שולחן ערוך, יורה דעה

Choulhan Aroukh — Yoré Déa, siman 314

Rabbi Yossef Karo · Rema : Rabbi Moche Isserles · Qui est cru au sujet d’un défaut infligé au premier-né
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Les kohanim sont suspects d’infliger un défaut. Le berger israélite est cru ; la femme du kohen ne l’est pas. Un Israélite n’est pas suspect sur ses propres premiers-nés. On n’examine un premier-né pour un Israélite que si un kohen est présent, sauf savant scrupuleux ou défaut évident.

Glossaire

be’khor
premier-né (animal)
moum
défaut disqualifiant
moum’hé
expert en défauts
matanot kehouna
dons sacerdotaux
qodachim ba’houts
choses saintes consommées hors du Temple

מי נאמן על הטלת מום בבכור. ובו י"א סעיפים:הכהנים חשודים להטיל מום בבכור אפי' אם הוא חכם ויושב בישיבה אם עשה דבר שנראה כמערים כגון שנתן לבכור שעורים בסל בענין שכשיבא לאכלם יפגם שפתו או כיוצא בזה אין לשחטו על אותו המום. (ולפיכך כל מום שראוי לבא בידי אדם אין שוחטין אותו עליו עד שיעידו שמעצמו נפל בו) (טור):

Les kohanim sont suspects d’infliger un défaut (moum) au premier-né (be’khor). Même s’il est savant et siège à l’étude, s’il a fait un geste qui paraît une ruse — par exemple mettre de l’orge dans un panier de sorte qu’en la mangeant la bête s’entaille la lèvre, ou cas semblable — on n’abat pas en raison de ce défaut. (Rema : Aussi, tout défaut qui peut venir de la main de l’homme : on n’abat pas dessus tant que l’on n’a pas témoigné qu’il est survenu de lui-même.)

כל המומין הראוים לבא בידי אדם נאמן הרועה עליהם לומר מאליהם נפלו ולא נעשו בכונה וישחט עליהם במה דברים אמורים כשהיה הרועה ישראל והבכור ביד הכהן אבל אם היה הרועה כהן והבכור עדיין הוא ביד בעליו הישראל הרי זה אינו נאמן וחושדין אותו שמא הוא הטיל בו כדי שיתננו לו (וי"א דרועה כהן נאמן על בכור של ישראל ויש להקל) (טור בשם הרא"ש והרמב"ן):

Tous les défauts qui peuvent venir de la main de l’homme : le berger est cru à leur sujet pour dire qu’ils sont survenus d’eux-mêmes et n’ont pas été faits exprès, et l’on abat en raison de ces défauts. De quoi parle-t-on ? Quand le berger est Israélite et que le premier-né est entre les mains du kohen. Mais si le berger est kohen et que le premier-né est encore chez son maître israélite, il n’est pas cru : on le soupçonne de l’avoir infligé afin qu’on le lui donne. (Rema : Certains disent qu’un berger kohen est cru au sujet du premier-né d’un Israélite, et l’on peut être indulgent.)

כהן שהעיד לכהן אחר שמום זה מאליו נפל נאמן ואין חוששין להם שמא הם גומלים זה את זה:

Un kohen qui a témoigné pour un autre kohen que ce défaut est survenu de lui-même est cru. On ne craint pas qu’ils se rendent service l’un à l’autre.

אפי' בניו ובני ביתו של כהן מעידין לו על הבכור אבל לא אשתו מפני שהיא כגופו:

Même les fils et les gens de la maison du kohen témoignent pour lui au sujet du premier-né. Mais non sa femme, parce qu’elle est comme son propre corps.

עד שהעיד מפי עד אחר שמום זה נפל שלא לדעת נאמן אפילו אשה נאמנת לומר בפני נפל מום זה מאליו וישחט עליו:

Un témoin qui a témoigné d’après un autre témoin que ce défaut est survenu sans intention est cru. Même une femme est crue pour dire : « Ce défaut est survenu de lui-même devant moi », et l’on abat en raison de ce défaut.

לא היו מוחזקים בו שהוא בכור ואמר הכהן בכור הוא זה ומום זה נפל בו מעצמו נאמן:

S’il n’était pas établi que c’est un premier-né, et que le kohen a dit : « Celui-ci est un premier-né, et ce défaut est survenu de lui-même », il est cru.

בכור שהיה ביד כהן ונפל בו מום והעיד עליו עד אחד שזה המום מאליו נפל ואין אנו יודעים אם מום זה שוחטין עליו את הבכור ובא הכהן שהוא בידו ואמר הראיתי מום זה [למומחה] והתירו לשחיטה הרי זה נאמן ואין חוששין שמא לא הראהו:

Un premier-né qui était entre les mains d’un kohen, chez lequel un défaut est survenu, et un seul témoin a témoigné que ce défaut est survenu de lui-même, sans que l’on sache si l’on abat le premier-né en raison de ce défaut : si le kohen qui le détient dit : « J’ai montré ce défaut à un expert (moum’hé) et il l’a permis pour l’abattage », il est cru. On ne craint pas qu’il ne l’ait pas montré.

וכן נאמן הכהן לומר על בכור בעל מום בכור זה נתנו לי ישראל במומו ואין חוששין שמא הוא הטילו דמילתא דעבידא לגלויי לא משקרי בה אינשי:

De même, le kohen est cru pour dire, au sujet d’un premier-né déjà porteur d’un défaut : « Un Israélite me l’a donné avec son défaut. » On ne craint pas qu’il l’ait infligé lui-même : les gens ne mentent pas sur une chose destinée à être révélée.

נאמן ישראל לומר נתתי בכור זה לכהן במומו אפילו היה טלה והגדיל ולא חיישינן שמא אינו מכירו:

Un Israélite est cru pour dire : « J’ai donné ce premier-né au kohen avec son défaut », même si c’était un agneau et qu’il a grandi. On ne craint pas qu’il ne le reconnaisse plus.

ישראל לא נחשדו על הבכורות אפילו שלהם לפיכך ישראל שיש לו ספק בכור שנאכל במומו לבעלים נאמן לומר שנפל בו מום מעצמו:

Les Israélites n’ont pas été suspects au sujet des premiers-nés, même des leurs. Aussi un Israélite qui a un premier-né douteux, que les maîtres mangent une fois le défaut survenu, est-il cru pour dire que le défaut est survenu de lui-même.

אין רואין את הבכור לישראל עד שיהיה כהן עמו שמא יאמר לו המומחה מום הוא ומותר לשחוט עליו וילך וישחטנו לעצמו ולא יתננו לכהן שאע"פ שאינו חשוד לאכול קדשים בחוץ חשוד הוא לגזול מתנות כהונה לפיכך אם היה חכם וידוע שהוא מדקדק על עצמו רואים לו (וכן אם) היה המום גלוי לכל כגון שנקטעה ידו או רגלו הואיל והביאו לחכם המומחה ה"ז בחזקת מדקדק על עצמו לפיכך רואים לו אע"פ שאין עמו כהן:

On n’examine pas le premier-né pour un Israélite tant qu’un kohen n’est pas avec lui : de peur que l’expert ne lui dise que c’est un défaut et qu’il est permis d’abattre en raison de ce défaut, et qu’il aille l’abattre pour lui-même sans le donner au kohen. Car, bien qu’il ne soit pas suspect de manger des choses saintes hors du Temple, il est suspect de dérober les dons sacerdotaux. Aussi, s’il était savant et connu pour être scrupuleux envers lui-même, on l’examine pour lui. De même si le défaut est visible à tous — par exemple si sa patte de devant ou de derrière a été tranchée — : du moment qu’il l’a apporté à l’expert, il est présumé scrupuleux envers lui-même ; aussi l’examine-t-on pour lui, même sans kohen avec lui.