שולחן ערוך, יורה דעה

Choulhan Aroukh — Yoré Déa, siman 58

Rabbi Yossef Karo · Rema : Rabbi Moche Isserles · Loi de la bête néfoula
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Chute d’une hauteur de dix téfa'him, coup, choc ou écrasement : on craint que les organes internes n’aient été broyés. Si elle ne s’est pas relevée d’elle-même, on attend méét léét avant la che'hita puis l’on examine. Aujourd’hui l’on n’est plus expert en bedika : on ne permet que si elle a marché quatre amot.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETYD 58 — Loi de la bête néfoula
À ÉVITERChute de 10 téfa'him (debout
du ventre au sol ; couchée : hauteur du lieu) : on craint les organes broyés. Volaille : même din.
À ÉVITERÀ son insu, ou d’un seul coup
même moins de 10 téfa'him. Piétinée, jetée au mur, écrasée, pierre ou objet dur sur le corps : on craint.
À FAIRESi elle ne s’est pas relevée seule
attendre méét léét (24 h) puis examiner toute la cavité (crâne → hanche). Abattue avant 24 h : tréfa même examinée entière.
À FAIREAujourd’hui on n’est plus expert en bedika
ne permettre que si elle a marché 4 amot d’une marche belle, comme avant. Boiter = examen. Marché puis plus capable = mesoukenet.
OUISaut de son gré (même très haut, fenêtre ou lucarne ; laissée en haut et trouvée en bas)
on ne craint pas. Bœuf accroupi pour la che'hita : on ne craint pas, sauf pattes toutes liées.
OUIVolaille à l’eau
nage à contre-courant de toute sa hauteur, ou devance paille/foin → on ne craint pas ; flotte avec le courant → examen.
OUIDeux ailes collées à la planche de chasse
examen. Une seule aile : on ne craint pas. Mâles qui se heurtent et tombent : on craint.
OUIVoleurs qui jettent par-dessus une clôture
on ne craint pas. Restitution par repentir : permise ; par crainte seulement : on craint.
OUIMatrice broyée
permise. Rate ou reins broyés : tréfa. Simanim : pas d’examen. Coup de pierre en un seul endroit : examen face à cet endroit seulement.
YD 58 — Loi de la bête néfoula.

Glossaire

néfoula
chute
téfa'him
largeurs de poing (mesure)
méét léét
d’un jour à l’autre (24 heures)
tréfa
interdite à la consommation
simanim
trachée et œsophage
bedika
examen
amot
coudées
mesoukenet
bête en danger
che'hita
abattage rituel

דין בהמה נפולה. ובו י"ב סעיפים: נפולה אסורה כיצד בהמה שנפלה אם היתה עומדת על רגליה כשנפלה אם יש מכריסה עד המקום שנפלה שם י' טפחים חוששין שמא נתרסקו איבריה ואם היתה שוכבת ונתגלגלה ונפלה צריך שיהיה גובה המקום עשרה טפחים והא דבעינן גובה עשרה טפחים דוקא בנפלה מעצמה (ד"ע בב"י) או הפילוה אחרים וידעה שרוצים להפילה אבל אם הפילוה אחרים שלא מדעתה או אפי' ידעה בכך אלא שהפילוה בבת אחת אפילו בפחות מעשרה טפחים חוששין לה. (ואין חילוק בזה בין בהמה לעוף דבעוף נמי דינא הכי) (טור ובית יוסף וכן משמעות הפוסקים):

La néfoula (chute) est interdite. Comment ? Une bête qui est tombée : si elle se tenait sur ses pattes au moment de la chute, et qu’il y a de son ventre jusqu’à l’endroit où elle est tombée dix téfa'him, on craint que ses membres n’aient été broyés. Si elle était couchée, a roulé et est tombée, il faut que la hauteur de l’endroit soit de dix téfa'him. Cette exigence de dix téfa'him ne vaut que si elle est tombée d’elle-même, ou que d’autres l’ont fait tomber et qu’elle savait qu’on voulait la faire tomber. Mais si d’autres l’ont fait tomber à son insu, ou même si elle le savait mais qu’on l’a fait tomber d’un seul coup, même de moins de dix téfa'him on la craint. Il n’y a pas de différence en cela entre la bête et la volaille : pour la volaille aussi le din est le même.

העוף שדרסו אדם ברגליו או טרפו לכותל או שרצצתו בהמה או שנחבט על דבר קשה חוששין לו: הגה וכן אם נפל אבן או דבר קשה על גופו וכן בבהמה אם הוא בדבר שיש לחוש בבהמה (כל בו וא"ו הארוך וטור וב"י ור"ן ורשב"א ור' ירוחם):

La volaille qu’un homme a piétinée, ou qu’il a jetée contre un mur, ou qu’une bête a écrasée, ou qui s’est heurtée à un objet dur : on la craint. (Rema : De même si une pierre ou un objet dur est tombé sur son corps ; et de même pour la bête, si c’est une chose dont on a à craindre pour une bête.)

נפולה שאמרנו שחוששין לה אם לא עמדה אסור לשחוט אותה עד שתשהה מעת לעת ואם שחטה בתוך זמן זה אפי' בדקוה ומצאו אותה שלימה מכל איבריה טריפה ואם שהתה מעת לעת ואחר כך שחטה צריך לבדקה כנגד כל החלל כולו מקדקד הראש עד הירך אם ימצא בה טריפות מהטריפות שמנו חכמים או שנתרסק אבר מהאיברי' שבפנים ונפסדה צורתו הרי זו טריפה אפי' נתרסק אבר מהאיברי' שאם ניטלו כשרה כגון טחול וכליות הרי זה טריפה חוץ מבית הרחם שאם נתרסק הרי זה מותרת והסימנים אינם צריכים בדיקה שאין הנפילה ממעכת אותם: הגה ואם הוכתה באבן במקום אחד אינה צריכה בדיקה רק נגד המקום שהוכתה שם ולא בשאר אברים (כל בו וכן משמע מלשון הטור):

La néfoula dont nous avons dit qu’on la craint : si elle ne s’est pas tenue debout, il est interdit de l’abattre jusqu’à ce qu’elle attende méét léét (d’un jour à l’autre, 24 h). Si on l’a abattue dans cet intervalle, même si on l’a examinée et qu’on l’a trouvée entière de tous ses membres, elle est tréfa (interdite à la consommation). Si elle a attendu méét léét et qu’ensuite on l’a abattue, il faut l’examiner en face de toute la cavité, du sommet du crâne jusqu’à la hanche. Si l’on y trouve une tréfa parmi les tréfot énumérées par les Sages, ou qu’un organe intérieur a été broyé et que sa forme est détruite, elle est tréfa — même s’il s’agit d’un organe dont l’ablation laisserait [l’animal] casher, comme la rate et les reins : cela est tréfa. Sauf la matrice : si elle a été broyée, [l’animal] est permis. Les simanim (trachée et œsophage) n’ont pas besoin d’examen : la chute ne les écrase pas. (Rema : Si elle a été frappée d’une pierre en un seul endroit, elle n’a besoin d’examen qu’en face de l’endroit où elle a été frappée, et non aux autres organes.)

אם עמדה תוך מעל"ע די לה בבדיקה. (ודוקא שעמדה מעצמה אבל העמידוה לאו כלום הוא (הר"ן פא"ט):

Si elle s’est tenue debout dans le méét léét, l’examen suffit. (Rema : Seulement si elle s’est tenue d’elle-même ; mais si on l’a mise debout, cela ne compte pas.)

יש מי שאומר שכל שעמדה והלכה אפילו נמצא שינוי באיבריה אין חוששין לה. (כל שאין השינוי מטריף בשאר בהמה) (ב"י בשם רשב"א):

Certains disent : toute [bête] qui s’est tenue debout et a marché, même si l’on trouve un changement dans ses organes, on ne la craint pas — pour autant que le changement ne rende pas tréfa une autre bête.

הלכה כשרה ואינה צריכה בדיקה ואע"פ שלא שהתה מעת לעת במה דברים אמורים כשהלכה הילוך יפה כדרכה אבל הלכה והיא צולעה צריכה בדיקה: הגה וי"א דאנן האידנא לא קים לן בבדיקה ואין להתיר רק בהלכה (בה"ג וטור בשם ב"ה וכל האחרונים) והכי נהוג ולא נקרא הלכה רק כשהלכה ד' אמות הלוך יפה כמו שהלכה קודם שנפלה או כשאר בהמה (רשב"א והרמב"ן ור"ן וא"ו הארוך) ואם הלכה ואחר כך אינה יכולה לילך דינה כשאר מסוכנת (מהרי"ק שורש ס"א):

Si elle a marché, elle est casher et n’a pas besoin d’examen, même si elle n’a pas attendu méét léét. Cela n’est dit que si elle a marché d’une marche belle, comme à son habitude ; mais si elle a marché en boitant, elle a besoin d’examen. (Rema : Certains disent qu’aujourd’hui nous ne sommes pas experts en bedika (examen), et qu’il ne faut permettre que si elle a marché. Tel est l’usage. On n’appelle « marche » que si elle a marché quatre amot d’une marche belle, comme elle marchait avant de tomber, ou comme une autre bête. Si elle a marché puis ne peut plus marcher, son statut est celui de toute autre mesoukenet (bête en danger).)

עוף שנחבט על פני המים אם שט מלא קומתו ממטה למעלה לעומת המים אין חוששין לו אבל אם שט ממעלה למטה עם הילוך המים חוששין לו וצריך בדיקה ואם קדם לתבן או קש שמהלכים על גב המים בשוה לו הרי זה שט מחמת עצמו ואין חוששין לו:

Volaille qui s’est heurtée à la surface de l’eau : si elle a nagé de toute sa hauteur, de bas en haut, à contre-courant, on ne la craint pas. Mais si elle a flotté de haut en bas avec le courant, on la craint et elle a besoin d’examen. Si elle a devancé la paille ou le foin qui vont à la surface de l’eau au même niveau qu’elle, c’est qu’elle nage par elle-même, et on ne la craint pas.

דבקו כנפיו בדבק בשעת צידה ונחבט אם שני כנפיו נדבקו בדף שצדין אותו בו חוששין וצריך בדיקה ואם לא נדבק בו אלא אחד מהם אין חוששין שהוא פורח מעט בכנף השני:

On a collé ses ailes avec de la glu au moment de la chasse, et elle s’est heurtée : si ses deux ailes se sont collées à la planche avec laquelle on la chasse, on craint et elle a besoin d’examen. Si une seule s’y est collée, on ne craint pas : elle vole un peu de l’autre aile.

זכרים המנגחים זה את זה ונפלו לארץ חוששין להם:

Les mâles qui se heurtent l’un l’autre et sont tombés à terre : on les craint.

שור שהרביצוהו לשחיטה אף על פי שנפל נפילה גדולה שיש לה קול בעת שמפילים אותו אין חוששין לו מפני שנועץ צפרניו ומתחזק עד שמגיע לארץ (לשון רמב"ם שם דין י"ב): הגה ודוקא שלא קשרו כל רגליו כשהפילוהו אבל אם כל רגליו קשורים בשעה שמפילין אותו חוששין לו (מרדכי פא"ט בשם ראבי"ה ומשמעות שערים שער ל"ד ולא כאו"ה):

Un bœuf qu’on a fait accroupir pour la che'hita (abattage rituel) : même s’il est tombé d’une grande chute qui fait du bruit au moment où on le fait tomber, on ne le craint pas, parce qu’il plante ses sabots et se raidit jusqu’à arriver à terre. (Rema : Seulement si l’on n’a pas lié toutes ses pattes quand on l’a fait tomber. Mais si toutes ses pattes sont liées au moment où on le fait tomber, on le craint.)

קפצה מדעתה אפילו ממקום גבוה הרבה אע"פ שאנו רואים שאינה יכולה לילך אין חוששין לה (ר"ן) לא שנא קפצה מחלון שבכותל לא שנא מארובה שבאמצע הגג לפיכך אם הניחה למעלה ובא ומצאה למטה אין חוששין לה:

Si elle a sauté de son gré, même d’un endroit très élevé, bien que nous voyions qu’elle ne peut pas marcher, on ne la craint pas. Qu’elle ait sauté d’une fenêtre du mur ou d’une lucarne au milieu du toit, c’est tout un. Aussi, si on l’a laissée en haut et qu’on la trouve en bas, on ne la craint pas.

גנבים שגנבו בהמה מהדיר אפילו השליכוהו מעבר לגדר שהוא גבוה מאד אין חוששין מפני שהם מכוונים להפילה על מתניה כדי שתוכל לרוץ לפניהם לכן בשעה שמחזירין אותה אם מחמת תשובה מחזירים אותה מותרת מפני שמכוונים להפילה בענין שלא יפסידוה אבל אם לא החזירוה אלא מחמת יראה חוששין לה:

Des voleurs qui ont volé une bête de l’étable : même s’ils l’ont jetée par-dessus une clôture très haute, on ne craint pas, parce qu’ils visent à la faire tomber sur ses reins afin qu’elle puisse courir devant eux. Aussi, au moment où ils la rendent : s’ils la rendent par repentir, elle est permise, parce qu’ils visent à la faire tomber de manière à ne pas la perdre ; mais s’ils ne l’ont rendue que par crainte, on la craint.