Celui qui a devant lui plusieurs espèces de fruits et qui veut manger de toutes : si leurs berakhot sont identiques, il fait la berakha sur celui qui lui est le plus cher et qu'il désire le plus. Et si les deux lui sont égaux en préférence, alors s'il y a parmi eux l'une des sept espèces par lesquelles la terre d'Israël a été louée (voir plus haut siman 7), il fait la berakha sur celle-là, même si ce n'est qu'un demi-fruit...
מִי שֶׁיֵּשׁ לְפָנָיו מִינֵי פֵּרוֹת הַרְבֵּה, וְהוּא רוֹצֶה לֶאֱכוֹל מִכֻּלָּם, אִם בִּרְכוֹתֵיהֶן שָׁווֹת, יְבָרֵךְ עַל זֶה שֶׁהוּא חָבִיב לוֹ וְחָפֵץ בּוֹ יוֹתֵר. וְאִם שְׁנֵיהֶן שָׁוִים לוֹ בַּחֲבִיבוּת, אֲזַי אִם יֵשׁ בֵּינֵיהֶם מִמִּין שִׁבְעָה שֶׁנִּשְׁתַּבְּחָה בָּהֶן אֶרֶץ יִשְֹרָאֵל (עַיִן לְעֵיל סִימָן ז'), יְבָרֵךְ עַל זֶה, אַף עַל פִּי שֶׁאֵינוֹ אֶלָּא חֲצִי פְּרִי וְהַשְּׁאָר הֵן שְׁלֵמִים.
וְאִם אֵין בֵּינֵיהֶם מִמִּין שִׁבְעָה, אִם אֶחָד שָׁלֵם וְאֶחָד אֵינוֹ שָׁלֵם, שָׁלֵם עָדִיף. וְכֵן אִם אֵין בִּרְכוֹתֵיהֶן שָׁווֹת אֶלָּא שֶׁאֶחָד בִּרְכָּתוֹ בּוֹרֵא פְּרִי הָעֵץ, וְאֶחָד בִּרְכָּתוֹ בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה, שֶׁצָּרִיךְ לְבָרֵךְ עַל שְׁנֵיהֶם, אִם הָאֶחָד חָבִיב עָלָיו, יְבָרֵךְ תְּחִלָּה עַל הֶחָבִיב.
וְאִם שְׁנֵיהֶם שָׁוִים לוֹ, יְבָרֵךְ תְּחִלָה עַל זֶה שֶׁהוּא מִמִּין שִׁבְעָה, אֲפִלּוּ הוּא חֵצִי. וְאִם אֵין בֵּינֵיהֶם מִמִּין שִׁבְעָה, שָׁלֵם עָדִיף.
וְאִם שְׁנֵיהֶם שְׁלֵמִים אוֹ שְׁנֵיהֶם חֲסֵרִים, יַקְדִּים בּוֹרֵא פְּרִי הָעֵץ לְבוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה.
Celui qui a devant lui plusieurs espèces de fruits et qui veut manger de toutes : si leurs berakhot sont identiques, il fait la berakha sur celui qui lui est le plus cher et qu'il désire le plus. Et si les deux lui sont égaux en préférence, alors s'il y a parmi eux l'une des sept espèces par lesquelles la terre d'Israël a été louée (voir plus haut siman 7), il fait la berakha sur celle-là, même si ce n'est qu'un demi-fruit tandis que les autres sont entiers.
Et s'il n'y a pas parmi eux l'une des sept espèces, si l'un est entier et l'autre n'est pas entier, l'entier a la priorité. De même, si leurs berakhot ne sont pas identiques, mais que la berakha de l'un est bore peri haets (qui crée le fruit de l'arbre) et la berakha de l'autre est bore peri haadama (qui crée le fruit de la terre), de sorte qu'il doit faire la berakha sur les deux : si l'un lui est plus cher, il fait d'abord la berakha sur celui qui lui est cher.
Et si les deux lui sont égaux, il fait d'abord la berakha sur celui qui est des sept espèces, même s'il n'est qu'un demi. Et s'il n'y a pas parmi eux l'une des sept espèces, l'entier a la priorité.
Et si les deux sont entiers ou les deux entamés, il fait passer bore peri haets avant bore peri haadama.
אִם כֻּלָּן הֵן מִמִּין שִׁבְעָה וְשָׁוִים לוֹ בַּחֲבִיבוּת, צָרִיךְ לְהַקְדִּים אֶת זֶה שֶׁהִקְדִּימוֹ הַפָּסוּק. וְאֶרֶץ בַּתְרָא, שֶׁנֶּאֱמַר בַּפָּסוּק, הִפְסִיק אֶת הַסֵּדֶר.
נִמְצָא לְפִי זֶה, כִּי תְּמָרִים קוֹדְמִים לַעֲנָבִים, לְפִי שֶׁתְּמָרִים הֵם שֵׁנִי לְאֶרֶץ בַּתְרָא, וַעֲנָבִים הוּא שְׁלִישִׁי לְאֶרֶץ קַמָּא. וְדַוְקָא עֲנָבִים.
אֲבָל יַיִן, כֵּיוָן שֶׁהוּא דָּבָר חָשׁוּב וְקָבְעוּ לוֹ בְּרָכָה לְעַצְמוֹ, הוּא קוֹדֵם לְכָל הַפֵּרוֹת.
S'ils sont tous des sept espèces et qu'ils lui sont égaux en préférence, il doit faire passer en premier celui que le verset a mentionné en premier. Et le second mot 'erets' (terre) qui est dit dans le verset interrompt l'ordre.
Il se trouve donc, selon cela, que les dattes précèdent les raisins, car les dattes sont en deuxième position après le second 'erets', tandis que les raisins sont en troisième position après le premier 'erets' (Deutéronome 8,8). Et cela concerne précisément les raisins ; mais le vin, puisqu'il est une chose importante et qu'on lui a fixé une berakha à lui seul, il précède tous les fruits.
הָא דְּיֵשׁ מַעֲלָה לְמִין שִׁבְעָה, דַּוְקָא כְּשֶׁנִּגְמְרָה הַפְּרִי. אֲבָל פְּרִי שֶׁלֹּא נִגְמְרָה אֵין לָה מַעֲלָה, דְּלָא מִשְׁתַּבֵּחַ קְרָא בְּמִדִי דְּלָא חָזִי.
וְכֵן אִם אוֹכְלוֹ שֶׁלֹּא כְּדֶרֶךְ הֲנָאָתוֹ, כְּגוֹן הַכּוֹסֵס חִטָּה, אֵין לָהּ קְדִימָה.
Ce principe selon lequel il y a une prééminence pour les sept espèces vaut précisément lorsque le fruit est arrivé à maturité. Mais un fruit qui n'est pas arrivé à maturité n'a pas de prééminence, car le verset ne loue pas une chose qui n'est pas propre à la consommation.
De même, s'il le mange d'une manière qui n'est pas celle dont on en tire habituellement profit, comme celui qui croque du blé, il n'a pas de priorité.
אִם יֵשׁ לְפָנָיו דָבָר שֶׁבִּרְכָתוֹ בּוֹרֵא פְּרִי הָעֵץ אוֹ בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה, וְגַם דָּבָר שֶׁבִּרְכָּתוֹ שֶׁהַכֹּל וְרוֹצֶה לֶאֱכוֹל מִשְּׁנֵיהֶם, בִּרְכַּת בּוֹרֵא פְּרִי הָעֵץ וּבִרְכַּת בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה קוֹדְמוֹת, שֶׁהֵן חֲשׁוּבוֹת, לְפִי שֶׁהֵן מְבֹרָרוֹת יוֹתֵר, שֶׁאֵינָן פּוֹטְרוֹת אֶלָּא מִין אֶחָד, וְשֶׁהַכֹּל הִיא בְרָכָה כּוֹלֶלֶת הַרְבֵּה. וַאֲפִלּוּ אִם זֶה שֵׁבִּרְכָּתוֹ שֶׁהַכֹּל הוּא חָבִיב לוֹ יוֹתֵר, מִכָּל מָקוֹם, צָרִיךְ לְהַקְדִּים בּוֹרֵא פְּרִי הָעֵץ אוֹ בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה (רי"א).
S'il y a devant lui une chose dont la berakha est bore peri haets ou bore peri haadama, et aussi une chose dont la berakha est chehakol (que tout fut par sa parole), et qu'il veut manger des deux, la berakha bore peri haets et la berakha bore peri haadama passent en premier, car elles sont importantes, du fait qu'elles sont plus déterminées, puisqu'elles n'acquittent qu'une seule espèce, tandis que chehakol est une berakha qui en englobe beaucoup. Et même si la chose dont la berakha est chehakol lui est plus chère, il doit malgré tout faire passer en premier bore peri haets ou bore peri haadama (רי"א, siman 211).
בִּרְכַּת בּוֹרֵא מִינֵי מְזוֹנוֹת קוֹדֶמֶת גַּם לְבִרְכַּת הַיַּיִן, וּמִכָּל שֶׁכֵּן בִּרְכַּת הַמּוֹצִיא, שֶׁהֲרֵי הִיא קוֹדֶמֶת גַּם לְבִרְכַּת בּוֹרֵא מִינֵי מְזוֹנוֹת. וְלָכֵן בְּשַׁבָּת וְיוֹם טוֹב כְּשֶׁמְקַדֵּשׁ עַל הַיַּיִן, צָרִיךְ לְכַסּוֹת אֶת הַפַּת, שֶׁלֹּא יִרְאֶה בָּשְׁתּוֹ, שֶׁמַּקְדִּימִין לוֹ בִּרְכַּת הַיָיִן.
וְכֵן בְּשַׁחֲרִית שֶׁמְּקַדֵּשׁ וְאוֹכֵל אַחַר כָּךְ מִינֵי מְזוֹנוֹת, צָרִיךְ לְכַסּוֹתָן בִּשְׁעַת הַקִּדּוּשׁ (רי"א רע"א רצ"ט).
La berakha bore mine mezonot (qui crée les différentes sortes d'aliments) précède aussi la berakha du vin, et à plus forte raison la berakha hamotsi (qui fait sortir le pain de la terre), car elle précède également la berakha bore mine mezonot. C'est pourquoi, le chabbat et les jours de fête, lorsqu'on fait le kidouch sur le vin, il faut couvrir le pain, afin qu'il ne voie pas sa honte, puisqu'on fait passer avant lui la berakha du vin.
De même, le matin, lorsqu'on fait le kidouch et que l'on mange ensuite des miné mezonot, il faut les couvrir au moment du kidouch (רי"א רע"א רצ"ט, simanim 211, 271 et 299).