שולחן ערוך, יורה דעה

Choulhan Aroukh — Yoré Déa, siman 242

Rabbi Yossef Karo · Rema : Rabbi Moche Isserles · Ne pas statuer en présence du maître, et le maître qui renonce à son honneur
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Honneur du maître supérieur à celui du père ; interdiction de statuer devant lui ; distances (parassa, mil) ; semikha et titre Morénou ; conduite devant le maître ; deuil du maître ; maître principal ; maître qui renonce ; objet perdu et rançon.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETNe pas statuer en présence du maître, et le maître qui renonce à son honneur
À FAIREHonneur du maître
Plus que celui du père. Si le père est le maître principal, on l’appelle « son maître » ; sinon on appelle le père « père »
À ÉVITERS’opposer / statuer devant lui
Ouvrir un lieu d’enseignement sans permission du vivant du maître, même dans un autre pays : c’est s’opposer à la Présence. Statuer en sa présence : passible de mort. Dans les 3 parassa, même une autorisation ne suffit pas pour le maître principal
OUIRéponse de passage / diverger
À 12 mil, on peut répondre un point de loi demandé en passant. S’installer pour statuer, même au bout du monde, est interdit jusqu’à la mort du maître ou son autorisation. Rema : diverger de lui sur une décision, avec preuves et démonstrations, est permis
REMATalmid 'haver
Permis même dans les 3 parassa. Certains : interdit en présence réelle, ou dans sa ville s’il est éminent. Disciple accompli dans les 12 mil : passible de mort ; hors des 12 mil : exempt mais interdit. L’autorisation doit venir de tous les maîtres principaux
NONCe qui n’est pas « décision »
Avis théorique (« la loi suit-elle un tel ? »), règle simple connue de tous (goût qui gâte, bitoul au 60e), ce qui est déjà écrit d’après les Guéonim. Écarter d’un interdit ou d’un 'hiloul ה' : permis même devant le maître. Ne pas statuer pour sa propre maison à la place du maître
À ÉVITERHonneurs concrets
Ne pas l’appeler par son nom, vivant ou mort, si le nom est rare. Salut : שלום עליך רבי ; s’il a salué : שלום עליך מורי ורבי. Ni prier, ni marcher aligné avec lui ; se décaler. Hors des 4 coudées : permis. Bain entièrement nu : non, sauf pour le servir ; avec caleçon : l’usage le permet. S’asseoir seulement quand il le dit ; partir sans lui tourner le dos. Se lever dès qu’on le voit jusqu’à ce qu’on n’en voie plus la stature
À FAIREDeuil du maître
Déchirer tous les vêtements jusqu’à la poitrine (certains : un téfa'h), ne jamais recoudre. Avelout une partie du jour. Dans les 12 mois : הריני כפרת משכבו. Mort étendu devant lui : pas de viande ni de vin
REMAMaître qui renonce
S’il a renoncé à son honneur, l’honneur est remis ; c’est pourtant une mitsva de l’honorer, et il est interdit de l’avilir. Que l’honneur de ton disciple te soit cher comme le tien
OUIObjet perdu, charge, captivité
Celui du maître précède celui du père ; si le père égale le maître, le père précède. Charge : déposer d’abord celle du maître. Captivité : racheter d’abord le maître, sauf si le père est lettré. Rema : si le père lui loue le maître, le père précède en toute chose. L’objet perdu de soi précède les deux
OUIQui statue
Sans le niveau de la décision : sot, méchant, orgueilleux. Avec le niveau et qui ne statue pas : retient la Torah. Pas de statuer ivre, même sur une chose simple, sauf si c’est clair dans les décisionnaires. Semikha d’aujourd’hui : faire savoir qu’il a atteint le niveau et qu’il statue avec l’autorisation du maître
On ne statue pas devant le maître principal (3 parassa / 12 mil) ; diverger avec preuves n’est pas « s’opposer » ; l’honneur concret vaut plus que celui du père, sauf s’il y a renoncé, et l’objet perdu de soi vient d’abord.

Glossaire

rav moubhak
maître principal, dont on a reçu la majeure partie de sa science
talmid 'haver
disciple-collègue, proche d’égaler son maître
parassa
mesure de distance (quatre mil)
mil
mesure de distance
semikha
imposition des mains, investiture rabbinique
Morénou
titre « notre maître » conféré pour autoriser à statuer
guettin
actes de divorce
'halitsa
déchaussement léviratique
agouna
femme enchaînée, dans l’impossibilité de se remarier
oness
contrainte
avelout
deuil
téfa'h
palmes, mesure de longueur
הריני כפרת משכבו
que je sois l’expiation de sa couche

שלא להורות בפני הרב ודין רב שמחל על כבודו. ובו ל"ו סעיפים:חייב אדם בכבוד רבו ויראתו יותר מבשל אביו: הגה אביו שהוא רבו מובהק קורא אותו בדברו רבו אבל ברבו שאין מובהק קורא אותו אבא. (סברת הרב ממשמעות הטור ומש"ס ר"פ הזהב):

L’homme est tenu à l’honneur de son maître et à sa crainte plus qu’à ceux de son père. (Rema : Si son père est son maître principal, il l’appelle, en parlant de lui, « son maître ». Mais si le maître n’est pas principal, il appelle son père « père ».)

כל החולק על רבו כחולק על השכינה וכל העושה מריבה עם רבו כעושה עם השכינה וכל המתרעם עליו כאילו מתרעם על השכינה וכל המהרהר אחר רבו כמהרהר אחר השכינה:

Quiconque s’oppose à son maître s’oppose à la Présence. Quiconque se querelle avec son maître se querelle avec la Présence. Quiconque se plaint de lui, c’est comme s’il se plaignait de la Présence. Quiconque critique son maître en son cœur critique la Présence.

איזהו חולק על רבו כל שקובע לו מדרש ויושב ודורש ומלמד שלא ברשות רבו ורבו קיים אף ע"פ שהוא במדינה אחרת: הגה אבל מותר לחלוק עליו באיזה פסק או הוראה אם יש לו ראיות והוכחות לדבריו שהדין עמו. (פסקי מהרא"י סי' רל"ח):

Quel est celui qui s’oppose à son maître ? Quiconque fixe un lieu d’enseignement, s’assied, expose et enseigne sans la permission de son maître, du vivant de son maître, même s’il se trouve dans un autre pays. (Rema : Mais il est permis de diverger de lui sur une décision ou une instruction, s’il a des preuves et des démonstrations que le droit est avec lui.)

אסור לאדם להורות לפני רבו לעולם וכל המורה לפניו חייב מיתה: הגה ואפילו נטילת רשות לא מהני תוך שלש פרסאות אם הוא רבו מובהק (ב"י בשם תוס' פ"ק דסנהדרין ומהרי"ק שורש ק"ע ואגודה שם וסמ"ק סוף עשין י"ג בשם ר"י ופרק אע"פ) : ואם הוא רחוק מרבו י"ב מיל ושאל לו אדם דבר הלכה בדרך מקרה יכול להשיב אבל לקבוע עצמו להוראה ולישב ולהורות אפילו הוא בסוף העולם אסור להורות עד שימות רבו או עד שיתן לו רשות: הגה וכל זה ברבו מובהק אבל בתלמיד חבר אפי' תוך שלשה פרסאות שרי (רי"ף ורמב"ם כדאיתא בב"י) וי"א דמ"מ לפני רבו ממש אסור (ריב"ש סי' רע"א) ואפי' שלא בפניו ממש אם התחילו בכבוד הרב לומר שישאלו לרב או שהרב מופלג בחכמה וזקנה אין להורות בעירו (בב"י מגמרא בפ' הדר) : וי"א דתלמיד גמור תוך י"ב מיל חייב מיתה אם הוא מורה חוץ לי"ב מיל פטור אבל אסור: הגה וי"א דדוקא ברגיל לבא לעירו של תלמיד אבל אם אינו רגיל לבא שם רק בדרך אקראי מותר כל שהוא חוץ לג' פרסאות (מרדכי בשם ריב"א): תלמיד חבר תוך י"ב מיל פטור אבל אסור וחוץ לי"ב מיל מותר אע"פ שנטל רשות מרב אחד לא סגי עד שיטול רשות מכל רבותיו המובהקים: הגה והאי מובהקים לא מיירי כשאר רבו מובהק שרוב חכמתו ממנו דא"כ לא אפשר להיות לו הרבה רבותיו מובהקים אלא ר"ל תלמיד גמור לאפוקי תלמיד חבר דהיינו שנתגדל בתורה ונעשה חבר לרבו דהיינו שהוא קרוב להיות גדול כרבו (מהרי"ק שורש ק"ע וב"י בשם רשב"ם פ' יש נוחלין) מיהו יש חולקין וסבירא להו דאי קבל רשות מרבו אחד מהני להורות חוץ לג' פרסאות (תשובת הרשב"א סי' קי"א וריב"ש סי' רפ"א) אבל תוך ג' פרסאות לא מהני ליה וי"א דכל שאינו רבו מובהק דהיינו שאין רוב חכמתו ממנו תלמיד חבר הוא (ב"י בשם הרמב"ם):

Il est interdit à jamais de statuer en présence de son maître ; quiconque statue devant lui est passible de mort. (Rema : Même une autorisation n’y suffit pas dans un rayon de trois parassa, s’il s’agit de son maître principal.) S’il est éloigné de son maître de douze mil et qu’on lui demande en passant un point de loi, il peut répondre. Mais s’installer pour statuer, s’asseoir et décider, même au bout du monde, est interdit jusqu’à la mort de son maître ou jusqu’à ce que celui-ci lui en donne l’autorisation. (Rema : Tout cela concerne le maître principal. Pour un disciple-collègue (talmid 'haver), c’est permis même dans les trois parassa. Certains disent : néanmoins, en présence réelle du maître, c’est interdit. Même pas en sa présence réelle : si l’on a commencé, par honneur pour le maître, à dire qu’il faut l’interroger, ou si le maître est éminent en sagesse et en âge, on ne statue pas dans sa ville.) Certains disent : un disciple accompli, dans les douze mil, est passible de mort s’il statue ; hors des douze mil, il est exempt mais c’est interdit. (Rema : Certains disent : seulement si le maître a l’habitude de venir dans la ville du disciple ; s’il n’y vient que par hasard, c’est permis dès qu’on est hors des trois parassa.) Un disciple-collègue, dans les douze mil, est exempt mais c’est interdit ; hors des douze mil, c’est permis. Même s’il a reçu l’autorisation d’un maître, cela ne suffit pas : il doit recevoir l’autorisation de tous ses maîtres principaux. (Rema : Ces « principaux » ne s’entendent pas au sens habituel du maître dont on a reçu la majeure partie de sa science — car alors on ne pourrait pas en avoir plusieurs —, mais au sens de maîtres dont on est disciple accompli, à l’exclusion du disciple-collègue, c’est-à-dire celui qui a grandi en Torah et est devenu collègue de son maître, proche d’être aussi grand que lui. Toutefois, certains divergent et tiennent que l’autorisation d’un seul maître suffit pour statuer hors des trois parassa. Mais dans les trois parassa, cela ne lui sert de rien. Certains disent : quiconque n’a pas pour maître principal celui dont il a reçu la majeure partie de sa science est un disciple-collègue.)

אין תלמיד יכול לסמוך אחרים במקו' רבו:

Un disciple ne peut pas conférer la semikha (imposition des mains, investiture) à d’autres à la place de son maître.

אם לא קבל הנסמך הסמיכה מיד הרב ההוא הסומך אלא ע"י רבנים אחרים והוא נעשה להם סניף אין לאותו הרב להשתרר עליו כלל אם אינו רבו: הגה אבל אם סמכו לבדו נהגו שהנסמך כפוף קצת לסומכו (מהרי"ק שורש קי"ז וקי"ג) וכן מי שלומד בישיבה זמן א' נהגו לומר שהוא תלמיד בעל הישיבה אע"פ שאפשר שבעל הישיבה שמע יותר חדושים ממנו ויש למנהגים אלו עיקר על מה שיסמוכו (בפסקי מהרא"י):

Si l’ordonné n’a pas reçu la semikha de la main même de ce maître qui ordonne, mais par l’intermédiaire d’autres rabbins, et que celui-ci n’a été que leur appoint, ce maître n’a aucun droit de s’imposer à lui s’il n’est pas son maître. (Rema : Mais s’il l’a ordonné seul, l’usage est que l’ordonné reste un peu soumis à celui qui l’a ordonné. De même, celui qui a étudié un temps dans une yechiva : l’usage est de dire qu’il est le disciple du chef de la yechiva, même s’il se peut que le chef de la yechiva ait entendu de lui plus de nouveautés qu’il ne lui en a enseignées. Ces usages ont un fondement.)

לא מקרי הוראה אלא כשמורה על מעשה שבא לפניו אבל אם שאלו לתלמיד הלכה כדברי מי יוכל לומר מה שבדעתו כיון שאינו מורה על מעשה שבא לפניו:

On n’appelle « décision » que lorsqu’il statue sur un cas concret qui se présente. Mais si l’on demande au disciple : « La loi suit-elle l’avis d’un tel ? », il peut dire ce qu’il pense, puisqu’il ne statue pas sur un cas concret.

לא מקרי הוראה אלא בדבר שיש בו חדוש לשואל אבל בהוראה ידועה שהיא פשוטה לכל כגון נותן טעם לפגם או לבטל איסור בששים וכיוצא באלו מותר:

On n’appelle « décision » que ce qui comporte une nouveauté pour le questionneur. Mais une règle connue et simple pour tous — par exemple le goût qui gâte, ou l’annulation d’un interdit au soixantième, et ce qui leur ressemble — est permise.

יש מי שכתב שכל הכתוב בספרים מפסקי הגאונים יכול להורות בימי רבו רק לא יורה דבר מלבו ולא יסמוך על ראיותיו לדמות מלתא למלתא מעצמו:

Certains ont écrit : tout ce qui est écrit dans les livres d’après les décisions des Guéonim, on peut le statuer du vivant de son maître ; seulement, qu’il ne statue rien de son propre cœur et qu’il ne s’appuie pas sur ses preuves pour comparer de lui-même un cas à un autre.

יש מי שכתב שאסור לחכם להתיר דבר התמוה שנראה לרבים שהתיר את האסור:

Certains ont écrit : il est interdit au sage d’autoriser une chose étrange, qui paraîtrait au public comme s’il avait permis l’interdit.

לאפרושי מאיסורא כגון שרואה אדם שעובר עבירה מפני שאינו יודע שהוא אסור או מפני רשעתו מותר להפרישו ולומר לו שהוא אסור בפני רבו שבכל מקום שיש חילול השם אין חולקין כבוד לרב:

Pour écarter d’un interdit : s’il voit quelqu’un commettre une faute parce qu’il ignore que c’est interdit, ou par méchanceté, il lui est permis de l’en écarter et de lui dire que c’est interdit, même en présence de son maître ; partout où il y a profanation du Nom, on ne réserve pas l’honneur au maître.

אם בני ביתו של תלמיד הוצרכו להוראה ושאלו לו לא יורה להם במקום רבו: (ולא כל מי שמת רבו מותר לישב ולהורות אא"כ הגיע להוראה) (טור בשם הרמב"ם):

Si les gens de la maison du disciple ont besoin d’une décision et le questionnent, qu’il ne statue pas pour eux à la place de son maître. (Rema : Ce n’est pas quiconque dont le maître est mort qui a le droit de s’asseoir et de statuer, à moins d’avoir atteint le niveau de la décision.)

תלמיד שלא הגיע להוראה ומורה הרי זה שוטה רשע וגס רוח ועליו נאמר כי רבים חללים הפילה: הגה ותלמידים הקטנים הקופצים להורות ולישב בראש להתגדל בפני ע"ה מרבים מחלוקת ומחריבים העולם ומכבין נרה של תורה (טור מרמב"ם) ויזהר כל אדם שלא יורה כשהוא שתוי יין או שאר דברים המשכרים אפי' בדבר פשוט אם לא שהוא דבר ברור בפוסקים וזיל קרי בי רב הוא (ת"ה מ"ב ובמהרי"ק שורש ק"ע ועס"ק י"ט) ועיין בחוה"מ סי' ז':

Le disciple qui n’a pas atteint le niveau de la décision et qui statue est un sot, un méchant et un orgueilleux ; c’est de lui qu’il est dit : « car elle a fait tomber beaucoup de victimes ». (Rema : Les jeunes disciples qui se précipitent à statuer et à siéger en tête pour s’agrandir aux yeux des ignorants multiplient les disputes, dévastent le monde et éteignent la lampe de la Torah. Que chacun prenne garde de ne pas statuer lorsqu’il est ivre de vin ou d’autres choses enivrantes, même sur une chose simple, à moins que ce ne soit une chose claire dans les décisionnaires, au point qu’on dirait : va lire à l’école. Voir 'Hochen Michpat siman 7.)

כל חכם שהגיע להוראה ואינו מורה הרי זה מונע תורה ונותן מכשולות לפני רבים ועליו נאמר ועצומים כל הרוגיה: הגה ענין הסמיכות שנהגו בזמן הזה כדי שידעו כל העם שהגיע להוראה ומה שמורה הוא ברשות רבו הסומכו ולכן אם כבר מת רבו א"צ לסמיכות וכן בתלמיד חבר כדרך שנתבאר לעיל במקום שא"צ רשות א"צ סמיכות (ריב"ש סי' רע"א ודלא כנחלת אבות פ' שנו חכמים) וי"א דמי שאינו מוסמך למורינו ונותן גיטין וחליצות אין במעשיו כלום ויש לחוש לגיטין וחליצות שנתן אם לא שידוע לכל שמומחה לרבים הוא רק שמצד ענוה ושפלות אינו מבקש גדולות (מהר"ד כהן סי' כ' ומהרי"ו סי' פ"ה וקכ"ב) ויש חולקים ומקילין (תשובת ריב"ש הנ"ל) ובמקום עגון יש להקל אם כבר נתן גיטין וחליצות אבל לא בדרך אחר כי מנהגן של ישראל תורה כן נ"ל ועוד נ"ל שמותר לתת מורינו לאחד שיסדר גיטין ואף על פי שמדין הסמיכה שבימים הראשונים לא הוי דינא הכי מ"מ עכשיו אינו אלא נטילת רשות בעלמא ושרי:

Tout sage qui a atteint le niveau de la décision et ne statue pas retient la Torah et met des embûches devant la foule ; c’est de lui qu’il est dit : « et nombreux sont tous ses tués ». (Rema : L’affaire de la semikha usitée de nos jours est de faire savoir à tout le peuple qu’il a atteint le niveau de la décision, et que ce qu’il statue l’est avec l’autorisation du maître qui l’ordonne. Dès lors, si son maître est déjà mort, il n’a pas besoin de semikha. De même pour un disciple-collègue, comme il a été exposé plus haut, là où l’autorisation n’est pas requise, la semikha n’est pas requise. Certains disent : celui qui n’est pas ordonné au titre de Morénou et donne des guettin et des 'halitsot, ses actes ne sont rien ; il faut craindre pour les guettin et les 'halitsot qu’il a donnés, à moins qu’il ne soit notoire à tous qu’il est expert reconnu, seulement que, par humilité, il ne cherche pas les grandeurs. D’autres divergent et sont indulgents. En cas d’agouna, il faut être indulgent s’il a déjà donné des guettin et des 'halitsot, mais pas autrement, car la coutume d’Israël est Torah. Il me paraît encore permis de conférer le Morénou à quelqu’un pour qu’il arrange des sliders : bien que, selon le droit de la semikha des premiers temps, il n’en fût pas ainsi, aujourd’hui ce n’est qu’une prise d’autorisation, et c’est permis.)

אסור לתלמיד לקרות לרבו בשמו לא בחייו ולא במותו ואפילו לקרות לאחרים ששמם כשמו אסור אם הוא שם פלאי שאין הכל רגילין לקרות בו: הגה אבל שם שרגילין בו מותר להזכיר שלא בפני רבו (ב"י בשם הרמב"ם) וכל זה דוקא כשאינו מזכיר רק שמו לבד אבל מותר לומר ר' מורי פלוני (כן משמע מפירש"י פ' חלק):

Il est interdit au disciple d’appeler son maître par son nom, ni de son vivant ni après sa mort. Même appeler d’autres dont le nom est le sien est interdit, s’il s’agit d’un nom rare dont tout le monde n’a pas l’habitude de se servir. (Rema : Mais un nom dont on se sert couramment, il est permis de le mentionner hors de la présence du maître. Tout cela seulement s’il ne mentionne que le nom seul ; mais il est permis de dire « Rabbi, mon maître un tel ».)

לא יתן שלום לרבו ולא יחזיר לו שלום כדרך שאר העם אלא שוחה לפניו ואומר לו ביראה ובכבוד [שלום עליך רבי ואם נתן לו רבו שלום אומר לו] שלום עליך מורי ורבי. (וכן נוהגין וי"א דאין לתלמיד לשאול בשלום רבו כלל שנאמר ראוני נערים ונחבאו) (ירושלמי הביאו הגהת מיימוני פ"ה וכ"כ תא"ו נתיב ב' וב"י בשם רבינו יונה) ולא יחלוץ תפיליו לפני רבו ולא יסב לפניו אלא יושב כיושב לפני המלך. (היה רבו יושב בסעודה עם אחרים נוטל רשות מרבו ואח"כ מאחרים) (רוקח סי' של"ה) ולא יתפלל לפניו ולא לאחריו ולא בצדו ואין צריך לומר שאסור להלוך בצדו אלא יתרחק לאחר רבו ולא יהא מכוון כנגד אחוריו אלא יצדד עצמו לצד אחר בין כשמתפלל עמו בין כשהולך עמו וחוץ לד' אמות הכל מותר (ועיין בא"ח סי' צ"ד) ולא יכנס עמו למרחץ אא"כ הוא צריך לו: הגה ואם היה התלמיד במרחץ קודם לרבו ובא רבו לשם א"צ לצאת (מהרי"ו בדינין) וכל זה לא מיירי אלא במקום שהולכים ערומי ערוה במרחץ אבל במקום שהולכים במכנסים מותר (אגודה פ' מקום שנהגו) וכן המנהג פשוט ליכנס עם רבו ואביו וחמיו ובעל אמו ובעל אחותו למרחץ אע"פ שבגמ' אסרו כולם והכל הוא מטעם דעכשיו הולכים במכנסים ולא ישב לפניו עד שיאמר לו שב ולא יעמוד עד שיאמר לו עמוד או עד שיטול רשות לעמוד וכשיפטר מלפניו לא יחזיר לו אחוריו אלא נרתע לאחוריו ופניו כנגד פני רבו: הגה והנפטר מרבו ונטל ממנו רשות ולן בעיר צריך לחזור וליטול ממנו רשות (ש"ס פ"ק דמ"ק ור' ירוחם) ודוקא שלא אמר לו מתחלה שרוצה ללון בעיר אבל אם הגיד לו בשעה שנטל רשות א"צ לחזור וליטול ממנו רשות (הר"ן שם) : ולא ישב במקומו ולא יכריע דבריו בפניו ולא יסתור דבריו וחייב לעמוד מפניו משיראנו מרחוק מלא עיניו עד שיתכסה ממנו שלא יראה קומתו ואחר כך ישב ואפילו היה רכוב צריך לעמוד מפניו דחשיב כמהלך: הגה י"א דאין אדם חייב לעמוד לפני רבו רק שחרית וערבית (טור בשם הרמב"ם) ודוקא בבית הרב אבל בפני אחרים שאין יודעים שעמד לפניו חייב לעמוד (ב"י בשם התוס' ומרדכי בשם ר"י וע"פ):

Il ne donnera pas le salut à son maître ni ne le lui rendra à la manière du commun. Il s’incline devant lui et lui dit avec crainte et honneur : שלום עליך רבי. Si son maître lui a donné le salut, il lui dit : שלום עליך מורי ורבי. (Rema : Tel est l’usage. Certains disent que le disciple ne doit pas du tout s’enquérir du salut de son maître, ainsi qu’il est dit : « Les jeunes gens m’ont vu et se sont cachés ».) Il ne retirera pas ses tefilin devant son maître. Il ne s’accoudéra pas devant lui : il s’assied comme on s’assied devant le roi. (Rema : Si le maître est à table avec d’autres, il prend d’abord congé de son maître, puis des autres.) Il ne priera ni devant lui, ni derrière lui, ni à son côté ; et il va sans dire qu’il lui est interdit de marcher à son côté. Qu’il s’éloigne derrière son maître et ne se tienne pas aligné dans son dos : qu’il se décale d’un côté, tant quand il prie avec lui que quand il marche avec lui. Hors des quatre coudées, tout est permis. Voir Ora'h 'Hayim siman 94. Il n’entrera pas au bain avec lui, à moins d’en avoir besoin pour le servir. (Rema : Si le disciple était au bain avant son maître et que le maître y arrive, il n’a pas à sortir. Tout cela ne concerne que l’endroit où l’on va au bain entièrement nu ; mais là où l’on porte un caleçon, c’est permis. Tel est l’usage répandu : entrer au bain avec son maître, son père, son beau-père, le mari de sa mère et le mari de sa sœur, bien que le Talmud les ait tous interdits ; tout cela parce qu’aujourd’hui l’on porte un caleçon.) Il ne s’assiéra pas devant lui jusqu’à ce que le maître lui dise de s’asseoir. Il ne se lèvera pas jusqu’à ce que le maître lui dise de se lever, ou jusqu’à ce qu’il prenne congé pour se lever. Quand il prend congé de devant lui, qu’il ne lui tourne pas le dos : qu’il recule, le visage face au visage de son maître. (Rema : Celui qui a pris congé de son maître et a reçu l’autorisation, puis a passé la nuit en ville, doit revenir prendre autorisation. Cela seulement s’il ne lui avait pas dit d’abord qu’il voulait passer la nuit en ville ; mais s’il le lui a dit au moment de prendre autorisation, il n’a pas à revenir la prendre.) Il ne s’assiéra pas à sa place, ne tranchera pas ses paroles en sa présence et ne les contredira pas. Il est tenu de se lever devant lui dès qu’il le voit de loin, à portée de vue, jusqu’à ce que le maître disparaisse et qu’on n’en voie plus la stature ; alors seulement il s’assied. Même si le maître est monté, il faut se lever devant lui, car c’est comme s’il marchait. (Rema : Certains disent qu’on n’est tenu de se lever devant son maître que le matin et le soir. Cela seulement dans la maison du maître ; mais devant d’autres qui ne savent pas qu’il s’est déjà levé devant lui, il est tenu de se lever.)

שלשה שהיו מהלכים בדרך הרב באמצע הגדול לימין והקטן לשמאל: הגה והא דאין מכבדים בדרכים אלא בפתח הראוי למזוזה היינו שכל א' הולך לדרכו ואינן בחבורה אחת אבל אם הם בחבורה אחת מכבדים בדרכים (הגהות מיי' פ"ו דהל' ת"ת ובתוספות פרק במה בהמה) ובמקום סכנה א"צ לכבד כלל (מרדכי בשם ראבי"ה פ' ג' שאכלו):

Trois qui marchent en chemin : le maître au milieu, l’aîné à droite et le plus jeune à gauche. (Rema : Que l’on ne se fasse pas honneur en chemin, sinon à une porte propre à la mezouza : cela s’entend lorsque chacun va de son côté et qu’ils ne forment pas une compagnie. S’ils sont en une même compagnie, on se fait honneur aussi en chemin. En lieu de danger, on n’a pas du tout à se faire honneur.)

אם קראו לרבו לקרות בתורה בצבור אינו צריך לעמוד כל זמן שרבו עומד: הגה וכן כשהרב עומד למעלה בבית והתלמיד על הקרקע א"צ לעמוד לפניו ואפי' כשהס"ת על הבימה אין צבור שבבהכ"נ צריכים לעמוד דהספר ברשות אחרת (ב"י בשם תשובת הרשב"א):

Si l’on a appelé son maître à lire dans la Torah en public, le disciple n’a pas à se tenir debout tout le temps que son maître est debout. (Rema : De même, si le maître se tient en haut dans la maison et le disciple au sol, celui-ci n’a pas à se lever devant lui. Même lorsque le séfer Torah est sur la bimah, le public de la synagogue n’a pas à se lever, car le livre est dans un autre domaine.)

כל מלאכות שהעבד עושה לרבו תלמיד עושה לרבו ואם הוא במקום שאין מכירין אותו ואין לו תפילין בראשו וחושש שמא יאמרו עליו שהוא עבד אינו נועל לו מנעל ולא חולצו:

Toutes les corvées qu’un esclave fait pour son maître, le disciple les fait pour son maître. S’il est en un lieu où l’on ne le connaît pas, qu’il n’a pas de tefilin sur la tête et qu’il craint qu’on dise de lui que c’est un esclave, il ne lui chausse pas le soulier et ne le lui ôte pas.

כל המונע תלמידו מלשמשו מונע ממנו חסד ופורק ממנו יראת שמים וכל תלמיד שמזלזל דבר מכל כבוד רבו גורם לשכינה שתסתלק מישראל:

Quiconque empêche son disciple de le servir lui refuse une bonté et ôte de lui la crainte du Ciel. Tout disciple qui traite à la légère quoi que ce soit de l’honneur de son maître fait que la Présence se retire d’Israël.

אין חולקין כבוד לתלמיד בפני רבו אלא אם כן רבו חולק לו כבוד: הגה ואפי' תלמידו של התלמיד או בנו של התלמיד אין להם לעמוד לפני הרב נגד רבו או אבי התלמיד אלא אם כן הרב חולק לו כבוד ודוקא אם הרב הוא גם כן רבו של זה היושב לפניו (ב"י בשם שבולי לקט):

On ne fait pas honneur au disciple en présence de son maître, à moins que le maître lui fasse honneur. (Rema : Même le disciple du disciple, ou le fils du disciple, n’ont pas à se lever devant ce disciple face à son maître ou face au père du disciple, à moins que le maître lui fasse honneur. Et seulement si ce maître est aussi le maître de celui qui est assis devant lui.)

ראה רבו עובר על דברי תורה אומר לו למדתני רבינו כך וכך: הגה ואם רצה לעבור רק על איסור דרבנן אפ"ה צריך למחות בידו (ת"ה סי' מ"ג) . הרואה רבו עושה מעשה ויש לו להקשות על זה אם הוא איסור דאורייתא יקשה לו קודם המעשה ואם הוא איסור דרבנן יניחו לעשות המעשה ואח"כ יקשה לו הואיל ואינו יודע ודאי שעובר אלא שיש לו להקשות על זה (תא"ו נתיב ב'):

S’il a vu son maître transgresser les paroles de la Torah, il lui dit : « tu m’as enseigné, notre maître, telle et telle chose ». (Rema : S’il ne voulait transgresser qu’un interdit des Sages, il doit néanmoins protester. Celui qui voit son maître faire un acte et a une difficulté à soulever : s’il s’agit d’un interdit de la Torah, qu’il lui soulève la difficulté avant l’acte ; s’il s’agit d’un interdit des Sages, qu’il le laisse faire l’acte puis lui soulève la difficulté, puisqu’il ne sait pas avec certitude qu’il transgresse, mais seulement qu’il a une difficulté.)

כל זמן שמזכיר שמועה בפניו אומר לו כך למדתני רבינו:

Chaque fois qu’il mentionne un enseignement en sa présence, il lui dit : « ainsi tu m’as enseigné, notre maître ».

לא יאמר דבר שלא שמע מרבו עד שיזכיר שם אומרו:

Qu’il ne dise pas une chose qu’il n’a pas entendue de son maître avant d’en mentionner le nom de l’auteur.

כשימות רבו קורע עליו כל בגדיו עד שמגלה לבו ויש אומרים שאינו קורע אלא טפח ואינו מאחה לעולם ומתאבל עליו בחליצה וכל דיני אבילות מקצת יום המיתה או מקצת יום השמועה:

Quand son maître meurt, il déchire sur lui tous ses vêtements jusqu’à découvrir sa poitrine. Certains disent qu’il ne déchire que d’un téfa'h. Il ne recoud jamais. Il en prend le deuil : déchaussement et toutes les lois de l’avelout (deuil), pour une partie du jour de la mort ou une partie du jour de la nouvelle.

אפי' בשמועה רחוקה קורע על רבו כשם שקורע על אביו. (וע"ל סי' ש"מ ושע"ד):

Même sur une nouvelle lointaine, il déchire sur son maître comme il déchire sur son père. Voir plus loin siman 340 et 374.

מי שרבו מת מוטל לפניו אינו אוכל בשר ואינו שותה יין כדין מי שמתו מוטל לפניו:

Celui dont le maître est mort, étendu devant lui, ne mange pas de viande et ne boit pas de vin, selon le droit de celui dont le mort est étendu devant lui.

כשמזכיר רבו תוך י"ב חודש צריך לומר הריני כפרת משכבו:

Quand il mentionne son maître dans les douze mois, il doit dire : הריני כפרת משכבו (que je sois l’expiation de sa couche).

רק בפני רבו הוא בכלל כל משנאי אהבו מות: הגה ודוקא כיחו שהוא דבר שיצא מגופו בכח אבל רוק בעלמא מותר דאנוס הוא לרוק (תא"ו נתיב ב'):

Cracher devant son maître entre dans le verset « tous ceux qui me haïssent aiment la mort ». (Rema : Seulement le crachat chassé avec force hors de son corps ; mais un simple crachat est permis, car il est contraint (oness) de cracher.)

כל אלו הדברים שאמרנו שצריך לכבד בהם את רבו לא אמרו אלא ברבו מובהק דהיינו שרוב חכמתו ממנו אם מקרא מקרא אם משנה משנה אם גמרא גמרא: הגה ובימים אלו עיקר הרבנות אינו תלוי במי שלמדו הפלפול וחילוקים שנוהגים בהם בזמן הזה רק במי שלמדו פסק ההלכה והעיון והעמידו על האמת והיושר (מהרי"ק שורש ק"ע) אבל אם לא למד רוב חכמתו ממנו אינו חייב לכבדו בכל אלו הדברים אבל עומד מלפניו משיגיע לארבע אמותיו וקורע עליו כשם שהוא קורע על כל המתים שהוא מתאבל עליהם אפילו לא למד ממנו אלא דבר אחד בין קטן בין גדול עומד מלפניו וקורע עליו. (ועיין לקמן סי' ש"מ סעיף ח'):

Tous ces honneurs dont nous avons dit qu’il faut honorer son maître, on ne les a dits que pour le maître principal, c’est-à-dire celui dont on a reçu la majeure partie de sa science : Écriture pour l’Écriture, Michna pour la Michna, Guemara pour la Guemara. (Rema : De nos jours, l’essentiel de la maîtrise ne dépend pas de celui qui lui a enseigné le pilpoul et les distinctions en usage à présent, mais de celui qui lui a enseigné la décision de la loi et l’étude approfondie, et l’a établi dans la vérité et la droiture. Mais s’il n’a pas reçu de lui la majeure partie de sa science, il n’est pas tenu de l’honorer en toutes ces choses ; toutefois il se lève devant lui dès qu’il entre dans ses quatre coudées, et il déchire sur lui comme il déchire sur tous les morts dont il prend le deuil. Même s’il n’a appris de lui qu’une seule chose, qu’il soit petit ou grand, il se lève devant lui et déchire sur lui. Voir plus loin siman 340 seif 8.)

כל תלמיד חכם שדעותיו מכוונות אינו מדבר בפני מי שגדול ממנו בחכמה אע"פ שלא למד ממנו כלום: הגה ואין לאדם להורות עד ארבעים שנה אם יש גדול ממנו בעיר אף על פי שאינו רבו (ב"י בשם הר"ן וסמ"ק ורש"י פרק הנחנקין) . חכם שאסר אין חבירו רשאי להתיר משקול הדעת אבל אם יש לו קבלה שטעה (ר' ירוחם בשם י"א) או שטעה בדבר משנה יוכל להתיר (הר"ן פ"ק דעבודת כוכבים בשם ראב"ד ורשב"א ורמב"ן ז"ל ותוס' ורא"ש ור' ירוחם סוף נתיב ב') ואפילו אם טעה בשקול הדעת יכול לישא וליתן עם המורה עד שיחזור בו (סברת הר"ן) ולכן אין איסור לשואל [לשאול] לשני (שם במרדכי ואגודה ותוס' ורא"ש ור' ירוחם שם) ובלבד שיודיע אותו שכבר הורה הראשון לאסור (רבינו ירוחם נתיב ב' ותוס' ורא"ש) ואפי' אם התיר הראשון וכבר חלה הוראתו אין לשני לאסור מכח שקול הדעת (כן משמע באשיר"י פרק קמא דעבודת כוכבים) וכל זה באותה הוראה עצמה אבל במעשה אחר פשיטא שיכול להורות מה שנראה אליו (מהרי"ק שורש קע"ב וחדושי רשב"א וע"פ):

Tout lettré dont les vues sont justes ne parle pas en présence de plus grand que lui en sagesse, même s’il n’a rien appris de lui. (Rema : Nul ne doit statuer avant quarante ans s’il y a plus grand que lui dans la ville, même si ce n’est pas son maître. Un sage qui a interdit : son collègue n’est pas en droit d’autoriser d’après son appréciation personnelle. Mais s’il a une tradition que celui-ci s’est trompé, ou qu’il s’est trompé sur un point explicite de la Michna, il peut autoriser. Même s’il s’est trompé dans l’appréciation personnelle, il peut discuter avec celui qui a statué jusqu’à ce qu’il se rétracte. Aussi n’est-il pas interdit au questionneur de s’adresser à un second, à condition de lui faire savoir que le premier a déjà statué pour interdire. Même si le premier a autorisé et que sa décision a déjà pris effet, le second ne peut interdire d’après son appréciation personnelle. Tout cela pour cette décision même ; mais dans un autre cas, à l’évidence il peut statuer selon ce qui lui paraît.)

הרב המובהק שמחל על כבודו בכל הדברים האלו או באחד מהם לכל תלמידיו או לאחד מהם כבודו מחול ואף על פי שמחל מצוה על התלמיד להדרו (ואסור לבזותו) (פסקי מהרא"י סימן קכ"ז):

Le maître principal qui a renoncé à son honneur en toutes ces choses ou en l’une d’elles, pour tous ses disciples ou pour l’un d’eux : son honneur est remis. Même s’il a renoncé, c’est une mitsva pour le disciple de l’honorer. (Rema : Et il est interdit de l’avilir.)

יהי כבוד תלמידך חביב עליך כשלך:

Que l’honneur de ton disciple te soit cher comme le tien.

אבידת אביו ואבידת רבו (המובהק) (ב"י וטור ופוסקים מהש"ס) אבידת רבו קודמת ואם היה אביו שקול כנגד רבו אבידת אביו קודמת היה אביו ורבו נושאים משאוי מניח של רבו ואח"כ מניח של אביו היה אביו ורבו עומדים בבית השבי פודה את רבו ואח"כ פודה את אביו ואם היה אביו תלמיד חכם פודה את אביו ואחר כך פודה את רבו: הגה וכן מפרק משאו קודם לרבו ואע"פ שאינו שקול בחכמה כרבו אבל אין מחזיר אבידת אביו קודם עד שיהא שקול כנגד רבו (טור בשם הרא"ש והגה"מ וב"י הוכיח כן ע"ש) י"א הא דרבו קודם לאביו היינו שלומד עמו בחנם אבל אם אביו שוכר לו רבי ומלמדו אביו קודם לכל דבר (ספר החסידים) וכן נראה לי עיקר:

L’objet perdu de son père et l’objet perdu de son maître principal : celui du maître précède. Si son père était l’égal de son maître, celui du père précède. Si son père et son maître portent une charge, il dépose celle du maître puis celle du père. Si son père et son maître sont en captivité, il rachète son maître puis rachète son père. Si son père est un lettré, il rachète son père puis rachète son maître. (Rema : De même, il décharge [son père] avant son maître, même si le père n’égale pas le maître en sagesse. Mais il ne restitue l’objet perdu du père d’abord que si celui-ci égale le maître. Certains disent : que le maître précède le père, c’est lorsqu’il étudie avec lui gratis ; mais si le père lui loue un maître et le lui fait enseigner, le père précède en toute chose. Et cela me paraît l’essentiel.)

אבידתו קודמת לשל אביו ושל רבו:

Son objet perdu à lui précède celui de son père et celui de son maître.

האומר לחבירו איני מקבל ממך אם היית כמשה מלקין אותו משום בזיון : הגה ותלמיד חכם שאמר דבר הלכה בדבר השייך לדידיה (תוס' בשם ר"ת ונ"י) אם אמרה קודם מעשה שומעין לו ואם לאו אין שומעין לו (ש"ס פ' הערל ריש (יבמות דף ע"ז) ותוס' ונ"י שם ד"מ ס"ס רמ"ה) ודוקא שאמר כך קבלתי אבל אם אומר דבר מסברא ומראה פנים לדבריו והוא נראה שומעין לו (נ"י בשם הריטב"א) אבל אין שומעין לדידיה דלמא מדמי דברים להדדי שאינן דומים אבל אם הוא פשוט שומעין לו (רבי' ירוחם סוף נתיב ב' ובשם הרא"ש):

Celui qui dit à son prochain : « je n’accepte rien de toi, dusses-tu être comme Moché », on le flagelle pour outrage. (Rema : Un lettré qui a dit une loi en une matière qui le concerne : s’il l’a dite avant l’acte, on l’écoute ; sinon, on ne l’écoute pas. Seulement s’il a dit « ainsi ai-je reçu ». Mais s’il dit une chose d’après le raisonnement et montre un visage à ses paroles, et que cela paraît juste, on l’écoute. On n’écoute pas seulement parce que cela le concerne, de peur qu’il compare des choses qui ne se ressemblent pas ; mais si c’est simple, on l’écoute.)