שולחן ערוך, יורה דעה

Choulhan Aroukh — Yoré Déa, siman 76

Rabbi Yossef Karo · Rema : Rabbi Moche Isserles · Lois de la viande destinée au rôtissage
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Le rôti n’exige pas de salage : le feu aspire le sang. Rinçage et léger salage coutumiers. Veines non percées. Couteau, broche, lèchefrite. Viande rôtie coupée sur un pain.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

OUIViande destinée au rôtissage
À FAIRERincer, saler un peu sur la broche et rôtir aussitôt selon la coutume.
À FAIREAttendre au moins la moitié du rôtissage avant de recueillir la graisse ou de couper sur un pain.
À ÉVITERTourner la broche sans cesse durant le rôtissage, lekhathila.
OUISang extérieur gouttant sur le rôti
À FAIRERetirer l'épaisseur d'une prise (netila) à l'endroit touché.
OUIVolailles dont les veines n'ont pas été percées à l'abattage
À FAIRECouper la volaille membre par membre avant de la rôtir.
À ÉVITERCouper au couteau une viande non salée encore sur le feu avant la moitié du rôtissage, lekhathila.

Glossaire

lekhathila
a priori
bediavad
après coup
che'hita
abattage rituel
נטילה
prise : couche plus épaisse qu’une pelure
ורידים
veines
סימנים
les deux signes (trachée et œsophage)
שפוד
broche

דין בשר לצלי. ובו ו' סעיפים: הצלי אין צריך מליחה לפי שהאש שואב הדם שבו מעצמו אבל אם דם אחר נטף על הצלי אפי' אותו דם הוא צונן לא אמרינן שהאש שואבו ואוסר ממנו כדי נטילה:

Le rôti n’a pas besoin de salage, car le feu aspire de lui-même le sang qui s’y trouve. Mais si un autre sang a goutté sur le rôti, même si ce sang est froid, on ne dit pas que le feu l’aspire : il en interdit l’épaisseur d’une prise (netila), plus qu’une pelure.

רצה למלוח צלי ולאכלו בלא הדחה עושה ואין לחוש לדם שעל המלח ויש מי שאומר דהני מילי כשמולחו וצולהו מיד אבל אם שהה במלחו המלח בולע ונאסר לפיכך מדיחו יפה קודם צלייה: הגה וי"א דצלי בעי הדחה תחילה (רמב"ן) וי"א דצריך גם כן קצת מליחה תחילה (רש"י) והמנהג להדיחו תחילה וגם למלחו קצת כאשר נתחב בשפוד וצולהו מיד קודם שיתמלא המלח דם (הגהת ש"ד) מיהו אם לא הדיחו ולא מלחו כלל או מלחו בלא הדחה תחילה ונצלה כך מותר ובלבד שלא שהה כך במליחתו בלא הדחה שיעור מליחתו אבל אם שהה כל כך קודם שצלאו אסור (כך משמע בארוך כלל ה') ואין חלוק בכל זה בין אווזות ושאר עופות החלולים (מרדכי וש"ד וב"י ועת"ח כ"ט ד"ו) ובלבד שלא יהיו מלואים בביצים או בשאר בשר אבל אם הם מלואים דינם כבשול וצריכים מליחה תחילה כמו לקדרה (ש"ד) ונהגו להחמיר כשצולין בשר בלא מליחה שלא להפך השפוד תמיד כדי שיזוב הדם (ארוך כלל ט') ובדיעבד אין לחוש ואין חלוק בכל זה בין אם רוצה לאכלו כך צלי או רוצה לבשלו אחר כן רק שיצלנו תחלה כדי שיהא ראוי לאכילה דהיינו כחצי צלייתו (שם) . י"א דכל צלי צריך הדחה אחר צלייתו משום דם הדבוק בו (אגודה ואגור) וכן נוהגין לכתחלה מיהו אם לא הדיחו ואפילו בשלו כך מותר (ע"ל סימן ע"ג) ואפילו נמלח תחלה קודם צלייתו ולא הודח אחר המליחה אפילו הכי מותר ולא חיישינן לדם ומלח שעליו דנורא משאב שאיב (או"ה):

Si l’on veut saler un rôti et le manger sans rinçage, on le fait, et l’on ne s’inquiète pas du sang qui est sur le sel. Il y en a qui disent que cela s’entend lorsqu’on le sale et qu’on le rôtit aussitôt ; mais s’il est resté dans son sel, le sel absorbe et est interdit : c’est pourquoi on le rince bien avant le rôtissage. (Rema : Il y en a qui disent que le rôti a besoin d’un rinçage préalable. Il y en a qui disent qu’il faut aussi un peu de salage préalable. L’usage est de le rincer d’abord et aussi de le saler un peu lorsqu’il est enfilé sur la broche, et de le rôtir aussitôt, avant que le sel ne se remplisse de sang. Toutefois, si on ne l’a ni rincé ni salé du tout, ou si on l’a salé sans rinçage préalable et qu’il a été rôti ainsi, c’est permis, pourvu qu’il n’ait pas séjourné ainsi dans son salage sans rinçage le temps du salage. Mais s’il a séjourné autant avant d’être rôti, c’est interdit. Il n’y a pas de différence en tout cela entre les oies et les autres volailles creuses, pourvu qu’elles ne soient pas farcies d’œufs ou d’autre viande ; mais si elles sont farcies, leur loi est celle de la cuisson, et elles ont besoin d’un salage préalable comme pour la marmite. On a coutume d’être rigoureux, lorsqu’on rôtit de la viande sans salage, de ne pas tourner la broche sans cesse, afin que le sang s’écoule. Bediavad (après coup), on n’y a pas égard. Il n’y a pas de différence en tout cela selon que l’on veut le manger ainsi rôti ou le cuire ensuite, pourvu qu’on l’ait d’abord rôti jusqu’à ce qu’il soit propre à être mangé, c’est-à-dire environ la moitié du rôtissage. Certains disent que tout rôti a besoin d’un rinçage après le rôtissage, à cause du sang qui y adhère. Et c’est ainsi que l’on pratique lekhathila (a priori). Toutefois, si on ne l’a pas rincé, même si on l’a cuit ainsi, c’est permis. Voir plus haut le siman 73. Même s’il a d’abord été salé avant le rôtissage et n’a pas été rincé après le salage, c’est néanmoins permis : on ne craint pas le sang et le sel qui sont dessus, car le feu les aspire.)

לא נקב הורידים [בעוף] בשעת שחיטה אסור לאכלו ואפילו צלי עד שיחתוך אבר אבר ויצלה רצה לאכול ממנו בשר חי אסור עד שיחתוך וימלח ואם נקר הבשר מחוטי דם אוכל אפילו בלא מליחה חי או צלי ואפי' כולו כאחד ויש שהחמירו שלא לאכלו כולו כאחד אפילו בצלי אלא לאחר חתיכת הורידין ורוב שני הסימנים :

Si l’on n’a pas percé les veines [de la volaille] au moment de la che’hita (abattage rituel), il est interdit de la manger, même rôtie, jusqu’à ce qu’on la coupe membre par membre et qu’on la rôtisse. Si l’on veut en manger de la viande crue, c’est interdit jusqu’à ce que l’on coupe et que l’on sale. Si l’on a retiré de la viande les fils de sang, on peut la manger même sans salage, crue ou rôtie, et même tout d’une pièce. Certains ont été rigoureux jusqu’à ne pas la manger tout d’une pièce, même rôtie, si ce n’est après avoir coupé les veines et la majeure partie des deux signes.

יש מי שאוסר לחתוך בסכין צלי שאצל האש שלא נמלח כל זמן שאינו נצלה כל צרכו מפני דם שנבלע בסכין ויש מי שאוסר השפוד שצלו בו בשר בלא מליחה ויש מי שהורה שאסור להשהות הצלי על השפוד לאחר שהוסר מן האש לאחר שפסק הבשר מלזוב שמא יחזור הבשר החם ויבלע ממנו ויש מתירין בכל זה וכן המנהג להתיר: (ואנו נזהרין לכתחילה ומתירין בדיעבד) (מהרא"י והגהת ש"ד ואו"ה כלל ל"ז):

Il y en a qui interdisent de couper au couteau un rôti qui est auprès du feu et qui n’a pas été salé, tant qu’il n’est pas rôti complètement, à cause du sang absorbé par le couteau. Il y en a qui interdisent la broche sur laquelle on a rôti de la viande sans salage. Il y en a qui ont enseigné qu’il est interdit de laisser le rôti sur la broche après l’avoir retiré du feu, une fois que la viande a cessé de dégoutter, de peur que la viande chaude n’absorbe de nouveau. Il y en a qui permettent en tout cela, et c’est ainsi que l’usage est de permettre. (Rema : Nous nous en gardons lekhathila, et nous permettons bediavad.)

צלי שלא נמלח וחתכו על גבי ככר אף על פי שיש בככר מראה אודם מותר אם נצלה עד כדי שהוא ראוי לאכילה לרוב בני אדם (דהיינו חצי צלייתו וה"ה שהמוהל בלא ככר נמי שרי) (ב"י בשם הרשב"א):

Un rôti qui n’a pas été salé et que l’on a coupé sur un pain : bien qu’il y ait sur le pain une apparence de rougeur, c’est permis, s’il a été rôti jusqu’à être propre à être mangé pour la plupart des gens — c’est-à-dire la moitié du rôtissage. Il en est de même du jus, même sans pain : il est permis.

בשר שצולין בלא מליחה אין נותנין כלי תחתיו לקבל שמנונית הנוטף ממנו עד שיצלה עד שיהא ראוי לאכילה על ידי צליה זו:

De la viande que l’on rôtit sans salage, on ne place pas de récipient dessous pour recueillir la graisse qui en dégoutte, jusqu’à ce qu’elle soit rôtie au point d’être propre à être mangée grâce à ce rôtissage.