Toute ville juive doit établir une koupa (caisse hebdomadaire pour les pauvres de la ville) et, selon l'usage, un tamhoui (distribution quotidienne pour tout pauvre). Perception et répartition à deux ou trois gabbaïm selon les cas. On peut changer l'affectation aux besoins publics. Délais d'obligation : 30 jours koupa, 3 mois tamhoui, 6 mois vêtements, 9 mois sépulture ; qui vient s'installer est contraint aussitôt. Le commerçant de passage donne sur place.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.
קופה ותמחוי היאך נגבים ומתחלקים. ובו ו' סעיפים:כל עיר שיש בה ישראל חייבים להעמיד מהם גבאי צדקה אנשים ידועים ונאמנים שיהיו מחזרים לגבות מכל אחד מה שהוא ראוי ליתן ודבר הקצוב עליו והם מחלקים המעות מערב שבת לערב שבת ונותנים לכל עני מה שיספיק לו לשבעה ימים וזו היא הנקראת קופה וכן מעמידים גבאים שלוקחים בכל יום ויום מכל חצר וחצר פת ומיני מאכל או פירות או מעות ממי שמתנדב לפי שעה ומחלקין את הגבוי לערב בין העניים ונותנים ממנו לכל עני פרנסת יומו וזהו הנקרא תמחוי מעולם לא ראינו ולא שמענו קהל מישראל שאין להם קופה של צדקה אבל תמחוי יש מקומות שלא נהגו בו: הגה ולכן מי שיש לו מזון שבעה ימים לא יקח מן הקופה ומי שיש לו מזון יום אחד לא יקח מן התמחוי כמו שנתבאר לעיל סי' רנ"ג וצריכים הגבאים שיהיו נאמנים וחכמים וידקדקו על העניים שלא יהיו רמאים וכל שהגבאי אינו נאמן אסור ליתן צדקה על ידו (הכל בטור):
Toute ville où il y a des Juifs est tenue d'établir parmi eux des gabbaïm de tsedaka, hommes connus et dignes de foi, qui feront la tournée pour percevoir de chacun ce qu'il convient qu'il donne et la somme qui lui a été fixée. Ils répartissent l'argent de veille de Chabbat en veille de Chabbat et donnent à chaque pauvre de quoi suffire pour sept jours : c'est ce qu'on appelle la koupa. On établit aussi des gabbaïm qui prennent chaque jour, de chaque cour, du pain et des aliments, ou des fruits, ou de l'argent, de quiconque fait un don du moment ; ils répartissent le perçu le soir parmi les pauvres et en donnent à chaque pauvre la nourriture du jour : c'est ce qu'on appelle le tamhoui. Jamais nous n'avons vu ni entendu une communauté d'Israël qui n'ait de koupa de tsedaka ; mais le tamhoui, il est des lieux où l'on n'en a pas l'usage. (Rema : C'est pourquoi celui qui a de quoi manger sept jours ne prendra pas de la koupa, et celui qui a de quoi manger un jour ne prendra pas du tamhoui, comme il a été exposé plus haut, siman 253. Les gabbaïm doivent être dignes de foi et sages, et examiner les pauvres afin qu'il n'y ait pas d'imposteurs. Tout gabbaï qui n'est pas digne de foi, il est interdit de donner la tsedaka par son intermédiaire (le tout au Tour).)
בתענית מחלקים מזונות לעניים וכל תענית שאכלו העם ולנו ולא חלקו צדקה לעניים הרי אלו כשופכי דמים במה דברים אמורים בשלא נתנו להם הפת והפירות אבל אם אחרו המעות או החטים אינם כשופכי דמים:
Un jour de jeûne, on répartit des vivres aux pauvres. Tout jeûne où le peuple a mangé et couché sans qu'on ait réparti de tsedaka aux pauvres, ceux-là sont comme des verseurs de sang. De quoi parle-t-on ? Lorsqu'on ne leur a pas donné le pain et les fruits. Mais si l'on a retardé l'argent ou le blé, ils ne sont pas comme des verseurs de sang.
הקופה אינה נגבית בפחות משנים שאין עושים שררה על הצבור בממון בפחות משנים אבל לאחר שנגבית אחד נאמן עליה להיות גזבר וכן יכולים למנות שני אחים להיות גזברים ואינה מתחלקת אלא בשלשה לפי שהיא כדיני ממונות לעיין על כל עני ועני כמה ראוי ליתן לו ותמחוי כמו שמתחלק בשלשה כך אינו נגבה אלא בשלשה לפי שאינו דבר קצוב וצריכים לעיין על כל אחד ואחד כמה ראוי שיתן:
La koupa n'est pas perçue par moins de deux, car on n'exerce pas d'autorité d'argent sur le public à moins de deux. Mais une fois perçue, un seul est digne de foi pour en être trésorier (gizbar) ; de même on peut nommer deux frères trésoriers. Elle n'est répartie que par trois, car c'est comme un jugement patrimonial : il faut examiner pour chaque pauvre combien il convient de lui donner. Le tamhoui, de même qu'il se répartit par trois, n'est perçu que par trois, car ce n'est pas une somme fixe et il faut examiner pour chacun combien il convient qu'il donne.
התמחוי נגבה בכל יום והקופה מערב שבת לערב שבת התמחוי לעניי עולם והקופה לעניי אותה העיר בלבד רשאים בני העיר לעשות קופה תמחוי ותמחוי קופה ולשנותם לכל מה שירצו מצרכי צבור ואע"פ שלא התנו כן בשעה שגבו ואם היה במדינה חכם גדול שהכל גובים על דעתו והוא יחלק לעניים כפי מה שיראה ה"ז יכול לשנותו לכל מה שיראה לו מצרכי צבור: הגה וה"ה לגבאי הממונה מבני העיר (מהרי"ק שורש ה') וה"ה ביחיד שהתנדב צדקה ונתנה לגבאי (ב"י בשם הר"ן ומהר"ם ורא"ש ומהרי"ק) אבל אם מינה בעצמו גבאים אין בני העיר יכולים לשנותה דלא על דעתם התנדב וכן אם פירש הנותן ואמר שיתנו לעניי העיר או לעני פלוני אין להם לשנות אפילו לת"ת (כן משמע במהרי"ו סי' כ"ו) בני העיר שמינו גבאי ונתפרדה החבילה ונפרדו זה מזה ועדיין מעות צדקה ביד הגבאי אם היה רשות ביד הגבאי בתחילה לעשות מה שירצה גם עתה יעשה מה שירצה ואם בתחילה הוצרך לימלך בבני העיר גם עכשיו יעשה כן ואם א"א לו לימלך או שאינן יכולין להשוות דעתם יעשה הגבאי מה שירצה ובלבד שיעשה בו דבר מצוה (מהרי"ק שורש קכ"ג) וע"ל סימן רנ"ט סעיף ב':
Le tamhoui se perçoit chaque jour, et la koupa de veille de Chabbat en veille de Chabbat. Le tamhoui est pour les pauvres du monde, et la koupa pour les pauvres de cette ville seulement. Les gens de la ville peuvent faire de la koupa un tamhoui et du tamhoui une koupa, et les changer pour tout besoin public qu'ils voudront, même s'ils n'en ont pas fait la condition au moment de la perception. S'il y avait dans le pays un grand sage sur l'avis de qui tous perçoivent, et qui répartit aux pauvres selon ce qui lui semble, celui-là peut le changer pour tout besoin public qui lui semble bon. (Rema : Il en est de même du gabbaï nommé par les gens de la ville (Mahariq, racine 5). Il en est de même de l'individu qui a fait don de tsedaka et l'a remise au gabbaï (B.Y. au nom du Ran, de Maharam, du Roch et de Mahariq). Mais s'il a lui-même nommé des gabbaïm, les gens de la ville ne peuvent la changer, car ce n'est pas sur leur avis qu'il a fait le don. De même, si le donateur a précisé et dit de donner aux pauvres de la ville ou à tel pauvre, on n'a pas à changer, même pour le Talmud Torah (ainsi résulte-t-il de Mahariv, siman 26). Des gens de la ville qui ont nommé un gabbaï, puis la société s'est dissoute et ils se sont séparés les uns des autres, et il reste encore de l'argent de tsedaka en main du gabbaï : si le gabbaï avait d'abord pouvoir de faire ce qu'il voulait, il fera encore ce qu'il veut ; s'il devait d'abord consulter les gens de la ville, il fera encore ainsi. S'il ne peut les consulter, ou s'ils ne peuvent s'accorder, le gabbaï fera ce qu'il veut, pourvu qu'il en fasse une chose de mitsva (Mahariq, racine 123). Voir plus loin siman 259 seif 2.)
מי שישב במדינה ל' יום היו כופין אותו ליתן צדקה לקופה עם בני המדינה. ישב שם ג' חדשים היו כופין אותו ליתן [לתמחוי. ישב שם ו' חדשים היו כופין אותו ליתן] צדקה בכסות שמכסים בה עניי העיר. ישב שם ט' חדשים היו כופין אותו ליתן צדקה לקבורה שקוברים בה את העניים ועושים להם כל צרכי קבורה במה דברים אמורים בבא לגור ואומר שאינו רוצה להשתקע אבל אם בא לעיר כדי להשתקע היו כופין אותו מיד (וכן בני עיר חדשה היו כופין זה את זה מיד (מהרי"ק שורש י"ז) וי"א דבזמן הזה משערים לכל בשלשים יום) (סמ"ק וכל בו):
Qui a séjourné dans le pays trente jours, on le contraignait à donner la tsedaka à la koupa avec les gens du pays. Qui y a séjourné trois mois, on le contraignait à donner au tamhoui. Qui y a séjourné six mois, on le contraignait à donner la tsedaka pour les vêtements dont on couvre les pauvres de la ville. Qui y a séjourné neuf mois, on le contraignait à donner la tsedaka pour la sépulture dont on enterre les pauvres et pour tous les besoins de leur enterrement. De quoi parle-t-on ? De celui qui vient habiter et dit qu'il ne veut pas s'établir. Mais s'il est venu en ville pour s'établir, on le contraignait aussitôt. (Rema : De même, les gens d'une ville nouvelle se contraignaient les uns les autres aussitôt (Mahariq, racine 17). Et certains disent qu'aujourd'hui l'on jauge tout à trente jours.)
מי שהלך בסחורה ופסקו עליו אנשי העיר שהלך שם צדקה הרי זה נותן לעניי אותה העיר ואם היו רבים ופסקו עליהם צדקה נותנים וכשבאים מביאים אותה עמהם ומפרנסים בה עניי עירם: הגה והא דצריכין ליתן מפני החשד לכן חוזרים ולוקחים מהם ומביאים לעירן (מרדכי פ' בני העיר) ודוקא בצדקה שלא היו נותנין אלו נשארו בעירן ולכן איכא חשדא אבל לצדקה שאף בעירן היו נותנין אין צריכין ליתן כלל דודאי יתנוה בעירן (מרדכי פ"ק דב"ב) מי שיש לו מעות אחרים למחצית שכר או בדרך אחר ונותנין מעשר מן הריוח צריך ליתן הריוח לבעליו והוא יתננו למי שירצה אם לא שיש תקנה בעיר ליתן מכל מה שמרויח אפי' עם מעות אחרים (מרדכי פ' הגוזל בתרא תשו' ה"ר טוביה ובהגהת מרדכי פ"ק דב"ב) . ואם יש שם חבר עיר יתנו לחבר עיר והוא מחלקה כפי שיראה לו:
Qui est allé pour le commerce et à qui les gens de la ville où il est allé ont fixé une tsedaka, celui-là donne aux pauvres de cette ville. S'ils étaient plusieurs et qu'on leur a fixé une tsedaka, ils donnent ; et lorsqu'ils reviennent, ils l'apportent avec eux et en nourrissent les pauvres de leur ville. (Rema : Ils doivent donner à cause du soupçon ; c'est pourquoi on leur reprend ensuite et ils apportent à leur ville (Mordekhai, chapitre « Bené ha-Ir »). Et cela seulement pour une tsedaka qu'ils n'auraient pas donnée s'ils étaient restés dans leur ville, d'où le soupçon ; mais pour une tsedaka qu'ils auraient donnée même dans leur ville, ils n'ont pas du tout à donner, car certainement ils la donneront dans leur ville (Mordekhai, premier chapitre de Bava Batra). Qui a de l'argent d'autrui en association à moitié profit ou d'une autre manière, et l'on donne le maasser du profit, doit donner le profit au propriétaire, et celui-ci le donnera à qui il voudra, sauf s'il y a un règlement de la ville de donner de tout ce que l'on gagne, même avec l'argent d'autrui (Mordekhai, chapitre « Ha-Gozel Batra », responsum de R. Tovia, et glose du Mordekhai, premier chapitre de Bava Batra).) S'il y a là un 'haver ir, on donnera au 'haver ir, et il répartit selon ce qui lui semble.