Les Sages ont interdit le pain des cinq céréales cuit par un non-juif à cause des mariages mixtes. On distingue le pain du boulanger, parfois permis par détresse, et le pain du particulier, toujours interdit. Un Israélite qui attise le feu ou jette une brindille permet le pain.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.
[INTERDIT] Manger le pain des cinq espèces de céréales cuit par un non-juif, à cause des mariages mixtes. [CAS] Pain d'un particulier non-juif : Toujours interdit, même acheté via un boulanger ou envoyé à un Israélite. [CAS] Pain du boulanger non-juif : Permis en cas de détresse, s'il n'y a pas de boulanger israélite, ou si le pain est d'une espèce supérieure. [FAIRE] Pour autoriser la cuisson : Un Israélite doit allumer le four, jeter une brindille dans le feu ou l'attiser. [ÉVITER] Acheter des morceaux de pain isolés chez le non-juif, de crainte qu'il s'agisse de pain interdit revendu. [CAS] Pâtisseries et douceurs : Soumises aux mêmes règles que le pain, permises là où le pain de boulanger est autorisé.
דיני פת של עובדי כוכבים. ובו ט"ז סעיפים:אסרו חכמים לאכול פת של עממים עובדי כוכבים משום חתנות (ואפילו במקום דליכא משום חתנות אסור) (רשב"א סימן רמ"ח) ולא אסרו אלא פת של חמשת מיני דגן אבל פת של קטנית ושל אורז ודוחן אינו בכלל פת סתם שאסרו: הגה וגם אינו אסור משו' בישולי עובדי כוכבי' אם אינו עולה על שלחן מלכי' (טור וב"י בשם תשו' הרא"ש):
Les Sages ont interdit de manger le pain des non-juifs à cause des mariages [mixtes] — et même là où il n’y a pas de crainte de mariages [mixtes], c’est interdit. Ils n’ont interdit que le pain des cinq espèces de céréales ; le pain de légumineuses, de riz et de millet n’entre pas dans le « pain » simplement dit qu’ils ont interdit. (Rema : Il n’est pas non plus interdit au titre de la cuisson du non-juif s’il ne monte pas à la table des rois.)
יש מקומות שמקילין בדבר ולוקחים פת מנחתום העובד כוכבים במקום שאין שם נחתום ישראל מפני שהיא שעת הדחק (וי"א דאפילו במקום שפת ישראל מצוי שרי) (ב"י לדעת המרדכי וסמ"ק והג"א ומהרא"י ואו"ה ריש כלל מ"ד) אבל פת של בעלי בתים אין שם מי שמורה בה להקל שעיקר הגזרה משום חתנות ואם יאכל פת בעלי בתים יבא לסעוד אצלם: הגה ולא מיקרי פת בעל הבית אלא אם עשאו לבני ביתו אבל עשאו למכור מיקרי פלטר אע"פ שאין דרכו בכך וכן פלטר שעשאו לעצמו מיקרי בעל הבית (כך משמע בב"י):
Il est des lieux où l’on est indulgent et l’on prend du pain chez un boulanger non-juif, là où il n’y a pas de boulanger israélite, parce que c’est une situation de détresse. Certains disent que même là où le pain d’Israël se trouve, c’est permis. Mais pour le pain des particuliers, personne n’autorise l’indulgence : l’essentiel du décret est à cause des mariages [mixtes], et si l’on mange le pain des particuliers, on en viendra à s’attabler chez eux. (Rema : On n’appelle pain de particulier que s’il l’a fait pour les gens de sa maison ; s’il l’a fait pour vendre, on l’appelle pain de boulanger, même si ce n’est pas son habitude. De même, un boulanger qui l’a fait pour lui-même est appelé particulier.)
יש מי שאומר שאם פלטר הזמין ישראל הרי פתו כפת בעל הבית:
Il en est qui disent que si le boulanger a invité un Israélite, son pain est comme le pain d’un particulier.
מקום שאין פלטר ישראל מצוי לדעת המתירין ליקח פת מפלטר עובד כוכבים אם הגיע שם פלטר ישראל הרי פת פלטר עובד כוכבים אסורה עד שימכור פלטר ישראל פתו ולאחר שכלה פת ישראל חוזר פתו של עובד כוכבים להכשירו:
Là où un boulanger israélite ne se trouve pas, selon l’avis de ceux qui permettent de prendre du pain chez un boulanger non-juif : si un boulanger israélite y arrive, le pain du boulanger non-juif est interdit jusqu’à ce que le boulanger israélite ait vendu son pain ; et après que le pain d’Israël est épuisé, le pain du non-juif redevient permis.
יש אומרים שמי שיש בידו פת או שיש פלטר ישראל ויש פלטר עובד כוכבים עושה פת יפה ממנו או ממין אחר שאין בידו של פלטר ישראל מותר לקנות מפלטר עובד כוכבים במקום שנהגו היתר בפת של פלטר דכיון דדעתו נוחה יותר בפת פלטר זה מפני חשיבותו בעיניו ה"ז בפת דחוקה לו:
Certains disent : celui qui a du pain, ou qu’il y a un boulanger israélite, et qu’il y a un boulanger non-juif qui fait un pain plus beau que le sien, ou d’une autre espèce que n’a pas le boulanger israélite — il est permis d’acheter chez le boulanger non-juif, là où l’on a l’habitude de permettre le pain du boulanger. Puisque son goût le porte davantage vers ce pain à cause de l’importance qu’il a à ses yeux, cela équivaut pour lui à un pain dont il est à l’étroit.
במקום שנהגו היתר בפת של פלטר אפי' הוא נלוש בביצים או שביצים טוחים על פניו מותר אבל אינפנ"דה שאפאה עובד כוכבים אסור לאכול מהפת שלה (ע"ל סימן קי"ג ס"ג): הגה ויש אוסרים בפת שביצים טוחים על פניו משום שהן בעין ואינם בטלים לגבי פת ויש בהם משום בשולי עובד כוכבים (תוספות וסמ"ג והגהות אשיר"י וארוך ומרדכי פא"ט וסמ"ק סי' ר"ז) וכן נוהגין) ואותן נילו"ש שקורין קיכלי"ך או מיני מתיקה שקורין לעקו"ך הם בכלל פת ובמקום שנוהגין היתר בפת של עובד כוכבים גם הם מותרים ולא אמרינן שיש בהם משום בשולי עובד כוכבים ויש מיני נילו"ש שקורין קיכלי"ך שאופין אותם על ברזלים ומושחים הברזל בשעת אפייה בחלב או חזיר באותן יש ליזהר ולאסרן וכן המנהג (מהרא"י בהגהת ש"ד ואגור בשם ר"י מפרי"ש):
Là où l’on a l’habitude de permettre le pain du boulanger, même s’il est pétri avec des œufs ou que des œufs sont étendus à sa surface, c’est permis. Mais une tourte (panada) qu’un non-juif a cuite : il est interdit d’en manger le pain. Voir plus bas siman 113 seif 3. (Rema : Certains interdisent le pain dont la surface est étendue d’œufs, parce qu’ils sont visibles et ne s’annulent pas par rapport au pain, et qu’il y a en eux [l’interdit de] la cuisson du non-juif. Et ainsi l’on pratique. Ces pâtisseries qu’on appelle kichlich, ou ces douceurs qu’on appelle lekah, relèvent du pain ; là où l’on pratique l’autorisation du pain du non-juif, elles aussi sont permises, et l’on ne dit pas qu’il y a en elles [l’interdit de] la cuisson du non-juif. Il est des sortes de pâtisseries qu’on appelle kichlich que l’on cuit sur des fers, et l’on enduit le fer au moment de la cuisson de lait ou de porc : il faut s’en garder et les interdire, et telle est la coutume.)
פת בעה"ב אסורה לעולם אפילו קנאה פלטר ממנו ואפילו שלחה לישראל לביתו וכן אפי' שלחה אותה ישראל לאחר אסורה לעולם ושל פלטר מותרת לעולם אפי' קנאה בעה"ב ממנו שלא הלכו באיסור זה אחר מי שהפת בידו עכשיו אלא אחר מי שהיה לו בשעת אפייה:
Le pain du particulier est toujours interdit, même si un boulanger l’a acheté de lui, et même s’il l’a envoyé chez un Israélite. De même, même si un Israélite l’a envoyé à un autre, il est toujours interdit. Celui du boulanger est toujours permis, même si un particulier l’a acheté de lui : dans cet interdit, on n’a pas suivi celui qui a le pain en main maintenant, mais celui à qui il appartenait au moment de la cuisson.
יש מי שאומר דבמקום שאין פלטר מצוי כלל מותר אפי' של בעלי הבתים (וא"צ להמתין על פת כשר וכן נוהגין) (ב"י בשם א"ח):
Il en est qui disent que là où aucun boulanger ne se trouve du tout, même le pain des particuliers est permis ; et l’on n’a pas à attendre du pain casher, et ainsi l’on pratique.
הדליק עובד כוכבים התנור ואפה בו ישראל או שהדליק ישראל ואפה עובד כוכבים או שהדליק העובד כוכבים ואפה העובד כוכבים ובא ישראל וניער האש מעט הרי זה מותר ואפי' לא זרק אלא עץ אחד לתוך התנור התיר כל הפת שבו שאין הדבר אלא להיות היכר שהפת שלהן אסורה. (ואם נפח באש הוי כחיתוי) (עוד סימן קי"ג ובאגור בשם ר"י מולין והוא בתשובת מהרי"ל רכ"א):
Si un non-juif a allumé le four et qu’un Israélite y a cuit, ou qu’un Israélite a allumé et qu’un non-juif a cuit, ou qu’un non-juif a allumé et qu’un non-juif a cuit et qu’un Israélite est venu attiser un peu le feu — c’est permis. Même s’il n’a jeté qu’un seul bois dans le four, il a permis tout le pain qui s’y trouve : la chose n’est que pour servir de signe distinctif que leur pain est interdit. S’il a soufflé sur le feu, c’est comme attiser.
אם אפו בתנור על ידי עובד כוכבים ג' פעמים ביום א' והכשירו התנור על ידי קיסם בב' הפעמים ובפעם השלישית לא הכשירו מותר (מרדכי) : הגה וי"א דאם הכשיר התנור פעם א' ולא עמד התנור מעת לעת בלא היסק אפילו אפאו בו כך כמה ימים הכל מותר מכח הכשר הראשון (ארוך כלל ע"ד ואגור) ויש לסמוך על זה:
S’ils ont cuit au four par l’intermédiaire d’un non-juif trois fois en un jour, et qu’ils ont casherisé le four par une brindille aux deux premières fois, et à la troisième fois ils ne l’ont pas casherisé — c’est permis. (Rema : Certains disent que s’il a casherisé le four une fois, et que le four n’est pas resté vingt-quatre heures sans chauffage, même s’ils y ont cuit ainsi plusieurs jours, tout est permis en vertu de la première casherisation. On peut s’appuyer là-dessus.)
פת של ישראל שאפאה עובד כוכבים בלי חיתוי דישראל ובלא קיסם אסור (ואסור) לזבוני לעובד כוכבים דילמא אתי לזבוני לישראל ואם פיתת הלחם לשנים מותר לזבוני לעובד כוכבים: הגה וה"ה לכל פת של עובד כוכבים שאסור ולכן נהגו שלא לקנות חתיכות פת מן העובד כוכבים דחיישינן שמא הוא פת איסור ומכרה לו ישראל כך (מרדכי פא"מ ובארוך):
Du pain d’un Israélite qu’un non-juif a cuit sans attisement d’un Israélite et sans brindille est interdit, et il est interdit de le vendre à un non-juif, de peur qu’il ne vienne à le vendre à un Israélite. S’il a rompu le pain en deux, il est permis de le vendre à un non-juif. (Rema : Il en va de même pour tout pain de non-juif qui est interdit. C’est pourquoi l’on a pris l’habitude de ne pas acheter de morceaux de pain chez le non-juif, de crainte que ce ne soit du pain interdit qu’un Israélite lui a vendu ainsi.)
אם אפה עובד כוכבים הפת בלא חיתוי ישראל ובלא קיסם אפילו קרמו פני הפת בתנור מועיל חיתוי ישראל כל זמן שהפת צריך לתנור ומשביח באפייתו עדיין ויש מי שאומר שאפילו הוציא הפת יש תקנה להחזירו לתנור על ידי ישראל אם הוא משביח:
Si un non-juif a cuit le pain sans attisement d’un Israélite et sans brindille, même si la surface du pain a déjà formé une croûte dans le four, l’attisement d’un Israélite est efficace tant que le pain a encore besoin du four et s’améliore par sa cuisson. Il en est qui disent que même s’il a retiré le pain, il y a un remède : le remettre au four par l’intermédiaire d’un Israélite, s’il s’améliore.
מי שאינו נזהר מפת של עובד כובבים שהיסב אצל בעל הבית הנזהר מפת של עובד כוכבים ועל השלחן פת ישראל ופת של עובד כוכבים היפה משל ישראל יבצע בעה"ב מן היפה ומותר בכל אותה סעודה בפת של עובד כוכבים:
Celui qui ne se garde pas du pain du non-juif et qui s’est attablé chez un particulier qui s’en garde, et que sur la table il y a du pain d’Israël et du pain du non-juif plus beau que celui d’Israël : le maître de maison rompra du plus beau, et il est permis pendant tout ce repas au pain du non-juif.
כותח של עובד כוכבים מותר ואין חוששין לפת עובד כוכבים שבו: הגה וכן כל מקום שנתערבה פת של עובד כוכבים בשאר מאכל בטל ברוב בין בלח בין ביבש אבל אסור לערב כדי לאכלו (ארוך):
Le koutah du non-juif est permis, et l’on ne craint pas le pain de non-juif qui s’y trouve. (Rema : De même, partout où du pain de non-juif s’est mélangé à un autre aliment, il s’annule dans la majorité, que ce soit à l’état humide ou à l’état sec. Mais il est interdit de mélanger afin de le manger.)
מי שנזהר מפת עובד כוכבים מותר לאכול בקערה עם מי שאינו נזהר ממנו ואף על פי שטעם פת עובד כוכבים מתערב בפת ישראל אינו חושש: הגה י"א דמי שנזהר מפת של עובד כוכבים ואוכל עם אחרים שאינן נזהרין מותר לאכול עמהם משום איבה וקטטה הואיל ואם לא יאכל עמהם פת שהוא עיקר הסעודה התירו לו משום איבה ואין ללמוד מכאן לשאר איסורין (ב"י בשם תשובה אשכנזית והוא תשובת מהרי"ל סימן ל"ה):
Celui qui se garde du pain du non-juif a le droit de manger dans le même plat avec celui qui ne s’en garde pas ; bien que le goût du pain du non-juif se mêle au pain d’Israël, il n’en a cure. (Rema : Certains disent que celui qui se garde du pain du non-juif et mange avec d’autres qui ne s’en gardent pas a le droit de manger avec eux à cause de l’inimitié et de la querelle : puisque, s’il ne mangeait pas avec eux le pain, qui est l’essentiel du repas, on le lui a permis à cause de l’inimitié. On n’apprendra pas d’ici pour les autres interdits.)
יש מי שאומר שהנזהר מפת עובד כוכבים והוא בדרך אם יש פת של ישראל עד ד' מילין ימתין: (וכבר נתבאר לעיל דנוהגין להקל):
Il en est qui disent que celui qui se garde du pain du non-juif et qui est en chemin, s’il y a du pain d’Israël jusqu’à quatre milles, qu’il attende. On a déjà exposé plus haut que l’on pratique l’indulgence.