila se lisait du 11 au 15 d'Adar ; aujourd'hui on la lit le 14, et le 15 dans les villes entourées d'une muraille depuis Yehochoua bin Noun, ainsi que dans les villages proches et à Chouchan. Le Tour traite de la ville douteuse, du voyageur entre bourg et ville murée, du 15 tombant un Chabbat, de celui qui part en voyage, des heures de lecture de nuit et de jour, et de l'année embolismique.

Glossaire

כרך המוקף חומה מימות יהושע בן נון
ville entourée d'une muraille depuis l'époque de Yehochoua bin Noun ; on y lit le 15 Adar
עיר / עיירות
bourg non muré ; on y lit le 14 Adar
סמוך / נראה
proche / visible depuis la ville murée
מיל
mil, mesure de distance (2 000 coudées)
עשרה בטלנין
dix batlanim : hommes libres de leur temps, toujours présents à la synagogue
הוקף ולבסוף ישב
entourée d'une muraille puis peuplée
ברכה לבטלה
bénédiction vaine
שיירא
caravane
מתיבתא
metivta, académie talmudique (époque des Gueonim)
הנץ החמה
lever du soleil
עמוד השחר
aube
עיבור השנה
intercalation d'un second Adar (année embolismique)
פרשיות
les sections lues les Chabbatot d'Adar (Chekalim, Za'hor, Para, Ha'hodech)

מגילה נקראת בי"א בי"ב בי"ג בי"ד בט"ו והאידנא אינה נקראת אלא בי"ד אלא שהכרכים המוקפים חומה מימות יהושע בן נון קורין בט"ו אפילו אם הם בח"ל וכן הכפרים הסמוכים להן אפילו אינם נראים עמהם כגון שהם בעמק או שנראין עמהם אפי' אינם סמוכין כגון שהם בהר ובלבד שלא יהו רחוקים יותר ממיל ואפילו הכרך אינה מוקפת חומה עתה אם היתה מוקפת בימי יהושע קורין בט"ו וכיון שהיתה מוקף אפי' אין בו י' בטלנין שמשכימין תמיד לב"ה קורין בט"ו ואין קרוי מוקף חומ' אא"כ הוקף חומה תחלה ואח"כ נתיישב אבל נתיישב ואח"כ הוקף אין קורין אלא בי"ד ופי' הר"ם מרוטנבורק דלא מקרי ישב ואח"כ הוקף אלא כשישב תחילה אדעתא שלא להקיפו אבל אם ישב תחלה על דעת להקיפו מקרי שפיר הוקף ולבסוף ישב. כרך שהוא ספק אם הוקף בימי יהושע אם לאו קורין בי"ד ובט"ו ולענין ברכה כתב אחי הר"י ז"ל מסתברא שיקראו בלא ברכה בשני הימים ביום ט"ו לא יברכו דשמא אינה מוקפת חומה וביום י"ד לא יברכו דשמא היא מוקפת ועדיין לא הגיע זמנה והויא ברכה לבטלה וכיון דברכה לא מעכבה למה יכניס עצמו בספק ברכה לבטלה והרמב"ם כתב שמברכין בי"ד כיון שהוא זמן קריאה לרוב העולם ובשושן קורין בט"ו אע"פ שאינה מוקפת חומה מימות יהושע הואיל ונעשה בו הנס. בן עיר שהלך לכרך ובן כרך שהלך לעיר אם כשהלך היה דעתו לשוב לביתו בליל י"ד קודם שיאור היום קורא כבני מקומו אף אם נתעכב שם ואם אין דעתו לשוב עד שיאור יום י"ד קורא כבני המקום שהלך שם כיצד בן כרך שהלך לעיר אם היה דעתו לשוב למקומו בליל י"ד קורא כבני מקומו אפילו אם נתעכב אח"כ בעיר אבל אם דעתו לעמוד שם מקצ' י"ד כיון שדעתו לעמוד שם מקצת היום של זמן קריאתו חל עליו זמן חובת קריאתן וקורא עמהן וכן בן עיר שהלך לכרך אם דעתו לשוב לביתו בליל י"ד קודם שיאור היום קורא כאנשי מקומו אבל אם היה דעתו לעמוד שם מקצת י"ד כיון שלא היה דעתו לשוב למקומו בזמן חוב' אנשי מקומו נסתלק מעליו חובת קריאת אנשי מקומו ונחשב כבני המקום שעמד שם להתחייב בזמן קריאתם: פורים שחל להיות בשבת כגון ט"ו לבני כרכים דאילו י"ד לא יבא לעולם בשבת אין קורין את המגילה בשבת אלא מקדימין לקרותה בע"ש וכדי שיזכרו ענין היום דורשין בעניינו: שדרו ממתיבתא היכא דנפיק בשייר' או נפיק בספינתא קורא בי"ד וכל תקנה שיכול לעשות כדי שיקרא בי"ד יעשה ואם אין יכול לעשות קורא אותה בי"א בי"ב בי"ג אבל בעשירי ומי' ולמטה אינו יכול לקרותה וכ"כ רע"ם ז"ל וכתב שמברך לפניה ולאחריה כשקורא אותה מי"א ולמעלה וב"ה ז"ל כתב שהאידנא אין קורין אותה כלל אלא בי"ד אפילו מי שיוצא בשיירא וטוב לקרותה בלא ברכה וקורין אותה בלילה וחוזרים וקורין ביום ושל לילה זמנה כל הלילה ושל היום זמנה כל היום מהנץ החמה עד סוף היום ואם קראה משעלה עמוד השחר יצא קראוה באדר ראשון ואח"כ ראו לעבר השנה קורין אותה באדר שני אבל הפרשיות שעשו באדר ראשון א"צ לחזור לעשותן בשני:

La Meguila se lit le 11, le 12, le 13, le 14 ou le 15 [d'Adar]. Aujourd'hui, elle ne se lit que le 14 ; toutefois les villes entourées d'une muraille depuis l'époque de Yehochoua bin Noun lisent le 15, même si elles sont hors de la terre d'Israël. De même les villages qui leur sont proches, même s'ils ne sont pas visibles avec elles, par exemple s'ils sont dans une vallée, ou ceux qui sont visibles avec elles, même s'ils n'en sont pas proches, par exemple s'ils sont sur une montagne ; pourvu qu'ils n'en soient pas éloignés de plus d'un mil.

Même si la ville n'est plus entourée d'une muraille aujourd'hui, si elle l'était aux jours de Yehochoua, on y lit le 15. Et puisqu'elle était entourée, même s'il ne s'y trouve pas dix batlanim, qui se rendent toujours tôt à la synagogue, on y lit le 15.

Une ville n'est dite « entourée d'une muraille » que si elle a d'abord été entourée d'une muraille et ensuite peuplée ; mais si elle a été peuplée puis entourée, on n'y lit que le 14. Rabbi Méir de Rothenburg explique qu'on ne parle de « peuplée puis entourée » que si l'on s'y est d'abord établi sans intention de l'entourer ; mais si l'on s'y est d'abord établi dans l'intention de l'entourer, elle est bel et bien considérée comme « entourée puis peuplée ».

Une ville dont on doute si elle était entourée aux jours de Yehochoua ou non : on y lit le 14 et le 15. Quant à la bénédiction, mon frère Rabbi Ye'hiel z"l écrit : il est logique qu'on lise sans bénédiction les deux jours. Le 15, on ne bénira pas, car peut-être n'est-elle pas entourée d'une muraille ; le 14, on ne bénira pas, car peut-être est-elle entourée et son temps n'est pas encore venu, et ce serait une bénédiction vaine. Puisque la bénédiction n'est pas indispensable [à la mitsva], pourquoi se mettre dans le doute d'une bénédiction vaine ? Le Rambam, lui, écrit qu'on bénit le 14, puisque c'est le temps de la lecture pour la plus grande partie du monde. À Chouchan, on lit le 15, bien qu'elle ne soit pas entourée d'une muraille depuis l'époque de Yehochoua, puisque le miracle s'y est produit.

L'habitant d'un bourg qui est allé dans une ville murée, ou l'habitant d'une ville murée qui est allé dans un bourg : si, en partant, il avait l'intention de rentrer chez lui dans la nuit du 14, avant le lever du jour, il lit comme les gens de son lieu, même s'il a été retenu là-bas ; et s'il n'a pas l'intention de rentrer avant le lever du jour du 14, il lit comme les gens du lieu où il est allé. Comment ? L'habitant d'une ville murée qui est allé dans un bourg : s'il avait l'intention de retourner chez lui dans la nuit du 14, il lit comme les gens de son lieu, même s'il a ensuite été retenu dans le bourg ; mais s'il a l'intention d'y rester une partie du 14, puisqu'il compte y rester une partie du jour qui est le temps de la lecture, le temps de leur obligation de lecture s'applique à lui, et il lit avec eux. De même, l'habitant d'un bourg qui est allé dans une ville murée : s'il a l'intention de rentrer chez lui dans la nuit du 14, avant le lever du jour, il lit comme les gens de son lieu ; mais s'il avait l'intention d'y rester une partie du 14, puisqu'il n'avait pas l'intention de retourner chez lui au temps de l'obligation des gens de son lieu, l'obligation de lecture des gens de son lieu lui est retirée, et il est considéré comme les gens du lieu où il s'est arrêté, tenu [de lire] à leur temps de lecture.

Pourim qui tombe un Chabbat — par exemple le 15 pour les habitants des villes murées, car le 14 ne tombe jamais un Chabbat — : on ne lit pas la Meguila le Chabbat, mais on avance sa lecture à la veille de Chabbat ; et pour qu'on se souvienne du sujet du jour, on fait [le Chabbat] un exposé sur ce sujet.

De l'académie (metivta), on a envoyé [cette réponse] : celui qui part en caravane ou qui part en bateau lit le 14 ; tout arrangement qu'il peut prendre pour lire le 14, il le prendra ; s'il ne le peut pas, il la lit le 11, le 12 ou le 13 ; mais le 10 ou avant le 10, il ne peut pas la lire. C'est ce qu'écrit Ra"am (רע"ם) z"l, qui ajoute qu'on bénit avant et après la lecture lorsqu'on la lit à partir du 11. Le Baal Ha'Itour z"l écrit qu'aujourd'hui on ne la lit absolument que le 14, même celui qui part en caravane, et qu'il est bon de la lire sans bénédiction.

On la lit la nuit, puis on la relit le jour. Celle de la nuit a pour temps toute la nuit ; celle du jour a pour temps toute la journée, du lever du soleil jusqu'à la fin du jour ; et si on l'a lue dès l'aube, on est quitte.

Si on l'a lue en Adar I et qu'ensuite on a décidé de rendre l'année embolismique, on la lit en Adar II ; mais les sections (parachiyot) qu'on a faites en Adar I, il n'est pas nécessaire de les refaire en Adar II.