Seuils pour prendre du tamhoui (deux repas) ou de la koupa (quatorze repas ; deux cents zouz sans commerce, ou cinquante zouz avec commerce). Exceptions : dettes, ketouba, maison et ustensiles d'usage, voyageur. De nos jours certains permettent jusqu'à un capital dont le revenu fait vivre. Règles du maasser ani en attendant de vendre des terres, du voyageur sans argent, de l'orphelin nourri, du surplus des collectes, du captif mort ou disparu, du pauvre qui donne, du riche avare, du talmid 'hakham, et de l'insaisissabilité de la tsedaka par les créanciers.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.
מי הוא הראוי ליטול צדקה. ובו י"ב סעיפים:מי שיש לו מזון שתי סעודות לא יטול מהתמחוי מזון י"ד סעודות לא יטול מהקופה ואם יש לו ר' זוז ואינו נושא ונותן בהם או שיש לו חמשים זוז והוא נושא ונותן בהם לא יטול צדקה ואם יש לו ר' זוז חסר דינר ואינו נושא ונותן בהם אפי' נותנים לו אלף זוז בבת אחת הרי זה יטול: הגה ומי שהולך מביתו ונוסע מעיר לעיר לקבץ כל הדרך שהיה בדעתו ליסע כשהלך מביתו נקרא פעם א' ואפי' נתנו לו ר' זוז בעיר א' יכול לקבל יותר ומכאן ואילך אסור (מרדכי פ"ק דב"ב בשם א"ז) ואם יש לו הרבה והוא עליו בחוב או שממושכן לכתובת אשתו הרי זה יטול ואם יש לו בית וכלי בית הרבה ואין לו ר' זוז הרי זה יטול ואין צריך למכור כלי ביתו ואפי' הם של כסף וזהב במה דברים אמורים בכלי אכילה ושתיה ומלבוש ומצעות וכיוצא בהן אבל מגרדה או עלי שהם של כסף מוכרם ולא יטול מהצדקה והא דאין מחייבים אותו למכור כלי תשמישו של כסף וזהב דוקא כל זמן שאינו צריך ליטול מהקופה אלא נוטל בסתר מיחידים אבל אם בא ליטול מהקופה של צדקה לא יתנו לו עד שימכור כליו: הגה וכן במקום דאיכא תקנה שלא ליתן צדקה למי שיש לו דבר קצוב אין חושבין לו בית דירה וכלי תשמישיו (מרדכי ריש פ"ק דב"ק) וכל מי שהוא עשיר אסור ליתן לבניו אע"פ שהם גדולים אם הם סמוכים על שולחן אביהם (מרדכי פ"ק דב"מ בב"י סי' רנ"ב) וכל זה דרך צדקה אבל דרך דורון וכבוד יכול לקבל אדם כדאמרי' הרוצה ליהנות יהנה כאלישע (מרדכי מהגהות דב"ק):
Celui qui a de quoi manger pour deux repas ne prendra pas du tamhoui (distribution quotidienne) ; celui qui a de quoi manger pour quatorze repas ne prendra pas de la koupa (caisse hebdomadaire). S'il a deux cents zouz et n'en fait pas commerce, ou s'il a cinquante zouz et en fait commerce, il ne prendra pas de tsedaka. S'il a deux cents zouz moins un dinar et n'en fait pas commerce, même si on lui donne mille zouz d'un seul coup, il pourra prendre. (Rema : Celui qui quitte sa maison et voyage de ville en ville pour collecter : tout le parcours qu'il avait en tête en quittant sa maison compte pour une seule tournée ; même si on lui a donné deux cents zouz dans une ville, il peut encore recevoir davantage ; ensuite, c'est interdit (Mordekhai, premier chapitre de Bava Batra, au nom de l'Or Zaroua).) S'il a beaucoup de biens mais qu'ils sont grevés de dettes ou hypothéqués pour la ketouba de sa femme, il pourra prendre. S'il a une maison et beaucoup d'ustensiles domestiques, mais pas deux cents zouz, il pourra prendre ; il n'est pas tenu de vendre ses ustensiles, même d'argent et d'or. De quoi parle-t-on ? Des ustensiles de table et de boisson, des vêtements, de la literie et des objets similaires. Mais un grattoir ou un pilon d'argent, il les vendra et ne prendra pas de la tsedaka. Ce qu'on ne l'oblige pas à vendre ses objets d'usage en argent et or, c'est seulement tant qu'il n'a pas besoin de prendre de la koupa, mais qu'il reçoit en secret de particuliers ; s'il vient prendre de la koupa de tsedaka, on ne lui donnera pas tant qu'il n'aura pas vendu ses objets. (Rema : De même, là où il y a un règlement de ne pas donner de tsedaka à qui possède un montant fixe, on ne lui compte pas sa maison d'habitation ni ses objets d'usage (Mordekhai, début du premier chapitre de Bava Kamma). Quiconque est riche a interdiction de donner à ses fils, même adultes, s'ils sont à la table de leur père (Mordekhai, premier chapitre de Bava Metsia ; B.Y. siman 252). Tout cela est par voie de tsedaka ; mais par voie de cadeau et d'honneur, un homme peut recevoir, comme l'on dit : « Qui veut bénéficier, qu'il bénéficie comme Élisha » (Mordekhai, d'après les gloses de Bava Kamma).)
ויש אומרים שלא נאמרו השיעורים הללו אלא בימיהם אבל בזמן הזה יכול ליטול עד שיהיה לו קרן כדי שיתפרנס הוא ובני ביתו מהריוח ודברים של טעם הם:
Et certains disent que ces mesures n'ont été dites que pour leur époque ; mais de nos jours, on peut prendre jusqu'à ce que l'on ait un capital dont le revenu fasse vivre soi-même et sa maison. Ce sont des paroles de bon sens.
מי שהיו לו קרקעות ואם ימכרם בימות הגשמים ימכרם בזול ואם יניחם עד ימות החמה מוכרן בשויין אין מחייבין אותו למכור אלא מאכילין אותו מעשר עני עד חצי דמיהם ולא ידחוק עצמו וימכור שלא בזמן מכירה (ל' הרמב"ם פ"ט מהל' מ"ע דין י"ז) (ויש אומרים שאין מאכילין אותו רק עד שיכול למכור קרקעותיו בחצי דמיהן) (טור ושאר הרבה פוסקים) היו שאר האדם לוקחים ביוקר והוא אינו מוצא מי שיקח ממנו אלא בזול מפני שהוא דחוק וטרוד אין מחייבים אותו למכור אלא אוכל מעשר עני והולך עד שימכור בשוה וידעו הכל שאינו דחוק למכור:
Celui qui avait des terres : s'il les vend au temps des pluies, il les vendra à bas prix ; s'il les laisse jusqu'au temps de la chaleur, il les vendra à leur juste valeur. On ne l'oblige pas à vendre ; on le nourrit du maasser ani (dîme du pauvre) jusqu'à la moitié de leur prix. Qu'il ne se presse pas de vendre hors du temps de la vente (langage du Rambam, Hilkhot Matenot Aniyim 9:17). (Et certains disent qu'on ne le nourrit que jusqu'à ce qu'il puisse vendre ses terres à la moitié de leur prix) (Tour et beaucoup d'autres décisionnaires). Si les autres gens achètent cher et que lui ne trouve qui lui prenne qu'à bas prix, parce qu'il est à l'étroit et pressé, on ne l'oblige pas à vendre ; il mange du maasser ani et continue jusqu'à ce qu'il vende au juste prix, et que tous sachent qu'il n'est pas contraint de vendre.
בעל הבית ההולך ממקום למקום וכלו מעותיו בדרך ואין לו מה יאכל יטול צדקה וכשיחזיר לביתו אינו חייב [לשלם] (דהוה ליה כעני והעשיר דאינו חייב לשלם) (טור) :
Le maître de maison qui va de lieu en lieu, dont l'argent s'est épuisé en chemin et qui n'a pas de quoi manger, prendra de la tsedaka. Quand il rentrera chez lui, il n'est pas tenu de rembourser (car il est comme un pauvre qui s'est enrichi, lequel n'est pas tenu de rembourser) (Tour).
מי שפירנס יתום והיה מכוין למצוה וכשהגדיל תבע ממנו מה שפרנסו פטור: הגה אפי' היה לו ליתום באותה שעה אם לא שפירש שדרך הלואה פרנסו ודוקא יתום אבל אחר אפי' בסתם נמי אמרי' שדרך הלואה עשה מאחר שיש לו נכסים (תא"ו) ועיין בחושן המשפט סי' ר"ץ סעיף כ"ה:
Celui qui a nourri un orphelin en ayant en vue la mitsva, et qui, lorsque celui-ci a grandi, lui a réclamé ce dont il l'avait nourri : il est exempt. (Rema : Même si l'orphelin avait alors de quoi, à moins qu'il n'ait précisé qu'il le nourrissait par voie de prêt. Et cela seulement pour un orphelin ; mais un autre, même sans rien préciser, l'on dit qu'il l'a fait par voie de prêt, puisqu'il a des biens (Teroumat ha-Dechen). Voir 'Hochen Michpat siman 290 seif 25.)
עני שגבו לו להשלים לו די מחסורו והותירו על מה שצריך המותר שלו ואם גבו לעניים סתם והותירו ישמרו לעניים אחרים וכן מותר שבוי לאותו שבוי ואם גבו לשבויים סתם והותירו ישמרו אותם לשבויים אחרים וכן מותר המת ליורשיו מותר מתים למתים ואם ראו הפרנסים שיש צורך שעה ורצו לשנות הרשות בידם:
Un pauvre pour qui l'on a collecté afin de lui compléter de quoi suffire à son manque, et qu'il est resté au-delà de ce qu'il faut : le surplus est à lui. Si l'on a collecté pour les pauvres sans préciser et qu'il est resté un surplus, on le gardera pour d'autres pauvres. De même, le surplus d'un captif est pour ce captif ; si l'on a collecté pour des captifs sans préciser et qu'il est resté un surplus, on le gardera pour d'autres captifs. De même, le surplus du mort est pour ses héritiers ; le surplus des morts est pour les morts. Si les parnassim voient un besoin de l'heure et veulent changer, le pouvoir est en leurs mains.
מעות שגבו לפדיון שבוי ומת קודם שנפדה יש מי שאומר שהם של יורשיו ויש מי שאומר שלא זכו בהם יורשיו ולזה הדעת נוטה בזמן הזה דאמדינן דעתייהו שלא התנדבו על דעת כן והוא הדין לנטמע (פי' נטמן ונאבד כי בא השמש ת"י טמעת שמשא) השבוי בין העובד כוכבים קודם שנפדה: הגה ועיין בחו"מ סוף סי' רפ"ג והוא הדין אם נדר א' ליתומה מעות להשיאה ומתה דלא זכו בהם יורשים (מרדכי פ' אף על פי בשם ה"ר חיים והרא"ש כלל כ') ומיהו כל זמן שהיא חיה הם של היתומה וצריך לתת לה מיד ואין ממתינים עד נשואיה ואם מתה המעות חוזרין ועיין בחושן משפט סי' רנ"ג סעיף י"ו דיש חולקין:
Des deniers collectés pour le rachat d'un captif (pidyon chevouyim), et que celui-ci est mort avant d'être racheté : il est qui dit qu'ils sont à ses héritiers, et il est qui dit que ses héritiers n'y ont pas acquis de droit. C'est vers cet avis que l'on incline de nos jours, car l'on évalue leur intention : ils n'ont pas fait don dans cette pensée. Il en est de même si le captif s'est perdu (s'est caché et a disparu) parmi les non-juifs avant d'être racheté. (Rema : Voir 'Hochen Michpat, fin du siman 283. Il en est de même si l'un a voué à une orpheline des deniers pour la marier et qu'elle est morte : les héritiers n'y ont pas acquis de droit (Mordekhai, chapitre « Af al pi », au nom de R. 'Hayim, et Roch, règle 20). Toutefois, tant qu'elle est en vie, ils sont à l'orpheline ; il faut les lui donner aussitôt, et l'on n'attend pas jusqu'à son mariage. Si elle meurt, les deniers reviennent. Voir 'Hochen Michpat siman 253 seif 16, car il y a des avis contraires.)
עני שנתן פרוטה לצדקה מקבלין ממנו ואם לא נתן אין מחייבין אותו ליתן נתנו לו בגדים חדשים והחזיר הישנים מקבלים ממנו ואם לא החזיר אין מחייבים אותו:
Un pauvre qui a donné une perouta à la tsedaka : on l'accepte de lui. S'il n'a pas donné, on ne l'oblige pas à donner. On lui a donné des vêtements neufs et il a rendu les vieux : on les accepte de lui. S'il ne les a pas rendus, on ne l'oblige pas.
עני שאינו רוצה ליקח צדקה מערימים ונותנין לו לשם מתנה או לשם הלואה:
Un pauvre qui ne veut pas prendre de tsedaka : on use d'un stratagème et on lui donne à titre de cadeau ou à titre de prêt.
עשיר המרעיב עצמו ועינו צרה בממונו שלא יאכל ממנו אין משגיחין בו:
Un riche qui s'affame et qui lésine sur son argent au point de n'en pas manger : on n'en tient pas compte.
תלמיד חכם חייבים לתת לו לפי כבודו ואם אינו רוצה לקבל מתעסקין לסחור לו סחורה שקונים לו סחורה בזול וקונים ממנו סחורתו ביוקר ואם יודע להתעסק בפרקמטיא מלוין לו מעות לסחור בהם:
À un talmid 'hakham, on est tenu de donner selon son honneur. S'il ne veut pas recevoir, on s'occupe de lui faire un commerce : on lui achète de la marchandise à bas prix et l'on achète de lui sa marchandise à haut prix. S'il sait s'occuper de commerce, on lui prête de l'argent pour en faire commerce.
מי שצריך לבריות ושט אחר פרנסתו ונתנו לו צדקה אין בעלי חובות יכולים להפרע ממנו ממה שגבה בצדקה: הגה אם לא שכתוב בקבוצו שחייב לאחרים דאז נתנו לו אדעתא דהכי שישלם (כך משמע מהגהות מרדכי דב"ב):
Celui qui a besoin des créatures, court après sa nourriture, et à qui l'on a donné de la tsedaka : les créanciers ne peuvent se recouvrer sur lui de ce qu'il a perçu en tsedaka. (Rema : À moins qu'il ne soit écrit dans sa lettre de quête (kabboutz) qu'il doit à autrui ; alors on lui a donné dans cette pensée qu'il rembourserait (ainsi résulte-t-il des gloses du Mordekhai sur Bava Batra).)