שולחן ערוך, יורה דעה

Choulhan Aroukh — Yoré Déa, siman 163

Rabbi Yossef Karo · Rema : Rabbi Moche Isserles · Celui qui fixe du blé pour l’obliger au cours d’aujourd’hui
En bref - de quoi parle ce chiour ?

On peut convertir une créance en blé ou en vin au cours actuel seulement si le débiteur possède déjà cette denrée. Une vente-rachat destinée à déguiser un prêt d’argent est une ruse de ribbit si l’on rembourse en argent.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETCelui qui fixe du blé pour l’obliger au cours d’aujourd’hui
À FAIREConvertir en blé au cours du jour
seulement si le débiteur a déjà du blé à hauteur de la somme — même si le cours n’est pas encore fixé
À FAIRELe vendeur est cru
il dit qu’il en a ; pas besoin de preuve (comme siman 162)
À ÉVITERConvertir sans la denrée
interdit même si le cours est déjà fixé
À FAIREBlé déjà imputé, puis vin
même règle : permis seulement s’il a du vin au cours du marché maintenant
OUI« Prête-moi un mané » — blé au cours puis rachat à 90 (le blé vaut encore 100)
s’il a payé le mané en fruits : permis
NONPayer ce rachat en argent
ruse de ribbit, car il a d’abord dit « prête-moi un mané ». S’il l’a fait, le prêteur extrait 100 en justice — pas même avak ribbit
REMACertains : c’est de l’avak ribbit. Tout ceci seulement s’ils n’en ont pas convenu dès le départ. Convenu dès le départ de racheter à moindre prix = ribbit complète, même payé en fruits.
On peut convertir une créance en blé ou en vin au cours actuel seulement si le débiteur possède déjà cette denrée. Une vente-rachat destinée à déguiser un prêt d’argent est une ruse de ribbit si l’on rembourse en argent.

Glossaire

mané
unité monétaire (cent zouz)
avak ribbit
poussière d’intérêt, interdiction rabbinique
ruse de ribbit
montage destiné à déguiser un intérêt

דין הפוסק חיטין לחייבו כשער של עכשיו. ובו ג' סעיפים:מי שהיה נושה בחבירו מעות ואמר לו תן לי מעותי שאני רוצה ליקח בהם חטים א"ל צא ועשה אותם עלי כשער של עכשיו ויהיה לך אצלי חטים בהלוואה אם יש לו חטים כשיעור מעותיו מותר אפי' לא יצא השער ואם לאו אסור אפי' יצא השער (נ"י בשם רמב"ן והרב המגיד שם ושכן כתב רמב"ן ורשב"א) (ונאמן המוכר לומר שיש לו וא"צ ראייה לדבריו) (הגהות מרדכי דאיזהו נשך) כדלעיל סימן קס"ב:

Celui qui avait une créance d’argent sur son prochain et lui dit : donne-moi mon argent, je veux en acheter du blé. L’autre lui dit : va, compte-les-moi au cours d’aujourd’hui, et tu auras chez moi du blé en prêt. S’il a du blé à hauteur de la somme, c’est permis, même si le cours n’est pas encore fixé. Sinon, c’est interdit, même si le cours est fixé. Le vendeur est cru de dire qu’il en a, et il n’a pas besoin de preuve, comme plus haut siman 162.

הרי שהיה לו חטים ועשה הלואתו עליו ובא אחר זמן ואמר ליה תן לי חטים שאני רוצה למכרם וליקח בדמיהם יין א"ל צא ועשה אותם עלי יין כשער שבשוק עתה אם יש לו יין הרי זה מותר ואם לאו אסור (ר"ן ונ"י):

S’il avait du blé et a imputé sur lui son prêt, puis, après un temps, lui dit : donne-moi le blé, je veux le vendre et en prendre du vin. L’autre lui dit : va, compte-les-moi en vin au cours du marché maintenant. S’il a du vin, c’est permis. Sinon, c’est interdit.

אמר לו הלויני מנה א"ל מנה אין לי חטים במנה יש לי ונתן לו חטים במנה כמו שהוא השער וחזר ולקחם ממנו בצ' (ועדיין הם שוים מאה) (ב"י בשם ת"ר) אם פרע לו לבסוף המנה בפירות מותר אבל אסור לפרוע במעות מפני הערמת רבית מאחר שא"ל תחלה הלויני מנה ואם עבר ועשה הרי הוא מוציא ממנו ק' בדין שאפי' אבק רבית אין כאן: הגה וי"א דהוי אבק רבית (טור בשם הרמב"ן והרא"ש) וכל זה לא מיירי אלא כשלא התנו מתחילה על כך אבל אם התנו מתחילה לקנות ממנו בפחות הוי רבית גמור (המ"מ פ"ה דה"מ בשם הרמב"ן והרשב"א וכן הוא בנ"י) אפילו פרע לו פירות [אסור] (נימוק"י פ' א"נ):

Il lui dit : prête-moi un mané. L’autre lui dit : je n’ai pas de mané ; j’ai du blé pour un mané. Il lui donne le blé pour un mané selon le cours, puis le lui rachète pour quatre-vingt-dix — et le blé vaut encore cent. S’il lui a finalement payé le mané en fruits, c’est permis. Mais il est interdit de payer en argent, à cause de la ruse de ribbit, puisqu’il a d’abord dit : prête-moi un mané. S’il a transgressé et l’a fait, le prêteur en extrait cent en justice, car il n’y a même pas ici d’avak ribbit. (Rema : Certains disent que c’est de l’avak ribbit. Tout ceci ne parle que s’ils n’en ont pas convenu dès le départ. Mais s’ils ont convenu dès le départ de lui racheter à moindre prix, c’est de la ribbit complète. Même s’il a payé en fruits, c’est interdit.)