שולחן ערוך, יורה דעה

Choulhan Aroukh — Yoré Déa, siman 340

Rabbi Yossef Karo · Rema : Rabbi Moche Isserles · Lois de la déchirure : mesure, lieu, pour qui et quand
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Obligation de déchirer debout à l’encolure pour les proches soumis à l’avelout ; mesures, vêtements, coutures, cas du maître et du sage, Yom Tov, nouvelles, blasphème et lieux saints.

Glossaire

kria
déchirure du vêtement de deuil
téfa'h
palme, environ huit à dix centimètres
lekhathila
a priori
anos
contraint
avelout
deuil
rav mouvhak
maître principal, dont on a reçu la majeure partie de son savoir
sholel
ourler d’une couture irrégulière
mea'heh
recoudre d’une couture régulière
eparkesout
vêtement que l’on ne déchire pas (sous-vêtement ou manteau, selon les avis)
kapa
vêtement de dessus
kamiza
chemise
sarbal
manteau de dessus
miloul
rouler ensemble les bords de la déchirure
likout
rassembler les bords par quelques points
soulamot
couture en marches d’échelle
couture alexandrine
couture égale dessus et saillante dessous
tokh kedei dibour
laps de temps d’une parole
nouvelle récente
shmoua kerova, dans les trente jours
nouvelle lointaine
shmoua rehoka, après trente jours
Hol hamoed
jours demi-fériés de la fête
kinnoui
surnom divin
nassi
prince, chef de la génération
av beit din
président du tribunal

ענין הקריעה שיעורה ומקומה ועל מי קורעין ובאיזה זמן קורעין. ובו ל"ט סעיפים:מי שמת לו מת והוא מהמתים שראוי להתאבל עליהם חייב לקרוע עליו וצריך שיקרע מעומד ואם קרע מיושב לא יצא (וצריך לחזור ולקרוע) (טור בשם רי"ץ גיאות והרא"ש והגהות מיימוני וב"י לדעת ראב"ד ורי"ף ורמב"ן ומרדכי פא"מ) (ולכתחלה צריך לקרוע קודם שיסתום פני המת) (ב"י בשם סמ"ק):

Celui qui perd un mort parmi ceux pour lesquels on observe l’avelout (deuil) est tenu de déchirer sur lui. Il faut déchirer debout ; s’il a déchiré assis, il n’est pas quitte et doit déchirer de nouveau. Lekhathila (a priori), il faut déchirer avant que l’on recouvre le visage du mort.

מקום הקריעה בכל מקום בבית הצואר לפניו אבל אם קרע לאחריו (או בשולי הבגד) (טור) או מן הצדדין לא יצא: הגה וי"א שיוצא אם קורע בשולי הבגד וכן נהגו להקל לקרוע בשולי הבגד (אלו מנהגים תמצא בסמ"ק ובמהרי"ו ובחידושי אגודה ובכל בו) כשקורעין על שאר מתים שאינן מתאבלין עליהם אבל על המתים שהם קרוביו ומתאבלים עליהם אינו יוצא בקריעה זו וצריך לקרוע בבית הצואר וכן נהגו:

Le lieu de la déchirure est n’importe où à l’encolure, par-devant. S’il a déchiré par-derrière, ou au bas du vêtement, ou sur les côtés, il n’est pas quitte. (Rema : Certains disent qu’il est quitte s’il déchire au bas du vêtement ; on a coutume d’être indulgent et de déchirer au bas du vêtement pour les autres morts pour lesquels on n’observe pas l’avelout. Mais pour les morts qui sont ses proches et pour lesquels on observe l’avelout, il n’est pas quitte par cette déchirure : il faut déchirer à l’encolure. Ainsi est l’usage.)

שיעור קריעה טפח ואם קרע על מת ובא להוסיף באותה קריעה על מת אחר אם אחר ז' סגי בכל שהוא ואם הוא בתוך ז' צריך טפח ועל אביו ואמו אפילו אחר ז' קורע עד שיגלה את לבו:

La mesure de la déchirure est un téfa'h. S’il a déchiré pour un mort et qu’il veuille allonger cette même déchirure pour un autre mort : après les sept jours, n’importe quelle extension suffit ; pendant les sept jours, il faut un téfa'h. Pour son père et sa mère, même après les sept jours, il déchire jusqu’à découvrir sa poitrine.

כשם שקורע על קרובו שמתאבל עליו כך קורע בפני קרובו על מת שמת לקרובו כיצד הרי שמת בן בנו או אחי בנו או אם בנו חייב לקרוע בפני בנו וכן קורע על חמיו וחמותו והאשה קורעת על חמיה וחמותה. (ואין נוהגין עכשיו כן וכמו שיתבאר לקמן סי' שע"ד לענין אבלות):

De même qu’il déchire pour son proche pour lequel il observe l’avelout, de même il déchire en présence de son proche pour un mort survenu à ce proche. Comment ? Si le fils de son fils, ou le frère de son fils, ou la mère de son fils est mort, il est tenu de déchirer en présence de son fils. De même il déchire pour son beau-père et sa belle-mère, et la femme déchire pour son beau-père et sa belle-mère. (On n’en use plus ainsi aujourd’hui, comme il sera expliqué au siman 374 au sujet de l’avelout.)

העומד בשעת יציאת נשמה של איש או אשה מישראל חייב לקרוע. (טור בשם רמב"ן וב"י אף לדעת רש"י) ואפילו אם לפעמים עשה עבירה לתיאבון או שמניח לעשות מצוה בשביל טורח: הגה אבל רגיל לעשות עבירה אין מתאבלין עליו (מרדכי סוף מ"ק) וכל שכן על מומר לעבודת כוכבים (שם ופוסקים וכן מוכח מש"ס פי' נגמר הדין וכמה דוכתי) וי"א שמומר שנהרג בידי עובד כוכבים מתאבלים עליו (הגהת אשיר"י פרק א"מ וא"ז) וכן מומר קטן שהמיר עם אביו או אמו דהוי כאנוס (מרדכי ה"א בשם ר"י ומביאו ב"י סימן שמ"ה) וי"א דאין מתאבלין וכן עיקר (שם בשם ר"ח) . הפורשים מדרכי צבור אע"פ שאין מתאבלין עליהם מתאבלין על בניהם (א"ז) (וע"ל סי' שמ"ה):

Celui qui se tient présent à l’heure de la sortie de l’âme d’un homme ou d’une femme d’Israël est tenu de déchirer. Même si le défunt a parfois commis une faute par désir, ou s’est abstenu d’une mitsva par peine de l’effort. (Rema : Mais s’il a coutume de commettre des fautes, on n’observe pas l’avelout sur lui ; à plus forte raison pour un apostat à l’idolâtrie. Certains disent que si un apostat a été tué par un non-juif, on observe l’avelout sur lui. De même un apostat mineur qui s’est converti avec son père ou sa mère : il est comme anos (contraint). Certains disent qu’on n’observe pas l’avelout ; et c’est l’essentiel. Ceux qui se sont séparés des voies de la communauté : bien qu’on n’observe pas l’avelout sur eux, on l’observe sur leurs enfants.)

על אדם כשר שאינו חשוד על שום עבירה ולא על שום ביטול מצוה ולא סני שומעניה אע"פ שאינו גדול בתורה אע"פ שלא עמד בשעת יציאת נשמה חייב לקרוע עליו והוא שעומד שם בין מיתה לקבורה ותלמידי חכמים פטורים מקריעה זו: הגה וי"א דאין חייב לקרוע על אדם כשר אלא אם כן עומד עליו בשעת יציאת נשמה אבל חייב לבכות ולהתאבל עליו (ר"ן פ' האורג והגהות מיימוני פי"א בשם ראבי"ה) וכן נהגו להקל:

Pour un homme probe, que l’on ne soupçonne d’aucune faute ni d’aucun manquement à une mitsva, et dont la réputation n’est pas mauvaise, même s’il n’est pas grand en Torah : même si l’on n’était pas présent à la sortie de l’âme, on est tenu de déchirer pour lui, pourvu que l’on se trouve là entre la mort et l’enterrement. Les talmidei 'hakhamim sont dispensés de cette déchirure. (Rema : Certains disent que l’on n’est tenu de déchirer pour un homme probe que si l’on se tient auprès de lui à l’heure de la sortie de l’âme ; mais on est tenu de pleurer et de s’affliger pour lui. Ainsi a-t-on coutume d’être indulgent.)

על חכם ועל תלמיד חכם ששואלין אותו דבר הלכה בכל מקום ואומרה קורעין עליו אפילו לאחר קבורה ביום שמועה אם הוא תוך ל' יום וקורע עליו בשעת הספדו (לא קרע ביום שמועה וכבר עבר זמן הספדו ולא קרע שוב אינו קורע) (כך משמע בטור וב"י) וקורעין עליו עד שמגלין את לבם וכבר נהגו תלמידי חכמים בכל מקום לקרוע זה על זה טפח אע"פ שהם שוים ואין אחד מהם מלמד את חבירו: הגה וי"א שאין קורעין על חכם אלא א"כ הוא רבו או שיודעין משמועותיו שחדש דהיינו רבו (הרא"ש והגמי"י בשם הר"מ) וכן נהגו להקל במדינות אלו:

Pour un sage et pour un talmid 'hakham à qui l’on peut demander en tout lieu un point de halakha et qui le dit, on déchire pour lui même après l’enterrement, le jour de la nouvelle, si c’est dans les trente jours ; et l’on déchire pour lui au moment de son oraison. (S’il n’a pas déchiré le jour de la nouvelle et que le temps de l’oraison est déjà passé sans qu’il ait déchiré, il ne déchire plus.) On déchire pour lui jusqu’à découvrir la poitrine. Les talmidei 'hakhamim ont déjà pris l’habitude, en tout lieu, de déchirer l’un pour l’autre un téfa'h, même s’ils sont égaux et qu’aucun n’enseigne l’autre. (Rema : Certains disent que l’on ne déchire pour un sage que s’il est son maître, ou que l’on connaisse de lui des enseignements nouveaux, c’est-à-dire qu’il est comme son maître. Ainsi a-t-on coutume d’être indulgent dans ces pays.)

על רבו שרוב חכמתו ממנו אם מקרא מקרא ואם משנה משנה אם גמרא גמרא קורע כל בגדיו עד שמגלה לבו וי"א שאינו קורע אלא טפח ואינו מאחה לעולם ואפי' משמועה רחוקה קורע עליו לעולם ואם לא למד רוב חכמתו ממנו אינו קורע עליו אלא כדין שאר מתים שהוא מתאבל עליהם ואפי' לא למד ממנו אלא דבר אחד בין קטן בין גדול קורע עליו: הגה וי"א דקרע שעל רבו שאינו מובהק נמי אינו מתאחה (טור בשם הרא"ש ובית יוסף בשם רש"י ותוספות והר"ן) תלמידי חכמים שיושבים ביחד ומקשים ומפרקין זה לזה ולומדים ביחד י"א שדינן כרב שאינו מובהק וי"א שדינן כרב מובהק (אלו שני הסברות בטור) וי"א דאין צריכין לקרוע אלא על רבו שלמדו רוב חכמתו אבל חבירים הלומדים זה עם זה או שהאיר עיניו בדבר אחד אינו אלא חומרא בעלמא והיכא דנהוג נהוג והיכא דלא נהוג לא נהוג ואין מורין כן (מרדכי ה"א בשם השאלתות והגמ"יי בשם הר"מ) ולכן נהגו להקל במדינות אלו:

Pour son maître dont il a reçu la majeure partie de son savoir — si c’est l’Écriture, l’Écriture ; si c’est la Mishna, la Mishna ; si c’est la Gemara, la Gemara —, il déchire tous ses vêtements jusqu’à découvrir sa poitrine. Certains disent qu’il ne déchire qu’un téfa'h, et qu’il ne recoud jamais. Même pour une nouvelle lointaine, il déchire toujours pour lui. S’il n’a pas reçu de lui la majeure partie de son savoir, il ne déchire pour lui que selon la règle des autres morts pour lesquels il observe l’avelout. Même s’il n’a appris de lui qu’une seule chose, que le maître soit petit ou grand, il déchire pour lui. (Rema : Certains disent que la déchirure pour un maître qui n’est pas rav mouvhak ne se recoud pas non plus. Des talmidei 'hakhamim qui siègent ensemble, se posent des difficultés et les résolvent, et étudient ensemble : certains disent que leur statut est celui d’un maître qui n’est pas mouvhak ; d’autres, celui d’un rav mouvhak. D’autres encore : on n’est tenu de déchirer que pour le maître dont on a reçu la majeure partie de son savoir ; pour des compagnons qui étudient ensemble, ou pour celui qui a éclairé sur un seul point, ce n’est qu’une rigueur : là où l’usage existe, on le suit ; là où il n’existe pas, on ne le suit pas ; et l’on n’enseigne pas ainsi. C’est pourquoi l’on a coutume d’être indulgent dans ces pays.)

על כל המתים קורע עליו טפח בבגד העליון ודיו ועל אביו ואמו קורע כל בגדיו אפילו הוא לבוש י' עד שמגלה לבו ואם לא קרע כל בגדיו לא יצא וגוערים בו וכל זמן שאותו הבגד עליו אומרים לו קרע אפילו לאחר שלשים:

Pour tous les morts, on déchire un téfa'h au vêtement de dessus, et cela suffit. Pour son père et sa mère, on déchire tous ses vêtements, même s’il en porte dix, jusqu’à découvrir sa poitrine. S’il n’a pas déchiré tous ses vêtements, il n’est pas quitte, et on le réprimande. Tant que ce vêtement est sur lui, on lui dit : « Déchire », même après trente jours.

אפרקסותו אינו צריך לקרוע יש מפרשין שהוא בגד הזיעה הדבוק לבשרו ויש מפרשים דהיינו בגד העליון שקורין קאפ"ה ופשט המנהג שלא לקרוע הקאפ"ה על שום מת אפי' על אביו ואמו ולקרוע על אביו ואמו גם החלוק שקורין קאמיז"ה. (כל בו בשם רבותיו הפוסקים וסמ"ק לפי' הערוך): הגה ובמדינות אלו אין נוהגין כן אלא אין קורעין החלוק של פשתן שהוא בגד הזיעה ולא הסרבל העליון אבל שאר בגדיו קורע באביו ואמו ובשאר מתים המלבוש העליון תחת הסרבל (סמ"ג בשם רבותינו הצרפתים):

L’eparkesout, on n’est pas tenu de la déchirer. Certains expliquent que c’est le vêtement de sueur collé à la chair ; d’autres, que c’est le vêtement de dessus appelé kapa. L’usage s’est répandu de ne pas déchirer la kapa pour aucun mort, même pour son père et sa mère, et de déchirer pour son père et sa mère aussi la chemise appelée kamiza. (Rema : Dans ces pays, on n’en use pas ainsi : on ne déchire ni la chemise de lin, qui est le vêtement de sueur, ni le manteau de dessus (sarbal) ; mais on déchire ses autres vêtements pour son père et sa mère, et pour les autres morts le vêtement de dessus sous le sarbal.)

אחד האיש ואחד האשה שוים לענין קריעה אלא שהאשה קורעת התחתון ומחזירתו לאחריה וחוזרת וקורעת העליון:

L’homme et la femme sont égaux pour la déchirure, sauf que la femme déchire le vêtement de dessous, le rabattant vers l’arrière, puis déchire le vêtement de dessus.

על כל המתים אם רצה מניח שפת הבגד שלימה וקורע מהשפה ולמטה ועל אביו ואמו צריך לקרוע כל השפה (וי"א אף על שאר מתים צריך לקרוע השפה (מרדכי) וכן נוהגין) (מהרי"ו סי' ו'):

Pour tous les morts, s’il veut, il laisse intact le bord du vêtement et déchire au-dessous du bord. Pour son père et sa mère, il faut déchirer tout le bord. (Rema : Certains disent que même pour les autres morts il faut déchirer le bord ; ainsi est l’usage.)

על כל המתים יש לו לקרוע בפנים שלא בפני אדם לפיכך יש לו להכניס ידו בפנים וקורע בצינעא אבל על אביו [ואמו] אינו קורע אלא מבחוץ בפני כל אדם:

Pour tous les morts, il peut déchirer en dedans, hors de la vue d’autrui ; aussi peut-il glisser la main à l’intérieur et déchirer en privé. Pour son père et sa mère, il ne déchire que par-dehors, à la vue de tous.

על כל המתים רצה קורע ביד רצה קורע בכלי על אביו ואמו ביד על כל המתים אם בא להחליף תוך ז' ימים מחליף ואינו קורע על אביו ואמו אם מחליף תוך ז' קורע כל הבגדים שהוא מחליף ואינו מאחה לעולם כמו בפעם הראשון. (על כל המתים יכול להחזיר קרעו לאחריו תוך שבעה אבל לא באביו ואמו) (רבינו ירוחם בשם הראב"ד):

Pour tous les morts, s’il veut il déchire à la main, s’il veut avec un instrument. Pour son père et sa mère, à la main. Pour tous les morts, s’il change de vêtement pendant les sept jours, il change et ne déchire pas. Pour son père et sa mère, s’il change pendant les sept jours, il déchire tous les vêtements qu’il met, et ne les recoud jamais, comme la première fois. (Pour tous les morts, il peut rabattre la déchirure vers l’arrière pendant les sept jours ; mais non pour son père et sa mère.)

על כל המתים שולל (פי' תופר תפירה בלתי שוה) לאחר ז' ומאחה לאחר שלשים יום (ואין חילוק אם פגע בהם הרגל או לא) (הגמ"יי בשם ראבי"ה) על אביו ואמו שולל לאחר ל' יום ואינו מאחה לעולם והאשה שוללת לאלתר מפני כבודה: הגה וכל זמן שאסור לשלול אפילו לחבר ראש הקריעה ע"י מחט אסור ויש מקומות שנהגו להחמיר אפי' על שאר מתים שלא לשלול תוך ל' ואז אפילו ראש הקריעה אסור לחבר ע"י מחט. (מהרי"ו סי' ו'):

Pour tous les morts, on ourle (sholel : couture irrégulière) après sept jours, et l’on recoud (mea'heh : couture régulière) après trente jours. (Il n’y a pas de différence si un jour de fête est survenu entre-temps ou non.) Pour son père et sa mère, on ourle après trente jours et l’on ne recoud jamais. La femme ourle aussitôt, par égard pour sa dignité. (Rema : Tant qu’il est interdit d’ourler, il est même interdit de rejoindre le haut de la déchirure avec une aiguille. En certains lieux, on a coutume d’être rigoureux même pour les autres morts et de n’ourler pas pendant trente jours ; alors, même le haut de la déchirure est interdit à relier avec une aiguille.)

על כל המתים אם רצה חולץ כתף על אביו ואמו חייב לחלוץ כתף והולך כך לפני המטה עד שיקבר ואם הבן אדם גדול ואין כבודו שילך חלוץ כתף אין צריך לחלוץ:

Pour tous les morts, s’il veut, il dénude l’épaule. Pour son père et sa mère, il est tenu de dénuder l’épaule et marche ainsi devant la civière jusqu’à l’enterrement. Si le fils est un homme important et que ce n’est pas sa dignité de marcher l’épaule dénudée, il n’est pas tenu de dénuder.

נשיא דומה לאב לחליצת כתף ולקרוע מבחוץ ולאחוי כל הקורעים על חכם שמת כיון שהחזירו פניהם מאחורי המטה שוללין ומאחין למחר וחכם שבאה שמועתו שולל בו ביום ומאחה למחר ועל נשיא ועל רבו מובהק שולל למחר ואינו מאחה לעולם על חכם חולץ מימין ועל אב ב"ד משמאל ועל נשיא מכאן ומכאן ועל אביו ואמו ועל רבו מובהק רצה מכאן רצה מכאן ואם רצה חולץ שתיהן. (וי"א דעכשיו בזמן הזה לא נהגו לחלוץ כתף כלל (כל בו בשם ר"י) וכן נוהגין האידנא):

Le nassi est assimilé au père pour le dénudement de l’épaule, pour déchirer par-dehors et pour l’interdiction de recoudre. Tous ceux qui déchirent pour un sage mort : dès qu’ils ont tourné le visage de derrière la civière, ils ourlent et recoudent le lendemain. Un sage dont la nouvelle est parvenue : on ourle le jour même et l’on recoud le lendemain. Pour un nassi et pour son rav mouvhak, on ourle le lendemain et l’on ne recoud jamais. Pour un sage, on dénude à droite ; pour un av beit din, à gauche ; pour un nassi, des deux côtés ; pour son père et sa mère et pour son rav mouvhak, à droite ou à gauche, et s’il veut il dénude les deux. (Rema : Certains disent qu’aujourd’hui l’on n’a plus coutume de dénuder l’épaule du tout ; ainsi est l’usage de nos jours.)

על כל המתים אם לא שמע אלא לאחר ל' יום אינו קורע ומי שאין לו חלוק ונזדמן לו תוך שבעה קורע אחר ז' אינו קורע על אביו ועל אמו קורע והולך לעולם (כל בגדיו) (מהרי"ו סי' י"ג):

Pour tous les morts, s’il n’a appris la nouvelle qu’après trente jours, il ne déchire pas. Celui qui n’avait pas de chemise et à qui il s’en est présenté une pendant les sept jours déchire ; après les sept jours, il ne déchire pas. Pour son père et sa mère, il déchire et continue de déchirer à jamais, tous ses vêtements.

כשם שאסו' לאחות קרע שאינו מתאחה כך אסור להפוך צד עליון של בגד למטה ולאחותו ואפי' הלוקח אותו אסור לאחותו לפיכך אם בא למכרו צריך להודיעו ואם מכרו לו סתם ולא הודיעו אסור לאחותו עד שידע שאינו מהקרעים שאינם מתאחים ואסור למכרו לעובד כוכבים:

De même qu’il est interdit de recoudre une déchirure qui ne se recoud pas, de même il est interdit de retourner le côté supérieur du vêtement vers le bas et de le recoudre. Même l’acheteur a interdiction de le recoudre. C’est pourquoi, s’il veut le vendre, il doit l’en informer. S’il le lui a vendu sans précision et sans l’informer, il est interdit de le recoudre jusqu’à ce qu’il sache que ce n’est pas l’une des déchirures qui ne se recoudent pas. Il est interdit de le vendre à un non-juif.

הקורע מתוך המלל ומתוך השלל ומתוך הליקוט ומתוך הסולמות לא יצא אבל מתוך איחוי אלכסנדרי דהיינו תפירה שהיא שוה למעלה ובולטת מלמטה יצא:

Celui qui déchire à partir d’un miloul, d’un sholel, d’un likout ou de marches d’échelle (soulamot) n’est pas quitte. Mais à partir d’une couture alexandrine — c’est-à-dire une couture égale dessus et saillante dessous — il est quitte.

קרע על המת ומת לו מת אחר תוך ז' קורע קרע אחר לאחר ז' מוסיף על קרע הראשון כל שהוא מת לו מת שלישי אחר ז' של שני מוסיף עליו כל שהוא וכן מוסיף והולך עד טבורו הגיע לטבור מרחיק ג' אצבעות וקורע נתמלא לפניו מחזירו לאחוריו נתמלא מלמעלה הופכו למטה נתמלא מכאן ומכאן נעשה כמי שאין לו חלוק שאינו קורע:

Il a déchiré pour un mort, et un autre mort lui survient pendant les sept jours : il déchire une autre déchirure. Après les sept jours, il allonge la première déchirure de n’importe quelle mesure. Un troisième mort lui survient après les sept jours du deuxième : il allonge de n’importe quelle mesure, et ainsi de suite jusqu’au nombril. Arrivé au nombril, il s’écarte de trois doigts et déchire. Le devant est plein : il rabat vers l’arrière. Le haut est plein : il retourne le vêtement vers le bas. Les deux côtés sont pleins : il est comme celui qui n’a pas de chemise, et ne déchire pas.

אמרו לו מת אביו וקרע ואחר ז' מת בנו והוסיף מתאחה התחתון ולא העליון אמרו לו מת בנו וקרע ואחר ז' מת אביו אינו מוסיף אלא קורע קריעה אחרת שאין אביו ואמו בתוספת:

On lui a dit que son père était mort, il a déchiré, et après les sept jours son fils meurt et il allonge : le segment inférieur se recoud, non le supérieur. On lui a dit que son fils était mort, il a déchiré, et après les sept jours son père meurt : il n’allonge pas, mais déchire une autre déchirure, car le père et la mère ne se règlent pas par un simple allongement.

מי שמתו לו שני מתים כא' או שבאה לו שמועה משנים כאחד קורע קריעה אחת על שניהם קרע ואח"כ מת לו מת אחר (תוך שבעה) (טור) קורע קרע בפני עצמו בין באותו קרע עצמו שמוסיף בו וקורע עוד טפח או מרחיק ג' אצבעות וקורע טפח לאחר ז' מוסיף על קרע ראשון כל שהוא מת אביו או אמו ואחד משאר קרוביו קורע תחלה על אביו או על אמו עד לבו ומרחיק שלשה אצבעות וקורע טפח על המת האחר מת אביו וקרע ואחר ז' מת א' מהקרובים מוסיף על קרע הראשון ותחתון מתאחה ועליון אינו מתאחה מת א' מהקרובים וקרע ואח"כ מת אביו או אמו בין בתוך ז' בין לאחר ז' מרחיק ג' אצבעות וקורע מן הצד בשפת הבגד שהרי צריך להבדיל קמי שפה וקורע עד שמגיע ללבו מתו אביו ואמו כא' קורע קרע אחד על שניהם:

Celui à qui deux morts surviennent à la fois, ou qui reçoit en même temps la nouvelle de deux morts, déchire une seule déchirure pour les deux. Il a déchiré, puis un autre mort lui survient pendant les sept jours : il déchire une déchirure distincte, soit en allongeant cette même déchirure encore d’un téfa'h, soit en s’écartant de trois doigts et en déchirant un téfa'h. Après les sept jours, il allonge la première déchirure de n’importe quelle mesure. Si son père ou sa mère meurt avec l’un de ses autres proches, il déchire d’abord pour son père ou sa mère jusqu’à la poitrine, s’écarte de trois doigts et déchire un téfa'h pour l’autre mort. Son père meurt, il déchire, et après les sept jours l’un des proches meurt : il allonge la première déchirure ; l’inférieur se recoud, le supérieur ne se recoud pas. L’un des proches meurt, il déchire, puis son père ou sa mère meurt, que ce soit pendant les sept jours ou après : il s’écarte de trois doigts et déchire sur le côté, au bord du vêtement — car il faut séparer depuis le bord — et déchire jusqu’à atteindre sa poitrine. Son père et sa mère meurent à la fois : il déchire une seule déchirure pour les deux.

אמרו לו מת אביו וקרע ואח"כ נמצא שהוא בנו יצא ידי קריעה והוא שנודע לו תוך כדי דיבור ואם לא נודע לו עד אחר כדי דיבור לא יצא אבל אם אמרו לו מת לך מת וכסבור אביו הוא וקרע ואח"כ נמצא שהוא בנו יצא אפי' לא נודע לו עד אחר כדי דיבור:

On lui a dit que son père était mort, il a déchiré, puis l’on découvre que c’était son fils : il s’est acquitté de la déchirure, à condition que la chose lui ait été connue tokh kedei dibour (dans le laps d’une parole). Si elle ne lui a été connue qu’après tokh kedei dibour, il ne s’est pas acquitté. Mais si on lui a dit : « Un mort t’est survenu », qu’il a cru que c’était son père, a déchiré, puis l’on découvre que c’était son fils : il s’est acquitté, même si la chose ne lui a été connue qu’après tokh kedei dibour.

היה לו חולה ונתעלף וקרע עליו ואח"כ מת אם מת תוך כדי דיבור של קריעה אין צריך קריעה אחרת ואם לאו צריך קריעה אחרת:

Il avait un malade qui s’est évanoui, il a déchiré pour lui, puis le malade est mort : si la mort est survenue tokh kedei dibour de la déchirure, il n’a pas besoin d’une autre déchirure ; sinon, il en a besoin.

אמרו לו מת אביו וקרע ונהג קצת ימי אבלות ואח"כ אמרו לו לא מת והפסיק וחזרו ואמרו לו בפעם הראשון מת כמו שאמרו הראשונים יצא ידי קריעה:

On lui a dit que son père était mort, il a déchiré et a observé quelques jours d’avelout, puis on lui a dit qu’il n’était pas mort, il a interrompu, puis l’on est revenu lui dire que, la première fois, il était bien mort comme l’avaient dit les premiers : il s’est acquitté de la déchirure.

קטן שמת לו מת מקרעין לו:

Un mineur à qui un mort survient : on déchire pour lui.

הקורע בשבת על מתו אע"פ שחלל שבת יצא ידי קריעה:

Celui qui déchire le Chabbat pour son mort, bien qu’il ait profané le Chabbat, s’est acquitté de la déchirure.

הקורע בחלוק גזול לא יצא ידי קריעה:

Celui qui déchire une chemise volée ne s’est pas acquitté de la déchirure.

קטן דלא קים לן ביה שכלו לו חדשיו שמת בתוך ל' או אפילו ביום שלשים אין קורעין עליו:

Un petit enfant dont on n’est pas certain que ses mois soient accomplis, mort dans les trente jours ou même le trentième jour : on ne déchire pas pour lui.

אין קורעין ביום טוב אפי' בי"ט שני של גליות אפי' קרובים של מת אבל בחול המועד קורעין על כל אחד כפי מה שהוא אם עומד בשעת יציאת נשמה או אם הוא אדם כשר או חכם על כל אחד כדינו שנתבאר: הגה וי"א דנוהגין שאין לקרוע בחול המועד רק על אביו ואמו ועל שאר מתים קורעין לאחר המועד (ת"ה סי' רפ"ח) ובמקום שאין מנהג יש לקרוע על כולם:

On ne déchire pas à Yom Tov, même au second jour de Yom Tov des communautés de la Diaspora, même les proches du mort. Mais à Hol hamoed on déchire pour chacun selon ce qu’il est : s’il se tient présent à la sortie de l’âme, ou s’il s’agit d’un homme probe, ou d’un sage — chacun selon sa règle déjà exposée. (Rema : Certains disent que l’usage est de ne déchirer à Hol hamoed que pour son père et sa mère, et que pour les autres morts on déchire après la fête. Là où il n’y a pas d’usage, on déchire pour tous.)

שמע ברגל שמועה קרובה קורע ואפילו אם אחר הרגל תהיה רחוקה:

S’il a appris pendant la fête une nouvelle récente, il déchire, même si après la fête elle serait devenue lointaine.

ההולך בבגד קרוע לפני המת שמראה עצמו שקרע ולא קרע ה"ז גוזל את החיים ואת המתים:

Celui qui marche devant le mort en vêtement déchiré, se donnant l’apparence d’avoir déchiré alors qu’il n’a pas déchiré, spolie les vivants et les morts.

האומר לחבירו השאילני חלוקך שאבקר את אבא שהוא חולה והלך ומצאו שמת קורעו ומאחהו ומחזיר לו חלוקו ומשלם לו דמי קרעו ואם לא הודיעו ה"ז לא יגע בו:

Celui qui dit à son prochain : « Prête-moi ta chemise, que j’aille visiter mon père qui est malade », et qui, s’y étant rendu, le trouve mort : il la déchire, la recoud, la lui rend et lui paie le prix de la déchirure. S’il ne l’en a pas informé, qu’il n’y touche pas.

המשאיל לחבירו חלוק לילך בו לבית האבל אינו רשאי ליטול ממנו עד שיעברו ימי האבל: (ובחושן המשפט סי' שמ"א סעיף ב' לא פסק כן) :

Celui qui prête à son prochain une chemise pour aller à la maison de l’endeuillé n’est pas en droit de la lui reprendre avant que les jours d’avelout soient passés.

קורעין על שמועות רעות כגון שנקבצו רוב הצבור למלחמה ושמעו שנגפו לפני אויביהם אפי' לא נהרגו אלא המיעוט מהם (וה"ה אם הלכו בשבי) (נ"י פא"מ):

On déchire sur les mauvaises nouvelles, par exemple si la majeure partie de la communauté s’est rassemblée pour la guerre et que l’on apprend qu’ils ont été battus devant leurs ennemis, même si seuls les moins nombreux d’entre eux ont été tués. (Il en va de même s’ils sont partis en captivité.)

השומע ברכת השם ואפי' ברכת הכינוי (רמב"ם פ"ב מהלכות עבודת כוכבים ד"י) ואפי' אמרו בלשון לעז הוי ככינוי (נ"י פ' ד' מיתות) חייב לקרוע והוא שישמענה מישראל (וי"א דבזמן הזה מומר דינו כעובד כוכבים) (ג"ז שם) ואפי' השומע מהעדים היאך בירך פלוני חייב לקרוע והעדים אינם צריכים לקרוע פעם אחרת הרואה ס"ת שנשרף או תפילין או אפי' מגילה אחת מהנביאים או מהכתובים קורע שתי קריעות ודוקא ששורפין אותו בזרוע וכמעשה שהיה:

Celui qui entend le blasphème du Nom, même par un surnom (kinnoui), et même s’il a été dit dans une langue étrangère — ce qui équivaut à un surnom —, est tenu de déchirer, à condition de l’avoir entendu d’un Israélite. (Certains disent qu’aujourd’hui un apostat a le statut d’un non-juif.) Même celui qui entend des témoins comment un tel a blasphémé est tenu de déchirer ; les témoins n’ont pas à déchirer une seconde fois. Celui qui voit un sefer Torah brûlé, ou des tefilin, ou même un seul rouleau des Prophètes ou des Écrits, déchire deux déchirures ; et seulement si on le brûle de force, comme dans le fait qui eut lieu.

הרואה ערי יהודה בחורבנן או ירושלים או בהמ"ק חייב לקרוע (וע' בא"ח סי' תקס"א):

Celui qui voit les villes de Juda dans leur ruine, ou Jérusalem, ou le Temple, est tenu de déchirer.

כל אלו הקרעים רשאי למוללן לשללן ללקטן לעשותן כמין סולמות למחרתו אבל אין מתאחין לעולם:

Toutes ces déchirures, on peut le lendemain les miloul (rouler), les sholel (ourler), les likout (rassembler) ou les disposer en marches d’échelle ; mais elles ne se recoudent jamais.