La mashkanta de Soura et la mashkanta avec déduction (nekhiyéta) permettent au prêteur de jouir des fruits sans ribbit interdite. Sans déduction, et lorsque l’emprunteur peut écarter le prêteur, c’est de l’avak ribbit selon plusieurs avis. On suit l’usage du lieu. On ne rachète pas à moitié. On ne met pas en gage pour une dette ancienne. Une clause de préemption au prix fixé est interdite ; au juste prix, permise.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.
הממשכן בית או שדה על מנת שיאכל פירות. ובו ו' סעיפים:המלוה את חבירו ומשכן לו בית או שדה על מנת שיאכל פירותיו כל ימי המשכונה אם היא כמשכנתא דסורא דהיינו שממשכנה לו לשנים ידועות וכותב במשלם שנין אלין תיפוק ארעא בלא כסף אפילו מרחיב הזמן הרבה שאין מגיע לכל שנה אלא דבר מועט כגון שהלוהו מנה והתנה עמו שאחר עשר שנים תחזור קרקע זו לבעליה חנם והיה שכר אותה קרקע שוה אלף דינרים בכל שנה מותר שאין זה אלא כמי ששכר בפחות וכן אם התנה בעל הקרקע עמו שבכל זמן שירצה הלוה לסלקו שיביא לו מעות ויחשוב לו עשר בכל שנה ויסלקו מהשדה או מהבית והוא יחזיר לו שאר דמים ויסתלק מותר שמאחר שאין כח ביד המלוה לגבות מחובו כלום ולהחזיר הקרקע ללוה אינו אלא שכירות: הגה וי"א דאפילו בלא משכנתא דסורא יש היתר ללוות כיצד אם הלוה לזמן קצוב כך וכך שנים אם הלוה יוכל לסלקו תוך הזמן ומנכה לו כל שנה ושנה אפילו דבר מועט דזהו מקרי משכנתא בנכייתא שרי ואם לא מנכה ליה כלום אסור והוי אבק רבית ואם אין הלוה יכול לסלקו תוך הזמן אפילו בלא נכייתא שרי (טור בשם רש"י ורא"ש) וי"א דאין חילוק בין אתרא דמסלקי ובין אתרא דלא מסלקי אלא בשניהם בנכייתא שרי ובלא נכייתא אסור (ב"י בשם רשב"א) ויש לילך בדבר זה אחר המנהג (תשובת רשב"א ובה"ת) ובמדינות אלו נוהגים היתר במשכנתא בנכייתא אפי' יכול לסלק (רשב"א ונ"י והרב המגיד כתבו מנהג זה) ואין חילוק בזה בין שדה לבית (טור בשם ר"י ור"ת ורבינו ירוחם ועב"ח שגם רא"ש סובר כן) או שאר מטלטלין (מרדכי ובית יוסף ס"ס זה בשם תשובת רשב"א ועיין בח"מ ר"ס ע"ג בהג"ה) דבכל מידי בנכייתא שרי ויש מתירין להלוות על ספרים או מקומות ב"ה ולישב עליהם אפילו בלא נכייתא דהוי לצורך מצוה ומותר ללוות ברבית לצורך מצוה (תשובת מהרי"ל סי' ל"ז והאגודה) וטוב להחמיר לעשות בנכייתא וכל זה לא מיירי אלא כשאחריות המשכונות על המלוה אבל כשהלוה כותב לו אחריות על שאר נכסיו ולא יוכל להגיע למלוה שום הפסד אסור (טור) ובכל מקום דהמשכנתא הוי אבק רבית אם בא הלוה לנכות למלוה הפירות שאכל לא מנכינן ליה דהואיל והמשכנתא הוי ברשות המלוה ולוה עליה מתחילה אילו מנכין ליה מחובו הוי כאילו מוציאין האבק רבית ממנו בדיינים (טור) מיהו אם אמר לו לא בעינא דתיכול עוד פירותי ברבית אם אכלן אח"כ אפי' באתרא דלא מסלקי מנכין לו פירות שאכל אח"כ (ב"י בשם הראב"ד ובתה"ד סי' ש"ה בשם הרמב"ן):
Celui qui prête à son prochain et se fait mettre en gage une maison ou un champ, à condition d’en manger les fruits tous les jours du gage : si c’est comme une mashkanta de Soura — c’est-à-dire qu’on la lui met en gage pour des années déterminées et que l’on écrit : « Au terme de ces années, la terre sortira sans argent » —, même s’il allonge beaucoup le délai, de sorte qu’il ne revient à chaque année qu’une chose minime — par exemple il lui a prêté un mané et a convenu qu’au bout de dix ans cette terre reviendrait à son maître gratuitement, alors que le loyer de cette terre valait mille dinars par an —, c’est permis : ce n’est rien d’autre que comme quelqu’un qui a loué à bas prix. De même, si le maître de la terre a convenu avec lui que, chaque fois que l’emprunteur voudra l’écarter, il lui apportera de l’argent, qu’il lui compte dix par an et l’écarte du champ ou de la maison, et que [le prêteur] lui rende le reste de l’argent et se retire : c’est permis. Puisqu’il n’est pas au pouvoir du prêteur de recouvrer quoi que ce soit de sa créance et de rendre la terre à l’emprunteur, ce n’est rien d’autre qu’une location. (Rema : Certains disent que même sans mashkanta de Soura il y a une autorisation d’emprunter. Comment ? S’il a prêté pour un temps fixé de tant d’années : si l’emprunteur peut l’écarter pendant le délai et qu’il lui déduit chaque année même une chose minime, c’est ce que l’on appelle mashkanta avec nekhiyéta (déduction), et c’est permis. S’il ne lui déduit rien, c’est interdit et c’est de l’avak ribbit (poussière de ribbit). Si l’emprunteur ne peut pas l’écarter pendant le délai, c’est permis même sans déduction (Tour au nom de Rachi et du Roch). Certains disent qu’il n’y a pas de différence entre un lieu où l’on peut écarter et un lieu où l’on ne peut pas écarter : dans les deux, avec déduction c’est permis, sans déduction c’est interdit (B.Y. au nom du Rachba). En cela, il faut suivre l’usage (responsum du Rachba et Baal Hatéroumot). Dans ces pays, on a l’usage de permettre la mashkanta avec déduction, même s’il peut écarter (Rachba, Nimouké Yossef et le Rav Hamaguïd ont écrit cette coutume). Il n’y a pas de différence en cela entre un champ et une maison (Tour au nom de R. Y., de Rabbenou Tam, de Rabbenou Yerouham ; et Avné Zerazim, que le Roch aussi est de cet avis), ou d’autres meubles (Mordekhai et Beit Yossef à la fin de ce siman, au nom d’une responsum du Rachba ; voir au 'Hochen Michpat, début du siman 73, dans le Rema) : pour toute chose, avec déduction c’est permis. Certains permettent de prêter sur des livres ou des places de synagogue et de s’y asseoir, même sans déduction, car c’est pour le besoin d’une mitsva, et il est permis d’emprunter avec ribbit (intérêt) pour le besoin d’une mitsva (responsum du Maharil, siman 37, et Agouda). Il est bon de se montrer rigoureux et de le faire avec déduction. Tout cela ne traite que du cas où la responsabilité des gages pèse sur le prêteur. Mais si l’emprunteur lui écrit une responsabilité sur ses autres biens, de sorte qu’aucune perte ne puisse atteindre le prêteur, c’est interdit (Tour). Partout où la mashkanta est de l’avak ribbit, si l’emprunteur vient déduire au prêteur les fruits qu’il a mangés, on ne les lui déduit pas : puisque la mashkanta était au pouvoir du prêteur et qu’il a prêté dessus dès le départ, si on les lui déduisait de sa créance, ce serait comme si l’on retirait de lui l’avak ribbit par les juges (Tour). Toutefois, s’il lui a dit : « Je ne veux plus que tu manges encore mes fruits à titre de ribbit », et qu’il les a mangés ensuite, même dans un lieu où l’on ne peut pas écarter, on lui déduit les fruits qu’il a mangés ensuite (B.Y. au nom du Raavad ; Teroumat Hadechen, siman 305, au nom du Ramban).)
משכונא זו אם בא המלוה לחזור ולהשכירה ללוה בדבר קצוב לשנה יש אוסרין (בה"ת וריב"ש סי' ש"ה בשם רמב"ן) ויש מתירין (ריב"ש בשם י"א מביאו ב"י בסי' קס"ד) ואם אדם אחר שכרה מהמלוה יכול הוא לשכרה ממנו: הגה ועיין לעיל סימן קס"ד גם נתבאר לעיל אם אכל המלוה הפירות לאחר זמן המשכנתא:
Cette mashkanta : si le prêteur veut revenir la louer à l’emprunteur pour une somme fixée par an, certains l’interdisent (Baal Hatéroumot et Rivach, siman 305, au nom du Ramban), et certains le permettent (Rivach au nom de certains, rapporté par le B.Y. au siman 164). Si un autre l’a louée du prêteur, celui-ci peut la louer de lui. (Rema : Voir plus haut au siman 164. On a aussi expliqué plus haut le cas où le prêteur a mangé les fruits après le terme de la mashkanta.)
במשכנתא זו אם נותן המלוה ללוה דבר מועט לשנה בשביל שיקבל עליו איזה תיקון קל כגון שבירת קורה וכיוצא בזה מותר ואם נותן לו דבר קצוב לשנה כדי שיקבל אחריות מנפילה או שריפה יש מי שאוסר: הגה כל משכנתא אינה נפדית לחצאין ואם הביא לו קצת מעותיו המלוה אוכל פירותיו עד שיתן לו כולם (ב"י בשם הרשב"א) הא דמשכנתא שריא דוקא כשהשכין לו השדה בשעה שנותן לו המעות דהוי כמכר אבל אם נותנה לו בחוב קדום אסור (ב"י בשם עיטור) ואם עשו משכונא סתם ולא התנו זה עם זה במשכנתא דסורא או בנכייתא אזלינן בתר מנהג העיר ומסתמא דעתייהו כמנהג העיר וכן אם יוכל לסלקו הולכים אחר המנהג (ב"י בשם בעל התרומות) ועיין ס"ק כ"ד ועי' בחושן המשפט נתבארו בו שאר דיני המשכנתא :
Dans cette mashkanta, si le prêteur donne à l’emprunteur une chose minime par an, pour qu’il prenne sur lui quelque réparation légère, comme la rupture d’une poutre et ce qui y ressemble, c’est permis. S’il lui donne une somme fixée par an pour qu’il prenne la responsabilité d’une chute ou d’un incendie, il y a qui l’interdit. (Rema : Toute mashkanta ne se rachète pas par moitié : s’il lui a apporté une partie de son argent, le prêteur mange les fruits jusqu’à ce qu’il lui donne le tout (B.Y. au nom du Rachba). Ce qui rend la mashkanta permise, c’est seulement s’il lui a mis le champ en gage au moment où il lui donne l’argent : c’est alors comme une vente. Mais s’il le lui donne pour une dette ancienne, c’est interdit (B.Y. au nom de l’Itour). S’ils ont fait une mashkanta sans rien préciser, et n’ont convenu ni d’une mashkanta de Soura ni d’une déduction, on va selon l’usage de la ville, et l’on présume que leur intention est selon l’usage de la ville. De même, s’il peut l’écarter, on suit l’usage (B.Y. au nom du Baal Hatéroumot). Voir s.k. 24, et voir au 'Hochen Michpat, où sont exposées les autres lois de la mashkanta.)
הממשכן בית או שדה ביד חבירו והיה בעל הקרקע הוא אוכל פירותיהן וא"ל המלוה לכשתמכור קרקע זו לא תמכרנה אלא לי בדמים אלו אסור אבל אם א"ל אל תמכרנה אלא לי בשויה ועל מנת כן אני מלוה אותך הרי זה מותר:
Celui qui met en gage une maison ou un champ entre les mains de son prochain, le maître de la terre en mangeant lui-même les fruits, et que le prêteur lui dit : « Quand tu vendras cette terre, tu ne la vendras qu’à moi, pour ces deniers-ci » : c’est interdit. Mais s’il lui dit : « Tu ne la vendras qu’à moi, à sa valeur, et c’est à cette condition que je te prête », c’est permis.
עובד כוכבים שמשכן חצרו לישראל וחזר העובד כוכבים ומכרה לישראל אחר אין הממושכן חייב להעלות שכר לישראל מעת שקנה הישראל אלא דר בחצר בלא שכר עד שיחזיר לו העובד כוכבים את המעות שיש לו על חצר זו שהרי הוא ברשות הממושכן בדיניהם עד שיתן מעותיו ויסתלק:
Un non-juif qui a mis sa cour en gage chez un Israélite, puis a vendu [cette cour] à un autre Israélite : celui qui la tient en gage n’est pas tenu de verser un loyer à l’Israélite à partir du moment où l’Israélite l’a achetée ; il habite dans la cour sans loyer jusqu’à ce que le non-juif lui rende l’argent qu’il a sur cette cour. Car, d’après leurs lois, elle est au pouvoir de celui qui la tient en gage jusqu’à ce qu’on lui donne son argent et qu’il se retire.
הנותן חורבתו לחבירו שיבנה וידור בה עד שיכלו דמי ההוצאה ואם שוה ג' זהובים בשנה אינו חושב אלא זהוב אחד מותר: הגה לוה מותר לתת המס מן השדה שהשכין בדרך המותר ודווקא כשהמס מעות אבל אם נותנין המס מפירות השדה כגון שנותנין חלק מן הפירות הגדילים אסור (ב"י בשם בעל התרומות ורמב"ן) . מי שהשכין בית שאינו שלו ובא בעל הבית והוציא הבית שלו מן המלוה והוצרך לתת שכר לבעל הבית שדר בו הלוה צריך להחזיר לו מעותיו למלוה גם השכר שהוצרך ליתן (ב"י בשם הרשב"א):
Celui qui donne sa ruine à son prochain pour qu’il bâtisse et y habite jusqu’à épuisement du montant de la dépense, et que, si elle vaut trois zéhouvim par an, il ne compte qu’un zéhouv : c’est permis. (Rema : L’emprunteur a le droit de payer l’impôt du champ qu’il a mis en gage de la manière permise — et seulement si l’impôt se paie en argent. Mais si l’on paie l’impôt sur les fruits du champ, par exemple en donnant une part des fruits qui y poussent, c’est interdit (B.Y. au nom du Baal Hatéroumot et du Ramban). Celui qui a mis en gage une maison qui n’était pas à lui, et que le maître de la maison est venu retirer sa maison d’entre les mains du prêteur, et qu’il a fallu donner un loyer au maître de la maison qui y habitait : l’emprunteur doit rendre son argent au prêteur, ainsi que le loyer qu’il a fallu donner (B.Y. au nom du Rachba).)