שולחן ערוך, יורה דעה

Choulhan Aroukh — Yoré Déa, siman 247

Rabbi Yossef Karo · Rema : Rabbi Moche Isserles · La grandeur de la récompense de la tsedaka, et si l'on y contraint
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Commandement de donner la tsedaka selon ses moyens ; qui s'en détourne est comme un idolâtre ; elle n'appauvrit pas ; le Saint béni soit-Il a pitié de qui a pitié des pauvres ; elle écarte les décrets durs et enrichit ; on ne met ה' à l'épreuve que par elle, et selon certains seulement par le maasser.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETL'obligation de la tsedaka, sa récompense et l'interdit de s'y soustraire
À FAIREDonner selon ses moyens
C'est un commandement positif, et s'y soustraire en détournant les yeux enfreint un commandement négatif.
À ÉVITERIgnorer le pauvre
Détourner les yeux est comparé à l'idolâtrie et peut entraîner la mort du demandeur affamé.
À FAIREAvoir pitié des pauvres
Celui qui a pitié d'eux obtient la pitié du Saint béni soit-Il, car la roue tourne inévitablement dans le monde.
OUIMettre ה' à l'épreuve
Il est exceptionnellement permis d'éprouver ה' concernant l'enrichissement par la tsedaka (ou uniquement par le maasser selon certains).
La tsedaka est une obligation stricte qui n'appauvrit jamais l'homme, repousse les décrets funestes, et attire la miséricorde divine en protégeant même de la mort.

Glossaire

tsedaka
don de justice, aumône prescrite
beliyaal
vaurien, homme sans valeur
Nahoum ich Gam Zou
Nahoum l'homme de Gam Zou, dont le récit enseigne le danger de tarder à donner
Tsarefat
Sarepta ; la veuve dont la jarre ne s'épuisa pas
maasser
dîme, dixième prélevé pour les pauvres

גודל שכר צדקה ואם כופין עליה. ובו ד' סעיפים:מצות עשה ליתן צדקה כפי השגת יד וכמה פעמים נצטוינו בה במצות עשה ויש לא תעשה במעלים עיניו ממנה שנאמר לא תאמץ את לבבך ולא תקפוץ את ידך וכל המעלים עיניו ממנה נקרא בליעל וכאילו עובד אלילים ומאד יש ליזהר בה כי אפשר שיבא לידי שפיכות דמים שימות העני המבקש אם לא יתן לו מיד כעובדא דנחום איש גם זו:

C'est un commandement positif de donner la tsedaka selon ses moyens. Combien de fois en avons-nous reçu l'ordre par des commandements positifs, et il y a un commandement négatif pour qui en détourne les yeux, ainsi qu'il est dit : « Tu n'endurciras pas ton cœur et tu ne fermeras pas ta main. » Quiconque en détourne les yeux est appelé beliyaal, et c'est comme s'il servait les idoles. Il faut y veiller grandement, car il se peut que l'on en vienne à verser le sang : que le pauvre qui demande meure si l'on ne lui donne pas aussitôt, comme dans le fait de Nahoum ich Gam Zou.

לעולם אין אדם מעני מן הצדקה ולא דבר רע ולא היזק מתגלגל על ידה שנאמר והיה מעשה הצדקה שלום:

Jamais l'homme ne s'appauvrit par la tsedaka, et nulle chose mauvaise ni aucun dommage ne survient par elle, ainsi qu'il est dit : « L'œuvre de la tsedaka sera paix. »

כל המרחם על העניים הקב"ה מרחם עליו: הגה ויתן האדם אל לבו שהוא מבקש כל שעה פרנסתו מהקב"ה וכמו שהוא מבקש שהקב"ה ישמע שועתו כך הוא ישמע שועת עניים גם יתן אל לבו כי הוא גלגל החוזר בעולם וסוף האדם שיבא הוא או בנו או בן בנו לידי מדה זו וכל המרחם על אחרים מרחמין עליו (מלשון הטור):

Quiconque a pitié des pauvres, le Saint béni soit-Il a pitié de lui. (Rema : Que l'homme se mette dans le cœur qu'il demande à toute heure sa subsistance au Saint béni soit-Il ; et de même qu'il demande que le Saint béni soit-Il écoute son cri, ainsi qu'il écoute le cri des pauvres. Qu'il se mette aussi dans le cœur que c'est une roue qui tourne dans le monde, et qu'à la fin l'homme en viendra, lui ou son fils ou le fils de son fils, à cette mesure. Quiconque a pitié des autres, on a pitié de lui.)

הצדקה דוחה את הגזירות הקשות וברעב תציל ממות כמו שאירע לצרפית : הגה והיא מעשרת ואסור לנסות הקב"ה כי אם בדבר זה שנאמר ובחנוני נא בזאת וגו' (טור מגמרא פ"ק דתענית) וי"א דוקא בנתינת מעשר מותר לנסות הקב"ה אבל לא בשאר צדקה (ב"י דכך משמע מש"ס שם):

La tsedaka écarte les décrets durs, et dans la famine elle sauve de la mort, comme il advint à [la veuve] de Tsarefat. (Rema : Elle enrichit. Il est interdit de mettre le Saint béni soit-Il à l'épreuve, sauf en cette chose, ainsi qu'il est dit : « Mettez-Moi donc à l'épreuve par ceci... » Certains disent que c'est seulement en donnant le maasser qu'il est permis de mettre le Saint béni soit-Il à l'épreuve, mais non pour le reste de la tsedaka.)