שולחן ערוך, יורה דעה

Choulhan Aroukh — Yoré Déa, siman 23

Rabbi Yossef Karo · Rema : Rabbi Moche Isserles · Lois de la shehiya pendant la che'hita
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Les cinq vices de la che'hita ; mesure de la shehiya selon l'espèce ; pauses additionnées ; couteau émoussé ; après la majorité des simanim ; vérification du veshet et coutume de tout déclarer treifa.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

[TITRE] Lois de la shehiya pendant la che'hita

À FAIREConnaître les cinq vices
shehiya, drasa, 'halada, hagrama, ikour — sinon il est interdit de manger de sa che'hita. Après la majorité d'un siman chez l'oiseau, ou des deux chez la bête, si l'animal tarde à mourir : frapper la tête pour achever, ne pas revenir égorger.
À ÉVITERToute pause après le début de la che'hita, shogeg ou mezid, oness ou de son gré. Coutume
déclarer treifa toute shehiya même d'un mashehu, oiseau ou bête — ne pas changer. Ne pas arracher les plumes si l'on peut égorger sans cela. Couteau émoussé attardé le temps d'une shehiya sur le dernier mi'out du premier siman : nulle.
OUIMesure
daka et oiseau = temps de soulever une daka, la coucher et égorger jusqu'à la majorité des simanim ; gassa = idem pour une gassa. Avis strict (pratique sauf détresse ou perte importante) : oiseau = temps d'égorger la majorité d'un seul siman. Sang sorti puis couteau levé : craindre le veshet, même si le cho'het dit « peau seulement » ; égorger le kané ailleurs puis examiner le veshet. Pauses additionnées : si le total atteint la mesure, nulle. Jonc tranché dans veshet ou kané = treifa.
REMACoutume : treifa même au premier mi'out du kané, et même après majorité des simanim. Interdit de vendre ainsi à un non-juif : achever puis vendre. Plumes arrachées avec sang, ou peau tranchée avec sang : treifa (piqûre du veshet). Sang non sorti et peau pas toute tranchée : on peut égorger au-dessus ou au-dessous et examiner vis-à-vis de la coupure.

Glossaire

che'hita
abattage rituel
cho'het
abatteur rituel
shehiya
pause, interruption pendant la che'hita
drasa
pression du couteau sur le cou
'halada
dissimulation du couteau sous la peau, la laine ou entre les simanim
hagrama
déviation du couteau hors du lieu de che'hita
ikour
arrachement des simanim
shogeg
par erreur
mezid
volontairement
oness
contrainte
anos
contraint
simanim
les deux conduits (kané et veshet)
kané
trachée
veshet
œsophage
behéma daka
petit bétail
behéma gassa
gros bétail
treifa
bête déclarée impropre par un vice
mashehu
un rien, la moindre quantité
mi'out
minorité (moins de la moitié)
lekhathila
a priori
bediavad
après coup

דיני שהייה בשחיטה. ובו ו' סעיפים: כל טבח שאינו יודע הלכות שחיטה אסור לאכול משחיטתו ואלו הן שהייה דרסה חלדה הגרמה ועיקור:

Tout cho'het qui ne connaît pas les lois de la che'hita (abattage rituel), il est interdit de manger de sa che'hita. Voici ces lois : shehiya (pause), drasa (pression), 'halada (dissimulation du couteau), hagrama (déviation hors du lieu de che'hita) et ikour (arrachement).

שהייה כיצד (ל' רמב"ם פ"ג מה"ש דין ב') הרי שהתחיל לשחוט והגביה ידו קודם שיגמור השחיטה ושהה בין בשוגג בין במזיד בין באונס בין ברצון ובא הוא או אחר וגמר השחיטה אם שהה כדי שיגביה הבהמה וירביצנה וישחוט.) ושיעור שהייה בעוף ובבהמה דקה כדי שיגביה בהמ' דקה וירביצנה וישחוט (עד) רוב הסימנים שהוא הכשר שחיט' שחיטתו פסולה (עיין ס"ק ג') . היתה בהמה דקה שיעור שהייתה כדי שיגביה בהמה דקה וירבצנה וישחוט ואם היתה גסה כדי שיגביה בהמה גסה וירביצנה וישחוט ובעוף כדי שיגביה בהמה דקה וירביצנה וישחוט ויש אומרים דשיעור שהיית עוף כדי שחיטת רוב סימן א' בעוף בלי הגבהה והרבצה ולפי דבריהם יש ליזהר כשהתחיל לשחוט בעוף וחתך מעט עד שהדם יוצא והגביה סכינו מהצואר שלא יגמור השחיטה לפי שיש לחוש שמא שחט משהו מהושט ואפילו לא הגביה סכינו אלא מעט יש לחוש מפני ששהיית העוף מועטת מאד דכדי שחיטת רוב סימן א' בעוף הוא נעשה מהר ואפילו אמר השוחט ברי לי שלא חתכתי כי אם העור אין סומכין עליו כיון שיצא הדם ואם בא לשאול אחר שהגביה סכינו כיצד יעשה אומרים לו שישחוט הקנה לבדו במקום אחר ואח"כ יהפוך הושט ויבדוק אותו ולענין מעשה יש להחמיר בסברא זו אלא א"כ הוא שעת הדחק או הפסד מרובה שאז יש לסמוך על סברא ראשונה: הגה והמנהג פשוט במדינות אלו להטריף כל שהייה אפי' משהו בין בעוף בין בבהמה (מרדכי ומהרי"ו בהל' שחיטה) ואין לשנות ואם נמצא לאחר שחיטה גמי או כיוצא בו מונח בוושט או בקנה ונשחט עמו טריפה דודאי הוצרך להשהות מעט בחתיכת הדבר ההוא לאחר ששחט הסימן והוי שהייה במשהו וטרפה (תה"ד סימן קפ"ה):

Qu'est-ce que la shehiya ? On a commencé à égorger, on a levé la main avant d'achever la che'hita et l'on a interrompu — que ce soit shogeg (par erreur) ou mezid (volontairement), par oness (contrainte) ou de son gré — puis lui-même ou un autre a achevé la che'hita : si l'on a interrompu le temps qu'il faut pour soulever la bête, la coucher et égorger, la che'hita est nulle. Mesure de la shehiya : behéma daka (petit bétail) — le temps de soulever une behéma daka, de la coucher et d'égorger jusqu'à la majorité des simanim (les deux conduits : kané, trachée, et veshet, œsophage), qui est la validité de la che'hita ; behéma gassa (gros bétail) — le temps de soulever une behéma gassa, de la coucher et d'égorger ; oiseau — le temps de soulever une behéma daka, de la coucher et d'égorger. Certains disent que la mesure de la shehiya de l'oiseau est le temps d'égorger la majorité d'un seul siman chez l'oiseau, sans soulever ni coucher. Selon eux, il faut prendre garde : si l'on a commencé à égorger un oiseau, que l'on a coupé un peu jusqu'à ce que le sang sorte, et que l'on a levé le couteau du cou sans achever la che'hita, on craint que l'on n'ait coupé un peu du veshet. Même si l'on n'a levé le couteau que légèrement, on le craint, car la shehiya de l'oiseau est très brève : le temps d'égorger la majorité d'un siman chez l'oiseau passe vite. Même si le cho'het dit : « Je suis certain de n'avoir tranché que la peau », on ne s'appuie pas sur lui, puisque le sang est sorti. S'il vient demander, après avoir levé le couteau, comment procéder, on lui dit d'égorger le kané seul à un autre endroit, puis de retourner le veshet et de l'examiner. En pratique, il faut être strict selon cet avis, sauf en cas de détresse ou de perte importante : alors on peut s'appuyer sur le premier avis. (Rema : La coutume répandue en ces pays est de déclarer treifa toute shehiya, même d'un mashehu (un rien), que ce soit chez l'oiseau ou chez la bête. Il ne faut pas changer. Si l'on trouve après la che'hita un jonc ou quelque chose de semblable posé dans le veshet ou dans le kané, et qu'il a été tranché avec lui, c'est treifa : à coup sûr il a fallu s'interrompre un peu en coupant cet objet après avoir tranché le siman, et c'est une shehiya d'un mashehu, donc treifa.)

שחט מעט ושהה מעט וחזר ושחט מעט ושהה מעט אם כשתצטרף כל השהיות יש שיעור שהיי' שחיטתו פסולה (ולפי המנהג בכל ענין טריפה):

On a égorgé un peu, interrompu un peu, puis encore égorgé un peu et interrompu un peu : si, en additionnant toutes les interruptions, il y a la mesure de shehiya, la che'hita est nulle (selon la coutume, c'est treifa en tout cas).

השוחט בהמה בסכין שאינו חד ונתעכב כשיעור שהייה בשחיטת מיעוט אחרון של סימן ראשון הרי זו פסולה:

Celui qui égorge une bête avec un couteau qui n'est pas tranchant, et qui s'est attardé le temps d'une shehiya pendant qu'il tranchait le dernier mi'out (minorité) du premier siman : la che'hita est nulle.

אחר ששחט רוב אחד בעוף או רוב שנים בבהמה אין שהייה פוסלת ולפי זה אין שהייה בקנה בעוף כלל ויש מי שאומר שכל שלא נגמרה שחיטת כל שני הסימנים פוסלת שהייה ולכתחלה יש ליזהר לחוש לדבריו: הגה ואפילו בדיעבד המנהג להטריף ולכן אם לאחר ששחט רוב שנים שוהה הבהמה או העוף למות יכנו על ראשו להמיתו ולא יחזור וישחוט (תה"ד לדעת רש"י וסמ"ק ומהרי"ו וע"פ):

Après que l'on a tranché la majorité d'un siman chez l'oiseau, ou la majorité des deux chez la bête, la shehiya n'invalide plus. Dès lors, il n'y a pas de shehiya du tout dans le kané de l'oiseau. Certains disent que tant que la che'hita des deux simanim n'est pas achevée, la shehiya invalide. Lekhathila (a priori), il faut prendre garde à cet avis. (Rema : Même bediavad (après coup), la coutume est de déclarer treifa. C'est pourquoi, si après avoir tranché la majorité des deux la bête ou l'oiseau tarde à mourir, on le frappe sur la tête pour l'achever, et l'on ne revient pas égorger.)

שחט עוף ושהה בו ואינו יודע אם ניקב הושט חוזר ושוחט הקנה לבדו במקום אחר ומניחו עד שימות והופך הוושט ובודקו מבפנים אם לא נמצא בו טיפת דם בידוע שלא ניקב וכשרה: הגה והמנהג להטריף הכל אפילו לא שהה רק במיעוט קמא דקנה (מהרי"ו ומרדכי) ואסור למוכרו לעובד כוכבים כך אלא ימיתנו ואח"כ ימכרנו לעובד כוכבים (הגהות סמ"ק ומרדכי) משום דאנן לא בקיאין בבדיקת הוושט וחיישינן לנקיבת הוושט (באגור) ומטעם זה אם תלש הנוצות מן העוף ויצא דם או חתך העור בבהמה ויצא דם ממנה יש להטריף דחיישינן לנקיבת הוושט (מהרי"ו ומהר"ם פדו"ה סימן ס"ג וכ"ה בשחיטת האחרונים) אבל אם לא יצא דם ולא חתך כל העור יש להכשיר ע"י שישחוט למעלה או למטה ולבדוק נגד מקום החתך (ב"י דלא כמהרי"ק שורש ל"ד) ולכן יש ליזהר שלא למרוט הנוצות אם יוכל לשחוט בלא זה (א"ז):

On a égorgé un oiseau et l'on y a fait shehiya, sans savoir si le veshet a été percé : on égorge de nouveau le kané seul à un autre endroit, on le laisse jusqu'à ce qu'il meure, on retourne le veshet et on l'examine par l'intérieur. Si l'on n'y trouve pas une goutte de sang, il est certain qu'il n'a pas été percé, et c'est cacher. (Rema : La coutume est de tout déclarer treifa, même si l'on n'a interrompu que dans le premier mi'out du kané. Il est interdit de le vendre ainsi à un non-juif : on l'achève puis on le vend à un non-juif. Car nous ne sommes pas experts dans l'examen du veshet, et l'on craint une piqûre du veshet. Pour la même raison, si l'on a arraché les plumes de l'oiseau et que du sang est sorti, ou que l'on a tranché la peau d'une bête et que du sang en est sorti, il faut déclarer treifa, car l'on craint une piqûre du veshet. Mais si le sang n'est pas sorti et que l'on n'a pas tranché toute la peau, on peut déclarer cacher en égorgeant au-dessus ou au-dessous et en examinant vis-à-vis de l'endroit de la coupure. Aussi faut-il prendre garde de ne pas arracher les plumes si l'on peut égorger sans cela.)