שולחן ערוך, יורה דעה

Choulhan Aroukh — Yoré Déa, siman 110

Rabbi Yossef Karo · Rema : Rabbi Moche Isserles · Loi du doute de treifa survenu dans de la viande
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Une chose importante n’annule pas, même en mille. Viande prise d’un étal fixe : le doute est comme moitié-moitié ; viande séparée : on suit la majorité. Le double doute et la disparition d’une pièce importante sont traités ici.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

OUIChose importante (êtres vivants, chose que l'on compte, morceau digne d'être honoré)
À ÉVITERElle interdit dans son espèce en toute quantité et ne s'annule pas, même en mille
OUIViande prise d'une boutique fixe dont on ignore si c'est la seule vendant de l'interdit
À ÉVITERC'est interdit, car un interdit fixé à sa place est considéré comme moitié-moitié
OUIViande trouvée au marché où la majorité des boutiques vendent du permis
À FAIREElle est permise par la Torah, car ce qui s'est séparé provient de la majorité
OUIChose importante interdite qui a été mangée par erreur ou perdue dans un mélange
À FAIRELes autres pièces sont permises car on présume que c'est l'interdit qui a disparu
À ÉVITEROn ne les mangera que deux par deux, et pas par une seule et même personne

Glossaire

דבר חשוב
chose importante
דבר שבמנין
chose que l’on compte à l’unité
אגוזי פרך
noix de Perekh
רמוני בדן
grenades de Badan
חביות סתומות
tonneaux scellés
חלפות תרדין
pousses de bettes
קלחי כרוב
tiges de chou
דלעת יונית
courge grecque
ככרות של בעל הבית
pains du particulier
כל קבוע כמחצה על מחצה דמי
tout [interdit] fixé à sa place est considéré comme moitié-moitié
כל דפריש מרובא פריש
ce qui s’est séparé s’est séparé de la majorité
ספק ספיקא
double doute
מקולין
étal de boucherie
בריה
créature entière
דבר שיש לו מתירין
chose qui a une permission [ultérieure]
סירכא
adhérence [du poumon]
חזקה
présomption
נבילה
neveila (bête non abattue rituellement)
טריפה
treifa (bête atteinte d’un défaut qui la rend interdite)
שחיטה
che’hita (abattage rituel)

דין ספק טריפות שאירע בבשר. ובו י' סעיפים: דבר חשוב אוסר במינו בכל שהוא והם ז' דברים ואלו הם אגוזי פרך ורמוני בדן וחביות סתומות וחלפות תרדין וקלחי כרוב ודלעת יונית וככרות של בעל הבית וכן בעלי חיים חשובים הם ואינם בטלים אבל שאר דברים אף על פי שדרכן לימנות הרי אלו עולים כשיעורן: הגה ויש אומרים דכל דבר שבמנין דהיינו שדרכו למנותו תמיד אינו בטל (טור בשם ר"י וב"י) וכן נוהגין. הא דדבר חשוב אינו בטיל אינו אלא מדרבנן ואזלינן בספיקו לקולא (ארוך כלל כ"ה והרמב"ם פי"ז דמאכלות אסורות ותוספות דזבחים סוף דף ע"ג ואגודה שם ורא"ש פרק ג"ה ורשב"א בת"ה ונ"י פ' הערל ועוד הרבה פוסקים כמו שיתבאר בסי' זה בכמה דוכתי): כל דבר שהוא חשוב אצל בני מקו' מהמקומות כגון אגוזי פרך ורמוני בדן בארץ ישראל באותם הזמנים הוא אוסר בכל שהוא לפי חשיבותו באותו מקום ובאותו זמן ולא הוזכרו אלו אלא לפי שהן אוסרים בכל שהן בכל מקום וה"ה בכל כיוצא בהן בשאר מקומות:

Une chose importante interdit dans son espèce en quelque quantité que ce soit. Ce sont sept choses, et les voici : les noix de Perekh, les grenades de Badan, les tonneaux scellés, les pousses de bettes, les tiges de chou, la courge grecque et les pains du particulier. De même, les êtres vivants sont importants et ne s’annulent pas. Mais les autres choses, même si l’on a l’habitude de les compter, s’annulent selon leur mesure. (Rema : Certains disent que toute chose que l’on compte, c’est-à-dire dont on a toujours l’habitude de compter les unités, ne s’annule pas ; et c’est ainsi que l’on pratique. Le fait qu’une chose importante ne s’annule pas n’est que rabbinique, et dans le doute on va à l’indulgence.) Toute chose importante aux yeux des gens d’un lieu — comme les noix de Perekh et les grenades de Badan en Terre d’Israël à ces époques — interdit en quelque quantité que ce soit selon son importance en ce lieu et en ce temps. Celles-ci n’ont été mentionnées que parce qu’elles interdisent en quelque quantité que ce soit en tout lieu ; et il en est de même pour tout ce qui leur ressemble dans les autres lieux.

בעלי חיים שנתערבו באחרים ונשחטו בטל חשיבותן ובטלין והוא שנשחטו בשוגג (ודוקא בעלי חיים קטנים שאינן ראוים להתכבד לאחר שחיטתן) (או"ה כלל כ"ה):

Des êtres vivants mélangés à d’autres et qu’on a abattus : leur importance tombe et ils s’annulent, à condition qu’on les ait abattus shogeg (par erreur). Et seulement des êtres vivants petits, qui ne sont pas dignes d’être honorés après leur che’hita (abattage rituel).

ט' חנויות מוכרות בשר שחוטה ואחת מוכרת בשר נבילה ולקח מאחת מהן ואין ידוע מאיזה מהן לקח הרי זה אסור שכל קבוע כמחצה על מחצה דמי אבל בשר הנמצא בשוק או ביד עובד כוכבים מותר כיון שרוב החנויות מוכרו' בשר שחוטה דכל דפריש מרובא פריש זהו דין תורה אבל חכמים אסרוהו אף על פי שכל השוחטים וכל המוכרים ישראל: הגה ועיין לעיל סימן ס"ג והא דאמרינן כל דפריש מרובא פריש היינו שלא פירש לפנינו אבל אם פירש לפנינו או שרואה כשהעובד כוכבים לקחו הוי כאילו לקחו משם בידו (טור בשם רשב"א ותוס' פרק ג"ה דף צ"ה ור"ן שם והג"א בשם ר"י ותוס' ואגודה פ' התערובות ורא"ש בתשובה כלל כ' סימן ט"ו וסמ"ג סוף דף נ"ב וסמ"ק סימן רי"ד וש"ד סימן מ"ו ור' ירוחם נט"ו והמ"מ פ"ה מהמ"א בשם המפרשים):

Neuf boutiques vendent de la viande d’abattage rituel et une vend de la viande neveila (bête non abattue rituellement). S’il a pris dans l’une d’elles et que l’on ne sait pas de laquelle il a pris, c’est interdit, car tout [interdit] fixé à sa place est considéré comme moitié-moitié. Mais de la viande trouvée au marché ou dans la main d’un non-juif est permise, puisque la majorité des boutiques vendent de la viande d’abattage rituel : ce qui s’est séparé s’est séparé de la majorité. Telle est la loi de la Torah ; mais les Sages l’ont interdit même si tous les abatteurs et tous les vendeurs sont israélites. (Rema : Voir plus haut siman 63. Et ce que l’on dit « ce qui s’est séparé s’est séparé de la majorité », c’est lorsqu’il ne s’est pas séparé devant nous ; mais s’il s’est séparé devant nous, ou si l’on voit le non-juif le prendre, c’est comme si on l’avait pris de là de sa propre main.)

רוב חנויות מוכרות בשר שחוטה ומיעוט מוכרות בשר נבילה לקח מאחת מהן ואינו יודע מאיזו מהן לקח ונתערבה באחרות ואינה ניכרת בטלה ברוב משום ספק ספיקא: הגה ויש אוסרין בכה"ג משום דכל מקום דאיסור במקומו הוי כמחצה על מחצה והואיל וספק הראשון אסור מן התורה ואין כאן עוד ספיקא להתיר רק תערובות לא מקרי ספק ספיקא (ארוך כלל כ"ה) והכי נהוג:

La majorité des boutiques vendent de la viande d’abattage rituel et une minorité vendent de la viande neveila. Il a pris dans l’une d’elles et ne sait pas de laquelle, et [cette pièce] s’est mélangée à d’autres et n’est plus reconnaissable : elle s’annule dans la majorité, en raison d’un double doute. (Rema : Certains interdisent en tel cas, parce que partout où l’interdit est à sa place, c’est comme moitié-moitié ; et puisque le premier doute est interdit d’après la Torah et qu’il n’y a plus ici d’autre doute pour permettre que le mélange, on n’appelle pas cela un double doute. Et c’est ainsi que l’on pratique.)

מי שלקח בשר מהמקולין (פי' בית המטבחים) ואפילו חתיכה הראויה להתכבד ונמצאת טרפה במקולין ולא נודעו חתיכות הטרפה ואינו יודע מאיזו לקח כל מה שלקחו מהמקולין קודם שנמצאת הטרפה מותר שלא נפל הספק בקבוע אלא לאחר שפירש וכיון שהרוב כשר מותר אבל ליקח מכאן ואילך אסור ואפילו חתיכה שאינה ראויה להתכבד שאין הכל בקיאין בזה ויטעו בין ראויה להתכבד לשאינה ראויה:

Celui qui a pris de la viande de l’étal de boucherie — même un morceau digne d’être honoré — et l’on a trouvé une treifa (bête atteinte d’un défaut qui la rend interdite) à l’étal, sans que l’on sache quels sont les morceaux de la treifa ni de lequel il a pris : tout ce qu’il a pris de l’étal avant que l’on trouve la treifa est permis, car le doute n’est pas tombé sur un [interdit] fixé à sa place, mais après qu’il s’est séparé ; et puisque la majorité est casher, c’est permis. Mais prendre désormais est interdit, même un morceau qui n’est pas digne d’être honoré, car tout le monde n’est pas expert en cela et l’on se tromperait entre ce qui est digne d’être honoré et ce qui ne l’est pas.

בעלי חיים ושאר דברים החשובים שנתערבו בהיתר שאינם בטלים אפי' באלף אפי' אם פירש אחד מן הרוב אחר שנודעה התערובת אסור והוא שהפרישו במתכוין אבל אם פירש ממילא שרי: הגה והא דאסור אם הפרישו במתכוין היינו שלא פירש רק מעט ונשארו מקצת האיסורים במקומם דאז חיישינן שמא יקח מן הקבוע גם כן אבל אם נתפרשו כולן ביחד ולא נשארו במקומן ובשעת עקירתן פירשו קצתן אותן שפירשו אז מותרים (דברי קבלה מחמיו הגאון מהר"ר שכנא ז"ל) רק שנים האחרונים אסורים (טור ס"ס נ"ז) ואם נתערבה תרנגולת טרפה בכשרות ונמצא ביצה ביניהם הביצה מותרת אע"ג דהתרנגולים חשובים ולא מתבטלין לגבי ביצה אזלינן בתר רובא (ארוך כלל כ"ו):

Des êtres vivants et les autres choses importantes mélangés à du permis, qui ne s’annulent pas même en mille : même si l’un s’est séparé de la majorité après que le mélange a été connu, c’est interdit — à condition qu’on l’ait séparé à dessein. Mais s’il s’est séparé de lui-même, c’est permis. (Rema : L’interdiction si on l’a séparé à dessein, c’est lorsqu’on n’en a séparé qu’un peu et qu’il reste encore une partie des interdits à leur place, car alors on craint que l’on ne prenne aussi de ce qui est fixé à sa place. Mais si tous se sont séparés ensemble et n’ont pas été laissés à leur place, et qu’au moment de les déplacer une partie s’est séparée, ceux qui se sont alors séparés sont permis ; seuls les deux derniers sont interdits. Si une poule treifa s’est mélangée à des poules casher et que l’on trouve un œuf parmi elles, l’œuf est permis : bien que les poules soient importantes et ne s’annulent pas, à l’égard de l’œuf on suit la majorité.)

דבר שאינו בטל מחמת חשיבותו כגון בעלי חיים ובריה וחתיכה הראויה להתכבד ודבר שיש לו מתירין שנתערב באחרים ונאכל אחד מהם בשוגג (בין שאכלו עצמו בשוגג בין שאכלוהו אחרים בשוגג) (ת"ה סימן קע"ה) או נפל מעצמו לים בענין שנאבד מן העולם הותרו כל האחרים שאנו תולין לומר האיסור הלך לו ודוקא כשאוכל הנשארות שתים שתים ביחד דממה נפשך איכא חדא דהיתרא אבל לאוכלם אחת אחת אסור: הגה ואפילו לאכלם שתים שתים אסור לאדם אחד לאכול את כולם ואפי' ב' בני אדם אין לאכלם כולם בבת אחת (ב"י לדעת טור):

Une chose qui ne s’annule pas en raison de son importance — comme les êtres vivants, une créature entière, un morceau digne d’être honoré, et une chose qui a une permission [ultérieure] — qui s’est mélangée à d’autres, et dont l’une a été mangée shogeg, que ce soit lui-même qui l’ait mangée par erreur ou que d’autres l’aient mangée par erreur, ou est tombée d’elle-même à la mer de sorte qu’elle a disparu du monde : toutes les autres sont permises, car nous présumons que c’est l’interdit qui s’en est allé. Et seulement si l’on mange les restantes deux par deux ensemble, car de toute façon il y en a une de permis ; mais les manger une à une est interdit. (Rema : Même pour les manger deux par deux, il est interdit à une même personne de les manger toutes ; et même deux personnes ne les mangeront pas toutes en même temps.)

דבר שאינו בטל מחמת חשיבותו שנתערב באחרים ונפל מהתערובות הזאת אחד לשנים אחרים ונפל מן השלשה אחד לשנים אחרים הרי אלו האחרים מותרים שהרי האחד של תערובות הראשונה בטל ברוב ואם נפל אחד מהתערובות הראשונה לאלף כולם אסורים ולא נאמר בטל ברוב אלא להתיר ספק ספיקן שאם יפול מן התערובות השניה למקום אחר אינו אוסר. (לשון רמב"ם פרק ט"ז מהמ"א דין י'): הגה ומכל מקום אין לאדם אחד לאכול את כולן ודוקא שהאיסור שנתערב הוא ודאי איסור אבל ספק איסור שנתערב ונפל מאותה תערובות למקום אחר התערובות השנית שרי (ארוך כלל כ"ו) יש אומרים דדבר שיש לו מתירין אין להתיר מכח ספק ספיקא (שם כלל כ"ה) וטוב להחמיר אם לא לצורך מאחר שיש לו היתר בלאו הכי:

Une chose qui ne s’annule pas en raison de son importance, mélangée à d’autres : si de ce mélange l’un est tombé parmi deux autres, et que des trois l’un est tombé parmi deux autres, ces derniers sont permis, car celui du premier mélange s’annule dans la majorité. Si l’un du premier mélange est tombé parmi mille, tous sont interdits ; on ne dit « il s’annule dans la majorité » que pour permettre un double doute : si de ce second mélange l’un tombe ailleurs, il n’interdit pas. (Rema : Quoi qu’il en soit, une même personne ne les mangera pas toutes. Et seulement si l’interdit mélangé est un interdit certain ; mais un doute d’interdit qui s’est mélangé, et dont une pièce de ce mélange est tombée ailleurs : le second mélange est permis. Certains disent que pour une chose qui a une permission [ultérieure], on ne permet pas en vertu d’un double doute. Il est bon d’être strict, sauf nécessité, puisqu’elle a de toute façon une permission.)

ספק טרפה שנתערב באחרות כולן אסורות עד שיהא בהיתר כדי לבטל האיסור אם הוא מדברים המתבטלים שכיון שספק הראשון היה בגופו אין להתירו מספק ספיקא: הגה ויש אומרים הטעם דאסור הואיל והספק הוא איסור דאורייתא ולא נוכל לומר עוד ספק שאין כאן איסור רק שנתערב באחרים לא מקרי ספק ספיקא ואסור (שם) אבל אם היו ב' ספיקות אם היה כאן איסור כלל ונודעו ב' הספיקות ביחד מתירין ס"ס בכל מקום אפי' באיסור דאורייתא וגופו של איסור ואפילו היה לו חזקת איסור כגון עוף שבחזקת איסור עומד ונשבר או נשמט גפו ספק מחיים או לאחר שחיטה ואם תמצא לומר מחיים שמא לא נקבה הריאה יש להתיר מכח ספק ספיקא אע"פ שיש לברר על ידי בדיקת הריאה אין לחוש ועיין לעיל סימן נ"ג:

Un doute de treifa mélangé à d’autres : toutes sont interdites, jusqu’à ce qu’il y ait dans le permis de quoi annuler l’interdit, s’il s’agit de choses qui s’annulent. Car le premier doute était dans le corps même de la pièce, et l’on n’a pas à le permettre par un double doute. (Rema : Certains disent que la raison de l’interdiction est que le doute est un interdit de la Torah, et que l’on ne peut plus dire qu’il y a un doute qu’il n’y ait pas d’interdit, mais seulement qu’il s’est mélangé à d’autres : cela ne s’appelle pas un double doute, et c’est interdit. Mais s’il y avait deux doutes quant à l’existence même d’un interdit, et que les deux doutes ont été connus ensemble, on permet par double doute en tout lieu, même pour un interdit de la Torah et dans le corps même de l’interdit, et même s’il avait une présomption d’interdit — par exemple un oiseau qui se tient en présomption d’interdit, dont l’aile s’est brisée ou disloquée, doute si c’est de son vivant ou après la che’hita, et à supposer que ce soit de son vivant, peut-être le poumon n’a-t-il pas été percé : on permet en vertu d’un double doute, bien que l’on puisse vérifier en inspectant le poumon ; on n’a pas à s’en soucier. Voir plus haut siman 53.)

ריאה טרפה שנמצאת בין ריאות כשרות ואמר הבודק שהי' יודע באות' סירכא ובשגגה נתערבו אותה ריאה טרפה בין הכשרות ולא היתה בכבשים ערבוביא הכבשים מותרים:

Un poumon treifa trouvé parmi des poumons casher, et le contrôleur dit qu’il connaissait cette adhérence et que, par erreur, ce poumon treifa s’est mélangé parmi les casher, et qu’il n’y avait pas de confusion parmi les moutons : les moutons sont permis.