שולחן ערוך, יורה דעה

Choulhan Aroukh — Yoré Déa, siman 243

Rabbi Yossef Karo · Rema : Rabbi Moche Isserles · Le talmid 'hakham est exempt d’impôt et vend sa marchandise en premier
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Les talmidei 'hakhamim dont la Torah est le métier sont exemptés des corvées et des impôts de la ville ; la communauté paie à leur place. Priorité de vente et de procès. Les mépriser est un grave péché, passible de nidouï.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETExemption d’impôt du talmid 'hakham, vente prioritaire et mépris des sages
OUITravaux en personne
Les sages n’y sortent pas, afin de ne pas être humiliés ; on n’engage pas d’ouvriers à leur place
NONCotisation vitale
Puits d’eau et assimilés : ils versent leur part. Rema : s’ils étaient d’abord sortis en personne puis on engage des remplaçants, ils paient
À FAIREGarde et impôts
Remparts, tours, gardiens : rien — leur Torah les protège. Exempts de tout impôt, fixe ou extraordinaire, collectif ou individuel, riche ou pauvre. La communauté paie à leur place, même si le gouverneur exige qu’ils paient eux-mêmes. Un 'herem pour les forcer à payer est nul
OUITorah = métier
Un peu de commerce pour vivre, pas pour s’enrichir, et dès qu’il est libre il revient à la Torah. Reconnu capable de discuter la Torah et les Guéonim. Qui traite les mitsvot à la légère = comme le moindre de la communauté. Lieux avec ou sans coutume d’exemption
À FAIREVente et procès
Nul ne vend la même marchandise avant lui, sauf s’il y a des idolâtres qui la vendent. On avance son affaire au tribunal
À ÉVITERMépriser un sage
Grand péché ; pas de part au monde à venir. Même en paroles, hors de sa présence : nidouï jusqu’à apaisement. Après sa mort : nidouï puis délié dès la techouva
REMAAujourd’hui
Plus de livre d’or ; amende selon qui a offensé et qui a été offensé. Le sage n’a pas commencé la querelle. Certains : plus de nidouï pour son honneur ; d’autres contestent s’il est reconnu
OUIInsulte secrète / publique
Secret : lancer un nidouï n’est pas un titre de gloire. Public : interdit de renoncer à son honneur jusqu’au pardon. Interdit de se faire servir par qui étudie les halakhot, et plus encore la Guémara
Exemption et priorité seulement si la Torah est son métier ; la communauté paie les impôts à sa place ; mépriser un sage coupe du monde à venir, et l’insulte publique n’est pas pardonnable d’avance.

Glossaire

talmid 'hakham
disciple sage, savant en Torah
'herem
ban, interdit communautaire
chamata
excommunication solennelle
nidouï
excommunication
techouva
repentir, retour
yechiva
maison d’étude
Guéonim
décisionnaires de l’époque gaonique

תלמיד חכם היה פטור ממס ומכירת סחורתו מוקדם. ובו ט' סעיפים:תלמידי חכמים לא היו יוצאין בעצמם עם שאר העם לעשות בבנין ובחפירות העיר וכיוצא בזה שלא יתבזו בפני עמי הארץ וכיון שהם פטורים אפילו אחרים במקומם אין שוכרין:

Les talmidei 'hakhamim ne sortaient pas eux-mêmes avec le reste du peuple pour les constructions, les creusements de la ville et travaux semblables, afin de ne pas être humiliés devant les ignorants. Puisqu’ils en sont exemptés, on n’engage pas non plus d’ouvriers à leur place.

במה דברים אמורים כשכל אדם יוצא בעצמו אבל אם אין יוצאין בעצמם אלא שוכרים אחרים במקומם או גובים ממון מבני העיר לעשותו אם דבר שצריך לחיי האדם כגון בארות מים וכיוצא בהם חייבים לתת חלקם (ואם בתחלה הלכו בעצמן ואח"כ נמלכו לשכור אחרים ת"ח חייבים ליתן חלקם) (תשו' מהר"מ במרדכי פ' השותפין) אבל דבר שהוא צריך לשמירת העיר כגון חומות העיר ומגדלותיה ושכר השומרים לא היו חייבין לתת להם כלום שאין צריכין שמירה שתורתן שמירתם ולכן היו פטורים מכל מיני מסים בין מסים הקצובים על כל בני העיר בין מס שהוא קצוב על כל איש לבדו בין הקבועים בין שאינם קבועים וחייבים בני העיר לפרוע בשבילם אפילו הקבועים על כל איש ואיש: הגה ואפי' אם אמר ההגמון שת"ח עצמם יתנו חייב הצבור לתת בעדם ואם החרימו הצבור על ת"ח ליתן אין בחרם שלהם כלום ות"ח היה יכול להחרים ולשמת הצבור שיתנו בעדו דמיו (ב"י בשם ת' ה"ר נחמיה באלשקר סי' י"ט) ואין חילוק אם הת"ח עשיר או עני (ב"י בשם הרמב"ם ורמ"ה ור"י הלוי) : ודוקא תלמידי חכמים שתורתם אומנותם אבל אין תורתם אומנותם חייבין ומיהו אם יש לו מעט אומנות או מעט משא ומתן להתפרנס בו כדי חייו ולא להתעשר ובכל שעה שהוא פנוי מעסקיו חוזר על ד"ת ולומד תדיר נקרא תורתו אומנותו: הגה ואין חילוק בין שהוא תופס ישיבה או לא רק שהוא מוחזק לת"ח בדורו שיודע לישא וליתן בתורה ומבין מדעתו ברוב מקומות התלמוד ופירושיו ובפסקי הגאונים ותורתו אומנותו כדרך שנתבאר (ת"ה סי' שמ"ב) ואע"ג דאין בדורינו עכשיו חכם לענין שיתנו לו ליטרא דדהבא אם מביישו מ"מ לענין לפטרו ממס אין מדקדקים בזה רק שיהא מוחזק לת"ח כמו שנתבאר (שם סי' שמ"א) ומ"מ יש מקומות שנהגו לפטור ת"ח ממס ויש מקומות שנהגו שלא לפטרן (שם שמ"ב):

Cela n’est dit que lorsque chacun sort en personne. Mais si l’on n’y va pas soi-même, que l’on engage des remplaçants ou que l’on lève une contribution sur les habitants : s’il s’agit d’un besoin vital — puits d’eau et assimilés —, ils doivent verser leur part. (Rema : S’ils étaient d’abord sortis en personne, puis que l’on a décidé d’engager des remplaçants, les talmidei 'hakhamim doivent alors verser leur part.) En revanche, pour ce qui sert à la garde de la ville — remparts, tours, salaire des gardiens —, ils ne devaient rien verser : ils n’ont pas besoin de cette garde, leur Torah les protège. Aussi étaient-ils exemptés de toute espèce d’impôt, qu’il soit fixé sur l’ensemble des habitants ou sur chaque homme en particulier, qu’il soit régulier ou extraordinaire. Les habitants doivent payer à leur place, même les impôts individuels fixes. (Rema : Même si le gouverneur a exigé que les talmidei 'hakhamim paient eux-mêmes, la communauté doit payer pour eux. Si la communauté a lancé un 'herem contre les talmidei 'hakhamim pour les forcer à payer, ce 'herem est nul. Le talmid 'hakham pouvait lui-même lancer un 'herem et un chamata contre la communauté afin qu’elle paie pour lui. Nulle différence s’il est riche ou pauvre.) Cela ne concerne que les talmidei 'hakhamim dont la Torah est le métier. Ceux dont la Torah n’est pas le métier sont tenus de payer. Toutefois, s’il a un peu de métier ou un peu de commerce pour vivre — non pour s’enrichir — et que, dès qu’il est libre de ses affaires, il revient à la Torah et étudie sans cesse, on dit que la Torah est son métier. (Rema : Nulle différence qu’il tienne une yechiva ou non : il suffit qu’il soit reconnu talmid 'hakham en sa génération, capable de discuter la Torah, de comprendre de lui-même la plupart des passages du Talmud et de leurs commentaires ainsi que les décisions des Guéonim, et que la Torah soit son métier, comme on l’a dit. Bien qu’il n’y ait plus de nos jours de sage au degré où celui qui l’humilie devrait lui verser une livre d’or, on n’est pas si exigeant pour l’exemption d’impôt : il suffit qu’il soit reconnu talmid 'hakham, comme on l’a dit. Il y a pourtant des lieux où l’on a coutume d’exempter les talmidei 'hakhamim de l’impôt, et d’autres où l’on n’a pas cette coutume.)

ותלמיד חכם המזלזל במצות ואין בו יראת שמים הרי הוא כקל שבצבור:

Le talmid 'hakham qui traite les mitsvot à la légère et n’a pas la crainte du Ciel est comme le moindre de la communauté.

תלמיד חכם שיש לו סחורה למכור לא היו מניחין לשום אדם למכור מאותה סחורה עד שימכור הוא תחלה את שלו ודוקא דליכא עובדי כוכבים דמזבני אבל אי איכא עובדי כוכבים דמזבני לא דהא לית רווחה לצורבא מרבנן ואפסודי להנך בכדי לא מפסדינן:

Un talmid 'hakham qui a une marchandise à vendre : on ne laissait personne vendre de cette même marchandise avant qu’il n’ait vendu la sienne. Cela n’est dit que s’il n’y a pas d’idolâtres qui vendent la même chose. S’il y en a, non : le jeune savant n’y gagne rien, et l’on ne fait pas perdre aux autres pour rien.

תלמיד חכם שיש לו דין עם אחד ועומד לפני הדיין ויש שם בעלי דינים אחרים שקדמו לפניו תחלה מקדימים דינו של ת"ח ומושיבין אותו:

Un talmid 'hakham qui a un procès et se tient devant le juge, alors que d’autres plaideurs sont arrivés avant lui : on avance son affaire et on le fait asseoir.

עון גדול הוא לבזות תלמידי חכמים או לשנאותן וכל המבזה את החכמים אין לו חלק לעולם הבא והוא בכלל כי דבר ה' בזה: הגה ואסור לשמש במי ששונה הלכות וכ"ש במי ששונה תלמוד שהוא הגמ' ויקדים לשמש במי ששונה הלכות קודם שישמש במי ששונה גמ' (רבינו ירוחם נתיב ב'):

C’est un grand péché que de mépriser les talmidei 'hakhamim ou de les haïr. Quiconque méprise les sages n’a pas de part au monde à venir ; il entre dans le verset : « car il a méprisé la parole de ה' ». (Rema : Il est interdit de se faire servir par celui qui étudie les halakhot, et à plus forte raison par celui qui étudie le Talmud, c’est-à-dire la Guémara. Si l’on doit se faire servir, on prendra d’abord celui qui n’étudie que les halakhot, avant celui qui étudie la Guémara.)

מי שהעידו עליו שביזה ת"ח אפי' בדברים (אפי' שלא בפניו) בית דין היו מנדין אותו ואין מתירים לו עד שירצה החכם שנדוהו בשבילו ואם ביזה את החכם לאחר מותו בית דין היו מנדין אותו והם מתירים לו משיחזור בתשובה: הגה אבל אין דין ת"ח בזמן הזה לענין שיתן לו המבייש ליטרא דדהבא (מהרי"ק שורש קס"ג ומהרי"ו סי' קס"ג) ומ"מ יקנסו הב"ד המבייש לפי המבייש והמתבייש (ריב"ש) ובלבד שלא יתחיל החכם במריבה לבזות בני אדם שלא כדין ויגרום בזה שיבזוהו ויתרסו נגדו (ג"ז שם) ומ"מ אף אם התחיל החכם קצת אין רשות לכל אדם להחציף נגדו לענות לו בעזות (הגהות מרדכי דקדושין) והכל לפי ראות הדיינים:

Celui dont on a témoigné qu’il a méprisé un talmid 'hakham, même en paroles, même hors de sa présence : le tribunal le mettait en nidouï (excommunication) et ne le déliait qu’après qu’il eût apaisé le sage pour qui on l’avait frappé de nidouï. S’il a méprisé le sage après sa mort, le tribunal le mettait en nidouï et le déliait lui-même dès qu’il faisait techouva. (Rema : De nos jours, il n’y a plus le din du talmid 'hakham au point que l’offenseur doive lui verser une livre d’or. Le tribunal inflige toutefois une amende selon qui a offensé et qui a été offensé. Encore faut-il que le sage n’ait pas commencé la querelle en méprisant les gens à tort, ce qui provoquerait qu’on le méprise et qu’on s’élève contre lui. Même s’il a un peu commencé, personne n’a le droit de lui répondre avec insolence. Le tout selon l’appréciation des juges.)

החכם עצמו היה מנדה לכבודו לעם הארץ שהפקיר כנגדו ואין צריך לא עדות ולא התראה ואין מתירין לו עד שירצה החכם ואם מת החכם באים שלשה ומתירין לו ואם רצה החכם למחול לו ולא נידהו הרשות בידו: הגה י"א שבזמן הזה אין ת"ח יכול לנדות לכבוד עצמו ולא לעשות דינא לנפשיה (מהרי"ק ומהרי"ו שם ובפסקי מהרא"י סי' רצ"ה) ויש חולקים ובלבד שיהא מוחזק וראוי לכך (ריב"ש ומהר"ד כהן) (ועי' לקמן סוף סי' של"ד):

Le sage lui-même mettait en nidouï, pour son honneur, l’ignorant qui s’était conduit envers lui avec mépris. Il n’a besoin ni de témoins ni d’avertissement. On ne le délie qu’après qu’il eût apaisé le sage. Si le sage est mort, trois personnes viennent et le délient. Si le sage a voulu pardonner et n’a pas lancé le nidouï, c’est son droit. (Rema : Certains disent qu’aujourd’hui le talmid 'hakham ne peut plus lancer un nidouï pour son propre honneur, ni se faire justice lui-même. D’autres contestent, pourvu qu’il soit reconnu et digne de cela. Voir plus bas à la fin du siman 334.)

אע"פ שיש רשות לחכם לנדות לכבודו אינו שבח לת"ח שינהיג עצמו בדבר זה בד"א שחירפוהו בסתר אבל אם חירפוהו בפרהסיא אסור לו למחול על כבודו אלא נוקם ונוטר הדבר כנחש עד שיבקש ממנו מחילה ויסלח לו:

Bien que le sage ait le droit de lancer un nidouï pour son honneur, ce n’est pas un titre de gloire pour un talmid 'hakham de se conduire ainsi. Cela n’est dit que s’il a été insulté en secret. Mais s’il a été insulté en public, il lui est interdit de renoncer à son honneur : il se venge et garde rancune de la chose comme un serpent, jusqu’à ce qu’on lui demande pardon et qu’il pardonne.