שולחן ערוך, יורה דעה

Choulhan Aroukh — Yoré Déa, siman 206

Rabbi Yossef Karo · Rema : Rabbi Moche Isserles · Lois des yadot des vœux
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Une formule incomplète qui laisse entendre le vœu vaut comme un vœu. « Je suis voué envers toi » interdit les deux parties ; « je suis voué loin de toi » n’interdit que celui qui parle. « Comme les vœux des impies » prend effet ; « comme les vœux des gens de bien » ne vaut rien, sauf « comme l’offrande volontaire des gens de bien ».

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

OUIFormule incomplète qui laisse entendre le vœu (yadot, ex: je suis voué loin de toi)
À FAIREAppliquer l'interdit selon le contexte de la phrase commencée.
OUIDire à son prochain
je suis voué envers toi
À FAIREInterdire aux deux parties de manger ou de profiter l'une de l'autre.
OUIDire
je suis voué loin de toi
À FAIREInterdire uniquement celui qui parle à l'égard de son prochain.
OUIFormuler un vœu "comme les vœux des impies"
À FAIREValider le vœu.
OUIFormuler un vœu "comme les vœux des gens de bien"
À FAIREConsidérer le propos comme nul, sauf s'il précise "comme l'offrande volontaire des gens de bien".
OUIVœu prononcé en langage de serment ou inversement
À FAIREExiger un déliement par rigueur pour ne pas prendre les vœux à la légère.

Glossaire

yadot
anses : formules incomplètes qui valent néanmoins comme vœu
yad
amorce de vœu, formule incomplète
konam
l’un des surnoms du sacrifice, servant à formuler un vœu
nidouï
mise au ban
naziréat
vœu de nazir
déliement
hatara : annulation du vœu par un sage

דיני ידות הנדרים. ובו ה' סעיפים:ידות (פי' ידות שהתחיל לנדור ולא גמר הדבור ואעפ"כ הוא נאסר כאילו נדר כל הדיבור כאדם שאוחז ביד הכלי ועל ידי כך משתמש בכלי כאילו אחז בו בעצמו) נדרים כנדרים והוא שיהו מוכיחות קצת על הנדר כיצד האומר לחבירו מודרני ממך שאיני אוכל לך או מופרשני ממך שאיני אוכל לך או מרוחקני ממך שאיני אוכל לך אסור לאכול עמו (וי"א דאפילו אמר שאני אוכל לך באלו לשונות אסור לאכול עמו) (הר"ן בשם יש גורסין ועס"ק ב') אבל אם אומר שאיני אוכל לך לבד בלא מודרני ממך לא הוי יד ואם אמר מודרני ממך או מופרשני ממך או מרוחקני ממך ולא סיים דבריו שאיני אוכל לך במודרני ממך אסור לדבר עמו ובמופרשני ממך אסור לשאת ולתת עמו ובמרוחקני ממך אסור לעמוד בד' אמותיו:

Les yadot des vœux (anses : on a commencé à vouer sans achever la phrase, et l’on est néanmoins interdit comme si l’on avait dit tout le propos — tel qui tient un ustensile par l’anse et s’en sert comme s’il tenait l’ustensile même) sont comme les vœux, pourvu qu’elles indiquent un peu le vœu. Comment ? Celui qui dit à son prochain : « je suis voué loin de toi, que je ne mange pas de chez toi », ou « je suis séparé de toi, que je ne mange pas de chez toi », ou « je suis éloigné de toi, que je ne mange pas de chez toi » — il lui est interdit de manger avec lui. Certains disent que même s’il a dit « que je mange de chez toi » avec ces formules, il lui est interdit de manger avec lui. Mais s’il dit seulement « que je ne mange pas de chez toi », sans « je suis voué loin de toi », ce n’est pas une yad. S’il a dit « je suis voué loin de toi », ou « je suis séparé de toi », ou « je suis éloigné de toi », sans achever par « que je ne mange pas de chez toi » : avec « je suis voué loin de toi », il lui est interdit de lui parler ; avec « je suis séparé de toi », il lui est interdit de commercer avec lui ; avec « je suis éloigné de toi », il lui est interdit de se tenir dans ses quatre coudées.

אמר לחבירו מודר אני לך מאכילה או מהנאה שניהם אסורים לאכול או ליהנות זה מזה אבל אם אמר מודר אני ממך מאכילה או מהנאה הוא אסור בחבירו וחבירו מותר בו:

S’il a dit à son prochain : « je suis voué envers toi, de manger ou de profiter » — tous deux ont interdit de manger ou de profiter l’un de l’autre. Mais s’il a dit : « je suis voué loin de toi, de manger ou de profiter » — lui est interdit à l’égard de son prochain, et son prochain est permis à son égard.

אמר מנודה אני לך או משמתינא ממך אם סיים דבריו שאני אוכל לך אינו נדר ומותר בכל ואם לא סיים דבריו אסור לעמוד בד' אמותיו אבל אם אמר נדינא ממך וסיים בדבריו שאיני אוכל לך אסור לאכול עמו לא סיים דבריו שאיני אוכל לך אסור ליהנות ממנו: הגה וכבר נתבאר דיש חולקין וס"ל דכל שלא אמר שאיני אוכל לך או שאני אוכל לך לאו כלום הוא:

S’il a dit : « je suis frappé de nidouï envers toi » ou « je suis mis au ban loin de toi » : s’il a achevé par « que je mange de chez toi », ce n’est pas un vœu et tout lui est permis ; s’il n’a pas achevé, il lui est interdit de se tenir dans ses quatre coudées. Mais s’il a dit « je fais nidouï loin de toi » et a achevé par « que je ne mange pas de chez toi », il lui est interdit de manger avec lui ; s’il n’a pas achevé par « que je ne mange pas de chez toi », il lui est interdit de profiter de lui. (Rema : On a déjà exposé que certains contestent et tiennent que, tant qu’il n’a pas dit « que je ne mange pas de chez toi » ou « que je mange de chez toi », ce n’est rien.)

אמר כנדרי רשעים ככר זה עלי או שאמר כנדרי רשעים הימנו והיה ככר מונח לפניו אסור בו אבל אם אמר כנדרי כשרים עלי או כנדרי כשרים ככר זה עלי אינו כלום ואפילו אמר כנדרי כשרים ככר זה עלי קונם (פי' קונם אחד מכנויי הקרבן) אבל אם אמר כנדבת כשרים עלי או כנדבת כשרים ככר זה עלי הוי נדר:

S’il a dit : « comme les vœux des impies, ce pain-ci me soit interdit », ou : « comme les vœux des impies, que j’en sois [interdit] », et qu’un pain était posé devant lui — il lui est interdit. Mais s’il a dit : « comme les vœux des gens de bien, sur moi », ou « comme les vœux des gens de bien, ce pain-ci me soit interdit » — ce n’est rien. Même s’il a dit : « comme les vœux des gens de bien, ce pain-ci me soit konam » (konam : l’un des surnoms du sacrifice), ce n’est rien. Mais s’il a dit : « comme l’offrande volontaire des gens de bien, sur moi », ou « comme l’offrande volontaire des gens de bien, ce pain-ci me soit interdit » — c’est un vœu.

הנודר שלא אוכל או שאוכל עמך אפילו יד לא הוי דלשון זה לשון שבועה הוא ולא לשון נדר אם לא שנדר לעשות מצוה ומיהו כיון דהאידנא מרגלא בפומייהו דאינשי למינדר בהאי לישנא אין להקל וצריך התרה כדי שלא ינהגו קלות ראש בנדרים ויש מי שאומר דנדר שאמרו בלשון שבועה ושבועה בלשון נדר מהני מדין ידות ומיהו בנזירות שהוציאו בלשון שבועה לדברי הכל אסור:

Celui qui voue « que je ne mangerai pas avec toi » ou « que je mangerai avec toi » — ce n’est même pas une yad, car ce propos est un propos de serment, non de vœu, sauf s’il a voué d’accomplir une mitsva. Toutefois, comme de nos jours les gens ont coutume de vouer par ce propos, on n’est pas indulgent : il faut un déliement, afin qu’on ne prenne pas les vœux à la légère. Il y a qui disent qu’un vœu dit en langage de serment, et un serment dit en langage de vœu, valent au titre des yadot. Toutefois, un naziréat prononcé en langage de serment interdit de l’avis de tous.